‹ Traite methodique et raisonne de la peinture a l'huileChapitre 3 sur 15 · TRÈS-SOLIDES · texte numérisé non relu

TRÈS-SOLIDES

Oxyde de zinc, Blanc d'Espagne, Craie, Chaux vive, Sulfate de baryte, Argent en coquille.

Or en coquille,

Jaune Mérimée,

Ocre jaune,

Jaune de Naples,

Terre d'Italie, ocre de ru.

Jaune minéral.

Jaune de clirôme,

Gliromate de baryte.

Laque minérale.

Outremer Guimet, Bleu d'azur naturel.

Cobalt, Smalt,

Outremer de cobalt,

De fumée de vigne, ^ ' D'ivoire,

De Francfort, D'Allemagne.

Arséniate de cobalt,

Ocre rouge.

Laque de Garance,

Carmin de coctienille.

Laque carminée.

Rouge de Prusse,

Rouge d'Angleterre , colcothar,

brun rouge.

Rose de cobalt.

Bol d'Arménie.

Vert de cbrôme.

Vert de Rinmann,

Vert de montagne naturel.

Vert Milory,

Terre de Vérone,

Terre de Sienne calcinée.

Brun de manganèse,

Brun Vandick,

Bitume de Judée, momie.

Terre d'ombre, terre de Cassel.

Couleurs qui changent.

Parmi les couleurs pernicieuses, à rejeter de la peinture à l'huile, ôû doit citer le vert de-gris, qui noircit au contact de l'huile. C'est un

oxyde de cuivre ou acétate de cuivre, sorte de sel qui a détruit beancoup de ial)leaux de Léonard de Vinci, qui malgré ses profondes connaissances scientifiques, en ignorait les eiïets. Il employait également le noir d'imprimeur. Néanmoins, les Vénitiens ont employé le veride-gris pai glacis pour les draperies et des verdures qui ont peu changé. Mais ils employaient de préférence la malachite, devenue très-dispen« dieuse et rare aujourd'hui.

Le jaune intense, qui est le produit de l'oxyde de chrome et qu'on emploie souvent, ne supporte ni le contact des autres couleurs, ni celui de Thuile; combiné avec l'alcali, du bleu de Prusse broyé à l'huile, il rougit, devient noirâtre, et ne saurait donner des verts durables. Seul il ie conserve mieux.

Le carmin Je cochenille, couleur du règne animal, le vermillon, la terre d'ombre sont dans le môme cas.

Le massicot jaune, la gomme-gutte, l'indigo et presque toutes les couleurs qui sont exemptes de décomposition et d'évanouissement à la lumière, comme le seraient les stils de grain, les mauvaises laques et toutes les couleurs végétales, ne sont solides et inaltérables qu'employées à la cire, et, en général, dans les glutens sans huiles,

Conlenrs très-pcn solides.

Cinabre, laque de Fernambouc, rouge de Carlbame, ocre verte, vert de vessie, vert anglais, cendre verte, vert de Schèle, vert de Brème, pourpre de Cassius, violet végétal.

Le mode de préparation, de broyage, de mélange avec les huiles, etc., influe énormément sur le degré de fixité des couleurs. En général, la couleur sera d'autant plus durable, qu'elle aura été obtenue à une haute température, et qu'elle aura résisté plus longtemps à l'action do la chaleur.

Les couleurs doivent être, autant que possible, conservées dans un endroit sec. Pour sécher les couleurs en poudre qui auraient absorbé de l'humidité, il faut la chaleur graduée de l'étuvc.

Les rayons solaires concourent à la destruction du plus grand nombre des couleurs, puis les émanations gazeuses existant dans l'atmosphère.

Les bons vernis sont les meilleurs préservatifs contre l'action délôlère et décolorante de la lumière.

Les composés de plomb noircissent tous au contact des émanations méphitiques produites par le sulfure noir de plomb, et certaines peintures blanches où l'on a employé des siccatifs à base de sels sulubles de zinc et de mangauùjc jaunissent avec le temps.

CHAriTRE m Prépaa-ation des coulcnrs.

Beaucoup d'artistes du premier mérite ont des habitudes systématiques relatives à l'emploi de telle ou telle couleur de préférence à telle ou telle autre; c'est une des choses qu'il faut éviter, car le bon sens nous dit que tout système doit être proscrit dans un art qui se propose souvent l'exacte reproduction de la nature^ et le but des recherches de l'artiste devant être de trouver les tons nécessaires pour en arriver là, il ne doit rien proscrire de la palette, excepté les couleurs qui noircissent avec le temps, celles qui peu à peu rongent ce qui les environne, et enfin, celles qui empêchent les mélanges dans lesquels elles entrent, de sécher aussi promptement qu'on pourrait le désirer.

