‹ Traité méthodique de science occulteChapitre 22 sur 454 · Dutens, t. Ier, p · texte numérisé non relu

Dutens, t. Ier, p

pant dont nous avons été témoin. En mars 1 8 8-3 , M. Ferdinand de Lesseps, lors de son exploration des chotts du sud de la Tunisie pour la Mer Intérieure, débarqua le malin à Sfax. Je le conduisis à la mosquée et lui présentai les notables musulmans. Nous fîmes ensemble la prière. Puis M. de Lesseps leur annonça qu’il était porteur d’une lettre d’Abd-el-Kader recommandant le projet du colonel Roudaire. Il en donna lecture. Le soir il se rembarqua et le lendemain à Ja première heure iL débarquait à Gabès:. Or, de Sfax à Gabès, il y a sept jours de marche, par terre.., Pourtant, quand le soir même de son arrivée à Gabès M. de Lesseps visita le village de Menzel où l’attendait la djemmâa , le chef des anciens le félicita sur la lettre de l’émir. La bonne nouvelle, dit-il, leur était parvenue de Sfax dans la journée1. »

Photographie.

« Le manuscrit d’un moine de l’Athos, Panselenus, révèle, d’après d’anciens auteurs ioniens, l’application de la chimie à la photographie. Ce fait a été mis en lumière à propos du procès de Niepce et de Daguerre. La chambre noire, les appareils d'optique, la sensibilisation des plaques métalliques y sont décrits lout au long. » (Saint-Yves d’Alveydre, Mission des Juifs , chap. iv.)

Chimie.

On avait pris l’habitude dans les traités classiques de considérer la Chimie comme une science de création toute

1. Napoléon Ney, Les Sociétés secrètes musulmanes. Paris 1890, in-18, p. 34 et 35.

récente. L’Alchimie était regardée comme un amas de recettes empiriques déterminées tant bien que mal par ces fous, chercheurs de Pierre philosophale. Dans ces dernières années un de nos plus éminents chimistes, M. Berthelot, publia une série de travaux sur l’Alchimie1. Ce savant constate que les alchimistes possèdent une théorie philosophique très profonde et des connaissances chimiques réelles quoique peu connues. Cependant Al. Berthelot se refuse à faire remonter l’Alchimie plus haut que le nc siècle de notre ère. Inutile de dire que nous différons totalement d’avis avec lui, bien que notre opinion soit d’un bien mince poids à l'heure qu’il est vis-à-vis de MM. les universitaires.

Admettons, donc que le « Progrès » se soit particulièrement fait sentir au sujet de cette science ; mais constatons cependant que les anciens connaissaient beaucoup de nos corps chimiques et quelques autres dont nous avons perdu notion depuis.

Si vous croyez à l’authenticité des « livres saints » en tant que textes, rappelez-vous d’abord la petite opération chimique à laquelle se livre Aloïse dissolvant rapidement le Veau d’Or. Cette dissolution suppose une connaissance assez profonde des manipulations chimiques.

Or Moïse était un prêtre d’Osiris, c’est-à-dire un docteur ès sciences physiques et théurgiques d’Égypte, et de ce fait il connaissait parfaitement la chimie d’alors. Nous verrons tout à l’heure comment on apprenait ces sciences; pour l’instant contentons-nous de faire tous nos efforts pour établir leur existence.

Si cependant le nom de Moïse vous paraît représenter un mythe, ouvrez un livre d’histoire quelconque et cherchez-y le nom d’un des grands génies de l’antiquité:

1. Les Origines de l’Alchimie , par M. Berlhelot, Paris 1886, in-8°, et articles divers se rapportant à cette question dans la Grande Encyclopédie.

Lycurgue, Solon, Pytliagore, Platon, vous verrez mentionner leur voyage en Egypte, à tous, et leur séjour dans les temples pour compléter leur instruction1.

Le procédé de préparation des momies indique de profondes connaissances chimiques et n’a pu être retrouvé.

Il en est de même du ciment employé alors pour les monuments.

Afin de résumer au mieux le chapitre de Dutens consacré à la chimie des anciens, je diviserai cette énumération en trois parties :

1° Chimie générale; 2° Chimie médicinale; 3° Chimie industrielle.

Si je cite toujours Dutens c’est que j’ai vérifié ses citations dans les textes et qu’il a passé la plus grande partie de sa vie dans ces recherches. Je juge inutile de refaire son travail et je croirais malhonnête de ne pas rendre à ce savant ce qui lui est dû, d’autant plus que ses immenses travaux sont presque inconnus.

Chimie générale. — Les alkalis et les acides étaient parfaitement connus des anciens.

Le sel alkali signifie proprement ce sel tiré, par l’action du feu, d’une plante égyptienne appelée Kali; mais comme on en tire aussi, quoiqu’en moins grande quantité, des autres végétaux, les chimistes entendent par ce mot tous les sels qui, comme celui de cette plante, attirent les acides. Aristote en parle et dit « qu’en Ombrie les cendres de joncs et de roseaux brûlés, cuites dans l’eau, donnent une grande quantité de sels » 2.

1. Profectus est in Egyptum Orphæus, Mus eus, Dædulus, Homerus, Lycurgus, Solon, Plato, Pythagoras, Eudoxus, Democritus Abderites ; hi in Ægypto cette perceperunt omnia quæ apud Græcos fecere admirabilia. (Diod. Sicul., lib. I, p. 86). (Hannoviæ 1604, 2 vol. in-fol., édit. Wechel). Voyez aussi Dutens, p. 178.

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