CORPS ASTRAL
RÉRISPRIT
Les principes inférieurs illuminés par l’intelligence de l’âme humaine forment ce que les occidtistes appellent un élémentaire , et flo tient autour de la terre dans le monde invisible, tandis que les principes supérieurs évoluent sur un autre plan.
Voilà la première différence qui sépare les occultistes des spirites ; les spirites admettant que l’esprit reste toujours enveloppé du périsprit, les occultistes enseignant que l’esprit se sépare progressivement du périsprit.
D’après les occultistes, dans la plupart des cas, l’esprit qui vient dans une séance est l’élémentaire de la personne évoquée, c’est-à-dire un être qui ne possède du défunt que les instincts et la mémoire des choses terrestres (voyez cidessus). Mais même cet esprit élémentaire ne vient pas dans tous les cas et d’autres influences agissent. Ceci nous amène à étudier la façon dont l’occultisme conçoit le monde invisible.
Ame
humaine .
L’homme conscient (le moi).
Ame
animale
D’après le spiritisme, le monde invisible est peuplé seulement d 'esprits et de fluides.
D’après l’occultisme, d’autres éléments s’y trouvent.
Ce sont d’abord :
Les Elémentaires , principes inférieurs des êtres décédés à la vie terrestre, puis :
Les Corps astraux des êtres vivants , périsprils des médiums sortis inconsciemment hors de l’être, ou périsprits des adeptes sortis consciemment du corps dans un but déterminé ;
Les Elément aux , êtres inférieurs n’ayant jamais été incarnés, ne possédant aucune intelligence propre et subissant l’influence de toutes les volontés humaines bonnes ou mauvaises : ces êtres agissent dans les éléments;
Les Idées des hommes. Autour de chaque homme ses idées se trouvent, constituant, par la fusion de chacune d’elles avec un élémental, un être réel qui reste là plus ou moins longtemps suivant la tension cérébrale qui lui a donné naissance et qui agit bien ou mal sur l’homme, suivant que l’idée est bonne (enthousiasme) ou mauvaise (remords).
Expliquer en détails la constitution de tous ces êtres, le moyen de les distinguer et de montrer la réalité de leur existence, ce serait faire un traité complet de magie pratique. Nous n’en avons pas le loisir ici1.
Le spiritisme comme le magnétisme forment en effet, d’après les occultistes, deux branches de l’antique Magie , science profonde enseignée dans les temples antiques après de terribles épreuves.
Un point important à noter tout d’abord, c’est que la
1. Depuis trois ans nous avons commencé un volume sur ce sujet. Ce volume paraîtra sans doute cette année.
querelle entre les occultistes et les spirites à propos des esprits et des élémentaires est une pure querelle de mots.
Le spiritisme n’ayant pas établi l’existence des principes supérieurs admis par l’occultisme, il s’ensuit que ce que le spirite appelle un esprit correspond absolument à ce que l’occultiste appelle un élémentaire. Ce sont des mots différents pour désigner la même chose.
L’occultisme enseigne aussi que dans certains cas on peut évoquer les principes supérieurs de l’être ; mais qu’alors on court le risque de perpétrer le plus grand des crimes. On fait perdre en effet à l’être ainsi rappelé dans ce monde le bénéfice de tous ses efforts pour s’en éloigner spirituellement. L’expérience seule permettra d’infirmer ou de confirmer cette observation.
En terminant celte élude sur le monde invisible, rappelons qu’entre les êtres dont nous avons parlé, on y rencontre des courants fl indiques de lumière astrale, courants non perceptibles à notre être physique, mais qui deviennent immédiatement perceptibles à l’être qui par la sortie de son corps astral a acquis le sixième sens humain, sens encore inconnu de la plupart des hommes actuels.
Cette Lumière astrale est la force-substance universelle dont toutes les autres forces et toutes les autres substances sont des modalités. Elle suit, à très peu de chose près, les mêmes lois que l’électricité, une de ses manifestations supérieures.
Pour tout résumer, voici ce qu’on rencontre dans le inonde invisible aux yeux matériels, visible à l’état médianimique :
1° Les Courants fluidiques de lumière astrale charriant les :
2° Elémentals, forces inconscientes des éléments ;
3° Elémentaires, restes des défunts, Esprits des spirites ;
4° îdées devenues des Êtres, êtres collectifs (Eugène Nus) ;
5° Corps fluidiques des médiums ou des adeptes.
La personnalité après la mort.
Remarquons bien les localisations des entités psychiques.
