‹ Traité ou observations pratiques et pathologiques sur le traitement des maladies de la glande prostateChapitre 30 sur 58 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

De V ulcération de la glande prostate.

;Lorsqu’il se fait une blessure clans le corps de la prostate, près du vérurnontanum , en général , elle ne guérit pas facilement, et se transforme en ulcère. La lenteur de la fine-

rison provient très - probablement de ce que l’urine, en abreuvant la blessure, y entretient l’irritation; et lorsqu’une fois une partie de la substance glandulaire a été détruite, l’ulcération se porte facilement dans le corps de la glande.

Dans d’autres circonstances, les lésions du corps de la glande guérissent aussi bien que celles des parties voisines , quand bien même cet organe serait très-engorgé , ou dans un état maladif; l’opération de la taille en fournit des preuves suffisantes. Les blessures, sur la partie antérieure, si elles sont obliques, au point de ne point permettre à l’urine de rester, n’ont pas de mauvaises conséquences.

Les symptômes que produit l’ulcération, sont une augmentation de sécrétion du mucus très-visqueux qui se mêle à la matière pu-

rulente, une fréquente envie d’uriner, et plus ou moins d’élancement douloureux , selon la quantité d’urine con ten ue dans l’ulcère. Toutes les fois que l’irritation est très-intense, la douleur répond au col de la vessie; elle répond aussi au gland , exactement de la même manière que dans les cas où un calcul est placé à l’orifice de la vessie.

La production de cette maladie dépend le plus ordinairement de deux causes très-différentes. L’une consiste en ce que des morceaux de calcul, petits et irréguliers, échappés de la vessie, et engagés précisément derrière le vérumonlanum , blessent, parleur tranchant, la membrane, et creusent peu à peu la substance de la glande en y formant une place où ils se fixent.

L’autre consiste dans l’usage imprudent du cathétérisme, plus spécialement des instruinens métalliques , par les tentatives que l’on fait pour les introduire dans la vessie; lorsqu’il est à propos de les employer, les parties déjà malades se laissent plus facilement pénétrer par la pointe du cathéter, s’il est poussé i avec quelque force. Par la même raison , quand : l’ulcération commence, elle est plus susceptible de se porter à la substance , que si les parties étaient dans un état naturel.

Ces cas-là sont très-rebelles. Le mode de traitement le mieux adapté pour le soulagement du malade , est rarement couronné de succès, ce qui lient à la nature du mal que l’on ne peut comprendre, caron rapporte toujours lessymptômes à la vessie , et non à la prostate. Lorsquele patien t a aussi un engorgement du moyen lobe de cette glande, les symptômes produits par l’ulcère sont attribués à l’engorgement.

Le signe le plus certain que m’ait fait connaître l’expérience , sur l’état maladif de la prostate, est le mucus visqueux qui sort mêlé avec l’urine. Ce mucus, j’en suis convaincu, est produit entièrement par la glande, car toutes les fois qu’il coule abondamment , les fonctions de l’organe sont viciées. Si ce mucus vient à fluer dans tout autre cas, il dépend d’une inflammation, quelle qu’en soit la cause ; mais s’il ne cesse de couler pendant des mois entiers, sans qu’il y ait de l’abattement, quelle que soit la manière de vivre de l’individu , et quel que soit le traitement qu’on ait appliqué, il n’y a point de doute que la maladie sera longue, puisque son siège est dans la glande , soit que l’ulcération soit située sur la surface du moyen lobe, ou sur l’un des lobes latéraux, ou qu’elle soit dans la substance même de la glande.

Dans tous les cas où ce symptôme existe (1 une manière permanente , le traitement doit porter sur les effets de l’ulcération. On les palliera, en empêchant l’urine de passer sur l’ulcère ; c’est ce qu’on fait en maintenant une sonde dans la vessie.

Dans un cas d’engorgement du lobe moyen, il survint une série de nouveaux symptômes, à la suite de la violence qu’on avait exercée pour pénétrer dans la vessie avec un cathéter, et où l’on n’était pas parvenu ; ces symptômes étaient une grande irritation locale, une douleur intense aussitôt après l’écoulement des urines, la sensation d’une chaleur brûlante au gland , et une évacuation abondante de mucus visqueux. On crut d’abord que ces symptômes ne dépendaient que de l’aggravation de la première maladie. Comme il y avait de la difficulté à introduire la sonde, elle fut maintenue dans la vessie, et tous les symptômes disparurent; mais à peine fut-elle retirée, qu’ils se montrèrent de nouveau, et durèrent jusqu’à la mort du malade, âgé alors de quatrevingts ans ; car malheureusement il ne pouvait garder l’instrument que peu de temps dans la vessie. A l’ouverture du corps, oli trouva un ulcère dans la glande, et l’on vit très-distinclemement qu’il avait été produit

par l’instrument qui était arrivé dans la poche vésicale par une fausse route; ce qui explique le mieux qu’éprouvait le malade lorsque la sonde était gardée dans la vessie, car pendant ce temps l’urine n’était point en contact avec l’ulcère.

Dans le cas suivant , où l’ulcère reconnaissait pour cause des morceaux de calcul irréguliers, on empêcha l’urine de couler dans la icavité formée par l’ulcération; les morceaux •de pierre fermaient l’orifice , et le malade ne ^ressentait que peu ou point de douleur après avoir uriné; le symptôme capital était l’écoulement abondant du mucus visqueux, sécrété I par la glande.

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