VINGT -SEPTIÈME OBSERVATION
Un gentleman , âgé de 65 ans , ressentit , le 1 6 octobre 1 787, une difficulté d’uriner. Il ren-l 1
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dit une urine teinte de sang en petite quantité à Ja fois, et jamais sans beaucoup d’efforts ni de douleurs. Ces symptômes s’aggravèrent journellement.
Le 26 octobre, on introduisit un cathéter, on fit couler quelques onces d’urine teinte de sang, et on n’oblint qu’un soulagement passager. On répéta le jour même celte opération , et deux fois le lendemain ; on prescrivit en même temps dix gouttes d’huile de térébenthine , à prendre chaque six heures.
Le 28 octobre, les envies d’uriner étaient plus fréquentes , et l’on jugea à propos d’introduire Ja sonde trois fois par jour. L’urine était toujours colorée.
Le ier novembre, l’urine du matin n’élait plus colorée, mais le soir elle l’était beaucoup, et contenait un grumeau.
Le 2 novembre, l’urine était encore plus sanguinolente, et l’envie de la rendre se fit sentir plus fréquemment. On jugea nécessaire
j e passer Ulle soncle de gomme élastique dans a vessie, où elle fut maintenue, afin que l’u-
rine Pût couJer au fur et à mesure qu’il en serait besoin.
Le 5 novembre, l’urine était encore ronge,
le.n 1ue 'a son(le fût séjourné dans la vese . ‘1 y eut des contractions fréquentes et s pas-
modiques, avecdes douleurs déchirantes. Une dragrned’huile d’olive fui injectée par la sonde dans la vessie,* elle procura du soulagement, car les spasmes ne se renouvelèrenl pas d’une I heure. L’huile fut projetée mêlée de sang coa- f gulé. A une heure après midi, on injecta deux 1 1 onces de la même huile, qui fut gardée dans ; la vessie deux heures et demie, et puis elle!; fut rendue avec l’urine. teinte légèrement d’un sang qui paraissait avoir séjourné dans la ves- i sie. A huit heures du soir , il s’échappa , sur le t colé de la sonde, un peu d’urine. Lescon-i.; tractions de la vessie étaient fréquentes el dou- I loureuses. L’instrument fut retiré. Le malade; lj resta calme pendant quatre heures, sans faire de l’eau. Au bout de ce temps, le cathéter j fut replacé, la vessie fut vidée , et deux onces i d’huile furent injectées. Pendant la nuit , les spasmes furent très-fréquens; il s’écoula quel- ta que peu d’urine , et par l’instrument, et par les côtés.
Le 4 novembre au matin, on injecta deux on-l : ces d’huile. Uneheure après, on relira la sonde] i et l’huile fut rendue avec un peu de liquide urinaire. Le malade n’urina point, il ne ressenti i tit pointde douleur jusqu’à deux heures, mol ment où on introduisit le cathéter ; l’on ht cou ! 1er quatre onces d’urine. L’état de vacuité de i
Ja vessie produisit un spasme violent. Trois onces d’huile furent injectées, et le spasme diminua. Le cathéter fut retiré, et quatre heures après il rendit l’huile, sans qu’il eût besoin du cathéter; à six ou sept reprises différentes, le patient expulsa naturellement quelque peu d’urine, d’abord avec un peu ou point de douleur, mais ensuite chaque fois il ressentit une douleur toujours croissante. A dix heures du soir on introduisit le cathéter , et 1 on tira trois onces d’urine. Trois onces d’huile d’olive furent injectées, et la sonde fut retirée. Pendant la nuit, il rendit , en s’aidant de quelques efforts, trois onces d’urine, sans beaucoup de douleur et sans spasme.
Le 5 novembre, à huit heures dp malin, le cathéter fut introduit, et l’on retira sept onces d’urine, avec deux d’huile. L’état de vacuité de la vessie, produisit un spasme violent qui fut dissipé par l’injection de trois onces cî’h uile. L’instrument futretiré, et environ deux heures après, il sortit, à plusieurs reprises différentes quelque peu d’huile, et plusieurs onces d’urine. A quatre heures du soir, le cathéter fut introduit, et l’on fit couler dix onces d’urine, avec un peu d’huile. La vessie était sans spasme. On injecta deux onces d’huile.
