partie
HUITIÈME OBSERVATION
Un gentleman, âgé de soixante douze ans , nie consulta pour Un flux fréquent d’urine , qu’on soupçonnait provenir d’un rétrécissement. Le malade avait pr is froid , et son effet s’était porté sur le col de la vessie; je prescrivis un purga— tif composé de séné et de tartre soluble, et des lavemensd ’eau froid e. Ce 1 1 e a liée t ion se d iss i pa , et le malade se porta assez bien pendant deux ans : à cette époque, à cinquante milles de Londres, il fut pris d’unesuppression d’urine, pour laquelle il ne reçut aucun soulagement. Les chirurgiens de l’endroit ne pouvant faire entrer un cathéter dans la vessie, je fus envoyé chercher; je me munis de sondes de gomme élastique, j’en introduisis une des plus fortes, et je fis couler une pinte et demie de liquide: je désirai que le cathéter fut maintenu dans la vessie ; mais vers le mat in , en se remuant dans son sommeil, il survint quelques accidens :
je tachai de le réintroduire, mais ce fut sans succès, les parties étaient dans un violent état de spasme : une sonde d’argent, d’un diamètre encore plus large, fut passée dans la vessie: après l’y avoir laissée quelques minutes, et idèsquele spasme eut cessé , je la retirai, pour lui en substituer une de gomme élastique qui entra du premier coup. Le lendemain, la sonde clans la vessie, il fut transporté à Londres, le 21 novembre. A cette époque les symptômes exigeaient qu’on vidât au moins la vessie une fois toutes les heures; i! y avait douleur dans la région de la vessie; l’urine était chargée de mucus. On ne retira l’instrument qu’après la dissipation des symptômes qui eut lieu en peu de jours. Le 6 décembre, il commença à irriter l’urètre; il fut ôté, mais il ne s’écoula pas une goutte d’urine, quoique le besoin se fit vivement sentir; un autre cathéter fut introduit, et maintenu jusqu’au 20 du même mois ; lorsqu’il fut retiré de nouveau , le malade, six heures après , ne put uriner; il n’en fallut pas davantage pour le replacer, et il resta dans la vessie jusqu’au premier janvier 1 8 r 5 : il fut alors supprimé. Après le déplacement , il n’eut envie d’uriner que dans huit heures; alors il rendit environ une once de liquide par trois efforts : mais en introduisant la sonde, on
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trouva qu’il en était resté une pinte dans la vessie; 1 instrument fut laissé, et retiré Je 7 : la sonde hors de la vessie, à trois reprises différentes, le malade rendit quatre onces d’urine, et il en resta trois dans la vessie : le cathéter fut replacé, et laissé jusqu’au 10; alors 011 jugea inutile 1 emploi du cathétérisme , la vessie pouvant se vider el le-mêine. Ce gentleman resta cinq ans sans avoir un retour de la maladie, meme sans se servir de la sonde. Dans l’hiver de ï 8 r 4 , s’étant exposé imprudemment à 1 inclémence du temps, il eut une irritation de la vessie , accompagnée d’envies fréquentes d uriner : il craignit que ce ne fût son ancienne maladie; mais ayant introduit une sonde dans la vessie , je la trouvai vide. Depuis lors, il s est marié, et a continué de se bien porter, malgré le mariage qui est si peu favorable à cette maladie.
