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LA GNOSE DE VALENTIN

A mes frères et mes sœurs de l’Église Guostique répandus dans les ténèbres de ce monde Hylique.

J’aborde la gnose de Valentin.

C’est la gnose complète. Je l’aborde avec foi, enthousiasme et tremblement, car je sens que l'heure est venue où la Doctrine longtemps muette, longtemps cachée, longtemps persécutée, va jeter

sur les hommes de cette fin de siècle sa clarté salutaire et libératrice.

Je remercie Papus de m’avoir ouvert Y Initiation, pour cet apostolat gnostique. Le jour n’est pas loin où je pourrai avec l’aide des Saints Eons exposer en public, devant les hommes de bonne volonté du grand et noble Paris, l’Évangile pour lequel ont vécu, lutté, souffert, pleuré, versé leur sang, les martyrs, les apôtres, les docteurs et les initiés depuis Simon |le Mage jusqu’au glorieux Albigeois.

Notre âge est vraiment privilégié. Il voit refleurir la Kabbale, la Théosophie, l’Initiation, l’Astrologie, la Science occulte. Il assiste à un réveil prodigieux. Toute une constellation d’esprits éminents resplendit dans son ciel psychique. Des revues, des journaux, des livres, répandent la lumière de l’Orient sur notre terre occidentale. L’absolu se manifeste. N’est-il pas juste que la gnose qui a rayonné pendant plusieurs siècles et qui s’est presque éteinte, reparaisse à son tour dans le firmament des âmes? Je ne suis qu’une voix qui la proclame, cette voix ne résonnera pas dans le désert. Mais que tout profane s’écarte. Nous ne jetons pas les perles d’Ophir devant les Hyliques ignorants.

Le principe de la Gnose est celui-ci :

l’absolu émane des forces divines qui sont ses hypostases. ces

ÉMANATIONS SONT PROJETÉES PAR COUPLES (Syzygies) DE SÉRIES DÉCROIS- SANTES, CE SONT LES ÉONS.

Aiôç xal touç Acwvaç dit Apollos dans l’épître aux Hébreux

(t. II).

Au commencement était le Silence, Éon éternel, source des Éons, l’invisible Silence, l’innommé, l’ineffable, I’abime ; la langue vulgaire l’appelle Dieu.

Principe et cause, infini, enveloppé de soi-même, il n’agissait pas. Mais dans son silence inviolé deux « générateurs », le principe mâle et le principe femelle, l’un, le mâle, illuminateur d’en Haut, l’autre, la femelle, illuminateur d’en Bas, contenaient la racine, la source de l’Etre, ou plutôt étaient eux-mêmes la racine et la source.

L’abîme (Buthor), s’enveloppant ainsi soi-même, se contemplait avec sa coéternelle épouse, la Pensée (Ennoia). Silencieuse comme Lui, Ennoia recevait dans cet inexprimable embrassement le

germe fécond, le germe divin des Émanations. C’est par Ennoia que I’abîme allait engendrer. Car il était amour, et l’amour aspire à se répandre. Et il n’y a pas d’amour qui ne veuille quelque chose à aimer.

L’abîme voulut donc se répandre, et avec la Pensée il émane 1' Intelligence, l’Éon Nous, le premier-né (Monogenès), seul capable de comprendre la grandeur de son Rêve. C'est le premier des Éons, F ’Apy-l), il est mâle, et Dieu se révèle par lui. L’acte qui l’émane émane en même temps sa compagne, sa parente, l’absolue Vérité (Alêlheia), Éon femelle à côté de l’Éon mâle, subjectivité à côté de l’objectivité. C’est ainsi que se constitue la première Tétrade.

I — 2. Sigê-Ennoia [Silence et Pensée).

3 — 4. Noûs-Alêtheia ( Intelligence-Vérité ).

Cette première tétrade est la manifestation intérieure, interne, de l’Absolu.

Les Éons sortis de Dieu émanèrent à leur tour comme Dieu. Noûs et Alêtheia engendrèrent la Parole et la Vie (Logos et Zôê). Logos et Zôê émanèrent TEssence-Humaine (Anthropos) et ('Assemblée (Ecclêsia). On doit savoir qu’ Anthropos est l’Homme-Type dont notre Humanité n’est qu’une copie lointaine, et qu’Ecclêsia est l’Ensemble du Cosmos. De sorte que Anthropos, mâle, et Ecclêsia. femelle, sont les deux archétypes du monde de l’Intelligence et de celui de la matière.

C’est la seconde tétrade.

0 — 6. Logos-Zôê.

7 — 8. Anthropos-Ecclêsia.

Avec la première tétrade, cette deuxième tétrade constitue l’Ogdoade qui condense les ineffables beautés de I’Un, de I’Absolu.

Comme leur Père, les Éons allaient émaner, toujours par syzvgie, par couple, par principe mâle et par principe femelle. Logos et Zôê émanèrent donc et projetèrent :

1 — 2. — - Bythios et Mixis.

3 — 4. — Ageratos et Hénosis.

S — 6. — Autophyês et Hedonê.

7 — 8. — Akinétos et Synkrasis.

9 — -10. — Monogenês et Makana.

Ces dix Éons forment la Décade.

Anthropos et Ecclêsia émanèrent et projetèrent :

1 — 2. — Paraclutos et Pistis.

3 — 4. — Patricos et Elpis.

o — 6. — Mêtricos et Agapê.

7 — 8. — Aeinous et Sunêsis.

9 — 10. -- Ecclêsiasticos et Makaridès.

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