Le 6 novembre, il n’y eut point de chan-
gement dans les symptômes. L’urine fut rendue, et l’on fit trois injections d’huile.
Le 7 novembre , la vessie fut beaucoup plus affectée de spasme, et il y eut quelque difficulté i à introduire la sonde ; on 11e fit aucun change- | ment au traitement.
Le 8 novembre, il commença à prendre cinq grains d’extrait de ciguë, trois fois par jour, ; et deux onces d’huile furent injectées comme ij précédemment. Le matin , il y eut dans la , vessie plus de chaleur et d’irritation que de coutume ; mais , dans la soirée , ces symptômes furent diminués. Il rendit, par les effolts na-i turels, une très-grande quantité d’urine.
Le 9 novembre, le matin, en introduisant ; le cathéter, on trouva seulement deux onces d’urine et un peu d’huile. Le cathéter ne fut introduit de nouveau que le soir ; alors , 1 on trouva deux fois plus d’urine qu’à l’ordi- 1 dinaire, et dans la région de la vessie, il y : avait de la sensibilité et de la chaleur. Il prit trente grains d’extrait de ciguë pendant la : journée.
Le jo novembre, il prit quarante - cinqj grains d’extrait de ciguë dans la journéei On administra un lavement opiacé, qui fut rendu. Mais un second lavement, avec soixante ; gouttes de laudanum que le malade garda : 1
calma beaucoup la vessie; mais la tête en fut tellement affectée, qu’il y eut céphalalgie et un peu de délire. On injecta trois onces d’huile.
Le 1 1 novembre, il passa une meilleure nuit, et fit peu d’efforts pour uriner. Le matin, on trouva seulement deux onces d’urine dans la vessie, au moment où l’on introduisit la sonde. Il prit un gros d’extrait de ciguë pendant la journée , depuis quatre heures du soir jusqu’à onze de la nuit ; il essaya dix-neuf fois de rendre ses urines.
Le la novembre, il prit un gros d’extrait de ciguë, dans la journée. Le malin on injecta dans la vessie une once d’huile camphrée , avec une once et demie d’huile simple , et l’injection lut répétée à quatre heures du soir. Tous les symptômes s’aggravèrent, et lorsqu on introduisit le cathéter, on trouva une plus grande quantité d’urine qu’à l’ordinaire. Lësoir, on injecta l’huile simplement.
Le i3 novembre, il continua l’usage de la ciguë . le soir et le matin on injecta la quantité ordinaire d’huile , avec addition de vingtcinq gouttes de laudanum, mais il parut aller plus mal, pour avoir fait des efforts violens afin d’évacuer ses urines , qu’il rendit en Ipetite quantité. Le soir, quand le cathéter fut introduit, on retira un peu d’urine, colorée
par le laudanum. Immédiatement , on fit l’injection ordinaire de l’huile, et une once et demie d’urine fut évacuée.
Le 14 novembre, on abandonna l’usage de la ciguë. L’urine fut mêlée de sang. Le matin et le soir on injecta l’huile simplement, et dans , la soirée, on injecta parties égales d’huile d’o- ; live et d’huile de lin.
Les i5 et 26 novembre les spasmes auraient 1 été très - violens, si l’urine n’eùl pas été évacuée aussitôt que le besoin s’en fit sentir. Le même traitement fut poursuivi.
Le 17 novembre, on mit de côté l’huile de graine de lin, et l’on se servit seulement de l’huile d’olive. O11 appliqua un petit vésica- 1 toire sur l’os sacrum.
Le 18 novembre, le même traitement fut! continué , il fut augmenté d’une mixture I d’huile, de mucilage et de gomme arabique, et: d’une pilule de cinq grains de la poudre de : James, qu’il dut prendre trois fois par jour.! ;
Le 39 novembre, on mit de côté la poudrai) de James, parce qu’elle eut un eflet trop pun gatif. Le malade ayant été tourmenté par l<i ; vésicatoire, on le laissa sécher.
