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DE LA MÉTAPHORE

Dans la troisième, le signe s’interprète clairement par un autre objet, en raison de certains rapports allusifs, (résultats de comparaisons préalables) *.

Ainsi, selon la manière littérale, et selon I’imitati ve, lorsque les prêtres

tiques (première traduction : exprime au propre les objets par les lettres ) ; l’autre est symbolique (première traduction :

l'autre les représente par des symboles).

La méthode symbolique se subdivise en plusieurs espèces.

L'une représente les objets au propre par imitation (des objets).

L'autre les explique d'une manière tropique figurée).

La troisième se sert entièrement d’ allégories exprimées PAR CERTAINES ÉNIGMES.

Ainsi, d’après ce mode les Égyptiens veident-ils écrire le soleil, ils for-

1. Tout ce qui précède se rapporte à l’étude du déchiffrement des hiéroglyphes, lorsqu’on avait appris la langue sacrée; c’était la tâche des élèves. Ce qui suit est la manière dont l’écriture était employée par ceux qui en connaissaient déjà les propriétés : c’était le talent des prêtres instruits.

2. L’aoriste yp “’W1 doit-il se prendre absolument dans le sens du présent Ypa'-pstv? Je ne le croisj pas. Le parfait et l’aoriste marquent, lorsqu’ils se rapportent à une époque indéterminée, ce qui se fait habituellement, ce qui a lieu selon Vusage ordinaire. (Voyez les grammaires grecques de Gail et de Burnouf.) Dès lors nous comprenons que 6ouXop.evoi Ypaj/ai vpaov, signifie que lorsque les prêtres écrivaient le mot soleil, par la méthode ordinaire et naturelle, c’était par la représentation du soleil lui-même. Cette observation peut s’appliquer à tous les cas que l’on rencontre dans Horapollon. Par là, nous reconnaissons la différence qui existe entre les représentations ordinaires, et celles qui ne sont qu’accidentelles; telles que le tropique et Y allégorique.

okç, '/.axa xo •/.•jptoAoyo’j- [ASVOV gîooç'

TpOTXlXCÜÇ ôè, X«T ’ GlXEtrj-

xrjxa p.Exâyovx£ç xai (jte— xaxiQÉvxeç' xâ3s È5a>.).axxo-jxeç , xâo£ 7ro).),or/<î>ç jA£xaa-/^naxiÇovx£;, yapax-

TOpO\V.

égyptiens veulent écrire le mot soleil , ils font ordinairement un cercle (ils figurent le soleil); le mot lune , ils font ordinairement la figure de la lune (un croissant).

Selon la manière qui se rapproche du trope, les prêtres égyptiens, changeant la signification habituelle des signes ( par rapport à leurs figures, à leurs noms), et lui en substituant une autre accidentelle, diversifient ces signes par des additions, ou modifient leur apparence de plusieurs manières.

ment un cercle ; lorsqu'ils veulent écrire la lune, ils forment un croissant 1 .

Dans la méthode tropique, changeant et détournant le sens des objets par voie d'analogie, ils les expriment, soit en modifiant leur image , soit en lui faisant subir divers genres de transformation.

TVj; yoOv xûv gamXécov C’est avec cette me- C’est ainsi qu’ils emstioùvouç 0£o)voyoop.lvoiç p.û- thode, qu’exposant leurs ploient les anaglyphes 7tapaoiobvx£ç, témoignages de hecon- (bas-reliefs allégoriques),

naissance envers leurs quand ils veulent transrois, dans des récits ira- mettre les louanges de contant les bienfaits des leurs rois, sous forme de monarques), et conçus mythes religieux.

dans la langue théologique (c’est-à-dire, la langue sacrée)..

àvaypct-po'jGT 3i’a xwv Ils les publient au ocvayMçcov. moyen d'une inscription

solennelle, sur des stèles (portant des bas-p.eliees, allusifs au sujet de l’inscription).

foûoE, xaxà xoOç cuvty- La troisième manière, Voici un exemple de la |xouç, xpixou eiôouç, Ô£îyp.a l’allégorique, celle qui troisième espèce d’écriture sÇw xôSe. s’explique par d’autres hiéroglyphique, qui em-

objets, en raison de cer- ploie des allusions énigtaines allusions claires, matiques.

est ainsi.