NEUVIÈME OBSERVATION
Un gentleman, âgéde soixante-un ans, qui pendant plusieurs années avait eu un flux fréquent d’urine, qui avait abusé des promenades à cheval, et qui était d’une constitution très-irritable, le 1 1 février 1817, eut unesuppression d urine. Il souffrait très-violemment des effets de la rétention : on introduisit une
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sonde qui fut maintenue. Le malade s’en plaignait beaucoup; mais lui ayant fait comprendre que c’était le seul moyen de le guérir , il se soumit à la garder. Le icr mars, elle fut ôtée; mais l’urine ne pouvant couler seule, et la distension de la vessie étant très-douloureuse , six heures après on la replaça. Le 26 mars, on la retira dans la matinée; dans le cours de la journée il rendit de l’urine en petite quantité; vers le soir, il en rendit quatre à cinq onces : à onze heures de la nuit, pour s’assurer si la vessie en contenait beaucoup, on n’en trouva seulement que sept onces. .Dans ces circonstances, l’instrument ne fut point laissé dans la vessie, on posta quelqu’un auprès de lui, pour le sonder, s’il en était besoin. Il demanda à évacuer ses urines deux fois en peu d’heures ; quoique la quantité d’urine sécrétée fût grande, il ne s’en écoula pas une goutte naturellement. Il en résulta tant de désordre , qu’à la seconde introduction , le cathéter fut maintenu dans la vessie : mais telle était l’humeur inquiète du malade , et son ennui d’être alité produisit de tels symptômes d’irritation (car tantôt il se mettait sur son séant , tantôt il s’étendait) , que l’instrument ne put être contenu long-temps. Ces écarts rie conduite, dont j’eus connaissance dans la suite, jetaient
242 TRAITEMENT DES MALADIES ];i vessie dans un état spasmodique; ses membianes se contractaient sur l’extrémité de l’instrument , d ou l’es u ! tai en t les en v îes fréq uen tes d’uriner; mais, un jour faisant une visite plus tôt qu’a l’ordinaire, je le trouvai se promenant d’une chambre dans une autre, pendant qu’on changeait son lit; c’est une liberté à laquelle je ne me serais jamais attendu. Je profitai de cela pour lui expliquer plus que je ne l’avais fait, qu’un exercice semblable pouvait retarder sa guérison. Depuis ce temps-là, il a été plus soumis aux règles que je lui prescrivais, et un mois après environ, il se trouva tellement mieux , que la sonde ne fut plus maintenue que la nuit. Il est à remarquer que dès le moment qu’il se mit au lit, la sécrétion de l’urine augmenta si considérablement , que par jour elle était triple de ce qu’elle était ordinairement.
Le Ier mai , il était si bien sous tous les rapports, que l’instrument au lieu d’être introduit dès qu’il se mit au lit, ne le fut que deux ou trois heures après ; et au boutde dix jours, il lut capable de vider sa vessie naturellement ; dans les six mois qui suivirent, il n’eut qu’une légère suppression , occasionnée par une petite promenade à cheval; elle disparut sans les secours de l’art , et n’a plus reparu depuis.
DE DA GLANDE PllOSTATE.
DIXIÈME OBSERVATION
Un gentleman , âgé de cinquante ans, trèsnerveux, et d’un teint pâle, avait eu dans sa première jeunesse une faiblesse de la vessie , c’està-dire qu’elle avait cessé d’avoir assez d’énergie pour retenirl’urine. Mais depuis deux ans, ou plutôt depuis cinq, étant tombé dans un état de débilité de tout le système , sa vessie ne peut guère retenir le liquide pendant le jour. Cependant , quoiqu’il se soit à peu près remis de son état de faiblesse, la poche urinaire n’a pas encore entièrement recouvré son ton.
Dans les deux derniers mois, on l’a sondé tous les jours avec un instrument de gomme élastique ; le seul avantage qu’il ait retiré de celte pratique, est un mieux général; mais comme pendant la nuit lasecrétion d’urine était abondante , il ressentit peu d’amendemens pour son état maladif, dont les symptômes sont la pesanteur et l’oppression dans la région de la vessie, et un flux involontaire d’urine.
Dans cet état, il vint réclamer mes soins au commencement de mai j S 1 7 - En passant une sonde de gomme élastique sans stylet, immédiatement après avoir rendu de l’eau , il coula une pinte d’urine : le cathéter fut maintenu
dans la vessie, et l’urine fut évacuée toutes les fois que le patient en sentit le besoin.
Depuis le lojuin jusqu’au i 5 juillet, le malade fut sondé différentes fois, et il rendit toujours beaucoup d’urine; les reins en secrétaient immodérément ; l’instrument fut alternativement maintenu dans la vessie , selon que la facilité d’uriner naturellement paraissait se rétablir. Depuis le i3 juillet jusqu’au 26 , le cathéter a séjourné dans la vessie, d’où il fut retiré encroûté de matière calculeuse. L’indisposition devint générale , et le ventre se serra : ces symptômes cédèrent à des remèdes appropriés. Dans le courant du jour il rendit souvent des urines, et jamais plus de quatre onces chaque fois; et comme la quantité en était considérable sur le soir, on réintroduisit pas l’instrument. Il passa une bonne nuit, et le 27 au matin, d’une seule fois il en rendit huit onces , et toute la journée il urina librement à diverses fois. Le 29, la sonde fut introduite, et comme onze onces avaient été retenues dans la vessie , elle y fut maintenue.