Le moi est placé entre deux inconscients.
1° Un inconscient supérieur, le non-moi supérieur ou le soi.
2° Un inconscient inférieur, le non-moi inférieur ou la Vie organique.
Le Ballon représente le soi (7e et 6° principes).
Le Crochet inférieur du Ballon et le Crochet supérieur du Corps Astral représentent le moi (5e et 4e principes).
Enfin les autres parties de la figure représentent les autres éléments plus inférieurs.
Que se passe-t-il à la mort?
Ces divers principes se séparent et continuent chacun leur évolution sur un plan différent.
Nous savons tous qu’après la mort le corps matériel évolue sur le plan matériel, que ses cellules organiques s’en vont animer de nouveaux organismes et que la vitalité se répand dans la Nature.
Le moi continue également son évolution dans le plan astral. C’est là un point parfaitement défini dans les différents ouvrages s’occupant de spiritisme.
D’autre part le soi poursuit de même son évolution dans le plan divin, essentiellement impersonnel. Ces deux der-
niers principes sont toutefois toujours reliés l’un à l’autre ^ nous verrons tout à l’heure comment.
Pour résumer disons que, de même qu’il existe trois plans bien distincts dans l’Univers, il existe trois évolutions correspondant à ces plans :
1° Le Plan Matériel. ( Dans lequel le corps physique
2° Le Plan Astral. ( suivra son évolution.
Plan Personnel ou ( Dans lequel le moi poursuit Moral. { son évolution.
3° Le Plan Divin ou im- i, Dans lequel le soi poursuit personnel. ( son évolution.
La figure suivante résume ces données.
État de l’homme après la mort.
A quoi bon, nous dira-t-on, ce soi qui se distingue du moi? C’est là une source de galimatias où personne ne peut s’entendre. Nous allons montrer un seul côté de la question, les autres nécessitant plus d’espace que nous ne pouvons en consacrer à cette étude.
La doctrine primaire de l’occultisme nous enseigne la théorie de la réincarnation. L’homme se réincarne plusieurs fois dans son évolution progressive.
Si maintenant nous supposons que Jean soit mort, que son Esprit, après avoir accompli son évolution astrale, se soit réincarné avec son périsprit, comme le veulent certains spirites, dans l’individualité de Pierre , que se produira-t-il si l’on évoque Jean par les procédés de la Nécromancie et du Spiritisme ?
Pierre devra-t-il s’endormir à l’instant et renvoyer hors de lui l’individualité primitive de Jean avec son périsprit?
Le problème se complique encore si, au lieu de l’incaruation immédiatement antérieure, ou cherche celle qui précède de 10 à 12 échelons dans la série.
C’est parce que l'occultisme répond au mieux à toutes ces difficultés que nous avons tenu à exposer ses enseignements à cet égard.
D’après la doctrine du Karma et de la Réincarnation, l’évolution de l’homme peut être comparée à une longue tige verticale coupée par de petites tiges horizontales.
La grande tige verticale représente ce principe divin le soi qui passe à travers toutes les personnalités et qui porte la chance ou la malchance dans l’individualité suivante, selon la conduite de l’individualité précédente.
Chacune des petites barres horizontales représente un des nombreux moi traversés par le Principe divin en évolution.
Ainsi si j’ai été Jean dans une existence antérieure et que je sois Pierre dans celle-ci, ce n’est pas la personnalité de Jean qui a servi à constituer ma personnalité actuelle; le principe divin seul qui était dans Jean est dans moi, ou plutôt est au-dessus de moi, et constitue mon idéal, de même que ce principe sera dans la personnalité future que j’aurai.
La position sociale et la « chance » de chacune des personnalités dépendra donc de la conduite de la personnalité antérieure; mais cela n’empêche pas chacune des personnalités ainsi générées de conserver intacte toute son individualité, tout son moi dans le plan astral.
Le Principe supérieur, évoluant dans un sens différent, ne peut' gêner en rien l’évolution des diverses personnalités auxquelles il est toujours lié, de même que le fil est lié aux grains du chapelet qu’il traverse.
Au moment où le système solaire va entrer dans sa période de repos, le Principe supérieur, le soi, peut voir se manifester à lui tous les moi qu’il a évolués et faire la synthèse totale des mérites et des démérites acquis peu-
dant son évolution. Mais nous abordons là une question qui sort de notre sujet.
