‹ Traité méthodique de science occulteChapitre 144 sur 454 · HD et tfb · texte numérisé non relu

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lion de la Volonté sont modifiés par elle ; c’est-à-dire qu’à la faveur de certains organes appropriés à cet effet, le son est articulé et changé en voix; le mouvement est déterminé et changé en geste. Mais la voix et le geste n’ont qu’une durée instantanée, fugitive. S’il importe à la volonté de l’homme de faire que le souvenir des affections qu’elle manifeste au dehors survive aux affections ellesmêmes, — et cela lui importe presque toujours, — alors, ne trouvant aucune ressource pour fixer ni peindre le son, elle s’empare du mouvement, et à l’aide de la main, son organe le plus expressif, trouve, à force d’efforts, le secret de dessiner sur l’écorce des arbres, ou de graver sur la pierre, le geste qu'elle a d’abord déterminé.

« Voilà l’origine des caractères tracés, qui, comme image du geste et symbole de l’inflexion vocale, deviennent l’un des éléments les plus féconds du langage, étendent rapidement son empire et présentent à l’homme un moyen inépuisable de combinaisons. Il n’y a rien de conventionnel dans leur principe, car non est toujours non et oui est toujours oui : un homme est un homme. Mais comme leur forme dépend beaucoup du dessinateur, qui éprouve le premier la volonté de peindre ses affections, il peut s’y glisser assez d’arbitraire, et elle peut varier assez pour qu’il soit besoin d’une convention pour assurer leur authenticité et autoriser leur usage. Aussi n’est-ce jamais qu’au sein d’une peuplade avancée dans la civilisation et soumise aux lois d’un gouvernement régulier qu’on rencontre l’usage d’une écriture quelconque. On peut être sûr que là où sont les caractères tracés, là sont aussi les formes civiles. Tous les hommes parlent et se communiquent leurs idées, tels sauvages qu’ils puissent être, pourvu qu’ils soient des hommes; mais tous n’écrivent pas, parce qu’il n’est nullement besoin de convention pour l’établisse-

ment d’un langage, tandis qu’il en est toujours besoin pour celui d’une écriture.

« Cependant, quoique les caractères tracés supposent une convention, ainsi que je viens de le dire, il ne faut point oublier qu’ils sont le symbole de deux choses qui n'en supposent pas, l’inflexion vocale et le geste. Celles-ci naissent de l'explosion spontanée de la Volonté. Les autres sont le fruit de la réflexion1. »

Court de Gébelin2 donne l’alphabet suivant comme type de l’alphabet primitif qu’il applique au chinois. Le lecteur est prié de comparer ces caractères avec les lettres hébraïques correspondantes, et il verra l’étroite analogie existant entre tous ces signes. L’étude du Tarot3 fournil encore de curieuses indications à ce sujet.

M. de Brière, cherchant l’origine de la langue des Egyptiens, tend à considérer le sanscrit ou plutôt le pâli comme constituant cette origine.

Mais aucun auteur n'a plus d’autorité en cette matière que Fabre d’Olivet.

Fabre d’Olivet considère trois langues mères : le Chinois, le Sanscrit et l'Hébreu.

L’espace nous manque pour analyser comme elle le mériterait celte étude magistrale ; contentons-nous de résumer les idées de l’auteur en citant les passages suivants.

Maintenant passons à la Langue hébraïque. On a débité un si grand nombre de rêveries sur cette langue, et le préjugé systématique ou religieux qui a guidé la plume de

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