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DU SYMBOLISME

Quand, aujourd’hui, nous voulons dépeindre les divers enseignements de la Science occulte, nous sommes obligés, de par notre époque et ses coutumes, d’écrire les données de l’esotérisme comme on écrit toutes les données possibles, qu’il s’agisse de statuts d’un syndicat ou d’un livre de haute philosophie. Une seule méthode d’écriture est à notre disposition, le style peut varier, être meilleur que le nôtre (ce qui n’est pas difficile), mais là se bornent nos moyens d’action.

Nous avons vu que les anciens avaient différentes méthodes d’expression. Aussi nous faut-il analyser ces méthodes, non pas pour les employer, mais bien pour comprendre les écrits des hermétistes et les figures magiques des vieux grimoires.

Nous allons passer en revue les différents procédés de construction et d’explication des tableaux et des pantacles; mais auparavant il nous semble utile de donner l’exposé du symbolisme ancien d’après de Brière.

Tous les traducteurs, sans distinction, ont considéré l’imitation comme la représentation de l’objet même, dans le sens direct. Ils

n’ont pas fait attention que, quelque sens que l’on donne à une image, dès le moment qu’on la représente, bien ou mal, n’importe, il y a imitation ; et que dès lors l’explication serait niaise et pléonastique, si elle ne portait pas sur un genre particulier d’imitation, distinct de celui de la figure. Us n’ont pas réfléchi que l'imitation appartient, selon saint Clément, aux symboles ; et que la dénomination de sigmbole ne peut s’appliquer à un objet quelconque se désignant soi-même; aujxêcÀixoç signifie métaphorique, et l’on ne peut pas dire qu'un objet se représente par métaphore; ce serait tout le contraire : c’est justement le nom de symboliques que Porphyre donne aux grandes images qui représentent les idées théologiques. On ne saurait dire qu’un chien soit le symbole d’un chieji, ni le soleil le symbole du soleil, ni la lune le symbole de la lune; ce n’est point un symbole, c’est un portrait. L’idée de symbole entraîne toujours avec elle quelque chose de différent de l’objet représenté : « un symbole, dit saint Maxime sur saint Denis l’Aréopagite, est un objet sensible pris pour une chose intellectuelle » (SuiiêoÀov, atirÔT|Tov Tt avTt vo 7)tou TtotpaXag.êavojJiEvov) ; et il ajoute r « tels que le pain et le vin pour la nourriture immatérielle et divine, et la joie, et ainsi des autres » (otov ap toç xou otvo;, àv-rl tÿj? aùAou xat Oeiç rp ocpvjç, xou sucppocuv/jç, xat oau. xoiauxa). Quand on représentait les choses par elles-mêmes, on disait qu’elles étaient exprimées -pucixwî, naturellement ; tandis que, lorsqu’on les désignait par des figures allusives, 8ux t-.vwv <rr)g.£uov, on disait que c’était (TupiëoÀixcüç, symboliquement, métaphoriquement; ou bien àvaywytxwç, anagogiquement, c’est-à-dire mystiquement, et dans un sens théologique. (Saint Maxime sur saint Denis, De Eccl. hierarckia.) Ainsi un objet n’est un symbole que par l’application qu’on en fait. En effet, le lion est le symbole du courage, il n’est pas le courage en personne. Dans les idées que je combats, le nom de symbole serait plutôt applicable à la forme alphabétique, si cette forme existait, qu’à la représentation même de l’objet. A toute force, on pourrait dire que Y aigle est le symbole de l’a; mais on ne dirait pas qu’il est le symbole de Yaigle : est-ce que, dans tous lesycas, il n’y a pas imitation de la figure? Ainsi les explicateurs de saint Clément font dépendre le rapport des signes aux idées, de l’interprétation qu’ils leur donnent : de sorte qu’un signe imite ou n imite pas, selon qu'il est pris par eux pour un objet ou pour une lettre ; c’est arbitraire et absurde.

