‹ Traité méthodique de science occulteChapitre 241 sur 454 · Dict. philosophique, arl. Égyptiens ( Sagesse des · texte numérisé non relu

Dict. philosophique, arl. Égyptiens ( Sagesse des

l'interprétation exclusive des histoires symboliques par la théorie clu mythe solaire.

Le Soleil et la Révolution planétaire sont l’ effet d'une loi générale tout comme une foule d’autres faits tant physiques que moraux et les nombres de 4 (saisons), 12 (mois), 30 (jours), 365 (jours de l’année), sans compter ceux de 432.000 et quelques autres, ont bien d’autres applications que les seules applications astronomiques.

L’ignorance de la valeur primordiale des noms propres pour indiquer le vrai sens de la fable populaire, a fait commettre d’assez belles erreurs aux partisans du mythe solaire quand même.

Nous citerons comme exemple de ce sectarisme un ouvrage qui atteste une grande érudition en même temps qu’une grande ignorance de l’antiquité: la Nouvelle symbolique de Paul Renaud1.

Cet auteur arrive à prouver par l’analyse d’une foule de mythes leur unité originelle. Son livre comprend une introduction sur la Loi du développement religieux de l' Humanité dont toutes les bases sont empruntées aux plus amusantes des hypothèses positivistes, puis trois grandes études.

La première, intitulée Dualisme, Tri-théisme , Ages du monde , analyse le dualisme en Perse, en Inde et chez les Scandinaves, puis la triade duaiistique des Grecs, celle des Egyptiens, et finit par des considérations sur la Myth ologie des livres mosaïques et sur les Ages du Monde.

La deuxième étude, intitulée Heliosisme, prétend démontrer l’existence unique du mythe solaire dans les histoires symboliques de Siva, Mit liras, Sérapis, Adonai , Dyonisios , Apollon, B aider , Wischnou , Prométhée.

! . Christianisme et paganisme. Identité de leurs origines ou Nouvelle symbolique, par Paul Renand, Paris 1861 , in-8°.

La troisième étude s’occupe du Mythe héroïque. Le Soleil fait tou jours les frais des histoires d'Œdipe , de Portée, de Thésée, de Cyrus , de Moïse, de Romains, de Djemchid, de Lai, de Sigurd, d'Achille, de Jason, d' Orphée et d’ Hercule.

Les raisons différentes de tous ces noms propres indiquent à première vue que, si toute la partie cosmogonique des légendes traduit bien les phases solaires, les parties androgoniques et théogoniques de ces légendes doivenl avoir d’autres significations.

Nous allons énumérer les différentes mythologies qui perpétuèrent exotériquement la tradition ; nous ne nous attarderons au développement d’aucun mythe, renvoyant le lecteur curieux aux traditions des Bohémiens à la fin de ce chapitre.

Les mythes égyptiens exotériques sont, en grande partie, constitués par les histoires symboliques d’Osiris, d’Isis et d’Horus formant la trinité religieuse.

L’histoire d’Osiris, le civilisataur, tué par trahison et coupé en douze morceaux semés par toute l’Egypte, le dévouement d’Isis qui reconstitue le corps du dieu sauf un morceau, forment le fond de beaucoup des mythes grecs (Adonis entre autres) et se retrouvent encore dans la légende maçonnique de la mort et de la résurrection d’Hiram. (Yoy. Franc-Maçonnerie.)

A propos de l’Égypte où tout avait un profond enseignement, même la mythologie, certains auteurs, ceux qui accusent Pvthagore et Platon d’être des païens , écrivent très gravement que les Égyptiens adoraient des animaux.

Voilà où peut conduire l'ignorance de l’antiquité.

Donnons-nous donc la peine d’entrer dans une église chrétienne, catholique, apostolique et romaine, qu’y ver-

rons-nous, supposant que nous ignorions la valeur des symboles tout autant que nos critiques contemporains?

Un mouton couché sur un livre est l’objet d’une vénération particulière de la part des prêtres.

Du reste un pigeon figuré [sur l’autel partage en partie cette vénération.

Un vieux bonhomme et un supplicié sont adorés également avec ferveur.

Le mouton est quelquefois tenu par une jeune femme qui marche sur un serpent.

Voilà pour l’ensemble des dieux supérieurs.

Sur les côtés de l’église, de petites chapelles sont élevées à d’autres dieux moins puissants que le mouton ou le pigeon.

