‹ Traité méthodique de science occulteChapitre 40 sur 454 · L’ANALOGIE · texte numérisé non relu

L’ANALOGIE

Deux méthodes préférées guident actuellement la plupart des chercheurs qui passent alternativement des excès de l’une aux excentricités de l’autre : V induction et la déduction.

L’induction part des faits pour remonter à des lois tirées du groupement d’un certain nombre de ces faits. C’est la méthode essentiellement scientifique, méthode toujours préférée des écoles teintées de matérialisme.

La déduction, au contraire, part d’axiomes considérés

comme des lois, axiomes qu’on applique ensuite en groupant les faits suivant leur concordance avec ces affirmations. C’est la méthode essentiellement religieuse, toujours préférée des écoles teintées de métaphysique.

Or de même que le caractère fondamental de la Science occulte est la découverte du lien qui réunit la Science et la Foi, de même la méthode de l'occultisme participe des deux précédentes et ne peut se passer du concours d’aucune d’entre elles.

Edgar Poë montre avec son génie ordinaire comment il est nécessaire d’admettre une source de raisonnements autre que l’induction ou la déduction. (Voyez Eurêka.)

L’analogie peut indifféremment partir du tait ou de l’axiome.

Si elle part du fait elle doit découvrir de suite en lui une loi assez générale pour constituer une formule synthétique applicable à tous les faits possibles. Le fait doit lui fournir immédiatement l’axiome.

Si elle part de l’axiome au contraire elle doit déterminer une loi telle qu’elle s’applique de suite à un fait quelconque pris au hasard.

Celte idée revient à dire que la Nature est construite d’après un type primitif qu’on trouvera répété, sinon dans sa forme du moins dans son essence, partout. De là la formule des alchimistes énonçant l’analogie : =v 73 zav. (Tout est dans tout.)

Un exemple ou deux vont éclairer tout cela. La Marche du Soleil. — Certains auteurs ont cru découvrir le clef de toute la mythologie antique dans la Marche du Soleil et ses diverses phases. Si l’on veut bien prendre garde à ce que nous allons développer on verra de suite l’erreur capitale des partisans de la théorie du « Mythe Solaire », qui ont confondu une loi générale avec un fait particulier.

Le Soleil considéré vulgairement par un profane comme tournant autour de la Terre subit des alternatives de chaleur ou de froid sous l’influence desquelles naissent les saisons.

Au Printemps la Nature semble naître à nouveau sous l’influence des baisers de l’Astre du Jour. En Eté l’ardeur productrice est à son maximum en Automne arrive l’époque des récoltes, l'époque de calme général; enfin en Hiver tout semble mort à jamais. Le Soleil est froid et n’a plus d’action bienfaisante.

Telle est en quelques lignes la description générale du phénomène. Cette Marche de Soleil est une manifestation de la Loi générale d’évolution et nous allons voir comment les mythologues auraient pu prendre à la place de ce fait n’importe quel autre reproduisant analogiquement la même loi.

Résumons les faits qui se présentent à nous pendant les saisons :

Page 1