Le ù août, elle fut retirée; il survint une irritation a la vessie , accompagnée de spasme , l’urine déposad u mucus et un triple phosphate. D’après cela, on ne passa de nouveau le cathéter que le 1 4 ? parceque la vessie avait recouvré
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la faculté de se vicier complètement elle-même. Le 16, le spasme avait cédé presque entièrement à l’usage delà limonade, administrée pour corriger la disposition à la formation du triple phosphate : il est donc probable que ce qui avait irrité le col de la vessie, était les cristaux déposés sur la sonde.
Dans cet état , il alla à la campagne , et dans l’espace de cinq mois, il n’eut point de suppression d’urine ; il éprouva souvent des attaques de nerf, qui quelquefois s’étaient manifestées dans sa maladie 5 quand il les avait, ses urines ne coulaient alors que d’une manière irrégulière, et en petite quantité; mais ayant cil une abondante évacuation des intestins, la vessie se vida complètement; et si la disposition à la rétention d’urine causée par l’impuissance des contractions de la vessie, survenait, il prenait un lavement composé avec l’aloës et le lait, et se remettait par là de son incommodité.
ONZIÈME OBSERVATION
A. B. , âgé de cinquante-cinq ans , en 181 1 , ayant senti une irritation dans la vessie, l’envie d’uriner devint fréquente, et le flux s’accompagnait d’une grande difficulté et d'efforts très-douloureux ; chaque fois, il urinait peu,
246 TRAITEMENT DES MALADIES I urine contenait toujours du mucus ; quelquefois ce mucus était teint de sang; et d’autres fois on aurait cru que le sang était pur. Dans cet état j il se confia a différens chirurgiens qui tirent usage des bougies ordinaires; l’irritation semblait disparaître un peu chaque fuis quon lolait, mais les symptômes généraux augmentaient uniformément. On me fit connaître par écrit cette position du malade; mais dans la crainte de me tromper en donnant une opinion, je voulus le voir. J’introduisis dans la vessie une sonde de gomme élastique, et j en fis couler quatre onces d’urine qu’elle n avait pu expulser, avec celle qui en était sortie naturellement, avant l’intromission de l’instrument. J’expliquai au malade que c’était cette quantité d’urine restée au fond de la vessie qui, pesant sur le moyen lobe de la prostate , produisait et entretenait tous les symptômes de son mal. Je vidais la vessie deux fois par jour, mais la difficulté de sonder augmentait. insensiblement. A lorce de supplications, je décidai le malade à laisser l’instrument dans la poche urinaire. Il fut maintenu pendant quatre semaines; on faisait couler l’urine , en ôtant la cheville aussi souvent que le malade le demandait. Au bout de ce période , les symptômes d’irritation avaient tou t-à-fait disparu ;
la vessie pouvait garder huit à douze onces de liquide, sans inconvénient; mais jusqu’à ce que l’urine pût passer naturellement, on se servit do la sonde. Lorsque la collection de liquide était considérable, alors il s’en écoulait involontairement un peu. Voyant que le malade ne recouvrait pus la faculté d’expulser ses urines, on lui enseigna a se passer lui-même un cathéter de gomme élastique, sans stylet, et comme on n’avait pas de cathéLers dans l’état de flexion nécessaire pour cela, on en lit acheter un certain nombre nouvellement faits; on en prit un qu’on glissa sur un stylet, et qu’on mit dans l’eau salée , moyen plus convenable que tout autre pour leur donner une flexion plus ferme. Le cathéter démuni du stylet fut introduit dans la vessie qui fut vidée; il fut retiré et remis sur le stylet. On jugea nécessaire d’introduire l’instrument, quatre fois dans vingt-quatre heures. De celle manière, le moyen lobe de la prostate parut rester dans un état stationnaire; mais il n’en fallut pas moins l’usage du cathéter pour débarrasser la vessie. Il resta dans cet état jusqu’au printemps i8tG, se sondant quatre fois chaque vingtquatre heures, sans qu’il en résultât ni aggravation , ni amendement des symptômes.
A cette époque, le cathéter pénétrait avec
TRAITEMENT DES MALADIES | ) 1 li s de difficulté : sans doute que le malade avait pris trop d’exercice et des plaisirs de la labié, 1 un et 1 autre si contraires à cette affeclion. La difficulté augmentait toujours; il fut obbge de se laisser sonder par un autrequepar lui. Dans l’opération, la partie membraneuse de l’urètre présentait de l’épaisseur , et opposait à l’instrument une difficulté à vaincre pour franchir le col de la vessie, ou en d’autres termes , pour passer sur les lobes latéraux de la glande; ce qui tenait à la tuméfaction des parties , et la difficulté était tellement grande que l’instrument fut étreint et fixé là par la portion membraneuse de l’urètre qui ne permettait plus la même facilité d’entrer dans la vessie.