Les savants du jour, ne connaissant pas les idées antiques, n’ont jamais songé qu’il pût y avoir une autre imitation que celle que pratique un dessinateur. Ils ont toujours ignoré la nature du grand

et fécond principe de l’IMITATION, le plus important pour l’intelligence de l’antiquité religieuse. Ils ignorent que, dans les sciences antiques de l’Orient, et dans les nôtres, au moyen âge, Limitation venait des objets mêmes, qu’ils fussent en nature ou représentés; et portait sur tous les genres de conformité qui pouvaient exister entre les objets et les choses : tels que le nom, la forme, la couleur, l’action, les mœurs, le nombre, le caractère, la dépendance, l’usage, etc., en vertu de l’association des idées. (C’est précisément de cette imitation que saint Clément a voulu parler.) Ils ne savent pas ce que c’est que la signature ; et ils ne connaissent pas I’efficacité que, en raison de cette signature , les objets et leurs images possédaient ; et, faute de sentir l’importance de cette connaissance, ils laissent passer, sans les remarquer, une foule de choses qui mériteraient d’être examinées. Aussi j’affirme, très sérieusement, qu’aucune découverte, en fait de religions anciennes, n’a eu lieu jusqu'à ce jour. L’étude approfondie des idées antiques peut seule nous mettre au courant de la formation des religions anciennes, et d’une foule de choses que nous ne comprenons pas, faute de moyens de les expliquer. Mais il est impossible de raisonner avec des personnes qui ne possèdent aucun des éléments de la question; on ne peut pas s’entendre : et cependant ce sont là les juges dont il me faut subir les arrêts.

Je vais exposer quelques observations à l’égard du symbole oriental.

Chez nous, l’on considère généralement le symbole comme une image représentant allégoriquement une idée morale. Le symbole diffère de l’emblème, en ce que le symbole est seul et isolé, tandis que l’emblème est composé. Le symbole appartient originairement à l’écriture du langage; il désigne une idée : l’emblème se rattache à la représentation scénique; il montre une pensée en action. Ainsi un chien reproduit l’idée de la fidélité ; une colombe , deï innocence ; mais une femme au teint livide, dont le sein est déchiré par des serpents, est l’emblème de Y envie : car il semble qu’on ait voulu imiter l’effet qu’un sentiment violent produit sur la physionomie. Le symbole provient souvent d’un rapport réel ou supposé entre l’objet et la chose signifiée : au lieu que l’emblème n’a quelquefois qu’un rapport très indirect, et plutôt senti que démontré, avec la pensée qu’on veut peindre; mais on le représente avec tous ses accessoires pour mieux caractériser la pensée.

Cette explication du symbole et de l’emblème suffit pour rendre compte des représentations figurées qu’on trouve sur les monuments de la Grèce et de Rome, et sur les monuments construits dans l’an-

cien monde, d’après le modèle des édifices romains ; tels que les basiliques et les palais des rois.

Mais cette explication est insuffisante lorsqu’il s’agit des symboles et des emblèmes appartenant aux édifices et aux religions de l’Orient ; principalement à ceux qui se rapportent au culte du peuple égyptien.

Dans l’Orient, le symbole religieux n’était pas seulement l’expression d’une idée ; c’était encore une cause active, une puissance qui, suivant l’intention de celui qui la mettait en usage, effectuait ou détruisait la chose qu’elle représentait, dans le temps présent, ou dans un temps plus ou moins éloigné.

Figurer un emblème divin, c’était intéresser les divinités à sa propre cause, par un culte convenable et approprié : car rien ne plaisait tant aux dieux, à ce qu’on croyait, que d’imiter l’organisation du monde céleste : on supposait que le dieu était appelé par son image et venait s’y placer.

