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I. Saint-Yves d’Alveydre, Mission des Juifs, Ouroboros

décomposer virtuellement, comme le prisme de notre atmosphère décompose le rayon blanc, l’unité sonore, etc., etc.

C'est que l’individu est triple en nous, et que le Ternaire est la seule Unité relative qui puisse s’y comprendre ou s’y réfracter.

Intellectuel, moral, instinctif, l’homme ne verra par la pensée un Principe qu’à travers sa propre constitution ramenée, à force de vertu et de science, à sa plus grande simplicité, à sa plus grande Unité, simplicité relative, Unité harmonique encore une fois.

Selon la méthode des sciences divines ou doriennes, Moïse procède de haut en bas, du grave à l’aigu, de l’universel au particulier, de l’intelligible au sensible, de l’occulte au manifeste.

Mais, dans tous leurs modes, l’évolution des Principes est mathématiquement la même, de Cycle en Cycle, que le Cycle soit l’Univers entier ou un seul Système solaire, le Règne hominal de celte Planète ou les constitutions nécessaires de la planète elle-même.

CAÏN — ABEL — SETLl

Je développerai encore l’exemple cité plus haut de Kaïn, Chain et Khanaan avant d’entraîner le lecteur plus loin derrière le voile.

Ier sens. — Hiérogramme cosmogonique Kaïn est le Principe du Temps opposé à celui de l'Espace ethéré, Abel.

Voilà, sans voile, un des sens hiéroglyphiques.

Leur père est U Univers animé, inséparablement uni à la faculté (T animation : Adam, Eve.

Leur milieu est la Terre céleste de Platon, Adamah, sa substance universelle.

Mais qu’est-ce en lui-même que Kaïn?

Qu’est-ce dans son principe que le Temps qui nous le rend sensible?

Dans son Unité qualitative, c’est-à-dire dans son Universalité, dans son Essence vivante (puisqu’il s’agit de l’Univers vivant), qu’esl-ce, encore une fois, que ce Principe qui va bientôt accabler l’Espace pour y faire apparaître autre chose?

Moïse conçoit le Temps comme la Cause de la Force centripète universelle.

Il dévore et transforme, et très certainement il est en lui-même quelque chose, dont la connaissance positive conduirait loin.

Moïse l’oppose à l’Espace éthéré, Cause de la Force centrifuge universelle.

Abel ainsi conçu est un Principe libérateur et spirituel par excellence.

Mais Moïse n’est pas dualiste, témoin Seth, troisième fils d’Adam- Eve, né de l’accablement virtuel d’Abel par Kaïn.

Seth, qui participe de ses deux frères symboliques, signifie l’ÆY pace pondéral , sidéral, double et sextuple, ce qui a une grande signification dans la Mathématique qualitative.

Mais ces Principes ne sont pas matériels, encore une fois, car il s’agit ici de la biologie de l'Univers, ou de la Cosmogonie.

Descendons le triple Cycle dans lequel chacun de ces hiérogrammes exerce son action.

J2C sens. — Dans l’ordre androgonique, Kaïn, Kronos, s’appellera le Centralisateur universel, le Couronné.

Abel accablé sera la Décentralisation.

Seth sera la Vie locale, établissant le rapport du centre à la circonférence et réciproquement.

3e sens. — Descendons encore un degré, allons jusqu’à l’anthropomorphisme pur et simple.

Kaïn n’est plus qu’un simple Romulus accablant le premier Remus, le type de tous les Khans, de tous les Khongs, de tous les Kaisers, de tous les Kings, de tous les Césars et de tous les rois.

Il subjugue la Vie libre, il fonde la Cité centrale, il asservit les collectivités disséminées, il les ramène à l’Unité physique ou politique, par la Force.

Au lieu de l’Uærus il porte une couronne de tours, au lieu de l'Ürbs, le symbole de l’Urbs.

C’est, toujours le même Principe dans un monde différent.

C’est toujours l’opposé du Principe de la restitution à V Infini par la liberté.

Seth, là encore, tient le milieu, participe de l’Un et de l’Autre, et c’est en lui que s’effectue la conciliation possible de la centralisation avec son principe antagonique.

Vous retrouverez ces trois fils d’Adam, expliqués hiéroglyphiquement, dans toutes les Cosmogonies de la Terre.

Cela ne signifie pas, encore une fois, que Moïse a copié ses devanciers, mais qu’il y a une Constitution biologique du Cosmos, et qu’à certains moments de la vie de l’Humanité, la Science correspondante doit être remise à jour, dans certaines vues de synthèse présente ou future.

