‹ Traité méthodique de science occulteChapitre 433 sur 454 · A. Franck, La Kabbale, Paris, 1863, in · texte numérisé non relu

A. Franck, La Kabbale, Paris, 1863, in

des plus grands hommes de l’époque : Balzac et Sainte- Beuve.

Successivement parurent la Réflexion sur les idées de Louis-Claude de Saint-Martin de Moreau (1850), Y Etude sur la philosophie mystique en France et sur Saint-Martin et Martinez Pasqualis , de À. Franck, membre de l’Institut, 1866, etc., etc.

De toutes ces études et de F existence de plus en plus évidente de la réalité des faits produits par les magnétiseurs, les savants entraient peu à peu dans la voie de la conviction : mais leurs paroles antérieures ne leur permettaient pas de s’avouer publiquement convaincus.

Le Spiritisme.

Dès 1840 un magnétiseur spiritualiste, Cahagnet, avait découvert tout un nouvel ordre de recherches se rapportant à l’action de l’âme sur la matière et aux existences successives de cette âme.

A la suite des phénomènes produits en Amérique de nombreux chercheurs s’occupaient de ces questions : Eugène Nus publiait en 1851 les premières études philosophiques sur cette question de la communication des vivants et des morts’.

Un instituteur, Rivail, connu sous le pseudonyme d 'Allan Kardec , donne un essor tout nouveau à la Nécromancie des anciens temples par la publication du « Livre des Esprits » en 1857. Le Spiritisme venait de naître.

Les théories philosophiques d’Allan Kardec sont celles d’Origène alliées aux données générales du Catholicisme.

Le courant créé par Allan Kardec a pris une importance considérable aujourd’hui ainsi que nous le verrons plus loin.

De 1857 à 1868 Allan Kardec ne cessa de répandre sa doctrine.

On voit donc qu’à ce moment un mouvement d’une activité prodigieuse se manifeste en faveur de la Science Occulte. Toutes les écoles sont en activité; mais elles ne songent pas à s’unir, chacune veut tirer de son côté: de là la perte totale des fruits possibles de cet effort.

Louis Lucas représente le Eliphas Lcvi —

Ragon

Ricard, Lafontaine —

Cahagnet

Eugène Nus

Allan Kardec ■ —

courant Synthétique.

Hermétiste.

Templier, de Magnétisme.

de Spiritisme.

Chacun de ces courants va évoluer séparément.

L’extension du Mouvement s’arrête presque partout après la mort de chacun des représentants.

Le Mouvement Templier cesse après Ragon et ce courant vient rejoindre le courant hermétiste général.

La Franc-Maçonnerie a perdu le sens des symboles qu’elle détruit. Les sociétés d’occultisme naissent à point pour continuer la transmission ésotérique que ne possèdent plus les Enfants de la Veuve.

Seules deux écoles, celles qui sont nées depuis quelques années seulement, suivent leur évolution ; l’école magnétique et l’école spirite.

Dans l’école de Mesmer Du Potet vers 1869 découvre plusieurs principes des plus importants au sujet de l’ana logie entre le Magnétisme et la Magie.

En même temps un savant convaincu par Lafontaine,

l’Anglais B raid , cherchait à expliquer tous les phénomènes sans l’intervention d'aucun fluide et créait un nouveau courant d’études sous le nom d’HypxoTisME.

En 1877 le médecin français Charcot reprendra ces théories et donnera un grand essor à l’hypnotisme en établissant scientifiquement l’existence des phases dites classiques : léthargie, catalepsie, somnambulisme.

L’école spirite présente deux courants très nets : le courant dogmatique représenté par Paul Alignez (1857), Esquiros (1862), Pezzani (1875), et le courant philosophique et littéraire avec Camille Flammarion (1863), Delaage (1864) et quelques autres.

Ecole Synthétique .

En 1877 paraît la première œuvre d’un auteur qui a joué un grand rôle dans la réédification de l'Occultisme; cette œuvre c’est les Clefs de l'Orient par Alexandre Saint- Yves.

Saint-Yves d’Alveydre avait repris, en la développant, la méthode de Fabre d’Olivet et de son école. Il étudia encore quelque temps avant de produire son œuvre capitale : fa Mission des Juifs (1884).

Comme il est important de bien connaître cet auteur, nous allons résumer le plus rapidement possible ses principales idées.

