EXPLICATION DE L’HIÉROGLYPHE ALCHIMIQUE DE NOTRE-DAME DE PARIS
PAH f.AMBRIEL.
« A l’une des trois grandes portes d’entrée de l’église Notre- Dame, cathédrale de Paris, et sur celle qui est du côté de l’Hôtel- Dieu, se trouve sculpté sur une grosse pierre, au milieu de ladite porte d’entrée, et en face du Parvis, l’hiéroglyphe reproduit en tête du chapitre vu de cet ouvrage, représentant le plus clairement possible tout le travail, et le produit ou le résultat de la pierre philosophale.
« Au bas de cet hiéroglyphe qui est sculpté sur un long et gros carré de pierre, se trouvent au côté gauche et du coté de l’Hotel- Dieu deux petits ronds pleins et saillants représentant les Natures métalliques brutes ou sortant de la mine (qu’il faudra préparer par plusieurs fusions et des aidants salins).
« Du coté opposé sont aussi les deux mêmes ronds ou natures ; mais travaillées ou dégagées des crasses qu’elles apportent des mines lesquelles ont servi à leur création.
« Et en face, du côté du Parvis, sont aussi les deux mêmes ronds ou natures mais perfectionnées ou lotalement dégagées de leurs crasses par le moyen des précédentes fusions.
«.Les premières représentent les corps métalliques qu'il faut prendre pour commencer le travail hermétique.
« Les deuxièmes travaillées nous manifestent leur vertu intérieure et se rapportent à cet homme qui est dans une caisse,
lequel, étant entouré et couvert de flammes de feu, prend naissance dans le feu.
« Et les troisièmes perfectionnées, ou totalement dégagées de leurs crasses, se rapportent au dragon [babylonien |’ , ou mercure
1. C’est là le Télesme d’Hermès et le mouvement de Louis Lucas (Papus).
philosopha], dans lequel se trouvent réunies toutes les vertus des natures métalliques.
« Ce dragon est en face du Parvis et au-dessus de cet homme qui est entouré et couvert de flammes de feu, et le bout de la queue de ce dragon tient à cet homme, pour désigner qu’il sort de lui et qu’il en est produit, et ses deux serres embrassent l’athanor pour désigner qu’il y est ou qu’il doit y être mis en digestion, et sa tête se termine et se trouve dessous les pieds de l'évêque.
« Je dirai donc que de cet homme, qui a pris naissance dans le feu et par le travail d£s aigles volants1 représentés par plusieurs fleurs formées de quatre feuilles jointes dont est entouré le bas de sa caisse, est produit le dragon babylonien dont parle Nicolas Flamel, ou le mercure philosophal.
« Ce mercure philosophal est mis dans un œuf de verre, et cet œuf est mis en digestion ou en longue coction dans Fathanor ou fourneau terminé en rond ou voiite, sur laquelle voûte sont placés les pieds de l’évêque au-dessous desquels se trouve la tête du dragon. De ce mercure il résulte la vie représentée par Févêque qui est au-dessus dudit dragon.
« Cet évêque porte un doigt à sa bouche pour dire à ceux qui le voient, et qui viennent prendre connaissance de ce qu’il représente: « Si vous reconnaissez et devinez ce que je représente par cet hiéroglyphe, taisez-vous!... 2. »