Le 20 novembre , on continua l’injection d<i l’huile ; il prit la mixture de mucilage e 1 d’huile comme auparavant. Il n’alla pas rnieuxi 1
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Le 21 novembre, on mit de côté la mixture; on continua l’usage de l’huile injectée.
Le 22 novembre, on suspendit les injections d’huile. Le matin, on leur substitua les injections d’eau tiède, et l’on n’en obtint aucun bon effet. Dans l’après-midi , on injecta trois onces d’eau tiède, avec un gros de teinture d’opium. Il parut un peu mieux. Le soir on injecta trois onces d’eau avec deux gros de teinture d’opium : il garda celle injection une heure. Il dormit mieux, et la nuit fut plus calme qu’à l’ordinaire.
Le 2°> novembre, on continua l’injection d’eau tiède avec la teinture d’opium. Celle-ci fut a ugmentée Je matin de trois gros, l’aprèsmidi de six, et le soir d’une once. La nuit fut beaucoup meilleure.
Le 24 novembre, on continua la même injection; elle fut suivie d’une très-forte douleur, ce qui fit mettre de côté la teinture.
Le 25 novembre, on administra le matin un lavement qui parut produire quelque bien. On injecta vingt-quatre grains d’extrait d’opium dissous dans deux onces d’eau tiède.
Le 26 novembre, même injection que la ■veille. Il n’y eut point d’irritation pendant une heure et un quart; le besoin d’uriner se fit sentir, et il s’échappa quelques gouttes d’eau.
ï4o TRAITEMENT DES MALADIES
On introduisit la sonde dans la vessie, d’où il sortit quatre onces de fluide.
Dans le cours de la journée, on répéta l injection , d’abord en même quantité, ensuite la 1 dose fut doublée; mais on n’en obtint pas un i soulagement plus long qu’auparavant. Le soir, i depuis sept heures jusqu’à onze, le besoin cl’u- i riner se fit sentir plus souvent que par toute i le nuit précédente.
Le 27 novembre, le malade passa une meil- 1 ; leure nuit. O11 continua le même traitement. 1 !
Le 28 novembre , il n’y eut de changemens, 1 ni dans les symptômes, ni dans le traitement. 1
Le 29 novembre, même traitement, avec j cette différence, qu’il prit deux bains tièdes ; qui donnèrent chacun une heure de soulage- 1 ment.
Le 5o novembre, le même traitement quei: le jour précédent. Il rendit moins d’urine ; 1 elle déposa un peu de sédiment.
Le Ier décembre, point de changement.
Le 2 décembre, même traitement. Il passa l une mauvaise nuit , mais l’état spasmodique * fut moins fort pendant le jour.
Le 5 décembre, la quantité de mucus aug- : menta ; il s’en forma environ une once en douze heures; il était clair et visqueux; il fut évacué avec difficulté, et avec des spasmesi 1
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vioiens. On continua le même traitement.
Le 4 décembre, le matin, ayant introduit le cathéter, il coula deux onces d’urine. De l’eau tiède fut injectée dans la vessie, dans la vue de la nettoyer et de la retirer de suite, afin de la laisser vide. Après cela on suspendit l’usage du cathéter et des injections. Il prit deux bains tièdes, et. il se trouva aussi bien qu’à l’ordinaire.
Le 5 décembre, l’urine coula en petite quantité, et teinte de sang, d’ailleurs, point de changement.
Le G décembre, il était dans le même état; seulement on remarqua un peu moins de mucus.
Le 7 décembre , il commença à prendre trois grains de sulfate de fer, dans le mucilage de gomme arabique, et il continua le bain tiède.
Les 8,9, io décembre, point de changement.
Le ii décembre, on introduisit dans l’urètre une bougie dans la longueur de quatre I pouces, enduited’une égalequantilé de baume de copahu et d’huile d’olive, dans le but de provoquer une évacuation de matière de l’urètre. On continua l’usage du sulfate de fer,
es bains tièdes. Les trois jours suivans on ^ 1 *e niême traitement.