Dès la première lecture, Saint-Yves apparaît comme un réalisateur d’une originalité très marquée. Rien de nébuleux dans son exposition, à la fois très affirmative et très élevée. L’histoire est là comme le champ expérimental dans lequel il manœuvre. Il énonce une loi, l’accompagne de définitions très nettes, et raconte une série de faits. A mesure qu’on avance dans cette exposition, la conclusion sort d’elle-même, éclatante, prouvant partout la justesse de la loi sociale énoncée.

Chacun de ses livres est un satellite dont la loi sociale qu'il appelle la Synarchie est le soleil, et tous ses livres gravitent autour de l’un d’eux, la Mission des Juifs, qui marque le point de départ et le point d’arrivée de tous ses travaux.

Que faut-il entendre par ce mot de Synarchie?

La Synarchie indique un type de gouvernement scientifiquement exact.

Il y a donc des gouvernements basés sur des principes scientifiquement déterminables et d’autres qui ne le sont pas?

C’est à la réponse à cette question que Saint-Yves a consacré toutes ses œuvres. Nous allons les passer rapidement en revue pour en déduire autant que possible les conséquences.

La Mission des Souverains,

La Mission des Ouvriers,

La Mission des Juifs,

La Mission des Français,

Voilà le bagage littéraire de notre auteur.

La Mission des Souverains parut en 1882.

Dans cet ouvrage l’auteur établit tout d’abord sur des définitions nettes et claires les différents types de gouvernement qui peuvent s’appliquer à une collectivité quelconque.

La République, la Monarchie, la Théocratie sont définies dans leur principe, leur fin, leur moyen, leur condition radicale et leur garantie.

Ces points bien expliqués, l’auteur fait quelques distinctions indispensables à connaître, par exemple la différence entre la Religion et les Cultes et surtout celle entre V Autorité et le Pouvoir. A ce propos, il s’appuie avec justesse sur la famille en montrant qu’en elle :

Le père exerce le pouvoir sur ses fils, la mère et le grand-père l'autorité. * •

C’est de ces définitions que découle la loi sociale dont l’histoire de l’Europe va montrer la vérification. La loi sociale éclate tout d’abord dans l’organisation de l’Église primitive où tous les membres de l'épiscopat étaient égaux, élus par les fidèles, institués par leurs collègues de la même province, confirmés par le métropolitain.

Il montre bientôt la violation de cette loi de relation des gouvernés aux gouvernants, du clergé et des fidèles, par l’évêque de Rome, instrumentaire lui-même de l'impérialat païen, qui s’érige en Empereur du clergé. Dès que ce césarisme se répercute à travers la papauté dans ces conditions, la Synarchie Judéo-Chrétierin^ M’existe

plus et la loi païenne va seule diriger les actes des souverains d’Europe, le pape en tête.

L’histoire de notre continent se dresse tout entière pour montrer l’application fatale de cette loi, dans le cours de la Mission des Souverains.

En résumé dans ce livre l’histoire de l’Europe, gravitant autour de celle de la papauté, montre, preuves en main, la nécessité d’une réforme sociale synthétique. Nous reviendrons sur ce sujet.

La Missioyi des Ouvriers est une courte notice parue en 1883 et développée depuis dans la France Vraie. Aussi ne ferons-nous que la mentionner.

L’ouvrage capital de Saint-Yves d’Alveydre c’est sans contredit la Mission des Juifs , véritable synarchie de l’humanité, parue en 1884.

Nous ne pouvons, vu le manque de place, analyser même superficiellement cet énorme volume de près de 950 pages în-4°. Notonsen cependant les points saillants.

La Mission des Juifs est divisée en vingt-deux chapitres. Les quatre premiers forment un tout spécial traitant des principes généraux de l’univers et de la connaissance qu’en avaient tous les peuples anciens; les dix-huit derniers retracent l’histoire de l’humanité à travers plus de 8.600 ans montrant partout que la loi sociale définie synarchie est bien l’instrument capable de diagnostiquer sûrement la résistance vitale d'une race, d’une nation et même d’une société. Saint-Yves montre, preuves en mains, que le principe de la loi sociale a été connu dès la plus haute antiquité, dès la race rouge, et qu’il a été transmis dans les sanctuaires d’âge en âge jusqu’aux Égyptiens. De là Moïse a choisi un peuple pour en transmettre la formule à travers les siècles, et Jésus une race pour la réaliser. De là le nom de Loi Sociale Judéo-Chrétienne.

Enfin en 1887 paraissait la France Vraie ou Mission des Français dans laquelle l’Histoire de' France depuis le xive siècle montre l’évolution de la Synarchie française, seul moyen de sauver la Patrie de la perte à laquelle elle court fatalement. La Mission des Juifs ou Synarchie de l’humanité est le cercle dont la Mission des Souverains ou Synarchie de l’Europe est le rayon, et la France Vraie ou Synarchie de la France est le centre.