Ta gèv yâp xûv à’Uwv Ils comparent les astres Les Égyptiens figurent acptov , ôtà xy]v TiopEiav autres que le soleil, à des les autres astres par des xvjv Lo|v)v, oçewv (xcogao-iv corps de serpents, à cause serpents, à cause de l’obli-

1. Je ne sais pas si l’on peut dire : écrire le soleil; il me semble que l’on représente sa figure, mais que l’on n’écrit que son nom.

cMtÉiy.aÇoV t'ov 3è rl\io'i, de l’obliquité de leur qui té de leur course, mats tw toO y.avôdpo'j. y. t. 1. mouvement; et le soleil à le soleil est figuré par le celui d’un scarabée, parce scarabée.

que celui-ci fait une figure en forme de globe, et la roule en reculant. On dit que cette espèce d’animal vit six mois sur terre et six mois sous terre; et que, lançant son sperme dans le globe, il engendre : mais qu’il ne naît point de femelle *.

Donc, pour le dire en un mot, tous ceux qui traitèrent des choses sacrées, les théologiens, tant barbares que grecs, cachèrent les principes des choses ; ils ne firent connaître la vérité que par des allusions, des allégories, des métaphores, et autres espèces de figures : tels sont, chez les Grecs, les oracles ; et Apollon pythien est appelé loxias, c’està-dire louche. Les apoplithegmes des philosophes grecs sont certainement de ce genre ; ils expriment en peu de mots de grandes choses. Ainsi, épargnez le temps , veut dire, ou bien, comme la vie est brève, il ne faut pas perdre le temps; ou bien, qu’il faut être économe, afin de se conserver le nécessaire, si l’on vit longtemps.... C’est pourquoi les poètes, qui apprirent la théologie des prophètes, exprimèrent leurs enseignements par des allégories ; tels furent Orphée, Linus, Musée, Homère et Hésiode; et ceux qui, par cette raison, furent appelés sages.

La suite du fameux passage fait voir que saint Clément comprenait sous le nom] d’allégorique, tout ce qu’il croyait

1. Les rapports vrais ou supposés, entre' le soleil et le scarabée, selon l’opinion ancienne, nous sont exposés plus au long et d’une manière concordante, par Horapollon, Eusèbe et Ælien. Cela prouve qu’il n’y avait dans le choix du symbole aucune obscurité.

c ontenir un sens plus étendu que ce que les paroles expriment, ou un sens différent.

Nous n’en finirions pas si nous voulions discuter en détail les critiques présentées par de Brière au système de Champollion. Cependant nous tenons à citer encore le passage suivant qui éclairera fort bien nos lecteurs sur les procédés des savants qui accusent les occultistes de se laisser aller à l’imagination (!) :

« Ce sont ces caractères de divinités qu’inventa Hermès. Plutarque dit : On prétend qu 'Hermès fut le premier , en Egypte , qui connut les caractères des dieux ; Ep^ç XeyeTai 6eu)v cv Ar/UTUTG) ypa^^axa xpwxoç supstv ; c’est pour cela que Xibis, qui lui est consacré, fut placé à la tête des lettres (des dieux). Les savants, ignorant ce que c’est que les caractères des dieux, ont dit : Hermès fut le premier des dieux qui connut les lettres. Hermès n’était pas le premier des dieux, il était le seul; il était hiérogrammate, les autres dieux ne l’étaient pas. Il ne s’agit point là des lettres de l’alphabet, que les savants voient partout; mais défigurés désignant par antonomase les divinités suprêmes. Dans les Comasies, l’ibis paraissait à la tête des autres animaux. Il y avait sans doute pour cela une autre raison que Plutarque ne connaissait pas.

« Je ne finirais pas si je voulais relever toutes les erreurs que les savants ont commises, faute de connaître le fond des choses; je n’en indiquerai ici qu’une seule : nous en verrons plus tard, dans mes traités sur la Croix et Séraqris, sur Mithra, sur X Origine des lettres et sur X Origine des chiffres.

