‹ Traité ou observations pratiques et pathologiques sur le traitement des maladies de la glande prostateChapitre 32 sur 58 · CHANCELIER M L UNIVERSITÉ D’OXFORD · texte numérisé non relu

CHANCELIER M L UNIVERSITÉ D’OXFORD

ÔtC. &C. ÔtC.

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INTRODUCTION

Telle est l’étendue et la variété de presque toutes maladies auxquelles l’homme est sujet ( soit qu’elles n’affectent pas exactement de la même manière, ou au imème degré, l’organe qui en est le siège), qu’il n’est point de médecin-praticien , quelque ancienne et considérable que soit sa pratique, qui puisse avoir eu occasion d’observer une même maladie dans toutes les formes diverses qu’elle peut prendre.

Cette vérité explique seule pourquoi les jeunes praticiens qui ont vu quelques cas soignés avec succès, entrent dans la carrière de la pratique avec assurance ,

: et pleins de confiance dans leurs opinions ; tandis que ceux qui on vieilli dans le champ de l’expérience sont si peu sûrs ide réussir toujours; ils rencontrent si souvent des variétés de maladie qu’ils n’avaient jamais vues, et sont si couvain

INTRODUCTION

eus que le moindre changement morbide peut modifier tellement les symptômes, que malgré toute leur habitude de pratique, ils peuvent à peine reconnaître tous les cas qui diversifient la même maladie ; leur embarras s’accroît encore par les modifications différentes que doit éprouver le traitement. L’expérience alors produit trop fréquemment la timidité, l’irrésolution, et la méfiance sur Pelïicacité de la médecine ; l’esprit se dégoûte, et devient incapable d’appliquer toutes ses facultés à l’étude de la science; le praticien tombe dans un état d’apathie, et croit avoir satisfait au devoir de sa conscience, quand il a employé tous ses soins à pallier les symptômes de la maladie pour laquelle il est consulté.

Cet effet de l’expérience ne cessera que lorsqu’il y aura assez de faits pour expliquer les principaux changemens morbides qui se présentent dans les maladies les plus graves du corps humain ; alors seulement le jeune médecin pourra

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se lancer dans la pratique, parce qu’il aura des notions étendues sur ces affections; et son esprit, plein des connaissances acquises par ceux qui l’auront précédé, le préviendra contre trop d’assurance, dans les premiers pas qu’il fera dans sa carrière, et contre trop d’irrésolution, dans la maturité de son expérience.

Comme l’expérience d’un seul homme ne peut donner que peu de résultats, et que ce peu ne parvient que rarement au public, ce serait un ouvrage d’un bien grand prix s’il était bien fait, que celui qui renfermerait, sous des chefs réguliers, tous les détails anatomiques de la pathologie qui nous ont été transmis par des hommes instruits et célèbres; on le consulterait comme le dictionnaire de l’anatomie pathologique, qui recevant de temps en temps l’étendue, serait tenu à la hauteur des progrès de la science médicale.

Ces observations ne doivent pas être considérées comme hors de place; elles sont préliminaires au second volume

INTRODUCTION

d’un ouvrage sur les altérations pathologiques que subit la portion d’une glande, en elle-même si petite , qu’on était loin de se douter de son existence; elle eût été ignorée plus long -temps, si l’on n’eut point fait attention aux altérations auxquelles elle est sujette.

Je suis parvenu, dans le premier volume , à rassembler et à coordonnerdans un plan régulier, une grande variété de ces altérations morbides, toutes, le fruit de ma propre observation; elles étaient si nombreuses que je m’attendais peu, dans le cours de ma pratique, à en augmenter le nombre: et cependant, dans le court espace de six ans, j’en ai rencontré huit variétés différentes, aussi utiles au praticien qui s’adonne au traitement de cette maladie, que celles que contient le premier volume.

En les publiant, j’ai insisté sur les préceptes que j’en ai déduits, et je suis assuré que le jeune praticien, même sans les observations dont elles sont accompagnées, se sentira plus en état de donner

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des soins aux malades affectés de cette infirmité de la glande prostate, qu’il ne l’aurait été sans cette connaissance.

Comme c’est une maladie qui ne se rencontre que dans la vieillesse, nous devrons, à cause de cette circonstance, la considérer comme guérie , lors même que les symptômes seront dissipés, sans crainte d’un retour prochain; nous avons des occasions plus frequentes de reconnaître l’état dans lequel sont les parties api ès la moi t , que dans toutes les autres maladies qui ont ete traitées avec succès.

Il ne faut pas oublier que c’est une affection qui consiste dans l’engorgement d’une partie naturelle, et quelle n’est pas tout-à-fait le résultat d’une autre maladie, comme le sont toutes les tumeurs; c’est pourquoi dans les premières périodes de son accroissement en grosseur, nous devons nous attendre à pouvoir arrêter plus facilement cet engorgement , et même à pouvoir le réduire plus tôt que nous ne Je ferions dans les

IN TH O D ÜCTION.

tumeurs avec lesquelles il a tant de ressemblance, etqui ne leur appartient par rien. Si le moyen lobe a acquis un gros volume, et que l’engorgement dure depuis long-temps, la réduction est presque impossible.

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