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UNE SÉANCE DE SPIRITISME PIÉTISTE

Au moment où de l’avis des écrivains spirites les plus autorisés, la nécessité s’impose pour tous de prendre parti pour l’une des deux écoles, dogmatique ou progressiste, il ne sera pas sans intérêt pour ceux des lecteurs de la Vie ' Posthume qui n’ont pas eu à traverser la période mystique des débuts, de lire le compte rendu d’une séance spirite à laquelle j’ai assisté, il y a quelque temps, en pleine ville de Marseille. Il leur sera facile de se faire une idée de ce que peut être le spiritisme piétiste ou consolateur en rapprochant de ce compte rendu les équipées cérébrales de M. Jules-Edouard Bérel, dont notre directeur, M. George, a fait une si juste appréciation dans le dernier numéro.

Nous étions réunis au nombre de vingt-deux dans un petit salon dont le milieu était occupé par une table ronde assez massive. Les dames étaient en grande majorité et, pendant les quelques instants qui précédèrent la séance, je remarquai que plusieurs d’entre elles étaient affligées de mouvements convulsifs très prononcés; le lambeau suivant de conversation me fît connaître la cause de cette affection.

— Est-ce toujours le même esprit qui vous tourmente? demanda quelqu’un à une jeune fille qui paraissait fort agitée.

— Oui, monsieur, j’ai beau prier, il ne veut pas me laisser en repos.

— Il ne faut pas vous décourager, mon enfant, il n’y a que la prière qui puisse vous délivrer de lui.

La séance ayant été ouverte, M. le Président lut, au milieu d’un silence religieux, une prière dans laquelle on demandait au bon Dieu une foule de choses et principale-

ment de ne permettre qu’à de bons esprits de se communiquer. Puis quelques personnes ayant placé leurs mains sur la table, on entendit distinctement frapper quelques coups dans le bois.

— Est-ce un esprit? demanda le chef du groupe.

— Oui.

— Avez-vous quelque chose à nous dire?

— Oui.

— Quel est votre nom? Mais, avant, croyez-vous en Dieu ?

— Non.

— Alors, allez-vous-en.

C’est textuellement par ces charitables paroles qu’étaient reçus, ou plutôt chassés, les désincarnés qui ne croyaient pas en Dieu, alors qu’on interrogeait avec douceur et déférence ceux qui accusaient une foi aveugle en la divinité. Tous ces derniers se trouvaient dans un état lamentable de ténèbres et de souffrances, juste punition, disaient-ils, des fautes qu’ils avaient commises ici-bas. Tous, invariablement, quêtaient des prières et soupiraient après une nouvelle incarnation qui leur permettrait de réparer le mal qu’ils avaient fait.

Pour témoigner tout l’intérêt que l’assistance prenait aux souffrances de ces âmes pieuses, M.le Président reprit son livre d’heures et lut une nouvelle prière appropriée à la circonstance.

Après un repos de quelques minutes, le chef du groupe mit les corps de tous les assistants à la disposition des esprits qui voudraient bien s'en emparer et se communiquer par ce mode plus expéditif. Aussitôt une dame se leva brusquement comme mue par un ressort, ferma les yeux, jeta violemment les bras en avant, les ramena sur la poitrine par un geste saccadé et commença à mimer une

scène militaire (?) avec des poses et des gestes dont je cherchais vainement la signification, quand mon voisin me dit à voix basse:

— Nous allons voir si elle tombera aussi bien que jeudi dernier.

— Comment? ce n’est donc pas la première fois qu’a lieu cette scène?

— Non, toutes nos séances de possession commencent par la mort de Marceau.

Je compris dès lors la mimique du médium. Il venait d’être frappé d’une balle fluidique ; il se mit à genoux, simula une courte prière, se releva en chancelant et tomba raide mort sur le parquet avec une grande vérité d’imitation.

Après cette scène, j’allais dire ce lever de rideau, le Président fut à son tour saisi par l’Esprit. 11 se leva avec les mêmes gestes saccadés, et, s’approchant d’une jeune fille, auprès de laquelle il prit place, lui tint un discours en vers, ou mieux en phrases riméesde l’effet le plus bizarre. Ce n’était plus Marceau, c’était un jeune habitant de la planète Mars qui venait visiter sa fiancée spirituelle, dont il avait été séparé par un crime dont l’expiation le retenait pendant plusieurs incarnations sur une planète inférieure. Il avait tué une chèvre, ce qui, paraît-il, est le forfait le plus exécrable qu’on puisse commettre sur Mars. Incidemment et entre autres choses utiles à la science et à l’avancement de l’être, le bon jeune homme nous apprend que chez lui le lait est du plus beau noir et que le café est d’un blanc de neige, ce qui paraît assez naturel pour que le café au lait conserve la même nuance que sur terre.