Ainsi dans l’Orient, figurer un symbole de victoire, c’était produire la victoire, rendre victorieux : un symbole de puissance donnait la puissance à celui qui le portait, et l’ôtait à celui contre lequel il était dirigé.

Tout cela avait lieu en vertu des grands principes du lien universel \ de Y imitation, de l'efficacité et de la fatalité, principes immenses qui sont l’âme de toutes les religions et de tous les cultes.

Dans beaucoup de cas, l’imitation n’avait lieu que d’un peu loin, et ne portait que sur certains points.

J’ai déjà parlé de ces fontaines auxquelles on donnait la forme d’un lion, à cause du signe sous lequel avait lieu la crue du Nil; et j’ai dit que cette figure de lion était une prière pour avoir une abondance d’eau. Représenter le symbole de l’élévation des çaux, c’était produire cette élévation elle-même. Lorsque l’élévation n’était pas suffisante, c’est que le peuple avait péché ; mais le symbole n’était pas moins infaillible.

Lo;rsque Rachel, longtemps stérile, parvint à devenir féconde, ce ne fut qu’après avoir mangé des pommes de mandragore que Lia, sa sœur, lui donna. Or, la mandragore est narcotique et antiaphrodisiaque; mais la racine de la mandragore figure grossièrement un

1. Il existait, à ce qu’on croyait, un lien de correspondance entre le ciel et la terre : et les figures qu’on supposait dans le monde archétype, étaient obligées d’opérer sur le monde terrestre, par la force de l’imitation, et par la puissance des paroles. De là le mot religio, culte, qui rattache.

corps humain; et c’est la raison de l'efficacité de la pomme : car une partie de la plante allait pour l’autre

Dieu ayant envoyé aux cinq villes des Philistins des hémorrhoïdes et des rats, pour les punir d’avoir capturé son arche, ces villes ne purent être délivrées de leurs fléaux qu’après avoir offert à Dieu cinq anus d’or et cinq rats d’or, suivant le nombre des villes qui avaient été affligées. Ici il y a imitation du nombre des villes, des parties passives, et des animaux agissants.

Lorsque les Hébreux, à cause de leur désobéissance, furent frappés de ces serpents dont la morsure était mortelle, Moïse fit faire un serpent d'airain , dont la vue guérissait les blessés-. Le serpent de Moïse imitait la figure des serpents meurtriers. S’il y avait eu la figure d’une autre espèce de serpent, il n’y aurait pas eu d’imitation, ni par conséquent de guérison.

Lorsque les Israélites, pendant le séjour de Moïse sur le mont Sinaï, demandèrent à Aaron de leur faire un dieu pour les conduire, et que celui-ci résolut de leur donner Je veau d'or, il exigea qu’ils lui remissent tous les, pendants d’oreilles de leurs femmes, de leurs fils et de leurs filles. Pourquoi cette préférence sur tout autre objet d’or? C’est que le veau se dit héçjel en hébreu, et que sa racine kagal désigne tout ce qui est rond ; les boucles d’oreilles, à cause de leur rondeur, s’appellent hégil. Elles ont aussi un autre nom, nézém, par lequel la Bible les désigne en cet endroit, et qui leur est commun avec le collier. Mais ce synonyme, en raison de la circonstance, rappelait l’autre nom hégil, et, par analogie,

1. Le mot mandragore (masculin) vient de l’arménien manragor ; de manr, petit, et de or, ou gor, comme; comme un petit homme. En persan on lui donne le nom d ’isterenk, qui signifie stérile, infécond, d'estar, mulet. Mais isierenk pourrait bien venir d'ist, fesse, et de renk, apparence, parce que la racine de celte plante a, dit-on, une grosseur qu’on pourrait prendre pour une fesse. En arabe, son nom est leffah, qui a de grosses cuisses. Les Allemands donnent à la plante le nom d 'allraun, qui signifie le tout à fait castrat. Elle était employée dans la magie : de là le mot run, qui signifie murmurer, comme faisaient les magiciens; et. les runes, sortes de caractères magiques. Les Hébreux nommaient les pommes dodaim, les aimables, ou qui font aimer ; les Copies, bétukè, pommes d’amour, ou noutem, qui produit du fruit.

