Fabre d’Olivet, Lang, hêb., 1. II, p
autel contre autel et tradition contre tradition : c’était Samarie.
« Mais enfin après quatre siècles de désastres un jour plus doux semble luire sur Israël. Le sceptre théocratique est partagé : les Hébreux se donnent un roi, et leur empire, quoique resserré par de puissants voisins, ne resie pas sans éclat. Ici un nouvel écueil se montre. La prospérité va faire ce que n'ont pu les plus effroyables revers. La mollesse assise sur le trône s’insinue jusque dans les derniers rangs du peuple. Quelques froides chroniques, quelques allégories mal comprises, des chants de vengeance et d’orgueil, des chansons de volupté, décorés des noms de Josué, de Rutli, de Samuel, de David, de Salomon, usurpent la place du Sepher. Moïse esl négligé et ses lois sont méconnues. Les dépositaires de scs secrets, investis par le luxe, en proie à toutes les tentatives de l’avarice, vont oublier leurs serments. La Providence lève le bras sur ce peuple indocile, le frappe au moment où il s’y attendait le moins. Il s’agite dans des cpnvulsions intestines, il se déchire. Dix tribus se séparent et gardent le nom (Y Israël. Les deux autres tribus prennent le nom de Juda. Une haine irréconciliable s'élève entre ces deux peuples rivaux; ils dressent autel contre autel, trône contre trône. Samarie et Jérusalem ont chacun leur sanctuaire. La sûreté du Sepher naît de cette division ’. »