SEM, COAM ET JAPUET

Quand il s’agit de Noali, i\ué, le Principe biologique de notre Système solaire , Sem, Cliam et Japhet sont la réapparition, sur un autre plan et dans un autre ordre, du Quaternaire primordial.

icr sens. — Sem correspond à Abel, et signifie Y Espace éthéré, l'Esprit radiant de notre Tourbillon dans sa Zone zodiacale, dans ce que les Egyptiens appelaient le Ciel des Akhimons-Sekons.

Kam exprime V Attraction, le Principe du Temps propre à notre tourbillon, le centre de son grand cycle ou de sa grande année.

Japhet exprime l’Espace occupé, avec sa gravitation sidérale et intersidérale, sa division équilibrée, ou sa dualité sextuple.

Il correspond au principe des Akhimons-Ourdons.

2e sens. — Au sens moyen, Sem sera la Lumière même ou plutôt la radiation de toute lumière intellectuelle, morale, physique.

Kam sera la Résorption de toute chaleur.

Japhet sera la Division et F Equilibre, de toutes les affinités locales, électives et électriques, entre un centre et une circonférence quelconque du Tourbillon biologique de notre Système solaire.

3e sens. — Enfin, au point de vue anthropomorphique pur et simple, Sem signifiera un homme éclairé ou un homme jaune, Kam un homme du Feu ou de /' Equateur (un nègre), Japhet un homme aux yeux bleus comme l’éclair ou tout simplement un blanc.

OllANAAN

De même en Géogonie, Kanaan exprimera, au superlatif ou à l'intellectuel pur, le Principe de l’Agrégation, de la Morphologie physique du Globe et de ses quatre Règnes, ainsi que leur rapport dynamique à leur chaleur latente.

En Androgonie, ce sera le principe de l’Economie des Sociétés, dans son rapport à leur Énergie intrinsèque.

Dans la symbolique du langage courant, Kanaan n’exprimera plus qu’un simple marchand.

Cette manière de condenser la pensée par la science et l’art idéographiques et de peindre l’action des principes depuis l’ordre le plus universel jusqu’au plus particulier, depuis le plus intellec-

tuel jusqu’au plus sensible, cette magie du langage humain, devenant le prisme parfait du Verbe divin, se soutient sans se démentir à travers les cinquante chapitres de Moïse *.

On comprendra donc, je l’espère, qu’un homme de chair et d'os ne sera relaté dans un tel livre que comme symbole du Principe qu’il représentera essentiellement et en fonction duquel il agira.

Autrement ce ne serait plus à un livre sacré de l’ordre dorique que nous aurions affaire, mais à une histoire plus ou moins légendaire, à un conte d’école primaire écrit en langue phonétique, vulgaire.

Mais du même coup, tous les théologiens du Monde auraient beau faire intervenir sous la forme de toutes les colombes possibles le Saint-Esprit, tel que leur matérialisme se l’imagine, une œuvre dé ce genre cesserait d’être l’expression scientifique de la Vérité, et dès lors, elle serait sans Vie, sans Puissance organique de Synthèse vis-à-vis des sciences humaines et naturelles 1 2.

Avant de poursuivre, appelons l’attention du lecteur sur le mot qui commence la Cosmogonie de Moïse. Les traducteurs ont traduit « Au commencement » et ont ainsi rendu nécessaires toutes les interprétations fantaisistes de la suite.

Saint Jean , l'initié le plus avancé du christianisme, le disciple chéri de Jésus, commence l’évangile de l’ésotérisme chrétien par le même mot que Moïse quoique dans une langue différente : In principio « sv ».

Saint Augustin avait également découvert le véritable sens de cette clef de voûte de la Cosmogonie moïsiaque.

« Il est dit : dans le principe , Dieu fit 'le ciel et la terre ; non pas que cela fût en effet; mais parce que cela était en puissance d’être; car il est écrit que le ciel fut fait ensuite. C’est ainsi que, considérant la semence d’un arbre, nous disons qu’il y a là des racines, un tronc, des rameaux, le fruit et les feuilles; non pas que toutes ces choses y soient formellement, mais virtuellement et destinées à en éclore. De même, il est dit : dans le principe, Dieu fit le ciel et la terre; c’est-à-dire la semence du ciel et de la terre; puisque la matière du ciel et de la terre était alors dans un état de confu-

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