Au milieu d’une foule de détails de cette force, l’Esprit nous ouvre quelques horizons nouveaux et nous donne, tou-

jours envers libres, des conseils excellents, nous promettant que si nous avons le repentir final :

Nous irons sur les asphères élevées et puis, arrivés sur les hauteurs,

Nous ferons un paquet de uos fautes et les jetterons dans les profondeurs.

Cet Esprit nous quitte enfin et fait place à saint Jean, qui veut bien emprunter le corps d’une jeune fille. Celle-ci se lève avec les mêmes symptômes d’agitation que les médiums précédents et essaye, mais inutilement, de captiver l’attention del’auditoire par des tronçons intermittents de phrases hachées et sans suite; soit que saint Jean n’ait pas l’habitude de notre langue, soit que le médium ne possède pas les cordes vocales nécessaires pour émettre certains sons, le cher Esprit balbutie et ânonne comme un écolier qui veut réciter une leçon qu’il n’a lue qu’une seule fois. Au cours d’une pause, pendant laquelle l’orateur s’escrime à courir après le mot qui fuit, le Président de nouveau saisi par l’Esprit s’apprête à parler, lorsque saint Jean, qui a rejoint son expression, reprend le fil de sa harangue. Le Président se rassied et s'empare sur la table d’un porte-plume et d’un crayon qu’il met en croix, et qu’il élève en les promenant de droite et de gauche cà l’instar de l’officiant qui donne la bénédiction de l’ostensoir. En même temps avec un léger mouvement d’épaules il montre du doigt le pauvre saint Jean empêtré dans une phrase sans issue et fait de la main un geste qui signifie très clairement : « Que voulez-vous? il n’en sait pas davantage, prenez patience, je vais parler. » Et aussitôt dans l’auditoire on entend chuchoter avec un soupir de satisfaction: c’est Jésus-Christ.

Ici, je dois m’arrêter un instant pour affirmer avec toute l’énergie dont je suis capable que, quelque énormes que ces choses puissent paraître, je ne fais nullement de la

fantaisie ; je me borne à raconter avec la plus scrupuleuse exactitude ce que j’ai vuetenteudu. Le seul reproche de lèse-vérité qu’on puisse m’adresser est d’omettre des détails que la gravité pourtant bien connue de la Vie Posthume ne suffirait pas à faire accepter par le lecteur.

Je reprends mon récit: Saint Jean, profitant de l’inattention générale, se rassied en épongeant les larges gouttes de sueur dont son front est inondé. Le Christ se lève et s’étant assis sur la table, les yeux fermés, promène autour de lui un regard qui, à en juger par le sourire qui l’accompagne, doit être d’une douceur infinie. Puis, au milieu d’un silence solennel, il commence son discours. La tenue de notre sauveur est digne et correcte, la voix onctueuse et sympathique, le geste sobre et la diction facile ; seulement on reconnaît, aux premiers mots, qu il est beaucoup plus familiarisé avec l’hébreu qu’avec la langue française, et que le fond se ressent parfois de la forme par suite de la tâche qu’il s’est imposée d’emprisonner sa pensée dans un certain nombre de syllabes, dont quelques-unes semblent avoir quelque ressemblance euphonique avec d’autres placées plus loin et à intervalles presque égaux, car, hélas ! Jésus-Christ, je ne comprends pas bien pourquoi, a adopté l’usage qui paraît prévaloir en haut de parler en vers. Estce un progrès ?

Toujours est-il que cette forme de langage n’empêche pas le Christ de trouver parfois des images aussi sublimes que pleines d’à-propos, la suivante par exemple:

Ainsi que la mouche qui a volé pendant toute la chaleur de l’été,

Et qui, lorsque'viennent les premiers froids de l’hiver, elle se trouve matée.

La harangue de notre rédempteur se poursuit ainsi pendant près d’une heure, et cela sans la moindre hésitation.

