‹ Traité méthodique de science occulteChapitre 149 sur 454 · Fabre d’Olivet, Lang, hèb., p. I, p. xvn · texte numérisé non relu

Fabre d’Olivet, Lang, hèb., p. I, p. xvn

universelles, intelligibles, abstraites, livré en cet état à un peuple robuste, mais ignorant, est tombé entre ses mains de dégénérescence en dégénérescence, et de restriction en restriction, jusqu’à ses éléments les plus matériels; tout ce qui était esprit y est devenu substance ; tout ce qui était intelligible est devenu sensible, tout ce qui était universel est devenu particulier'.

Les caractères sanscrits ne disent rien à l’imagination, et 1 œil qui les parcourt n’y fait pas la moindre attention ; c’est à l’heureuse composition de ses mots, à leur harmonie, au choix et à l’enchaînement des idées, que cet idiome doit son éloquence.

Le plus grand effet du chinois est pour les yeux ; celui du sanscrit est pour les oreilles.

L’hébreu réunit les deux avantages, mais dans une moindre proportion. Issu de l’Egypte, où l’on se servait à la fois et des caractères hiéroglyphiques et des caractères littéraux1 2, il offre une image symbolique dans chacun de ses mots, quoique sa phrase conserve dans son ensemble toute l’éloquence de la langue parlée. Voilà la double faculté qui lui a valu tant d’éloges de la part de ceux qui la sentaient, et tant de sarcasmes de la part de ceux qui ne la sentaient pas3.

Ainsi cette langue des mystères , cette langue sacrée voilée sous son triple sens, est celle dont Moïse va se servir pour la composition de son livre. Nous sommes maintenant à même de saisir une des causes qui font des traductions de ce livre des trahisons flagrantes. C’est qu’on ne donne t\aun

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