‹ Traité méthodique de science occulteChapitre 127 sur 454 · MÈRES · texte numérisé non relu

MÈRES

l’hébreu est la langue des mystères égyptiens

La tradition occidentale constituée en grande partie par la Kabbale vient, ainsi que nous le verrons tout à l’heure, de Moïse et par suite des mystères égyptiens .

Connaissons-nous ces mystères?

Pas le moins du monde. L’habitude prise par le monde scientifique de considérer les anciens comme de grands enfants est telle qu’on ne veuf pas admettre l’existence dans l’antiquité de données totalement perdues de nos jours comme celles qui ont rapport à l’existence d’une langue sacrée commune à tous les initiés de tous les cultes.

Un égyptologue des plus savants, M. de Brière, a fait plusieurs études sur ce système '. Comme son ouvrage sur ces questions est des plus rares, nous allons en citer quelques extraits qui serviront à éclairer au mieux nos affirmations sur la science qui fut enseignée à Moïse.

Ce qui fait de M. de Brière un auteur de grand poids, à notre avis, c’est qu’il avait retrouvé scientifiquement l’existence de la science occulte en Égypte et il résume ses recherches sur ce sujet dans ce qu’il nomme les Idées antiques.

1. Essai sur le symbolisme antique d’Orient , principalement sur le symbolisme égyptien, par M. de Brière, lauréat de l’Institut, etc. Paris, 1847, in-8°.

C’est ce manque de principes, et surtout de principes communs à tous, qu’on doit reprocher aux ouvrages donl je parlais tout à l’heure (les ouvrages des savants officiels). Certains de ces ouvrages ne sont que des abîmes ténébreux d’une philosophie nébuleuse, dont l’œil le plus pénétrant et le plus exercé a peine à apercevoir le fond : d’autres sont des labyrinthes de faits dans lesquels les auteurs se sont embarrassés, et dont ils n’ont su comment se tirer, faute d’un fil conducteur qui les aidât à en sortir : d’autres encore ne sont que des amas énormes de monuments de tous genres, et surtout, de longues enfilades de médailles; livres immenses, composés à propos d’une question de détail, qui pourrait tenir dans quelques pages ; tandis que la question principale n’est point résolue, et même est tout à fait négligée : enfin d’autres, plus compréhensibles, plus saisissables, mieux entendus, établis avec art, où les faits sont exposés avec méthode et clarté, mais où la doctrine porte à faux, parce qu’elle repose sur des opinions préconçues, et non pas sur l’examen intime et la juste appréciation des choses.

Or, que manque-t-il aux auteurs de ces ouvrages? les IDÉES ANTIQUES.

J’appelle idées antiques, les opinions qu’avaient les Orientaux sur la nature, les propriétés, l’action et la relation des choses. Ces opinions, qui s’étaient infiltrées en partie dans l’Occident, mais qui n’existent plus nulle part, à cause de la disparition du paganisme, sont formulées très nettement dans les sciences sacerdotales, et se dégagent aisément par l’examen attentif et la comparaison des choses. Ces opinions sont en quelque sorte l’âme et la vie des faits religieux et scientifiques : c’est l’oxygène, extrait de l’air

et absorbé par la respiration, qui entretient l’existence. Réduites en préceptes, elles forment un corps de doctrine, indispensable pour erttendre l’histoire des temps primitifs, et les religions anciennes.

Il faut donc s’identifier avec les anciens, et en quelque sorte penser comme eux ; c’est aussi ce que j’ai fait. Mais on doit vraiment déplorer la légèreté avec laquelle des hommes, recommandables par leur savoir et leurs talents, traitent ces hautes questions archéologiques.

La Philologie comparée (non pas seulement celle qui se borne à nous dire qu’un mot passé d’une langue dans une autre se termine en t , tandis que dans la première il se terminait en s , mais encore celle qui s’attache aux idées représentées par les mots , et qui les suit dans leurs diverses phases) est un grand moyen d’explication des religions anciennes ; malheureusement, les explicateurs des religions, plutôt hellénistes ou latinistes qu’orientalistes, et plutôt grammairiens que philologues, négligent cet utile moyen. Ils ne dépassent jamais le sens historique, et ne peuvent pénétrer dans les mystères de la linguistique sacrée. Dès lors leurs études sont tout à fait stériles pour nous, et ne nous apprennent rien de nouveau et d’utile. Nous n’en savons pas plus qu’auparavant l.

J. L’élude des langues se divise en deux genres : en grammaticale cl en philologique. Les grammairiens, occupés à traduire et à composer, ne voient dans une langue que des mots et des phrases, la grammaire et le dictionnaire, des thèmes et des versions : ils déclinent et conjuguent; voilà tout. Pour eux, un idiome est une chose parfaitement invariable. Les philologues, au contraire, étudient les effets du temps sur les langues, et comparent les divers idiomes entre eux, pour connaître leurs rapports, et les transformations qu'ils oart subies. C'est aux grammairiens coptes qu’est échu le lot d’appliquer le système de Champollion au déchiffrement des hiéroglyphes. Aussi, on les voit transportés de joie, lorsque, à l’aide de ces tortures violentes qu’ils donnent aux symboles, ils sont parvenus à retrouver quelqu’une des formes intimes du copte moderne, dans des inscriptions qu’ils supposent appartenir aux temps voisins du déluge : ils croient avoir véritablement saisi le sens des symboles.