« Plutarque [de Iside) nous dit qu’en égyptien sacré, Athyri désigne la maison cosmique d’Horus ; c’est un des surnoms d’Isis. Les savants, qui ignorent ce que c’est qu’une maison cosmique , ont cru que Plutarque voulait

dire que le mot athyri était composé, et signifiait dans son ensemble maison d’Horus. En conséquence, ils se sont mis à l’analyser ainsi : ath, maison (ce mot n’a pas cette signification en copte), et yr ou or, Ilorus ; ath-or , maison d’Horus. Fort de cette opinion qui circule partout, M. Champollion, ayant trouvé quelque part un carré long renfermant un petit oiseau , a jugé que le carré long était la maison, et le petit oiseau, Horus ; et il a fait de tout cela le symbole idéographique d’Athyr ou Athor , Vénus ou Isis. Autant de mots, autant d’erreurs. 11 faut savoir qu’en astrologie, les signes du zodiaque, qui s’appliquent aux mois, sont ce qu’on appelle des maisons de planètes. Le signe de la Vierge , auquel correspond le mois Vathyr ou de Venus , est une des deux maisons ou domiciles de la planète Mercure-Apollon , nommée Horus ou Orion, qui en prit le surnom d'Athyr ou d 'Athor; ainsi Athyri ou la Vierge est réellement la maison cosmique d’Horus. (Voyez Y Et ymologicum magnum au mot Athyr .)

« Les savants ont donc pris le nom de la maison pour s a définition; et cela, parce qu’ils ne savaient pas ce que c’était qu’une maison cosmique : c’est comme si l’on disait que le mot Tuileries signifie palais du roi. »

Pouvons-nous avoir des détails plus précis sur lu langue sacrée des Égyptiens?

Voici certains passages très instructifs sur ce sujet .

Horapollon- nous donne, sur cette langue sacrée , certains renseignements qui sont précieux, et confirment tout ce que nous avons vu ci-dessus. 11 dit (liv. I, 27) que les prêtres égyptiens désignaient la parole par une langue et un œil rouge ou une main ; indiquant par la langue la pre-

mière partie d'un mot qui contient sa prononciation ; et par l’œil ou la main, sa signification. Dès lors, nous voyons qu’il en est de l’égyptien sacré comme du chinois. Dans celte dernière langue, on appelle li un poirier et une carpe ; mais pour déterminer qu’il s’agit plutôt de l’un que de l’autre, on dit mo pour l’arbre, et yu pour le poisson ; li-yn, le poisson /?, sera la carpe ; et li-mo , l’arbre li, sera le poirier ; les Anglais disent peur-tree, l’arbre-poire. Cette addition était nécessaire pour fixer le sens précis que devait avoir un symbole susceptible de plusieurs interprétations1.

Ainsi, dans l’écriture sacrée, tout devait se prononcer. Il est impossible d’admettre les déterminatifs muels et inutiles que présente M. Champollion; aussi, il ne leur attribue de nécessité qu’à cause de X imperfection de l’écriture .

Pourquoi saint Clément et Porphyre n’oat-ils pas parlé du système de l’écriture vulgaire, ni de celui dj l’écriture hiératique? D’abord, quant à l’écriture vulgiire, elle était connue de tout le monde, et il n’était nullement nécessaire d’en parler. Pour ce qui concerne l’écriture hiératique , elle était secrète et réservée pour les ouvrages des prêtres ; et, comme elle reproduisait les mêmes figures que l’écriture hiéroglyphique, elle n’avait pas un autre système que celle-ci; elle devait nécessairement être comprise par Por-

i. Notez bien que les signes d 'arbre ou de poisson, qui entrent dans les groupes chinois, sont purement orthographiques, et ne dispensent pas de marquer le nom et le signe arbre ou poisson, à la suite du nom d’espèie, lorsque dans la phrase énoncée il peut rester quel [te incertitude sur le sens de ce nom d'espèce, (des signes orthognphi [ 10s doivent sans deute leur origine aux nomenclatures encyclopédiques.

Les personnes étrangères à la connaissance du chinois se sont toujours méprises sur les propriétés de l'écriture chinoise, par rapport au langige qu'elle exprime. Il circule ainsi dans le monde savant de no nbreuses erreurs de plus d’un genre, qui, acceptées généralement comme des vérités. égarent l'opinion publique, et exercent sup l’élude de l’auliquilé une inllueuee délétère et funeste.

phyre dans les lettres imitatives. Si les deux auteurs ont parlé des hiéroglyphes, ce n’a été que pour établir une différence entre les deux genres, et pour faire connaître le moyen de transcription usité par les prêtres pour la communication des sciences. Tel est aussi le motif pour lequel saint Clément la place au dernier rang.

