‹ Traité méthodique de science occulteChapitre 136 sur 454 · FIGURES OU TABLEAUX · texte numérisé non relu

FIGURES OU TABLEAUX

Imitant , par des allusions, l’organisation des mondes éthérés et célestes. (Voyez Porphyre et Jamblique.)

Ce sont les éléments de l’écriture primitive, qui sont composés des signes de l’écriture du langage : lesquels sont ainsi les premiers éléments de l'écriture.

Abénéfi appelle cette écriture écriture des oiseaux (à cause des représentations as trologiques) ; elle représente, dit-il^ les puissances de Dieu ; Plotin dit que les figures qui la composent représentent en masse des phrases, des discours. Porphyre lui donne le nom de symbolique ou métaphorique, s'interprétant au moyen d'allusions (il ne faut pas la confondre avec Yallusive claire de saint Clément d’Alexandrie). C’est la même qu’Ammien -Marcellin désigne comme exprimant, par un seul signe, un sens complet. Ruffin appelle ses signes des lettres sacerdotales. Aristote prétend qu’elle était commune aux Egyptiens et aux Chaldéens : c’était un genre le mnémonique.

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les modifiant, une signification tout à fait étrangère à celle que leur avait attachée le créateur du système. C’est cette signification grecque qui a servi seule jusqu’ici pour expliquer les fables.

Selon mon opinion, celte écriture en tableaux, l’écriture des éléments ou lettres symboliques, est la plus ancienne, et a dû précéder de beaucoup l’écriture des textes et l’alphabet. C’est par suite de leur postériorité, que les signes des textes se sont appelés les éléments des éléments, ou les premiers éléments , ou les éléments des lettres, et que l’alphabet qui en est dérivé a pris le même nom.

Je demanderai aux savants qui me nieront ce fait, de vouloir bien expliquer l’expression elementa litterarum, appliquée par Ruffin aux signes de textes représentant des mots entiers; et celle à' éléments, appliquée aux grandes images par Sanclioniaton.

On voit, par ces deux passages, que les symboles théologiques des Egyptiens étaient imitatifs de l'organisation de l’univers. Ce n’est pas celte imitation sotte et niaise des objets; mais le grand principe de Limitation des choses, principe immense, et qui se reproduit de mille manières diverses dans l’étude de l’antiquité orientale. Ce principe dépendait du lien universel , et en appelait à lui trois autres : le principe de l’ efficacité, celui de la fatalité, et enfin, le principe de la périodicité. Ce dernier était une espèce d’imitation; tout ce qui s’était fait dans une période se reproduisait dans les suivantes, de la même manière et dans le même ordre. Le principe de X imitation était contraire à cette obscurité que nous reprochons mal à propos au symbolisme égyptien, parce que nous ne le comprenons pas.

Je suppose que l’explication que nous donne Jamblique

n’était pas confiée uniquement à !a mémoire des prêtres, mais qu’elle était aussi conservée dans l’écriture imitative : une fois reçue, cette explication était facilement rappelée à la mémoire par la vue des grandes images.

Ce sont ces figures complexes qui, souvent réunies à la suite les unes des autres, forment ce que nos savants appellent des scènes, c’est-à-dire des espèces d’actions, dont les objets figurés sont censés être les acteurs. Les savants, ne comprenant rien à cet assemblage, se sont imaginé qu’on leur jouait une pièce de théâtre ; tandis qu’il ne s’agissait en réalité que de certaines idées cosmologiques et fhéologiques reproduites par des symboles, et qui se déduisent de chaque groupe séparé.

11 ne faudrait pas croire que de Brière seul se soit élevé contre le système de Champollion. Lacour' combat en passant ce système, mais un auteur très original et très peu connu, Barrois1 2, est parvenu à expliquer couramment non seulement les hiéroglyphes, mais même les cunéiformes en donnant raison à l’une des idées défendues par M. de Brière alors qu’il ne connaît pas cet auteur.

Barrois prétend que chaque signe hiéroglyphique représente la première lettre d’un mot qu’il faut deviner. Les hiéroglyphes seraient ainsi de véritables moyens mnémotechniques, servant à aider la mémoire des initiés. Mais où l’auteur est curieux, c’est quand il prétend que les hiéroglyphes doivent se lire en grec prohellénique et que

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