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Théosophes et francs-maçons (n° 5 du Lotus

revenons à la légende d’Hiram dont nous connaissons le principal auteur : ElieAsmhole.

Gomment la légende d’Hiram se distingue-t-elle d’un conte de fée quelconque et pourquoi pouvons-nous la désigner sous le nom d’histoire symbolique ?

Une histoire symbolique est un récit combiné de telle sorte que l’évolution des personnages indique exactement l’évolution de la Nature.

Des mythologues modernes ont eu beau jeu à montrer que toute? les histoires se rapportant aux divinités Indoues, Égyptiennes, Grecques, Romaines et même au Christ des chrétiens n’étaient que des peintures plus ou moins parfaites de la marche du Soleil. De là le nom de mythes solaires donné à tous ces récits.

Ceci est vrai à condition de ne pas y voir exclusivement ce sens astronomique, et la méthode de la Science Occulte, l’Analogie, va nous éclairer complètement à ce sujet.

La légende d’Hiram étant une histoire symbolique, voyons la raison d’être de ce genre de symbole, et nous pourrons d’autant mieux comprendre les développements que nous en tirerons dans la suite.

S’il est vrai qu’une même loi gouverne tous les phénomènes de la Nature, exposer un de ces phénomènes, c’est exposer tous les autres. Voilà les bases de l’analogie.

Prenons trois exemples pour expliquer ceci : l’évolution d'un grain de blé, la marche du soleil, la fabrication de la pierre philosophale, et voyons si ces trois faits ne sont pas gouvernés par la même loi.

Le grain de blé est destiné à produire un épi tout entier. A peine est-il planté dans la terre qu’une lutte violente s’engage entre le germe qu’il contient et les éléments extérieurs. Un moment tout est pourri, le grain de blé semble mort pour toujours ; c’est précisément à ce moment qu’il est plus vivant que jamais. Du sein de cette pourriture, de cette noirceur, de ce chaos s’élève le nouvel être se dirigeant vers la lumière ; c’en est fait, le grain de blé vient de se rendre immortel dans les nombreux rejetons qu’il va produire.

Le soleil est destiné à donner la vie à tous les êtres planétaires qui gravitent autour de lui, ainsi qu’à ce qui les couvre.

A peine a-t-il commencé sa course fécondante qu’une lutte violente s’engage sur terre entre ses bonnes influences et les frimas. L’hiver triomphe bientôt. Plus de soleil bienfaisant, il est mort peut-être pour toujoui’s !

C’est cependant quand la mort semble triompher davantage que la vie possède sa plus grande force. L’hiver, fier de sa cruauté, croit être à jamais le maître, quand l’enfant qui couvait sous son linceul triomphe enfin et l’hiver fuit étonné devant le printemps radieux qui se lève, immortalisant partout les germes par la procréation.

La pierre philosophale est destinée à produire le grand œuvre de l’homme. A peine les éléments qui la constitueront sont-ils en présence dans l’athanor qu’une lutte violente s’engage entre eux. Les belles couleurs disparaissent et la masse semble pourrie pour jamais, tout est noir comme la tête d’un corbeau. C’est alors que l’ignorant se désole et que le sage se réjouit. Du sein de ce chaos sort au bout de quelque temps la blancheur éclatante, indice de vie ; les couleurs apparaissent progressivement ; les éléments de la pierre viennent de se rendre immortels dans les transmutations qu’ils produiront.

Il n’est pas bien difficile de retrouver dans ces trois phénomènes une même loi, celle de la lutte de la vie contre la mort dont on peut énoncer ainsi les phases :

Première phase :

La lutte s’établit entre la vie et la mort. La vie est plus faible et cède à la mort.

Matérialisation progressive. — Le grain de blé pourrit. — L’automne apparaît avec les frimas. — Les couleurs de l’œuvre s’altèrent.

Deuxième phase :

La mort semble triomphante. C’est alors que la vie lutte avec plus de force.

Equilibre entre la Matérialisation et la Spiritualisation. — Le germe couve sous la pourriture. — L’hiver abrite les enfants du printemps. — Des couleurs éclatantes vont sortir de la noirceur.

Troisième phase :

La vie triomphe à son tour. La mort est de nouveau vaincue.

Spiritualisation progressive. — L’épi apparaît. — Le printemps se manifeste. — Les belles couleurs de la pierre se montrent.

Si donc nous voulons raconter cette merveilleuse loi dans une histoire, nous parlerons d'un homme sage, fort ou vertueux tué par une scélératesse quelconque ; de la résurrection triomphale du bon et de la punition des coupables.

Le savant n’y voudra voir que l’histoire d’un cycle du Soleil et rira des protestations de l’Alchimiste affirmant qu’il s’agit de la pierre philosophale. Il s’agit de tout cela et de beaucoup plus encore dans ces histoires symboliques, et le véritable Rose-Croix à qui l’on demande la clef du grand œuvre de la Nature se contente de montrer la douzième clef du livre universel en l'expliquant ainsi :

Il faut savoir mourir pour revivre immortel.

Dans les antiques initiations égyptiennes, quand le voile qui cachait le sanctuaire venait de s’abaisser devant les profanes, le récipiendaire assistait à une étrange scène. Le grand prêtre lui racontait de nouveau cette histoire du meurtre d’Osiris que tout Égyptien connaissait dès son enfance; mais le futur initié devinait sous cette nouvelle manière d’exposer la légende un côté mystérieux inaperçu par lui jusque-là. Bientôt les épreuves de 1 initiation psychique allaient l’éclairer davantage.

« En Égypte le 3e grade se nommait Porte de la mort. Le cercueil d’Osiris qui, à cause de son assassinat supposé récent , portait encore des traces de sang, s’élevait au milieu de la salle des morts où se faisait une partie de la réception. On demandait à l’aspirant s’il avait pris part au meurtre d’Osiris ; après d’autres épreuves et malgré ses dénégations, il était frappé ou on feignait de le frapper à la tête d’un coup de hache ; il était renversé, couvert de bandelettes comme les momies ; on gémissait autour de lui ; des éclairs brillaient ; le mort supposé était entouré de feu, puis rendu à la vie h »

Dans la moderne initiation maçonnique, le récipiendaire, que ce soit un brave épicier ou un professeur du collège de France, n’est pas peu étonné de s’entendre raconter l'histoire du meurtre du forgeron biblique. Le sens du symbolisme est à tel point ignoré à notre époque que l’esprit est déconcerté devant ces rites qui bien qu admirablement conçus passent pour ridicules. Sans vouloir cependant nous arrêter davantage sur ce point, abordons cette légende pour en chercher ensuite les divers sens les plus faciles à découvrir.

Salomon voulant élever un temple à l’Éternel demanda l’appui de son voisin le roi de Tyr. Celui-ci lui envoya les plus habiles de ses ouvriers, entre autres l’homme chargé de diriger les travaux du Temple, un architecte nommé Hiram.

C’était un homme aussi farouche qu’instruit. Élevé au milieu des

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