Elle est du reste parfaitement orthodoxe et pourrait, sans inconvénients, être prononcée dans une chaire catholique sans en défalquer autre chose que les rimes para peu près et les licences grammaticales qu’un Dieu seul peut se permettre. Elle se termine par ces mots qui me paraissent jeter un froid, sur la partie masculine de l’auditoire :

Si vous voulez progresser rapidement, et u’être jamais malheureux,

N’oubliez jamais ce beau discours que pour le faire nous se sommes mis deux.

Vos guides : JÉSUS-CHRIST et ALLAN KARDEC

0 Allan Kardec, grand et noble Esprit, si tu assistais réellement à cette séance, tu as pu juger si c’est nous, libres spirites, qui bafouons ta mémoire et amoindrissons ton œuvre!

11 semblait qu’après une pareille chute, il ne restait plus qu’à aller se coucher. Il n’en était, hélas! rien. Après avoir proclamé les auteurs de ce beau discours, Jésus-Christ, se renversa en arrière, les bras en croix, sur la table au bord de laquelle il était assis. Eu même temps, une dame dans le corps de laquelle venait de s’incarner l’esprit de Marie, se levait au pied de la croix improvisée et psalmodiait un cantique qui donnait raison au proverbe « Ce qui ne vaut pas la peine d’être dit, se chante » ; au bout de quelques minutes, une grimace de dégoût indiquait que Jésus venait d’effleurer des lèvres l’éponge de vinaigre et de fiel, puis une contraction subite des membres et un cri étouffé rappelaient le coup de lance traditionnel.

Le plus intéressant du spectacle n’était pas sur la scène, ou du moins sur la table ; il était dans la salle. Toutes les femmes, sans exception, s’étaient précipitées à genoux et priaient en versant d’abondantes larmes. Quant aux hommes, ils étaient restés assis dans une attitude recueillie et respectueuse, mais il était facile de voir qu’ils étaient

gênés et surtout qu’ils évitaient de se regarder. Je remarquai même que quelques-uns d’entre eux n’attendirent pas, pour décrocher leur pardessus, que le défilé fût terminé, car il y eut un défilé. Chaque femme vint à son tour s’agenouiller près de la table et baiser le côté gauche de la redingote du Christ, qui s’était retourné sur le côté et qui dit à chacune quelques mots à l’oreille. Je sus, après la séance, les confidences que le Sauveur n’avait pas osé faire à haute voix ; à l’une il avait dit :

« Je suis le berger de Sion et je veille sur mon troupeau. »

A une autre :

« Quand le berger veille, le troupeau est en sûreté. »

A une troisième:

« 11 faut que le berger veille, s’il ne veut pas perdre ses brebis. » Et ainsi de suite.

L’idée est peut-être un peu vulgaire et la paraphrase monotone, mais on a beau être le Christ, des souffrances telles que celles de la Passion laissent toujours un peu de trouble dans l’esprit.

Je sortis de cette séance le cœur d'autant plus attristé que je savais que tous les membres du groupe, sans exception, étaient remplis de conviction et de bonne foi.

Si c’est là le vrai spiritisme, pensais-je, vite, qu’on nous ramène au catholicisme, car, ainsi que l’a si judicieusement dit Alpha : « Au moins le catholicisme a ses dogmes, et ses saints restent muets. Dans le spiritisme, les saints [:arlent et Dieu sait comment. Chaque groupe a ses auréoles, ses doctrines locales, ses invocations, ses patenôtres, et comme les fantômes en imposent plus que les principes, on arrive à croire aux plus fantastiques sornettes. »

A. Martelin.

Lorsqu’un sujet somnambulique veut établir une communication quelconque entre lui et une personne éloignée, le sujet demande quelque chose ayant appartenu à la personne pour laquelle on vient le consulter.

Cet objet sert de crochet, de point d’appui au sujet pour conduire ses recherches. Sans cet objet les rapports sont presque impossibles à établir.

Voilà, en passant, la raison pour laquelle il est impossible presque généralement à un sujet « voyant » de dire les cours de la bourse du lendemain ou le nom du gagnant dans une course. Ces faits peuvent arriver, mais c’est alors une exception amenée par certains points de rapport généralement absents.