En 1890 M. de Saint-Yves publia, après une série de petits poèmes adressés aux souverains d’Europe, une magistrale épopée intitulée Jeanne d’ Arc Victorieuse. Les lois de la Synarchie y sont exposées dans leur réalisation absolue et providentielle.

Voilà l’analyse, malheureusement trop écourtée, des œuvres de Saint-Yves d’Alveydre; essayons maintenant d’en exposer la conclusion .

Ce qui frappe en premier lieu le chercheur dans ces ouvrages, c'est la généralité de ces principes qui sont ici appliqués uniquement au social. Nous pouvons affirmer sans crainte d’être contredit que Saint-Yves d’Alveydre a trouvé la physiologie de l’Humanité, bien plus qu’il a déterminé la loi de relation des divers groupes de l’humanité entre eux.

Quoi qu’il en dise, c’est la méthode de la Science Occulte, l’Analogie, qui a guidé partout les investigations de cet auteur, et pour le prouver nous allons exposer son idée de la Synarchie uniquement par la physiologie humaine. Ayant poussé particulièrement nos recherches vers ce point, il nous sera d’autant plus facile de l’exposer au lecteur.

Tout est analogue dans l’Univers, la loi qui dirige une cellule de l’homme doit scientifiquement diriger cet homme; la loi qui dirige un homme doit scientifiquement diriger une collectivité humaine, une nation, une race.

Étudions donc rapidement la constitution physiologique d’un homme. Point n’est besoin pour cela d’entrer dans de grands détails et nos déductions seront d’autant plus vraies qu’elles s’appuieront sur des données plus généralement admises.

L’homme mange, l’homme vit, l’homme pense.

11 mange et se nourrit grâce à son estomac, il vit grâce à son cœur, il pense grâce à son cerveau b

Ses organes digestifs sont chargés de diriger I’Économie de la machine, de remplacer les pertes par de la nourriture et de mettre en réserve les excédents à l’occasion.

Ses organes circulatoires sont chargés de porter partout la force nécessaire à la marche de la machine, de même que les organes digestifs fournissent la matière. Ce qui a la force, c’est un Pouvoir, les organes circulatoires exercent donc le Pouvoir dans la machine humaine.

Enfin les organes nerveux de l’homme dirigent tout cela. Par l’intermédiaire du grand sympathique inconscient marchent les or-

1. Il est entendu que nous parlons physiologiquement ; aussi ne faut-il pas s’étonner outre mesure de la tournure positiviste de cet exposé.

ganes digestifs et circulatoires; par l’intermédiaire du système nerveux conscient, les organes locomoteurs. Les organes nerveux représentent I’Aütorité.

Économie, Pouvoir, Autorité : voilà le résumé deÿ trois grandes fonctions renfermées dans l’homme physiologique.

Quelle est la relation de ces trois principes entre eux?

Tant que le ventre reçoit la nourriture nécessaire, l’économie fonctionne bien. Si le cerveau, de propos délibéré, veut restreindre la nourriture, l’estomac crie : « J’ai faim, ordonne aux membres de me donner la nourriture nécessaire. » Si le cerveau résiste, l’estomac cause la ruine de tout l’organisme et par lui-même celle du cerveau; l’homme meurt de faim.

Tant que les poumons respirent à l’aise, un sang vivificateur, c’est-à-dire puissant, circule dans l’organisme. Si le cerveau refuse de faire marcher les poumons ou les conduit dans un milieu malsain, ceux-ci préviennent le cerveau de leur besoin par l’angoisse qui peut se traduire : Donne-nous de l’air pur, si tu veux que nous fassions marcher la machine. Si le cerveau n’a plus assez d’autorité pour le faire, les jambes ne lui obéissent plus, elle? sont trop faibles, tout s’écroule et l’homme meurt d’asphyxie.

Nous pourrions pousser cette étude plus loin, mais nous pensons qu’elle suffit à montrer au lecteur le jeu des trois grandes puissances : Économie, Pouvoir, Autorité, dans l’organisme humain.

Retrouvons maintenant ces grandes divisions dans la société.

Réunissez en un groupe toute la richesse d’un pays avec tous ses moyens d’action, agriculture, commerce, industrie, vous aurez le ventre de ce pays, constituant la source de son économie.

Réunissez en un groupe toute l’armée, tous les magistrats d’un pays, vous aurez la poitrine de ce pays, constituant la source de son FOUVOIR.