Il suit de tout ce que j’ai dit que les signes hiéroglyphiques de texte, dans leurs divers emplois, faisaient toujours la fonction de ce que nous appelons rébus, et cette fonction toute simple, toute naturelle, est la seule qui soit compatible avec l’apparence des monuments, et qui puisse se lier à la reproduction de la langue sacrée ; de cette langue dont la puissance était telle, que par le seul son de ses mots, elle faisait mouvoir et agir les dieux, et qu’il n’était pas possible d’en altérer les formules, et qu’enfln aucun idiome humain ne pouvait lui être substitué. Cette puissance résidait aussi dans les hiéroglyphes imitatifs et allusifs. Saint Jérôme cite, à l’occasion de l’histoire de saint Hilarion, l’aventure d’un jeune homme de Memphis qui séduisit une fille chrétienne, en plaçant sous le seuil de sa porte une plaque magique, sur laquelle il y avait des mots barbares, portenta verborum , et des figures monstrueuses, portentosæ figuræ \

1. Toutes les amulettes reposent sur la connaissance de l’astrologie, de la langue sacrée et de l’écriture hiéroglyphique. Ce sont effectivement les hases sur lesquelles sont fondées toutes les sciences sacerdotales et les religions anciennes. Mais la puissance générale de toutes les prières, paroles et talismans, est attribuée à la na1 ure imitative des mots et des signes : il n’y a que l'ignorance qui puisse nier cela.

Champollion connaissait mal l’astrologie et la religion égyptienne. Son explication d’un tableau prétendu astrologique est trop contraire aux règles de la science pour être vraie. Ces constellations qui agissent à des heures déterminées sur certains membres du corps, auxquels l’astrologie les déclare complètement étrangères, sont des anomalies dans la science, qui ne peuvent être admises par les personnes douées de la plus faible connaissance en astrologie. Mais les ignorants, qui prennent tout de

iOo —

Les symboles de divinités jouaient un très grand rôle dans les amulettes, les abraxas, et dans toutes les opérations magiques et théurgiques ; les statues des dieux étaient considérées comme douées d’intelligence, et on les appelait ep/J/ir/oi, des pierres animées . J’ai lieu de croire que l’on donnait aussi aux signes de texte le nom de lettres animées ou vivantes.

J’ai dit qu’il y avait chez les prêtres égyptiens deux manières d’exprimer le discours : la première, en l’expri-

confiance et sans examen ont accepté Je tableau astrologique, avec les cartouches alphabéliques et idéographiques.

Quant à la religion, l’insuffisance de Champollion se montre clairement, lorsqu'il peinl avec des couleurs très vives le paradis et Y enfer égyptiens, qu’il appelle amenthès; les jouissances des bienheureux et les tourments des damnés. ( Huitième lettre à M. le duc de Iilacas.) 11 ignorait que, dans l’antique Orient, il n’y avait ni récompense ni punition après la mort; que l’homme était récompensé ou puni dans ce monde-ci, soit sur sa personne, soit sur celle de ses descendants ; et, toujours dans les intérêts matériels. Il ignorait que la théologie égyptienne accordait deux âmes à l’homme; que l’une, l’àme intelligente et pensante, au sortir du corps, se rejoignait à l'intelligence suprême, dont elle était émanée : et que l’autre, l’âme sensitive et mobilisante, rentrait par la porte des dieux, ou le Capricorne, dans Yamcnthès, le ciel aqueux, où elle habitait toujours avec plaisir; jusqu’à ce que, descendant par la porte des hommes, ou le Cancer, elle vînt animer un nouveau corps. (Voyez Porphyre, De antro nympharum.)

Je ne quitterai pas ce sujet sans parler de cet Ammon-ré, qui joue un si grand rôle dans le Panthéon de M. Champollion. Ce nom divin est pris d’une inscription grecque, où il est question d Amoun-ra-sonter; M. Champollion n’a jamais lu en hiéroglyphes ce nom allongé; mais il a vu un groupe qu’il pouvait lire amoun-ré, ou soleil caché (toujours le soleil). Mais ré n’est pas ra : et ra et rô signifient, non le soleil, mais une porte : Amon-ra n’est donc pas le soleil caché, mais la porte invisible, secrète, noire, la porte de la mort, par où les âmes entraient dans Yamenthés. C’était la véritable cause de l’horreur qu’inspiraient les fèves. En copte rô désigne la fève et une porte; et l’on disait que la fleur de fève portait des taches noires qui représentaient les portes de la mort. Amoun signifie aussi père : et de là l’opinion qu’il valait autant manger la tête de son père qu’une fève. On voit que les idées antiques, mises en contact avec les opinions de M. Champollion, les repoussent toujours.