Partant de cette donnée toute simple, on comprend pourquoi tous les occultistes sérieux admettent qu’on peut parfaitement communiquer avec l’âme d’un être qu’on a connu et surtout qu’on a aimé. Ainsi qu’on F a vu au début de ce chapitre, l’aine après la mort cherche un cœur aimant où se réfugier. Rien d’impossible par suite à la communication dans ce cas.

Quand le sujet somnambulique n’a pas de point d’appui pour exercer son activité, il prend des points d’appui dans le cerveau du consultant et lui récite ses pensées.

Le consultant se figure-t-il être appelé à un brillant avenir?

Le sujet subit malgré lui sou influence et raconte au questionneur que telle ou telle magnifique affaire se réalisera et que la richesse lui viendra subitement de ce chef.

Le consultant sort ravi en s’écriant : « Quelle merveille ! le sujet m’a dit des choses que moi seul savais ! ! » C’est justement là le danger à éviter.

Aussi, quand vous pénétrez dans un milieu spirite et que vous assistez à une communication de saint Jean, Fauteur de l’apocalypse ou de la Vierge Marie, cherchez dans l’assistance non pas l’esprit invisible, mais bien le cerveau d’où vient cette communication.

Cette enquête .facile à faire vous instruira sur une des causes les plus fréquentes du phénomène, et vous verrez pourquoi l’on a pu avoir dans certains milieux des communications de la mère d' Homère [\ ) ou de d' Artag nan (! !) , le héros d’un roman d’Alexandre Dumas.

Si nous n’hésitons pas à dévoiler les erreurs commises par certains fanatiques dangereux, dans le genre de M. Henry Lacroix1, c’est que ces erreurs nuisent à une cause que nous croyons juste et bonne, et que nous sommes désolé de voir exploiter de cette façon. Il ne faut pas que les travailleurs consciencieux subissent les conséquences de certaines théories outrées qui inspirent de suite une juste méfiance à tous les gens raisonnables.

Un autre point qui montre cette exagération, c’est celui de la réincarnation.

D’après la Science occulte, l’âme ne peut se réincarner que très longtemps après la vie précédente. Les chiffres donnés ordinairement, 1500 ans, sont tirés de calculs astronomiques par l’ésotérisme indou. Certaines exceptions très limitées existent à cette règle, parmi lesquelles nous citerons :

La mort avant la jeunesse ;

Lê suicide ou la mort violente ;

La réincarnation consciente d’un adepte, etc.

Toutefois on peut discuter le nombre exact d'années

1. Henry Lacroix, Mes expériences avec les Esprits. Librairie spirite (1889). La lecture de ce livre suffit à éloigner à jamais du spiritisme tous les hommes sensés.

s'écoulant entre chaque incarnation et, personnellement, nos expériences ne nous permettent pas d’affirmer scientifiquement un certain nombre. Mais ce nombre doit être, malgré tout, très élevé.

Or, certains spirites, exagérant celte doctrine, se donnent comme la réincarnation de tous les grands hommes quelque peu connus.

Un brave employé est Voltaire réincarné... moins l’esprit. Un capitaine en retraite c’est Napoléon revenu de Sainte-Hélène, quoique ayant perdu l’art de parvenir depuis. Enfin il n’y a pas de groupe où Marie de Médicis, Mmo de Maintenon, Marie Stuart ne soient revenues dans des corps de bonnes bourgeoises souvent enrichies, et où Turenne, Coudé, Richelieu, Mazarin, Molière, Jean- Jacques Rousseau ne dirigent quelque petite séance.

Là est le danger, là est la cause réelle de l’état stationnaire du spiritisme depuis cinquante ans, il ne faut pas chercher d’autre raison que celle-là ajoutée à l'ignorance et au seclarisme des chefs de groupe.

Dès 1 853, Eliphas Lévi avait donné certaines pratiques de l’évocation des morts et avait même fait une expérience montrant comment , en appliquant les données de la magie, et en faisant corps, par une étude prolongée, avec l’œuvre d’un grand homme, on pouvait faire appel à lui ou plutôt à son image astrale.

Ceci m’amène à dire ce qu’on entend en occultisme par image astrale.

Il est curieux de savoir quels sont les principes qui se manifestent dans une séance de nécromancie, alors que le défunt répond lui-même à l’évocation.

D’après la doctrine des trois principes constituants de l’être humain, voici ce qui se produit :

L’attraction exercée par l’évocateur agit sur le corps

astral de l’évoqué, et la communication s’opère par la fusion du médiateur plastique du sujet servant de médium avec le corps astral de l’esprit évoqué, ou plutôt avec la portion du corps astral qui entoure encore l’inie après la mort (voy. chapitre précédent).

