Fabre d’Olivet, Lang. héb. restituée, t. IF, p. tl
reporte à l’élude sur la langue hébraïque comparée au sanscrit et au chinois, on verra que ce qui fait la supériorité de l’hébreu, c’est d’être en même temps formé d’hiéroglyphes et de sons donnant chacun des sens spéciaux aux mois ainsi composés. C’est justement à cause de cela que d'Olivet a choisi le Sepher hébraïquê de préférence aux autres livres sacrés.
« Si j’avais espéré d’avoir le temps el les secours nécessaires, je n’aurais pas balancé à prendre d'abord le chinois pour base de mon travail, me réservant de passer ensuite du sanscrit à l’hébreu, en appuyant ma méthode d’une traduction originale du Ring, du Veda et du Sepher; mais dans la presque certitude du contraire et poussé par des raisons importantes, je me suis déterminé à commencer par l’hébreu, comme offrant un intérêt plus direct, plus général, plus à la portée de mes lecteurs et promettant d’ailleurs des résultats d’une utilité plus prochaine1. *>
Or, après avoir passé plus de vingt années sur le texte de Moïse, après avoir rétabli le sens de cette triple langue des mystères d’Égypte, sens totalement perdu, Fabre d’Olivet ne tarit pas d’éloges enthousiastes sur ce livre dans lequel nous ne voyons que quelques histoires enfantines.
« Fils du passé el gros de l’avenir, ce livre, héritier de toute la science des Égyptiens, porte encore les germes des sciences futures. Fruit d’une inspiration divine, il renferme en quelques pages et les éléments de ce qui fut, et les éléments de ce qui doit être. Tous les secrets de la nature lui sont confiés. Tous. 11 rassemble en lui, et dans le seul Beræschit , plus de choses que tous les livres entassés dans les bibliothèques européennes. Ce que la
1. Fabre d’Olivet, La Langue hébraïque, restituée*, XX, t. 1.
nature a de plus profond, de plus mystérieux, ce que l’esprit peut concevoir de merveilles, ce que l’intelligence a de plus sublime, il le possède'. »
Je cite toujours et je citerai le plus possible, pour appuyer mes affirmations sur des bases aussi stables que possible. Mon rôle actuel est des plus simples, il consiste à guider le lecteur au milieu d’extraits que je groupe le plus harmonieusement possible, après les avoir cherchés moi-même assez laborieusement, je l’avoue. 11 nous reste à présent à voir le plan de l’œuvre de Moïse ; le voici :
« Dans cette seconde partie, j’aborde la Cosmogonie (le Moïse. Or, ce que j’appelle la Cosmogonie de Moïse est compris dans les dix premiers chapitres du Beræschit , le premier des cinq livres du Sepher. Ces dix chapitres forment une espèce de décade sacrée, où chacun des dix chapitres porte le caractère de son nombre, ainsi que je le montrerai. On a prétendu que ces divisions du Sepher tant en livres qu’en chapitres et en versets, étaient l'ouvrage d’Esdras. Je ne le pense pas. Ces dix chapitres qui renferment un tout, et dont le nombre indique le sommaire, me prouvent que la science des nombres était cultivée longtemps avant Pythagore, et que Moïse, l’ayant apprise des Égyptiens, s’en servit dans la division de son ouvrage.
« La Cosmogonie entière, c’est-à-dire l’origine de l’Uni vers, celle des Etres, depuis le principe élémentaire jusqu’à l’homme, leurs principales vicissitudes, l’histoire générale de la Terre et de ses habitants, est contenue dans ces dix chapitres. Je n’ai point jugé nécessaire d’en traduire davantage, d’autant plus que cela suffit pour prouver tout ce que j’ai avancé ; que c’était assez m’imposer de travaux pour une fois, et que rien n’empêchera que