J’en dirai autant de cette prétendue déesse Tphé, ou déesse du ciel, dont les savants n’ont pas compris la nature, parce qu’ils ne montent jamais plus haut que le ciel; c’est tout simplement le Spiritus qui entraîne la machine céleste dans son mouvement perpétuel.

manl dans [ous ses détails, parle moyen de l’écriture imitative des paroles; et la deuxième, en ne représentant qu’une idée théologique par une seule image, plus ou moins composée, une espèce de tableau; en raison des allusions que cette image offrait avec le sujet du discours. Elien établit les propriétés de cette dernière méthode en parlant de l’ibis. « Les plumes noires de cet oiseau peuvent être comparées avec le discours qui n’est point proféré (l'image vue et nommée seulement) : les plumes blanches peuvent l’être avec l’énonciation du sens intime (l’explication orale). »

Jamblique [De mysteriis , S. 7, ch. i et n) nous explique ce fait, et nous en donne un exemple.

(Ch. YT.) « Je veux d'abord vous faire connaître la manière dont les Egyptiens procèdent en matière théologique. Imitant la nature de l’univers et les opérations des divinités, ils représentent, par des symboles composés, les notions qu’ils ont des intelligences secrètes, cachées, invisibles : de cette manière, la nature reproduit, sous des formes apparentes, les causes cachées des choses. Ensuite, la puissance opératrice des dieux y a exprimé les images vraies (ou cachées) par des images sensibles. Les Egyptiens, comprenant que tous les êtres supérieurs étaient charmés de trouver de la ressemblance avec eux, dans les choses d’ici-bas, tâchèrent de leur plaire et d 'obtenir d’eux tous /es biens, en les imitant : et c’est avec raison qu’ils considérèrent comme convenable aux dieux la méthode d’exprimer les mystères au moyen de symboles. »

(Ch. u.) Un dieu assis sur un lotus désigne le grand dieu , la puissance infinie, la suprême éminence, qui ne touche point la matière; et Y intelligence motrice et ignée; car, dans le lotus, tout est circulaire , les feuilles et les fruits, et cette propriété répond à l’unique opération de l’intelli-

genee, qui meut tout circulairemcnt , d’une seule manière, dans un seul ordre et dans un seul rapport. Mais le dieu suprême, dans son isolement, est au-dessus de ceüe intelligence motrice : saint et vénérable, il repose en lui-même : ce qui est marqué par sa position assise (Voy. fig. 22. Le dieu lient un fouet et montre du doigt sa coiffure : le fouet pourrait bien exprimer son nom, et la coiffure sa dignité.)

Pour expliquer l'origine de ces tableaux symboliques, il faut savoir que les Egyptiens 11e figuraient jamais le monde organisé par des images compliquées, et montrant les choses sous leur propre forme, vraie ou supposée; comme lorsque nous représentons le système du monde, ou la sphère céleste; ou bien, lorsque nous montrons Dieu dans sa gloire, entouré de ses anges et de ses saints, qui chantent ses louanges, en s’accompagnant de la harpe. Comme ils voulaient dépeindre en même temps les choses et leurs propriétés, telles que le mouvement, la puissance, la fonction, etc., ils 11e purent y parvenir qu’en substituant symboliquement aux images intellectuelles, des objets sensibles dont les propriétés avaient de l’analogie avec celles des choses qu’ils voulaient dépeindre. Les images sensibles par lesquelles ils désignaient les choses célestes n’étaient donc pas, comme ledit Jamblique, les véritables ou les invisibles ( amoun a ces deux sens)1, que les prophètes voyaient en songe (ce qui leur avait fait donner le titre de voyants). Les peuples n'allaient pas plus loin que la figure, ce qui est assez ordinaire ; et de là naquit l’idolâtrie. De là vint encore que les Grecs, ignorant la signification des figures des divinités et des attributs qui les accompagnent, donnèrent à ces images, en

1. Les Kgypliens invoquaient le dieu Amoun et l’invitaient à se manifester,, à, se rendre visible.

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