‹ Traité méthodique de science occulteChapitre 151 sur 454 · MOÏSE. — • LE SEPHER · texte numérisé non relu

MOÏSE. — • LE SEPHER

Les quelques extraits qui précèdent montrent déjà, quoique très superficiellement, les éléments dont disposait Moïse pour l’édification de son œuvre.

L’ouvrage que composa le prêtre d’Osiris était le résumé de la science des principes dans toutes ses manifestations, telle qu’elle était alors connue. À la science des Égyptiens, Moïse ajouta la plus grande partie des traditions primitives des initiateurs des Égyptiens eux-mêmes, les descendants de cette race nègre qui précéda la race blanche dans la voie de la civilisation, comme nous l’a montré l’étude de la « Vague de vie » en action sur les divers continents .

Cette science des Éthiopiens, Moïse l’acquit après qu’il était déjà grand initié, chez son beau-père Jéthro, où le futur législateur d’Israël s’était retiré pour subir les épreuves d’expiation nécessitées par le meurtre qu’il avait fait d’un soldat égyptien.

Pour bien montrer que cette origine de la civilisation transmise par la race noire n’est pas une invention de Fabre d’Olivet, rapportons l’opinion des Egyptiens euxmêmes.

Le nom d 'égyptien, reconnu identique avec celui de copte, vient-il. comme on le croit généralement, de khemia, prunelle de l’œil, que Plutarque nous annonce être le nom par lequel les prêtres égyptiens désignaient leur pays, voulant indiquer par là le sol noir du pays; ou bien, selon Horapollon, que l'Egypte était le centre du monde, comme la prunelle est le milieu de l’œil? Je ne le crois pas. Je pense que le nom de copte ou d’égyptien vient plutôt de l’éthiopien Ghcbé, devenu en arabe Habech, prononcé lihabech, et qui est le nom général de l’Ethiopie et de l’Abyssinie. (Le mot Ethiopie est grec.)

Les Egyptiens, se disant descendus des Ethiopiens, en ont pris le nom. Les Thébains d’Egypte s’appellent Khabach en arménien, et le pays ou le Saïd, Khabachtan. En éthiopien, on dit Ghebets, pour Egypte, et Ghebctsivi pour Egyptien. Nous savons que le Nil, originaire de L’Ethiopie, s’est appelé Egyptus, c’est-à-dire l'Ethiopien. Ce nom vient de l’éthiopien Ghébè, réunion ou multitude d'hommes : en arabe, Habech ou Khabes. Il parait que les nations habitant la même contrée et appartenant à la même race, mais divisées par tribus, portaient le nom de multitude ou mélange d hommes. Telle est la signification du nom de l’Arabie. Abraham est expliqué par la Bible, le père d’une multitude de nations, parce qu’il est regardé comme le principal ancêtre des tribus israélites, ou de la plaine, et des tribus ismaélites, ou du désert; et son nom, qui est probablement l’origine de celui des Hébreux, et qui lui fut appliqué à cause de ses pérégrinations, a sans doute de l’analogie avec le nom d’Arabe.

Habech s’est prononcé ensuite Khabes, qui a la même signification; puis Iiebt, toutes lettres du même organe. Ainsi l’hébreu bouch, rougir et pudeur, du persan pouj, lèvre, d’où l’arménien bots [muliebria pudenda), et l’ilalien potta, est devenu le syriaque beth, qui a la même signification. De même bacha, puer, du persan bouz, un bouc, a formé le grec r.uôu, pourrir; et le latin putere, fœtere, puer (puer comme un bouc).

Le nom de Misraîm ou de Misr, par lequel les Hébreux désignaient l’Egypte, et par lequel les Arabes la nomment ordinairement, n’est autre que l’arabe Misr, qui signifie une ville capitale. C’est le nom particulièrement attribué à la ville du Caire, ou Cahira, la grande, qui a remplacé Memphis, près des ruines de laquelle elle est située. Comme capitale de l’Egypte, Memphis portait le nom suprême de Misr, et a donné ce nom à l’Egypte, comme Naples au royaume napolitain, et Rome à l’empire romain, et par suite à tout l’Occident. Thèbes était beaucoup plus ancienne que Memphis, et a dû primitivement s’appeler Misr. Le nom de Misraîm, les deux villes, supposait que les Hébreux connaissaient Thèbes et Memphis. Misr signifie aussi limite, peut-être parce que Memphis était située dans la basse Egypte. Ce nom vient de sor , former, entourer comme une ville forte. Misr signifie aussi milieu : de là, je le suppose, Mithras.

(De Brière, op. cit.)

Synthétisant donc les traditions des deux races, Moïse se servit des manuscrits qu’il put trouver, entre autres, d’après Fabre d’Olivet (que nous nous contentons de résumer dans cet historique), du Livre des Générations d’Adam , du Livre des Guerres de 10 A H et du Livre des Prophéties.

« Moïse créait en copiant : voilà ce que fait le vrai génie. Est-ce qu’on pense que l’auteur de l’Apollon Pythien n’avait point de modèles? Est-ce qu’on a imaginé, par hasard, qu’ Homère n’a rien imité? Le premier vers de X Iliade est copié de la Démétréide d’Orphée. L’histoire d’Hélène et de la guerre de Troie était conservée dans les archives sacerdotales deTyr, où le poète la prit. On assure même qu’il la changea tellement, que d’un simulacre de la Lune il fit une femme et des Éons ou Esprits célestes qui s’en disputaient la possession, des hommes qu’il appela Grecs et Troyens1. »

« Je crois avoir assez fortement exposé mon opinion touchant l’origine du Sepher: ce livre est, selon les preuves que j’en ai données dans une dissertation introductive, un des livres géniques des Egyptiens , sorti, quant à sa première partie appelée Beræschit , du fond des temples de Memphis ou de Thèbes : Moïse, qui en reçut les extraits dans le cours de ses initiations, ne fit que les lier entre eux et y ajouter, selon la volonté providentielle qui le guidait, les lumières de sa propre inspiration, afin d’en confier le dépôt au peuple dont il était reconnu pour le prophète et le législateur théocrate2. »

C’est ainsi que fut établi le Sepher quant à ses sources.

Par rapport au travail lui-même, le Sepher fut écrit en hiéroglyphes (chaque lettre hébraïque ayant trois sens), d’après la méthode toujours suivie par les initiés. Si l’on se

F. Beausobre, Hist. de Manich, t. II, p. 328, cité par Fabre d’Olivet.

Page 1