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LA GNOSE

La Gnose est essentiellement un ensemble de connaissances acquises par des voies mystérieuses échappant généralement aux procédés d’instruction connus.

Le courant gnostique apparaît tout à coup au commencement du second siècle et prend de suite une très grande importance.

Révélation des enseignements ésotériques tenus jusque-là enfermés dans les sanctuaires, la Gnose vient allier le Polythéisme dans son essence aux mystères les plus profonds révélés par le christianisme.

Les gnostiques allient les procédés de calcul mystiques employés dans la Kabbale, aux déductions philosophiques d’où sont dérivées les religions diverses.

Jésus avait trouvé dans Apollonius un sérieux rivai ; mais Jésus, vainqueur de la fatalité par son mépris pour la mort, n’avait pas eu de peine à garder la victoire, supérieur en vertu à Apollonius, malgré les austérités et la haute initiation de ce dernier.

Saint Pierre trouva un adversaire bien redoutable pour lui dans

i. L’Ane d’Or d'Apulée.

Simon le Mage qu'on considère généralement comme le créateur de la Gnose conjointement, avec Cérinthe.

La doctrine révélée par ces deux hommes supérieurs renferme intégralement toutes les données de l’ésotérisme; aussi voit-elle son succès s’accroître de plus en plus en même temps que les sectes diverses se créent poursuivant chacune un point particulier de la tradition.

M. Matter, qui a fait une fort belle élude historique sur le Gnosticisme, le divise en cinq groupes principaux différant entre eux par certaines considérations doctrinales, à peu près comme les diverses sectes chrétiennes de nos jours.

Ces groupes sont :

1° Le groupe primitif ou palestinien fondé, ce qui est curieux, presque entièrement par des Juifs (non esséniens) :

Simon le Mage Ménandre Dosithée Cérinthe

appartiennent à ce groupe.

2° Le groupe syriaque que Saturnin et Bardesane d'Édesse représentèrent.

3° Le groupe égyptien , celui qui dérive le plus directement des mystères, celui qui renferme la tradition secrète plus que tous les autres.

La théorie kabbalistique pure des Abraxas lui est personnelle. Ses représentants les plus illustres ont donné naissance à des groupes imposants, ce sont :

1° Basilide. — Mage, initié à tous les mystères.

2° Valentin. — Chrétien possédant l’ésotérisme complet. Révélation de la tradition dans ses plus importantes divisions.

3° Les Ophites. — Dérivent du système précédent.

4° Le groupe sporadique avec Carpocrate.

5° Le groupe asiatique, un des plus importants par son ardeur à soutenir la lutte, illustré par Cerdon et Marcion.

Cette variété de doctrines vient de ce que chaque initié, chaque faculté régionale devenus libres de leur serment de silence cherchèrent à retrouver la totalité de la tradition, avec le peu qu’ils possédaient par eux-mêmes, de la Science Occulte.

C’est pour cela que le groupe égyptien directement dérivé de la source primitive est le plus avancé comme connaissances et possède presque intégralement la tradition.

Alors que le Polythéisme s’effondra sans rien laisser que ses livres et ses légendes, le Gnosticisme ne fut jamais anéanti. Quand le courant du Christianisme politiquement vainqueur s’empara de la direction intellectuelle de l’Occident, la Gnose persista à l’état de tradition secrète transmise dans les mystères des associations occultes. Nous allons la retrouver sous le nom de Philosophie hermétique dans tout le moyen âge ; les Templiers qui avaient été se faire initier au lieu d'origine étaient aussi desGnostiques, de même que les Francs-Maçons le seront plus tard à leur insu.

De toutes les voies par lesquelles s’est conservée la tradition le Gnosticisme est donc l’une des plus puissantes.

Nous allons donner à ce propos deux études récentes de M. Jules Stany Doinel, un fervent apôtre de ces doctrines à notre époque, bien plus compétent que nous-même en ces questions.

La première de ces études expose le système de Valentin, l'autre montre pièces en main la survivance de la Gnose comme culte au xi° siècle. Le lecteur nous saura gré, nous l’espérons, de ces deux extraits.

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