Dirigée par les idées antiques , la philologie comparée sera un auxiliaire puissant pour retrouver la langue sacrée, sans laquelle on ne peut rien entendre aux symboles. Je donnerai tout à l’heure un exemple de la comparaison des langues, à propos des sources de la langue sacerdotale; et l’on verra là un aperçu des avantages de la philologie comparée. J’en ferai usage aussi dans mes recherches sur la Croix et Sérapis, et sur les monuments de Mithras.

On comprend de suite l’importance que peut avoir la démonstration de l’existence de cette langue sacrée, de cette langue des mystères dont parlent toutes les traditions et qui est niée par nos savants contemporains. A cette que stion nous ne pouvons mieux répondre que par l’unanimité de tous les auteurs de l’antiquité cités dans le tableau suivant que nous donnons in extenso vu son importance.

Résumé des passages d'auteurs anciens , relatifs aux langues et aux figures sacrées en usage parmi les prêtres et les initiés.

LANGUES

et

ÉCRITURES NATIONALES

LANGUES, ECRITURES et

FIGURES SACRÉES

Héliodore. Chez les Éthiopiens.

Écriture populaire.

Écriture royale ou peut-être angélique (la même que l’écriture hiéroglyphique).

George le Syncelle.

En Égypte.

ai Suo yXiooraai twv Aiyuimwv.

Les deux langues des Égyptiens (du temps de Cécrops).

îepa cpa jvyj.

Langue sacrée.

LANGUES

et

ÉCRITURES NATIONALES

LANGUES, ECRITURES et

FIGURES SACRÉES

Manethon.

y.mvï) ôiaXexToç.

8ia.XiY.-zot; Up a.

Langue vulgaire.

Langue sacrée, ispa yXwtraa.

Langue sacrée.

Diodore de Sicile.

i8ta SkxXexto; twv Aiyuiraoiv.

Langue propre des Égyptiens, lepot Xoyoï.

Discours sacrés.

Jamblique

oixeta*

ôiaXexTOç üXï) va>v teptov etjvtov,

{de Mysteriis).

La langue propre de la nation.

dxnrsp Aiyuuvujüv xai Aacr-j-

(Le passage de Jamblique,

piO)V.

appartenant à la 7° section,

La langue entière de l’ordre

est fort long et fort expli-

des prêtres, tels que les

catif ; j’en ai tiré un grand

prêtres égyptiens et ceux

parti dans mon cours.)

des Assyriens.

La langue sacrée est dite

Y/.waaa xwv çiXoeroçwv.

étrangère par Jamblique,

La langue des philosophes

et préférée par les dieux à la

(ou des prêtres).

langue du pays. Il dit que

cpo)VY) tcov kpecov.

cet idiome est fort ancien et de première origine.

La langue des prêtres.

Quand on a lu ce passage, on

ne comprend plus l’obstina-

tion des savants qui nient

l’existence d'un idiome sacré,

et qui ne rêvent que le copte. L'absurdité est trop sensible.

Jamblique

àp.ouv signifie caché dans la

et Plutarque.

langue des Égyptiens (c’est le nom donné aux prêtres).

Porphyre.

7iaxpta cp wvy}.

La langue héréditaire ou la langue des Pères (nom donné aux prêtres) : la même que parlaient entre eux les disciples de Pythagore.

yXaxTffa ro)v Atyuwnwv.

La langue des Égyptiens, apprise chez les prêtres, et qui servit à Pythagore de moyen de communication avec les prêtres chaldéens, hébreux et arabes.

LANGUES

et

ÉCRITURES NATIONALES

LANGUES, ÉCRITURES et

FIGURES SACRÉES

Lucien.

Upa ovofxaxa.

Noms ou paroles sacrées.

Tacite.

Hermès.

Patrius sermo.

Langage des Pères ou antique.

Tiatpia çwvï).

La langue des Pères, très claire et très énergique.

Saint Clément.

d’Alexandrie.

AtyjTTOwv (tspstov) «püjvr,.

La langue (des prêtres) égyptiens (usitée dans les temples).

OcoXoyoup.svoi g'JÔot.

Histoires ou récits en langue sacrée.

Lucain.

Marjicæ linguæ.

Langue ou paroles magiques (exprimées par les hiéroglyphes).

Origènes.

ta Ttaxpia ypot|J.(j.aTa.

Les lettres des Pères, ta Ypap.p.axa 6eia.

Les lettres divines, les figures des dieux, sur lesquelles les prêtres dissertaient.

Inscription de Josette, désignant les trois langues en usage en Égypte.

sy/copia ypagp-ara.

Les caractères des habitants, représentant la langue vulgaire.

î/,Xï)v ixa

Les caractères grecs, exprimant la langue grecque.

Les trois langues, hébraïque, de Jésus-Christ, sont design l’évangile de saint Luc.)

iepa ypaggata.

Les caractères sacrés, représentant la langue sacrée.

erecque et latine, de l’écriteau ées par leurs écritures; voyez

LANGUES

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