Réunissez en un groupe tous les professeurs, tous les savants, tous les membres de tous les cultes, tous les littérateurs d’un pays, vous aurez le cerveau de ce pays, constituant la source de son autorité.

Voulez-vous maintenant découvrir le rapport scientifique de ces groupes entre eux, dites :

VENTRE =: ÉCONOMIE — ÉCONOMIQUE POITRINE = POUVOIR — JURIDIQUE TÊTE = AUTORITÉ = ENSEIGNANT

et établissez les rapports physiologiques.

Qu’arrivera-t-il si dans un Etat l’Autorité refuse de donner satisfaction aux justes réclamations des gouvernés?

Établissez cela analogiquement et dites :

Qu'arrivera-t-il si dans un organisme le cerveau refuse de donner satisfaction aux justes réclamations de l’estomac?

La réponse est facile à prévoir. L'estomac fera souffrir le cerveau et finalement l’homme mourra.

Les gouvernés feront souffrir les gouvernants et finalement la nation périra.

La loi est fatale.

Ainsi dans la physiologie du social comme dans celle de l’homme individuel, il existe un double courant :

1° Gourant des gouvernants aux gouvernés, analogue au courant du système nerveux ganglionnaire aux organes viscéraux;

2° Courant réactionnel des gouvernés aux gouvernants, analogue au courant des fonctions viscérales aux fonctions nerveuses.

Les pouvoirs Enseignant, Juridique, Economique , constituent le second courant.

Le premier est formé par les pouvoirs Legislatif, Judiciaire, Exécutif.

Tels sont les deux pôles, les deux plateaux de la balance synarchique.

Nous avons choisi celte façon d’exposer le système de M. Saint- Yves d’Alveydre afin de mieux faire sentir à tous son caractère dominant : une analogie toujours strictement observée avec les manifestations de la vie dans la nature.

Tel est et sera toujours le cachet d'une création se rattachant au véritable ésotérisme; tout système social ne suivant pas analogiquement les évolutions naturelles est un rêve et rien de plus.

On voit que, somme toute, la découverte mise à jour dans les Missions est celle de la loi des gouvernés Enseignant, Juridique, Economique ; car la loi des gouvernants Législatif , Judiciaire, Exécutif est connue depuis bien longtemps, transmise par le monde païen.

Déterminer scientifiquement l’existence et la loi de la vie organique d’un peuple; déterminer de même la vie de gélation de peuple et de race à race : tels sont les problèmes étudiés dans les ouvrages de Saint-Yves d’Alveydre. Partout la vie doit suivre des lois analogues; aussi, pour ne parler qu’en passant de la vie de relation des peuples européens entre eux, il ne faut pas être grand clerc pour voir son organisation antinaturelle. Représentez-vous, en effet, des individus agissant entre eux comme le font les grandes

puissances. Combien de temps resteraient-ils sans aller à Mazas? La loi qui règle aujourd’hui les relations de peuple à peuple c’est celle des brigands, toujours armés, toujours prêts à s’allier pour tomber sur le plus faible et se partager sa fortune. Quel exemple pour les citoyens!

C’est pourquoi l’ésotérisme peut scientifiquement parler à tous les peuples et leur dire :

« Changez vos rois, changez vos gouvernements, vous ne ferez rien qu’aggraver vos maux. Ceux-ci viennent non pas de la forme gouvernementale, mais bien de la Loi qui la constitue. Appliquez la loi de la nature et l’avenir s’ouvrira radieux pour vous et vos enfants ! »

Je viens d’exposer le mieux qu’il m’a été possible le système social défendu par M. Saint-Yves d’Alveydre. Par quel moyen cet auteur a-t-il eu connaissance de cette loi sociale? /

C’est ce que nous allons essayer de découvrir.

L’étude approfondie qu’il avait faite de Fabre d’Olivet1, les efforts qu'il consacra à vérifier toutes les sources de cet auteur dans les originaux l’amenèrent fatalement à cette conclusion : il a existé, à une époque très éloignée de la nôtre, un Empire Universel sur la Terre.

Poursuivant l’étude de cet empire universel, il rechercha quelle en était la constitution et le fonctionnement. C’est là qu’il découvrit l’existence de la Loi Sociale Trinitaire.

En cherchant quelle fut l’époque et la cause de sa chute, il fut amené à constater la loi exclusivement politique qu’il appela Loi de Nemrod, opposée du tout au tout à la précédente.