Le phénomène étant considéré sous ce point de vue général, c’est bien l’âme, le principe supérieur du défunt, qui se manifeste.

Les spirites, ne tenant compte que des données très générales, ont donc raison de prétendre que c’est bien l’âme du défunt qui vient répondre à l’appel de son pareni ou de son ami.

Quand les théories, jusque-là tenues secrètes, de la Science occulte ont commencé à être connues du grand

public et à faire de nombreux adeptes, les spirites ont été très scandalisés en apprenant que les principes supérieurs de l’homme (l’âme spirituelle et l’âme divine) n’ont rien à voir avec les communications entre les vivants et les morts.

Des données aussi abstraites, formulées devant les partisans d’une philosophie tout élémentaire, produisirent exactement l’effet d’un livre de Kant ou de Leibniz lu devant les élèves d’une école primaire.

La première accusation portée contre la Science occulte c’est d’être « bien trop difficile à comprendre et bien trop compliquée pour les lecteurs habituels des livres spirites ».

Une autre objection est la suivante : « Les occultistes osent prétendre que l’être humain se scinde en plusieurs entités après la mort et que ce qui vient se communiquer n’est pas l’être tout entier, mais un débris de l’être — une coque astrale ! »

Pour bien éclairer cette question et pour éviter tout malentendu, il suffit pourtant d’un peu de réflexion.

De combien de principes est constitué l’homme d’après le spiritisme?

De trois :

Le Corps, le Périsprit et l’Ame.

Où sont logés ces principes?

Dans les trois segments de l’organisme :

Ventre, Poitrine, Tête.

Compulsez tout Allan Kardec, parcourez les œuvres de tous les philosophes spirites, nulle part vous ne trouverez mention qu’il existe en dehors de l'homme des principes non encore incarnés.

Si l’on voulait figurer la constitution de l’homme d’après le spiritisme, on le ferait ainsi :

La figure placée à côté de celle-là montre au contraire l’origine de cette discussion basée sur un malentendu.

Le 6° et le 7e principe, n’étant pas incarnés dans l’homme, ne font pas partie de son moi, ils constituent ce qu’on appelle l' inconscient supérieur , le moi étant contenu dans le 4e et le 5e principe correspondant exactement à ce qu’un spirite appelle un esprit.

Après la mort chacun de ces groupes évolue dans un

plan particulier, le corps physique évolue dans le monde matériel, le corps astral (3% 4e et 3° principes) dans le monde astral, elle corps psychique (5°, 6° et 7e principes) dans le monde divin.

Ce qui vient dans une séance spirite, c'est toute la partie de l'être qui constitue sa personnalité, son MOI, c’est-àdire les 4e et 5e principes. Les spirites, qui ne connaissent pas d’autres éléments supérieurs constituant l’homme, ont raison de dire que le MOI se communique dans son intégrité.

Mais l’inconscient supérieur, lesb° et 7e principes n’ont que faire dans tout cela et les occultistes sont aussi dans le vrai.

Toutes les ligures qui précèdent feront comprendre la vérité de chacune des opinions et montreront bien que ce que le spirite appelle un esprit , c/est-à-dire un MOI, d’occultiste l’appelle un ELEMENTAIRE, une coque astrale. Les mots ne doivent jamais effrayer un homme vraiment intelligent; c’est ici le cas de s’en souvenir.

TT

On peut voir par ce qui précède que la réalité des phénomènes spirites non plus que la possibilité de la communication entre les vivants et ceux qui ne sont plus sur la Terre ne sont pas mises en doute par la Science occulte.

Nous ne parlerons que pour mémoire d’une certaine classe de fanatiques qui, sous le nom de membres de la Société Théosophique, sont venus nier l’action des âmes, dans quelques phénomènes que ce fût. Ce! te opinion, aussi extrême que celle de ceux qui voient l’action des esprits partout, a trouvé de par les faits un flagrant démenti. Nous

reviendrons en détail sur ces questions dans le Traité élémentaire de Magie pratique ; pour l’instant nous allons résumer tout ce qui précède eu citant l’analyse des opinions courantes des écoles d'occultisme, telle que nous l’avons publiée lors du Congrès spirite et spiritualiste de 1880.

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