LANGUES, ECRITURES
et
et
ÉCRITURES NATIONALES
FIGURES SACRÉES
Synesius.
y\iti(7G0L e;iot.
La langue domestique (ne peut pas faire agir les dieux.)
ûuoêapoapiÇtov eXxuas oaa tojv dcütv.
En parlant une langue étrangère on fait agir les dieux.
Philon le Juif.
A Babyi.one et en Assyrie.
(Voyez plus haut Jamblique.) àMoyeviriç xca à/AocpuXoç yï-ooGaa XaXScaGovaa rwv p.£TEa>o- Xsu'/wv Tispi àu-rpovopuav.
La langue étrangèreemployée par les Ghaldéens astronomes.
Daniel.
Langue syriaque.
Langue des Chaldéens.
Écriture des Chaldéens.
Cassiodore.
(Écriture chaldéenne), les hiéroglyphes des obélisques communs aux Égyptiens et aux Chaldéens.
Hygin.
Aristote.
Les Ghaldéens et les Égyptiens ont les mêmes signes du zodiaque.
Ils ont les mêmes signes symboliques. (Voyez le vase de Gaylus.)
Philon de Biblos.
Liiez les Phéniciens.
Livres écrits dans les caractères secrets des Ammonéens (nom donné aux prêtres). Voyez le monument de Carpentras, et des médailles de Gossira, portant des figures égyptiennes et des légendes phéniciennes.
Josèphe.
Chr. d’Alexandrie.
Etiez les llÉUREi \.
Le nom de Dieu écrit en caractères sacrés.
(Scarabée trouvé dans le temple.)
Isaïe.
Écriture claire.
Langue des érudits.
Jonathas.
Langue vulgaire, langue troisième.
Langue du sanctuaire.
Saint Paul.
Langue des hommes.
Langue des anges.
Langue du troisième ciel, incompréhensible aux
hommes.
LANGUES
et
ÉCRITURES NATIONALES
LANGUES, ÉCRITURES et
FIGURES SACRÉES
Eustatlie.
Chez les Scythes.
Figures hiéroglyphiques.
J. Lydus.
Chez les Étrusques.
Écriture antique et religieuse.
Homère.
Platon.
J. de Meurs.
Chez les Grecs.
Langue des hommes.
(Les trois mots conx, omtpax mystères de Cérès, et cornu et aux Indiens.)
Langue des dieux.
Tablette hiéroglyphique du tombeau d’Alcmène.
, prononcés par les initiés aux nins aux Grecs, aux Égyptiens
Mahomet.
Chez les Mahométans.
La langue arabe, dans laquelle le Coran a été traduit par Dieu.
La langue céleste, dans laquelle le Coran est écrit sur une table gardée par
des anges.
A tous ces témoignages, une question va nous être immédiatement posée :
Mais vous semblez ne pas admettre la validité des travaux sur l’Egypte et ses mystères faits par Champollion qui porta si haut l’esprit d’analyse et de critique?
Personnellement nous ne sommes pas autorisé à discuter la validité de ces travaux. Une seule chose nous frappe pourtant, c’est que dans les traductions des manuscrits ou d’inscriptions monumentales faites par cette école nous ne voyons jamais trace d’un enseignement sur la Science Occulte. Partout il y a des noms de rois ou des qualificatifs du Soleil et jamais de phrases formant un véritable ensemble.
D’autre part deux savants éminents, quoique non officiels, MM. de Brière que nous avons déjà cité et Barrois,
l’auteur des principes de Dactylologie , ont attaqué et renversé à notre avis tout le système de Champollion.
Voulant éviter d’entrer dans ces discussions nous allons donner les conclusions de M. de Brière et nous sommes persuadé que le lecteur tant soit peu imbu des premiers éléments de Science Occulte sera de l’avis de cet auteur contre Champollion.
Il y avait donc, chez les Égyptiens, quatre espèces d’écritures différentes : 1° l’écriture épistolographique ou démotique, alphabétique très probablement, à l’usage de ceux qui cultivaient les arts, et de ceux qui étudiaient la langue sacrée ; 2° l’écriture hiéroglyphique ou monumentale, toute en rébus , imitative des paroles ; et représentant les choses, soit sous leur nom propre et naturel, soit sous un autre nom 1 ; 3° l’écriture hiératique, dérivée de la précédente, cursive à l’usage des prêtres, pour la composition des ouvrages en langue sacrée ; 4° l’écriture symbolique, composée des figures divines, YP*n$?Taôsu, a^aX^ava, sujet de dissertation pour les prêtres. On appelait ces dernières figures éléments ou lettres, dont les signes de textes étaient les éléments, à cause des nombreux attributs que les divinités portaient. C’est pour cela que les signes de texte ont été appelés éléments des lettres , premières lettres, premiers éléments, c’est-à-dire éléments des éléments, comme Platon appelle icpwca ovop,a -a, les noms qui ont servi d’éléments à des mots composés ; c’est donc ainsi qu’on doit expliquer l’origine de l’expression Ta Tupuxa Çoi/eta (tyjç Ypajj^aTivajç), laquelle a été appliquée ensuite aux signes de l’écriture alphabétique, dérivée des symboles égyptiens.
