DU TRADUCTEUR
Si les traités particuliers ont un avantage réel sur les traités généraux, c’est, sans contredit, dans les sciences médicales. Ceux-ci n’expriment que des idéesmères, des rapports primordiaux, et des inductions tellement absolues, qu’il ne serait pas toujours prudent, quelque rigoureuses qu’elles fussent, d’en faire l’application à la pratique ; ils ne peuvent admettre que rarement les cas anomaux, eux -memes susceptibles de nouvelles anomalies; iis ne doivent pas s’étendre à des particularités, à des modifications d’idées, peut-être de principes; car, s’ils s’y prêtaient, ils sortiraient nécessairement de leurs limites naturelles, et conséquemment confondraient les vues générales avec les vues spéciales. Ceux-là, au contraire, sous l’influence
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des généralités , s’il en existe de positives, considèrent le sujet dont il peut être question, comme isolé, comme pouvant être modifié par tout ce qui peut avoir sur lui une action directe ou indirecte. C’est ici où l’on prévoit tout , où l’on dispose les moyens de parer à tout; c’est ici où l’on lient compte de la moindre circonstance; c’est ici le cas des observations pratiques , des expériences possibles et des exceptions; c’est celui d’invoquer les analogies, et quelquefois l’empirisme raisonné, mais avec cette sobriété qui doit nous tenir en garde contre une ressource dont le succès est presque toujours un bonheur. Dans un ouvrage général de médecine, on aperçoit, du moins on croit, apercevoir l’étendue et les limites de la science, parce qu’on y compte facilement les maladies, leur siège, leurs causes, leurs symptômes, leurs terminaisons et les moyens de les combattre; on étudie, on possède les principes, et l’on se juge en état d’en faire l’application : dans une monogra-
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pln’e, au lieu de mesurer de l’oeil cette étendue, on va sur les lieux, on examine les localités , on passe d’un endroit dâns un autre , et l’on n’arrive presque jamais. On a bien reconnu la maladie, on en a suivi les symptômes les plus saillans, les symptômes caractéristiques indiqués dans le manuel théorique; telle cause combinée avec telle autre a pu produire ces phénomènes , mais cependant tout n’est pas visiblement conforme aux préceptes exposés dans les généralités ; c’e.st qu’on n’avait pu y détailler les modifications , les complications des symptômes et des causes; c’est qu'on n’avait du y dessiner la maladie qu’au trait. Car, il n’appartient qu’au traité spécial de la représenter dans toutes ses nuances, toutes ses allures, toutes ses obliquités . et dans toutes les circonstances qui la font naître et exister, qui la changent ou la dénaturent, et qui la mènent a sa lin, quelle qu’elle puisse être : en un mot , ce n’est que là que l’on peut trouver la médecine pratique.
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