Enfin en suivant à la piste la transmission de la Loi Sociale trinitaire de sanctuaire en sanctuaire depuis l’Inde, il y a 86 siècles, jusqu’à Jésus, il fut amené à constater l’existence d’une chaine ininterrompue qu’il trouva du reste mentionnée dans le xi° chapitre de la Cosmogonie de Moïse, traduite ésotériquement.

Cette chaîne passait des sanctuaires indous aux Egyptiens avec Abraham comme chaînon, et des Égyptiens au peuple juif avec Moïse. Jésus marque le passage du mouvement des transmissions aux peuples chrétiens; de là le nom de Loi Sociale Judéo-Chré-

I. Comme il le déclare franchement dans la Mission des Juifs et dans la France vraie.

tienne donné par Saint-Yves à la loi trinitaire de l’Empire Universel.

Gomme on peut le voir, c’est en alliant harmonieusement le Paganisme au Judaïsme et celui-ci au Christianisme qu’il a fait surgir du contact des deux pôles opposés la synthèse sociale.

Il nous reste à revenir sur quelques-unes de nos affirmations pour les prouver.

Nous avons dit que Saint-Yves avait vérifié les sources de Fabre d’Olivet dans les originaux. Nous ajouterons qu’il suffit de parcourir le chapitre iv de la Mission des Juifs ainsi que beaucoup de points divers de cet ouvrage pour avoir la certitude de la vérité de cette assertion. Il est inutile de montrer longuement l’avantage que retire un auteur de l’élude des maîtres dans leurs œuvres et non dans celles de leurs disciples. L’histoire de la philosophie tout entière est là pour le dire. C’est donc grâce à ce travail sur les originaux que Saint-Yves a pu découvrir l’alliance des deux contraires que Fabre d’Olivet n’a pas essayé de traiter.

Nous avons dit de plus que c’est en traduisant le xie chapitre de la Cosmogonie de Moïse que Saint-Yves avait trouvé la relation de cette transmission séculaire de la loi sociale.

Cette traduction d’un chapitre que Fabre d’Olivet n’a pas abordé montre encore les connaissances personnelles en linguistique de l’auteur de la Mission des Juifs. Certains procédés qu’il emploie, entre autres celui de la lecture des mots hébreux de gauche à droite, lui sont également personnels.

Enfin quand nous aurons cité l’application de la Loi Sociale à l’histoire de la France, nous aurons terminé les principaux points par lesquels notre auteur affirme son indépendance vis-à-vis de Fabre d’Olivet.

Comment résumerons-nous maintenant l’œuvre de Saint-Yves d’après ses ouvrages parus jusqu’à ce jour?

A notre avis Saint-Yves d’Alveydre a fait pour le Social ce que Louis Lucas a fait pour la Chimie et la Physique, Wronski pour les Mathématiques , Fabre d'Olivet pour la Linguistique^ t la Cosmogonie.

Vers 1880 une résurrection de la Science Occulte dans toutes ses branches se manifeste de nouveau et, cette fois, rUnion de toutes les écoles importantes semble assurer le succès définitif.

Le docteur Adrien Péladan initie son frère, le littérateur Joséphin Péladan, à la connaissance de l’Hermétisme.

Le Vice suprême paraît en 1882 montrant l’application totale des enseignements d 'Eliphas Levi.

Stanislas de Guaita 1 (1886), Alber Jhouney 2 (1887), l'abbé Boca (1887), George Montière :i (1887) se révèlent comme les représentants de cette école hermétique. La Rose-Croix Iiabbalistique est rénovée par de Geaita.

Initié par le Martinisme et disciple direct de Louis Lucas, nous commençons à cette époque (1887) à nous occuper ac tivement de l’Occultisme. Peu après nous sommes amené à faire la connaissance du plus instruit et du plus modeste des occultistes français, F. Ch. Bhrlet.

Retiré en province, consacrant tout son temps à l’étude, Rarlet est le plus savant de tous les auteurs contemporains en ces ^questions. Ses connaissances étendues en mathématiques, en physique et en chimie, aidées par une prodigieuse érudition et un travail incessant, lui ont permis d’être l’un des facteurs les plus puissants du mouvement de régénération de l’ésotérisme.

C’est à cette époque (1885) qu’une société représentant, disait-elle, l’ésotérisme bouddhique faisait son apparition en France.

Combattant toutes les écoles et jetant la division partout, cette société à laquelle nous avions adhéré tout d’abord a subi échec sur échec en voulant s’imposer malgré tout en France et aujourd’hui son action est entièrement détruite.

La Société Théosophique d’Adyar (Inde) a fondé une

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