Un lion est adoré en compagnie, d’un dieujdit évangéliste.

Quatre autres dieux également évangélistes partagent la vénération des fidèles en compagnie d'un bœuf , d'un aigle et d'un ange.

Dans certaines églises on adore aussi le chien en compagnie du Dieu saint Rocli et même le Porc en compagnie d’un autre Dieu saint Antoine.

Que dirions-nous pourtant du critique qui prétendrait:

1° Que les chrétiens sont polythéistes à l’excès et ont une foule de dieux, décorés du nom de saints à qui ils élèvent des temples?

2° Que les chrétiens adorent les animaux et surtout le mouton et le pigeon?

Nous dirions que le critique est un naïf et un singulier ignorant. Mais quand ce même critique vient écrire que les initiateurs de Platon adoraient des crocodiles vivants, on l’acclame.

Il en est du reste ainsi pour toute l’aiïtiquilé.

La mythologie grecque créée par Orphée en grande partie constitue un enseignement initiatique complet.

On peut y deviner une théogonie cachée sous les mythes de Dionysios et d’Apollon, une androgonie dans les mythes d’OEdipe, de Prométhée, une cosmogonie dans l’histoire des guerres de Jupiter contre les Titans ; enfin diverses études des forces physiques dans les mythes héroïques entre autres dans celui d’Hercule.

L’application du mythe solaire a fait fureur à propos de cette mythologie; si on veut voir comme cette application est souvent forcée, il suffit de parcourir le résumé suivant tiré de Renaud :

Uranus, dieu du ciel et de la lumière; Titan, dieu des enfers et des ténèbres.

Tous deux sont fils du Chaos.

Création de l’Univers par Uranus (printemps). Sou mariage avec sa sœur Titée (la Terre) dont il a douze fils (les douze mois de l’année). Eté. Uranus renversé du trône est précipité aux enfers par Titan. Naissance de Saturne. Uranus remonte au ciel après avoir refoulé Titan aux enfers.

Saturne ou Chronos (le Temps-Zervane), fils d’Uranus et de Titan. Saturne obligé de se cacher pour éviter la colère d’Uranus qu’il devait déposséder de l'empire du ciel. 11 se réfugie en Italie près de Janus et fait naître l’âge d’or sur la terre (printemps). Peinture de cet. âge et de Janus, le saint Pierre des chrétiens. Saturne épouse Rhéa (la terre) dont il a trois enfants (printemps-été-automne) qu’il dévore successivement. Saturne devient dès lors un dieu farouche et cruel (hiver).

Naissance de Jupiter dans la grotte de Dictée de l’île de Crète (antre de l’hiver). Saturne veut aussi dévorer ce quatrième enfant, mais il est renversé du trône et précipité aux enfers par les Titans, frères de Rhéa.

— ol 1 —

Jupiter et les Titans. Jupiter, devenu grand, livre un terrible combat aux Titans qu'il refoule aux enfers. Saturne 1 sort des enfers pour chercher à faire périr le nouveau Dieu ; mais Jupiter l'y replonge après lui avoir fait rendre les enfants qu’il avait avalés les trois saisons qui commen- ! cent l'année . Le printemps vient de triompher des forces I désordonnées de l'hiver. Maître du ciel. Jupiter épouse ^a I sœurJunon l'air, construit contre les Titans la citadelle '! céleste, élève le palais des dieux sur le mont Olympe et place dans le ciel sa nourrice, la chèvre Amaltée. qui verse avec profusion sur la terre les fruits de sa corne cT abondance le soleil entre au capricorne ou solstice d'été .

[Prométhée, père des hommes, est précipité au Tartare pour avoir tenté de les égaler aux dieux.

Les Titans, ayant à leur tète le serpent Typhon, détrônent Jupiter qu'ils précipitent aux enfers triomphe de l'hiver ;. Jupiter s'en échappe, rallie les dieux, et triomphe à son tour des Titans qu’il refoule aux enfers. 11 remonte au ciel1.

Les noms propres peuvent seuls, encore une fois, mettre sur la voie véritable : aussi allons-nous donner quelques-uns des sens des noms les plus connus, renvoyant le lecteur pour plus de détails encore à l'étude de la tradition des Bohémiens où plusieurs mythes grecs s nt analysés.

Page 1