On voit que la mandragore a pris son nom de l’imitation qu’elle opère.

Mandragoras est aussi un surnom de Jupiter.

2. En hébreu NaHaCHe signifie serpent; il signifie aussi augure. -NeHoCIIe qui est d’airain; THaN signifie aussi serpent, dragon; d’où NeHoCh-THaN, le serpent d'airain. Les Hébreux l’ont adoré dans la suite; c'est le serpent de Mercure.

réveillait 1 idée de rondeur, et en même temps celle du veau. Je parlerai autre part de ce fameux veau d’or, qui, comme on sait, n’est que le veau Apis *.

Les Hébreux étant arrivés au lieu nommé Mara ou amertume,

t. Un des grands inconvénients de la traduction, lorsqu’il s’agit des prophéties et des fables de l’antiquité orientale, passées dans les auteurs grecs et latins, c’esl de préciser toujours le sens d’un mot oriental, et de masquer tous les autres sens qui lui appartiennent. U y a souvent, dans l’Orient, allusion d’un sens à l’autre, tantôt par imitation, tantôt par allégorie ; comme nous venons de le voir par les noms hégil et nezém, des pendants d’oreilles, à l’occasion du veau d’or. Le traducteur ne peut pas faire sentir l'allusion, parce que le mot dont il se sert n’a pas toutes les significations du mot oriental traduit, et que les termes qui expriment dans sa langue les idées représentées par ce mot oriental, diffèrent entre eux totalement; et enfin, que le génie des langues européennes se refuse aux jeux de mots, dans le discours sérieux. Il s’ensuit que, lorsqu’on veut se rendre compte des choses antiques, il faut toujours comparer les mots grecs et latins des traducteurs aux divers synonymes orientaux qui y correspondent. Cette observation est très importante pour l'explication des fables mythologiques : elle l’est souvent aussi pour comprendre la Bible. Je vais en donner la preuve.

En hébreu, haroum signifie nu, éclairé, prudent; et dans un sens dépréciatif, rusé. La Cenèse, en parlant du serpent, nous dit « qu’il était le plus nu (haroum) des animaux des champs. » Effectivement il n’a pas de poil, et il avait alors des pieds. Les Septante on traduit haroum par çpovifjuLvaTo;, le plus éclairé, le plus sage, le plus prudent : la Vulgate, par callidior, le plus habile, le plus sagace; Le Maistre de Sacy, par le le jolus rusé : ce dernier sens a prévalu. Voilà donc que le serpent, de nu, est devenu rusé. Or, il est certain que, dans l’antiquité, le serpent ne passait pas pour rusé, mais pour prudent, de cette prudence que donnent la connaissance et l’expérience du monde; car Notre-Seigneur dit à ses disciples : « Soyez prudents, <ppovip.m, comme les serpents, et simples comme les colombes. » La simplicité exclut la ruse. Le serpenl avait mangé du fruit des deux arbres ; il était éclairé et immortel, et il voulait que l’homme participât aux mêmes avantages.

Le résultat que l’homme obtint du fruit défendu, fut d’être éclairé, car ses yeux s'ouvrirent ; et de comprendre qu’il était nu. Il était .donc nu el "■éclairé (haroum). L’endroit de la Genèse qui concerne la. chute de l’homme roule donc sur Jes deux sens du mot hébreu.