Le i5 décembre , Ja bougie fut enduite i de baume de copaliu pur; il occasionna quelque douleur, mais ne procura pas d’évaeua- i tion de l'urètre.
Le 16 décembre, l’irritation fut portée si ! loin qu’il fallut suspendre l’usage de la bougie, j i Elle ne produisit ni évacuation ni bien.
Le 1 7 décembre, il commença à prendre pour ; i la seconde fois l’extrait de ciguë.
Le2odécembre, la ciguë fut portée à soixante i pilules de cinq grains chaque, dans le courant ; du jour, sans qu’elle produisît aucun effet dé- , sagréable. Les spasmes furent plus fréquens. •
Le 21 décembre , on continua la ciguë; on passa une bougie enduite de saindoux et de ; précipité rouge.
Le 22 décembre, même traitement. La bou-i h gie produisit de l’irritation , mais point d’éva-j,|à| cuation ; ce qui détermina à la mettre de côlé.l r. Dans la soirée il eut un frisson qui dura une i heure, et le laissa dans un état supportable. J
Le 23 décembre , il prit de petites doses de i poudre de Dover, et un bain tiède le soir.
Le 24 décembre, une bougie fut introduite ointe d’onguent basilicum , qui excita de l’inflammation et point d’évacuation ; on s’en tint là.
Le 25 décembre , point de changement.
Le a(3 décembre, il commença à prendre trois pintes d’uva-ursi dans le courant du jour.
Le 9.7 décembre, il ressentit une douleur rongeante qui s’étendait tout le long de l’urètre, et qu’il rapportait principalement aux parties voisines du gland. Une bougie fut introduite ointe d’extrait d’opium, mais il n’en résulta aucun bien.
Le 28 décembre, on fit la décoction d’uvaursi plus forte. L’urine qui fut rendue était d’abord d’une couleur naturelle , mais, gardée quelque temps, elle prenait la couleur de ladécoction. L’urine était sécrétée en plus grande quantité et contenait moins de mucus. On introduisit la bougie comme le jour précédent.
Les 29 et 80 décembre, point de changement ni dans les symptômes ni dans le traitement.
Le 3i décembre, la bougie fut mise de côté. On fît continuer la décoction et prendre un bain le soir.
Le 2 janvier 1811, même traitement; on •essaya les effets de l’électricité; des étincelles furent tirées sur la région de la vessie et le péifl'iné.
Le 8 janvier, la décoction occasionna des nausées. Les spasmes furent plus fréquens, plus douloureux, et !a difficulté d’uriner pins intense. On mit de côté la décoction et l’élec-
tricité. Sur le soir, l’irritation de la vessie fut si forte qu’il fallut introduire la sonde; il sortit quatre onces de liquide; il eut quelque soulagement. L’instrument ne pouvant passer librement, on dut croire à une nouvelle inflammation de la prostate. On appliqua un petit vésicatoire au périné. Dans la nuit, il prit six grains d’opium , mais il n’en souflrit pas moins, et eut de fréquentes envies d’uriner.
Le 9 janvier, le vésicatoire fut levé, mais il ne produisit pas un bien sensible. On sonda le malade à deux heures du matin , et dans l’aprèsmidi, on lui continua l’opium.
Le io janvier, il prit un julep avec du musc.
La première dose produisit un effet purgatif qui dura tout le jour.
Le 12 janvier, on mit le musc de côté, et I l’on se remit à l’usage de l’opium , dont il prit seize grains dans le courant du jour. Ce fut i alors que le malade changea rapidement ; il devint très-faible; ses facultés intellectuelles i s’affaiblirent et n’eurent plus de règle.
Le i'4 janvier, il ne put rien garder dans i l’estomac, à l’exception de l’opium. L’aflai- Il blissement augmenta tellement qu’il mourut le 23 janvier. Il ne fut point permis d’ouvrir le corps.