RUA II
Nephesch, Ruah et Neschamah sont les trois principes essentiels , les termes ultimes auxquels aboutit l’analyse, mais chacun de ces éléments est lui -môme composé de plusieurs parties. Ils correspondent à peu près à ce que les savants modernes désignent par :
Le Corps, la Vie, la Volonté.
Ces trois éléments se synthétisent cependant dans limité de l'être , si bien qu'on peut représenter l'homme schématiquement par trois points (les trois éléments ci-dessus) enveloppés dans un cercle ainsi :
Maintenant que nous connaissons l’opinion des Ivabbalistes sur la constitution de l’Homme, disons quelques mots de ce qu'ils pensent des deux points suivants : T)’où vient-il? Où va-t-il ?
M. Franck développe très bien ces deux points importants. L Homme vient de Dieu et y retourne. Il nous faut donc considérer trois phases principales dans cette évolution :
1° Le point de Départ;
2° Le point d’ Arrivée ;
3° Ce qui se passe entre le Départ et l'Arrivée.
1° Départ. — La Kabbale enseigne toujours la doctrine de l'Émanation. L’homme est donc émané primitivement de Dieu à l'état d'Esprit pur. A l'image de Dieu constitué en Force et Intelligence (Chocmah et Binah) c’est-à-dire en positif et négatif, il est constitué en mâle et femelle, Adam-Eve, formant à l’origine un seul être. Sous l’influence de la chute 1 deux phénomènes se produisent :
1. Le cadre trop restreint de notre étude ne nous permet pas d’approfondir ces données métaphysiques et de les analyser scientifiquement. Voy. pour plus de détails, le Caïn de Fabre d'Olivet.
t° La division de l’être unique en une série d’êtreS-androgynes Adams-Eves ;
2° La matérialisation et la subdivision de chacun de ces êtres androgynes en deux êtres matériels et de sexes séparés, un homme et une femme. C’est l’état terrestre.
Il faut cependant remarquer, ainsi que nous l’enseigne le Tarot, que chaque homme et chaque femme contiennent en eux une image de leur unité primitive. Le cerveau est Adam, le Cœur est Eve en chacun de nous.
2° Transition du Départ à l'Arrivée. — L'homme matérialisé et soumis à l'influence des passions doij, volontairement et librement retrouver son état primitif; il doit recréer son immortalité perdue. Pour cela il se réincarnera autant de fois qu’il le faudra jusqu’à Ce qu’il ait su se racheter par la force universelle et toute-puissante entre toutes : l’Amour.
La Kabbale, à l’image des centres indous d’où nous vient le mouvement néo-bouddiste, enseigne donc la réincarnation et par suite la préexistence, ainsi que le remarque M. Franck ; mais elle s’écarte totalement des conclusions théosophiques indoues sur le moyen du rachat et nous ne pouvons ici que reproduire l’avis d’un des occultistes les plus instruits que possède la France : F. Ch. Barlet.
« S’il m’est permis de hasarder ici une opinion personnelle, je dirai que les doctrines hindoues me semblent plus vraies au point de vue métaphysique , abstrait, les doctrines chrétiennes au point de vue moral, sentimental, concret: le Christianisme, le Zohar, la Kabbale, dans leur admirable symbolisme laissent plus d’incertitude, de vague dans l’intelligence philosophique (par exemple, quand ils représentent la chute comme source du mal, sans définir ni l’un ni l’autre, car cette définition donnerait un tout autre tour intellectuel à la question).
« Mais ce Panthéisme indien, qu’il soit matérialiste comme dans l’école du Sud, ou idéaliste comme dans celle du Nord, arrive à négliger, à méconnaître, à repousser même tout sentiment et spécialement Y Amour avec toute son immense portée mystique, occulte.
« L’un ne parle qu’à l’intelligence, l’autre ne parle qu’à l’âme.
<> On ne peut donc posséder complètement la doctrine théosophique qu’en interprétant le symbolisme de l’un par la métaphysique de l'autre. Alors et alors seulement les deux pôles ainsi animés l’un par l’autre font resplendir, par les splendeurs du monde divin, l’incroyable richesse du langage symbolique, seul capable de rendre pour l’homme les palpitations de la Vie absolue ! >>
3° Arrivée. — L’homme doit donc constituer d’abord son androgvnat primitif pour réformer synthétiquement l'être premier provenant de la division du grand Adam-Eve.
Ces êtres androgynes reconstitués doivent, à leur tour, se synthétiser entre eux jusqu’à s’identifier à leur origine première : Dieu. La Kabbale enseigne donc, aussi bien que l’Inde, la théorie de l’in vol ution et de l’évolution et le retour final au Nirvana.
Malgré mon désir de ne pas allonger ce résumé par des citations, je ne puis résister ici au plaisir de citer d’après M. Franck (p. 1 89^ un passage très explicatif:
« Parmi les différents degrés de l’existence (qu’on appelle aussi les sept tabernacles), il y en a un, désigné sous le titre de saint des saints, où toutes les âmes vont se réunir à l’âme suprême et se compléter les unes par les autres. Là tout rentre dans l’unité et dans la perfection, tout se confond dans une seule pensée qui s’étend sur l’univers et le remplit entièrement ; mais le fond de cette pensée, la lumière qui se cache en elle ne peut jamais être ni saisie, ni connue, on ne saisit que la pensée qui en émane. Enfin, dans cet état, la créature ne peut plus se distinguer du créateur ; la même pensée les éclaire, la même volonté les anime ; l’âme aussi bien que Dieu commande à l’Univers, et ce qu’elle ordonne, Dieu l’exécute. »
En résumé, toutes ces données métaphysiques sur la chute et la réhabilitation se réduisent exactement à des lois que nous voyons chaque jour en action expérimentalement, lois qui peuvent s’énoncer à trois termes :