Si nous passons à la fable grecque, nous verrons que Mercure était le messager de Jupiter et le conseiller de Saturne. Or, dans les langues orientales, melak signifie messager, ange, annonciateur et aussi opérateur ; melek signifie conseiller et roi. Si vous considérez le rapport qui existe entre melak et melek, vous comprendrez pourquoi Mercure était un messager et un conseiller; si vous restez dans les termes grecs et latins, vous ignorerez toujours le motif du cumul de ces deux fonctions. De melak, opérateur, nom donné aux divinités qui agissent sur le monde, vous ferez venir Adra-melek et Anna-melek, deux divinités chaldéennes et vous aurez l’origine de tous ces rois, melakim, que la fable mentionne.

dans le désert de Sur, là où les eaux étaient naturellement amères ; Moïse, pour leur procurer de l’eau douce, prit un morceau de bois extrait d’un arbre amer, nommé ardifné , écrivit dessus le nom mystique de Dieu, et le jeta au milieu des eaux : les eaux devinrent douces tout aussitôt. Il y avait imitation de l’amertume des eaux par celle de l’arbre ; et la propriété du bois ayant été changée par la puissance du nom ineffable écrit dessus, selon l’intention de Moïse, changea aussi, par communication, la propriété des eaux amères. C’est la même chose que du sucre dissous dans un verre d’eau, et mêlé ensuite à l’eau d’une carafe. Il est certain que l’eau de la carafe, après le mélange, participerait du goût sucre du verre d’eau. C’est ainsi que l’on comprenait l’influence des intermédiaires.

Moïse sur le mont Horeb, pendant le combat qui avait lieu entre les Hébreux et les Amalécites, tenait ses bras élevés horizontalement : il imitait alors la croix, qui, entre autres significations, désignait la victoire. Lorsqu’il baissait les bras, le peuple hébreu était vaincu ; et lorsqu'il les relevait, les Hébreux redevenaient vainqueurs : c’est pourquoi Aaron et son fils Hur le firent asseoir, et lui soutinrent les bras jusqu’à la fin de la journée, afin que la défaite des Amalécites fût complète. Il y avait victoire, parce qu’il v avait représentation du symbole qui désignait et produisait la victoire. Il faut observer que dans cette position, Moïse tenait à la main la baguette sur laquelle était écrit le nom ineffable (probablement en hiéroglyphes égyptiens, parce que de son temps l’écriture alphabétique n’était pas encore connue).

Sans sortir du sujet qui m’occupe en ce moment, je dirai que Notre-Seigneur apparut à Constantin avec sa croix, et lui dit : Tu vaincras avec ce signe; ce qui prouve que la croix était un symbole de victoire. Constantin, en faisant porter devant lui une croix, défit toujours Maxence qui n’avait pu qu’opérer des conjurations magiques, et évoquer les démons. Les Égyptiens affirmaient que, si les chrétiens produisaient un grand nombre de miracles, c’était uniquement par la grande vertu du signe de la croix. Si les Égyptiens parlaient ainsi, ce n’était point à cause du rapport du symbole avec l’instrument du supplice de Notre-Seigneur, mais à cause de la vertu qu’ils attribuaient eux-mêmes à la figure de la croix. Mais nous verrons plus tard ce que c’était que cette croix.

C’est que derrière le symbole il y avait le nom de l’objet ; que ce nom appartenait à la langue sacrée, et avait diverses significations : et que ce nom, écrit ou prononcé avec intention, était une prière, et même une injonction, aux puissances surnaturelles chargées de

l’administration du monde, d’accomplir la volonté de celui qui l’avait figuré. Les bénédictions et les malédictions appartiennent à la même source, et participent à la môme infaillibilité 1 . Dans l’antiquité, tout miracle supposait une parole effective. Chez les Hébreux, le nom secret de Dieu, écrit, ou prononcé tout bas par un prophète, avait un pouvoir universel, et remplaçait toutes les formules magiques : c’est ce qu’on appelait invoquer par le nom du Seigneur. La Bible nous apprend qu’Enos, fils de Seth et petit-fils d’Adam, fut le premier qui jouit d’un semblable privilège. Les patriarches, comme on sait, parlaient la langue sainte, qui fut

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