Pour tout résumer, notons bien la facilité avec laquelle l’objection de tout à l'heure se trouve résolue par la théorie de la conservation indéfinie des vibrations générées, à un moment quelconque, dans le plan astral. Chacune des personnalités persiste, liée à toutes les autres par le Principe supérieur, mais indépendante des autres dans son évolution particulière.
La croix égyptienne qu’on trouve sur le Tarot représente au mieux cette théorie, la branche verticale figurant le soi et chacune des branches horizontales un moi particulier avec son plan spécial d’évolution.
L'Univers et Dieu.
L’occultisme entre dans des détails aussi nombreux à propos de l’Univers et à propos de Dieu. Les spirites dont la doctrine n’aborde que fort peu ces problèmes, ont été quelque peu intrigués par les conclusions de la section de l’occultisme du Congrès au sujet de l’Univers et de Dieu.
Nous ne pouvons pas, faute de place, entrer dans de grands détails à ce sujet ; cependant deux mots sont nécessaires pour déterminer les éléments primordiaux de cet enseignement.
L’occultisme enseigne que tout est vivant , depuis la matière la plus solide jusqu’à Dieu.
Un échange perpétuel se fait entre tous les êtres , la
matière évolue à travers les règnes de la nature et les races humaines vers l’Esprit. Cette évolution, connue de toute l’antiquité dans l’Inde, vient à peine d’être découverte par les savants occidentaux. Mais réciproquement l’esprit hwolue vers la matière dans des conditions déterminées.
L’évolution n’a jamais lieu sur la même planète dans un même âge. Ainsi l’animal est bien un végétal évolué, mais jamais, au grand jamais, on ne peut voir sur la terre un végétal devenir animal. Cette transformation s’opère dans le monde invisible, entre les grands cycles, et porte non sur le corps lui-même, mais sur ce qui fabriquera le nouveau corps matériel.
De même que l’homme, chaque système solaire naît, vit, pense et meurt. Les âges exacts d’un Univers sont mathématiquement déterminés par les Brahmanes indiens. Les personnes désireuses d’approfondir ces questions pourront prendre connaissance de toute la littérature qui traite de ces questions1.
La place nous manque pour détailler davantage et nous renvoyons le lecteur aux conclusions des six sections d’occultisme, où il trouvera tous les détails complémentaires.
RÉSUMÉ
Terminons ici l’exposé des théories générales des diverses écoles représentées au Congrès. Comme il est facile de le voir, les théories du spiritisme sont les mêmes que celles de l’occultisme; mais en moins détaillé. La portée des enseignements du spiritisme est par suite plus grande, puisqu’il peut être compris par un bien plus grand nombre de personnes. Les enseignements, même théo-
1. Surtout l'Essai sur la Philosophie bouddhique d’Augustin Chaboseau.
riques, de l’occultisme sont, de par leur complication même, réservés aux cerveaux pliés à toutes les difficultés des conceptions abstraites.
Mais au fond c’est une doctrine identique qu’enseignent les deux grandes écoles.
Nous venons de nous occuper beaucoup des rapports des vivants et des morts. Il serait temps de revenir à notre étude véritable et de voir quelle destinée attend l’âme après la mort.
L’être, une fois désincarné, n’a pas à subir de jugement de la part d’un Dieu plus ou moins anthropomorphe. Ses actions et ses pensée constituent l’origine d’un mouvement déterminé par lui-même.
Après la mort le repos commence donc, repos dans lequel sont réalisés tous les désirs de bonheur imaginés par l’être qui vient de naître à la vie psychique. Chacun se crée donc un Paradis à sa fantaisie entre chaque incarnation. Dans cet état l’être arrivé à un certain degré de supériorité intellectuelle pourrait se souvenir, si l’on en croit la tradition ésotérique, de ses deux ou trois existences précédentes.
Ce n’est que quand cet être a évolué à travers toutes les races dans toutes les planètes d’une chaîne, ce n’est qu’au moment où la dernière planète entre en repos et où l’Univers lui-même va s’anéantir dans le grand sommeil qui précédera sa renaissance, que l’être humain peut avoir conscience de toutes ses incarnations antérieures et en mesurer les mérites et les démérites, source de son avenir dans l’éternité qui commence pour lui !
Cette idée de l’évolution progressive met fin à toutes les conceptions plus ou moins profondes des théologies sur le
Ciel et l’Enfer. Aussi ne saurions-nous mieux terminer ce chapitre que par la spirituelle critique des divers Paradis faite par l’auteur de Nos Bêtises , le philosophe Eugène Nus.