CHAPITRE PREMIER
Des causes de l’engorgement du moyen lobe de la glande prostate .
En traitant ce sujet clans le premier volume, j’ai mentionné plusieurs causes apparentes 5 mais je ne prenais pas garde , alors , que le retour pénible du sang du col de la vessie, provenant d’une position désavantageuse des veines relativement au cœur, devait, dans la vieillesse, avoir une tendance à les dilater sau-delà de leur diamètre ordinaire, et pouvait ainsi produire plus facilement l’accumulation du sang dans ces veines, que dans toute autre partie du corps. Cette circonstance naturelle est favorable à la production de la maladie ; elle augmente beaucoup par la pro-
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menade à cheval ; et j’ai remarqué que parmi les cas que j’ai observés, ceux dans lesquels l’engorgement était le plus développé , se trouvaient chez des individus qui, faisant un grand usage de cet exercice , en revenaient avec grand appétit, et s’abandonnaient aux plaisirs de la table. Je suis maintenant si convaincu du mauvais effet de ces habitudes sur la glande prostate en général, et sur ce lobe en particulier, que je ne doute pas que ce ne soient les causes les plus ordinaires de la maladie, qui, sans elles, n’aurait pas eu lieu dans la plupart des individus. Dans un cas, l’équitation ayant produit la rupture de la veine située près de la surface externe du moyen lobe, il y eut raison de croire que l’engorgement pût être la suite de la rupture de quelques-uns de ses plus petits vaisseaux. Si ce fait est vrai , on sera frappé de la grande analogie qu’il peut y avoir entre cette maladie et l’apoplexie , toutes deux provenant de la rupture des vaisseaux dans les parties intérieures des glandes, et ayant lieu dans l’âge le plus avancé de la vie, époque à laquelle la dilatation des vaisseaux sanguins est plus facile, et dont la rupture peut avoir lieu , si les forces s'y portent avec trop d’énergie.
11 est curieux et digne de remarque, que les
cas clans lesquels le moyen lobe , aussi-bien que les lobes latéraux se sont portés en grande partie dans la vessie, et ont acquis le plus grand accroissement, sont dus à l’abus que les malades ont fait delà promenade à cheval ; et que d’un autre côté , les cas dans lesquels le moyen lobe a (l’engorgement étant assez considérable pour produire la suppression d’urine) demeuré stationnaire, ou presque tel, jusqu’à la mort de l’individu; ces cas, dis-je, ont été compliqués de rétrécissemens du canal de l’urètre, sans jamais avoir été entièrement guéris, mais seulement palliés de temps en temps, par rusage de petites bougies. J’ai eu si souvent occasion d’observer ce fait, que je ne puis nullement douter de cette remarque. Voici comment je l’explique : lorsque dans la première période de l’engorgement du lobe moyen, l’urine s’échappe de la vessie, et qu’elle arrive au rétrécissement , elle trouve là un obstacle, et comme l’urètre est remplie en cette partie , la pression qu’elle exerce sur le côté extérieur du lobe réagit sur l’autre côté, de telle sorte que l’effort de l’expulsion de l’urine n’est point fait où il devrait avoir lieu , mais bien sur le rétrécissement, et que pendant ce temps, une des plus grandes causes de l’engorgement cesse d’agir.
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