1. Voy. l 'Étude sur les travaux de Barrois, à la fin de ce chapitre (p. 409).
Ce sont là les quatre écritures qu’Abénéfî, cité par Kircher, reconnaissait chez les Égyptiens ; il donnait à la première le nom d’écriture des ignorants ; à la seconde, d'écriture mêlée ; à la troisième, d’écriture des philosophes ; à la quatrième, d’écriture des oiseaux ; cette dernière dénomination vient de ce qu’elle exprimait des idées astrologiques. Et qu’on ne dise pas que ceci soit une supposition de Kircher : de son temps, les monuments en écriture hiératique n’étaient pas connus, et lui-même avait une idée très fausse des symboles : donc il n’a pas pu supposer la mention d’une écriture, dont rien ne lui faisait soupçonner l’existence.
Tout cela se réduisait à deux méthodes : à une méthode
imitative des paroles, pour transcrire les textes ; et à une méthode imitative des pensées, allusive et mnémonique, pour rappeler par une image composée, un tableau divin à l’esprit, ainsi que le disent Plotin et Porphyre.
Ainsi nous avons pour résultat :
Par les traditions anciennes.
1° Une langue sacrée et magique, commune aux prêtres des divers pays.
2° Une écriture hiéroglyphique, très simple, imitative des paroles, et s’expliquant d’une seule manière, comme toute écriture de langue parlée; produisant les mêmes effets magiques que la langue sacrée, à cause qu’elle la représente, et par conséquent irréductible. Les symboles expriment chacun plusieurs idées , lesquelles sont déterminées par des noms explicatifs.
Par M. Champollion et M. Letronne.
1° Point de langue sacrée : un idiome national, le copte.
2° Un système alphabétique et idéographique, justement ce qu’il ne devrait pas être. Une méthode compliquée et embrouillée; des interversions, des abréviations, etc. Les symboles n expriment chacun qu’une seule idée. Des signes muets et parasites pour expliquer les mots mal écrits.
3° Un système religieux reposant sur la cosmologie astrologique; système très clair, où chaque être divin a un rôle marqué et compréhensible. Communauté d'origine des religions anciennes.
4° Des figures d’idoles exprimant, par des tableaux allégoriques, les idées cosmico-astrologiques, et produisant des effets magiques.
3° Une théologie obscure, sans ensemble, éloignée de tout rapport avec les sciences sacerdotales : isolement complet des diverses religions.
4° Des figures inertes, dont le sens est à peu près arbitraire, et ne repose sur aucun ensemble théologique.
Si le système de Champollion est vrai, il n’est pas vraisemblable ; car il est d’une complication excessive : au lieu qu’en proposant, sur la foi de toute l’antiquité, un idiome sacré et une écriture imitative du langage je simplifie, comme Copernic, la mécanique céleste, et la rends beaucoup plus rationnelle : de plus, j’explique la cause des prodiges, l’apparition des dieux, etc., attribuée par l’antiquité à la puissance magique des prières en langue sacrée; tandis que M. Champollion et ses disciples n’ont point de paroles pour cela. (de Briëre.)
Toute l’école de Champollion s’appuie sur un passage de saint Clément pour asseoir ses prétentions. Or ce passage est d’une très grande utilité pour nous car il nous montre la manière dont étaient enseignées les trois sortes d’écritures aux futurs initiés. Aussi n’hésitons-nous pas à donner ce passage avec les deux traductions faites, appelant l’attention de nos lecteurs sur la traduction de Brière, la seule se rapportant aux données de la Science Occulte.
J’en viens maintenant au passage des Stromates.
M. Letronne a donné deux traductions de ce fameux pas-
sage, dans les deux édifions du Précis hiéroglyphique de M. Champollion ; mais ces deux traductions ne diffèrent guère que par l’interprétation des mots tx Trpwxa Çoi/eix.
Voici la dernière traduction, et celle qui exprime le mieux la pensée du célèbre académicien : je la donne en regard du texte et de ma traduction, afin de bien faire sentir la différence qui existe entre les deux traducteurs.
Je fais précéder et suivre le texte comparé de saint Clément de quelques phrases de cet auteur, qui expliquent et fixent sa pensée, et qui, n'étant nullement sujet de controverse. n’ont pas besoin du texte grec pour se justifier.
Préambule du passage de saint Clément.
Comparons les choses spirituelles aux choses spirituelles ; c’est pour cela que, par un mode de mystère qui est vraiment divin, et qui nous est fort utile, les Égyptiens marquèrent par les choses qu’on nomme chez eux impénétrables, et les Hébreux par celui de voile , le Verbe naturellement sacré, et qui repose dans le sanctuaire de la vérité. Chez les Hébreux, il n’était permis d’entrer dans le sanctuaire qu’à ceux qui étaient consacrés, c’est-à-dire voués à Dieu; et dont les mauvais penchants étaient circoncis par leur amour pour Dieu seul. Platon prétendait qu’il ne fallait pas que ce qui était pur fût touché par ce qui était impur. De là vient que les prophéties et les réponses des oracles sont données sous forme d’allusion. Les mystères ne sont pas révélés sans respect au premier venu ; mais avec des préparations et des expiations : car la muse ne cherche pas le gain , elle n'est pas mercenaire ; elle ne vend pas des sons doux et des vers mielleux avec un visage argenté.
(Pindare.)
CONTINUATION DU TEXTE DE SAINT CLÉMENT D’ALEXANDRIE Passage traduit par M. Letronne.