Les couleurs se vendent en petites vessies et en tubes. On en trouve de toutes préparées dans beaucoup d'endroits; mais une fois hors Paris, ou travaillant loin d'une ville, la provision qu'on a faite peut s'épuiser, et l'on a besoin, en ce cas, de pouvoir remplacer ce qui fait défaut : c'est pourquoi nous croyons devoir indiquer le moyen de s'en procurer sur-le-champ.

Pour cela, on doit emporter dans ses excursions des couleurs en poudre; plus une glace dépolie dont l'emploi est spécial, avec une molette (les deux outils nécessaires pour broyer) et deux couteaux souples : l'un en fer, l'autre en corne.

Le broyage s'opère en mettant sur la glace une certaine quantité de couleur, qu'on arrose avec de l'huile blanche d'œillelte, et qu'on écrase à l'aide de la molette en tournant et appuyant à la fois; pour s'assurer que l'opération est bien faite, on prend un peu de couleur entre deux doigts, et si on n'y sent plus de grain, c'est qu'elle est broyée sufîisamment.

Afin de ramener la couleur mise en cet état sur le centre de la glace oii s'est faite l'opération, on se sert de l'un des deux couteaux destinés à cet usage; l'un, en fer, ne saurait s'employer ni se mettre en contact avec les couleurs qui peuvent s'oxyder; pour celles-là, on se sert d'un couteau de corne. Les couleurs qui craignent l'approche du fer sont : le blanc, les ocres, le jaune deNaples et le jaune de chrome; on peut, si on ne veut pas se donner la peine de mettre les couleurs en vessies, les placer dans de petits pots de porcelaine ou de faïence bien couverts.

Des huile».

On se sert, pour peindre, de deux espèces différentes: l'huile de In, ou l'huile d'œilletle, olivette ou de pavot, plusb'anche que l'hu'le

de lin, que bien des artistes remplacent par l'Iniile grasse, qui est préfrrabte pour les couleurs qui se sèchent difïlcilement, telles que les laques, les bruns, les noirs; mais, aujourd'hui, on pré.ere le siccatif de Harlem, qui est clair et ne communique aucune nuance aux couleurs.

Le moyen d'avoir une huile siccative incffcnsivc (c'cst-à-dîrc qui ne jaunisse pas et n'altère pas les couleurs), c'est de faire concentrer celle de noix en la faisant bouillir une heure au bain-marie.

Les huiles essentielles sont : lo l'essence de térébenthine, produit de la distillation de la térébcnlhine liquide, provenant de certains arbres résineux.

2» L'huile d'aspic, extraite d'une grande lavande, commune en Languedoc. Roaumur s'en est servi pour dissoudre le copal.

3» L'huile de romarin ; 4° l'huile essentielle de lavande.

Les couleurs liqucfiées par les huiles volatiles sèchent plus promptement que les couleurs liquéfiées par les huiles lixes.

Une des qualités qu'on doit rei hcrcher dans les huiles, c'est la blancheur ou iransparencc. Les huiles giaises sont habiluellcnicnl foncées; elles font craqueler la peinture si on en abuse.

Ed général, toutes les huiles sont susceptibles de devenir siccatives» en étant chauffées avec la litharge ou oxyde de plomb.

Soins ponr le (rnTnIl et In conservation de» pinceaux.

Les instruments de travail du peintre, comme ceux du dessinateur, exigent et méritent tous les égards et tous les soins possibles.

La poussière est ennemio jurée de la peinture. On raconte que le célèbre Gérard Dow, immortel auteur de la Femme hyJropique, no laissait pénétrer personne dans son atelier ; on prétond mémo qu'il y descendait par une trappe ménagée au plafond, ponr éviter les tournoiements poudreux qu'aurait pu soulever une porte sur le parquet, et que, une fois entré, il restait assis immobile un quart d heuro devant son travail, dans la crainte d'agiter, parle mouvement de son corps, des poussières qui auraient pu faire des grains et souiller la surface de la toile.

Le coke et le charbon de terre qu'on brfll'^ dans les ateliers salissent beaucoup la peinture. 11 est trcs-ulile de tenir le tableau qu'on fait dans une position au moins verticale, afin d'cmpôchcr les corpuscules aériens dont l'air est rempli de s'y attacher. Évitez do retourner vo tre toile centre le mur en la privant d'air, les huiles ne peuvent s'évnporor convenablement. L'essence gâte les brosses et les pinceaux.

