‹ Traité ou observations pratiques et pathologiques sur le traitement des maladies de la glande prostateChapitre 24 sur 58 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

De V engorgement de l’un des lobes latéraux de la glande -prostate , produisant des sensations douloureuses dans le rectum .

On a déjà établi que les différentes portions de la glande prostate peuvent s’engorger indépendamment des autres; et l’on a vu le lobe latéral gauche se porter dans la cavité de la vessie, lorsque le latéral droit n’était nullement affecté : c’est ce qui est arrivé dans trois des observations précédentes. Dans aucune d’elles pas un symptôme n’indiquait qu’il y eût une dépression considérable sur le rectum, car l’engorgement avait eu lieu principalement dans une seule direction.

Il sera question dans ce chapitre del’engorgementd’un deslobes latéraux, mais dans une direction telle qu’il presse le rectum par derrière ■sans affecter l’orifice de la vessie , et sans s’accompagner de la tuméfaction du lobe moyen. Si 1 on veut s’assurer de cette affection sur le vivant, le doigt introduit dans l’anus, on sentiia distinctement une saillie ayant pour limite

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un des côtés de la glande, tandis que le cote-

opposé sera lisse et uni.

Cette maladie se présente rarement; elle s’est offerte seulement deux fois à mon observation. Le lobe projeté dans le rectum qui se trouve avec lui en contact intime, donne à celle maladie une ressemblance quiapprochede l’engorgement du moyen lobe, lorsque celui-ci est porté dans la cavité vésicale; et comme, dans ces deux maladies, les symptômes tiennent à des effets qui entravent et coïncident avec les fonctions des cavités où le gonflement va se placer, les deux affections s’éclairent mutuellement.

Lorsqu’il n’y a pas de désordre dans les parties , aucun symptôme n’a lieu ; mais si l’on vient à pousser une selle, il en résulte un sentiment de malaise, causé par la pression exercée sur la membrane qui tapisse l’intestin, et senti entre le lobe engorgé et les matières contenues dans le rectum- Le meme effet est pioduit par la marche , par le mouvement ou par tout autre exercice corporel ; ce résultat de la fatigue ne se manifeste pas immédiatement, mais il survient plusieurs heures après; souvent on ne le ressent que dans la nuit suivante. Que les symptômes proviennent de la compression exercée sur cette partie, c est ce que

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prouve évidemment une douleur semblable causée par la pression du doigt sur l’endroit, siège du mal; et même encore on la rapporte à l’intestin et non à la glande. Sous tous les rapports cette maladie correspond à celle qui constitue l’engorgement du lobe moyen ; mais il ne faut pas croire que dans chaque cas les symptômes soient beaucoup aggravés par une augmentation de sensibilité de la glande.

Les sym ptômes sont, une grande difficul té d’aller à la selle, et un ténesme accompagné d’une douleur violen te, q ui augmente dans la violence des efforts que fait le malade pour débarrasser l’intestin. Bien que ces efforts ne durent pas long-temps, il reste pendant quelques heures une sensation incommode dans les parties. Ces symptômes ressemblent assez à ceux de la vessie qu’occasionne l’engorgement du moyen lobe, dans l’émission des urines, et après les efforts qu on a faits pour en évacuer une petite quantité. Dans pareille circonstance , ils portèrent un chirurgien à croire qu’il devait y avoir un rétrécissement du rectum; en conséquence il recommanda l’usage des grosses bougies. La facilité qu’il trouva à les introduire, ne put pas faire revenir le praticien de son erreur; mais la douleur qu’elles occasionnèrent , ren-

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dirent leur usage impossible; le malade ne put les supporter.

Dans cette maladie , comme dans l’autre, la principale indication est de délivrer, par tous les moyens possibles , les parties de la pression exercée sur elles , et sans aucun doute la continuation d’un pareil traitement doit dissiper la maladie; non-seulement les symptômes disparaîtront, mais encore l’engorgement qui fait saillie dans le rectum, se résoudra.

L’existence de ce fait, dans la maladie ac- Luelle , lorsque les parties se trouvent dans le cas de pouvoir être examinées , fortifie tout ce qui a été avancé en faveur de la diminution graduelle du moyen lobe : car nous n’avons d’autre manière de juger de ses progrès que par la dissipation des symptômes.

Dans cette affection, on peut faire des applications qui agissent plus directement sur les parties malades. Cet avantage n’est pas toujours aussi grand.

Les applications qui m’ont paru les plus avantageuses, sont des suppositoires d extrait de ciguë , seul ou combiné , avec 1 extrait d opium. Des lavemens d’eau tiède seront utiles, et comme moyen de baigner l’intestin , et comme moyen de procurer des évacuations

DE LA GLANDE PROSTATE. | /jq

régulières, sans porter le désordre dans la partie malade.

L’usage des bains de siège, avec l’eau salée une fois toutes les vingt-quatre heures, à la température de 9a0, ou un, ou deux degrés plus élevés , n’ont pas été sans succès , comme le prouve le fait suivant.

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