Les pinceaux laissés à la poussière, si vous ne peignez pas tous les jours, se rongent par la pointe. Il est utile de les tenir enfermés dans quelque boîte ou tiroir qui contienne du tabac ou qui soit imprégné de son odeur, qui tue les mites invisibles, ennemis des poils. On peut aussi les imbiber d'huile d'olives avant de s'en servir.

J'ai vu à Florence, chez plusieurs peintres de mes amis, des boîtes ou châssis destinés aux tableaux en voie d'exécution, formant un rebord (tout autour de la toile), sur lequel, au moyen d'une tringle, on faisait glisser un rideau pour préserver le travail des inconvénients de la poussière.

Je liens du célèbre Robert Fleury un procédé qu'il est fort utile de connaître en voyage, pour emporter des esquisses faites à la hâte et qu'on n'a pu laisser sécher à loisir; il consiste à les couvrir de plusieurs feuilles de papier Joseph, en évitant de les rouler. On les met en portefeuille les unes sur les autres, sans les frotter.

A l'arrivée chez soi, on les laisse bien sécher au soleil, et ou enlève ensuite le papier Joseph avec un peu d'eau, il s'en va sous le doigt, et l'on n'a que fort peu de retouches à faire.

Qualités de la palette*

La palette doit être légère au bras; il y en a d'ovales, de carrées; celles des Chinois sont en demi-cercle, le diamètre posant sur le bras, avec un trou pour le pouce ménagé d'un côté vers un des angles formés par le diamètre et la circonférence. Cette disposition est fort bien raisonnée, et donne une grande facilité pour la Juxtaposition des couleurs, qui se rangent très-commodément le long de la demi-circonférence. La palette la plus usitée est ovale et doit être plus épaisse vers l'ouverture qui sert à passer le pouce ; quand elle est bien poncée et polie au tripoli fin, on l'imbibe d'huile de lin non cuite, cette huile devenant plus dure; on suspend ensuite la palette pour sécher à l'air, mais non au soleil. Cette opération est lente, et on ne doit la cesser que lorsque le bois n'absorbe plus l'huile. Montabert conseille, au lieu d'huile seule, le copal dissous dans l'essence d'aspic et introduit dans le bois au moyen du feu. Ce procédé est expéditif.

Une palette dont le bois est d'une nuance sombre oblige, par l'effet du contraste, à monter de ton les mélanges, au fond sombre faisant paraître plus claires toutes les teintes qu'on y superpose.

foius de la palette.

11 est utile de tenir la palette propre et de la nettoyer chaque jour. Certains peintres se bornent à décharger les couleurs qui se trouvent

nngées habituoUemenl vers le bord supérieur, sur le bas de la parlio inférieure, et de les reporter, le lendemain, à la partie supérieure, où elles doivent se trouver; on y ajoute en même temps un peu d'huile (i'œiUclte pour les rafralcliir.

D'autres nettoient entièrement la palette aprî'S en avoir transporté les couleurs dans une assiette, qu'on remplit d'eau pour les maintenir humides, ou sur dos Landes de verre ou de glace qu'on met tremper dans l'eau et toujours loin de la poussière.

On frotte le bois pour lu décrasser avec un peu d'huile et de la prêle, et si la couleur est trop incrustée dans le bois, on peut ajouter de la térébenthine ou du savon noir.

De rciii->loi fies coiileiirs eu gcuérni; «le Icnrs avaufascs et de Icnrs iucouTéuicuts.

Le BLANC d'argknt est le plus parfait de tous les blancs. On s'en sert pour peindre les chairs, les linges, les ciels et tout ce qui exige la pureté, la fraîcheur. Son nom lui vient de son éclat brillant; il ne conliciil pas d'argent. C'est le même que le céruse, le blanc en écaille, le blanc de Krems (petite ville d'Allemagne). La manière dont on le broie influe beaucoup sur sa beauté. VValin conseille de le broyer à quatre reprises diû'érentos, et le plus promptcment possible, avec l'eau claire, et de le laisser bien sécher en pastilles à chaque fois avant de le mélanger avec l'huile.

Compositiou de la palette.

Blanc d'argent, Blanc de plomb.

Jaune de Naples, Jaune brillant.

Ocre jaune.

Ocre de ru (1), Jaune indien, Clirômo clair, Ghrômu l'unco, Ocre rouge, Brun rouge, Cinabre,

Vermillon de Chine, Laque de garance rose,

Laque de garance foncée,

Carmin brûlé,

Rouge d'Angleterre,

Bleu de cobalt,

Bleu d'outremer.

Bleu de Prusse,

Terre de Sienne naturelle,

Terre de Sienne brûlée.

Brun de Prusse,

Terre de Cologne,

Brun composé.

Noir de ptklie.

Noir d'ivoire,

Vert Vérouèse.

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