Dans le mois de novembre suivant , la santé fut entièrement aflaiblie; son sommeil troublé, ses facultés opprimées ; il éprouva une sensation de pesanteur et de douleur vers les hanches; il tombait dans un état de langueur ; il eut quelquefois des fr issons.
Ces symptômes , au lieu de diminuer, augmentèrent graduellement, et vers la fin de janvier, un matin, en introduisant le cathéter, la pointe approchant de la portion membraneuse de l’urètre , le malade sentit un effet semblable à quelque chose qui se crève,
et aussitôt une évacuation purulente eut lieu île l’orifice de l’urètre : le cathéter fut retiré immédiatement; ce pus continua k couler. Alors, on introduisitune sonde de gomme élastique sans stylet, elle fut maintenue dans la vessie; l’urine , ne passant que par la sonde , ne pouvait imprégner la partie ulcérée; le pus Huait entre elle et les parois du canal, et la constitution du malade ne parut point souffrir de ce qui venait d’avoir lieu. Au bout de quatre jours , le cathéter fut retiré , et un autre fut introduit et maintenu dans la vessie. Ce procédé fut suivi pendant trois semaines; l’évacuation purulente diminua insensiblement, et après dix jours, elle ne coula plus, ce qui donna l’idée que l’abcès était guéri.
L’instrument alors fut retiré, comme précédemment, et on ne le passa que quatre fois en vingt-quatre heures; il pénétrait avec facilité; il n’y eut plus d’embarras dans l’qrètre, plus de pesanteur vers les hanches, plus de perle d’appétit; au contraire, la santé revint aussi bonne qu’elle l’était avant la formation de l’abcès.
La maladie ne s’aggrava point jusqu’au 17 mars 1817 ; mais , après avoir joui trop abondamment des plaisirs de la table, et avoir négligé de verser de l’eau , en ayant senti le
besoin , il s’aperçut, en in traduisant le cathéter, (pressé par ce besoin , i! venait de monter précipitamment les escaliers pour sc rendre dans une chambre qui se trouva froide), que sou urine contenait des grumeaux de sang, et que l’urine elle-même était leinled’un rouge foncé : ce symptôme l’alarma vivement, il envoya chercher du secours. Il fut ventousé sur le sacrum, cl Ion tira douze onces de sang : il dut rester couché horizontalement, et être tenu à la diète végétale. Dansquatorze joursena i i on , les traces de sang disparurent. Depuis ce temps, il n’y a plus eu d’hémorrhagie , ou autres symptômes dépendans de la maladie , mais il est encore nécessaire de le sonder quatre fois en vingt-quatre heures.
Je dois considérer ce cas, et plusieurs autres que j ai rapportés dans le premier volume de cet ouvrage, comme un de ceux qui auraient complétemen t guéri si , dans le commencement du niai, la sonde eut été tenue dans la vessie, de manière a forcer à la guérison l’engorge*ment primitif du moyen lobe de la prostate.
SECTION II
Cas dont V insuccès peut etre attribue au mode de traitement.
DOUZIÈME OBSERVATION
Un gentleman, âgé de soixante - huit ans, avait une hernie considérable ; le bandage qu’il avait employé pour la maintenir, le taisait tant souffrir qu’il en négligea 1 usage, et comme il demeurait a soixante-un milles de la ville, les détails de sa maladie ne purent parvenir que par lettres; on crut qu’elle tirait son origine de la hernie , quoique ce nefutnullement cela; et comme le malade trouvait que la position horizontale lui était la plus commode, il restait beaucoup au lit, et s’abstenait de tout exercice. On vit qu’il ne pouvait verser de l’eau qu’in volon tairement , et un chirurgien venu de six milles, le sondaitune lois
par jour , et tirait environ une pinte et demie d’urine. Danscetétat, quoiqu’il prit quelquefois des laxatifs, le rectum ne se vidait jamais. 11 tombait dans un état comateux avec des interval les d’extrême agonie, lorsqu’il se mettait sur
os 2 TRAITEMENT DES MALADIES
son séant, ou qu on introduisait le cathéter, 1 c qui 1 obligeait a se pencher pour faciliter 1 écoulement del urine. Dans ces circonstances, il dépérit insensiblement et mourut.
• Examinant, les parties après la mort, on trouva que non -seulement le moyen lobe de la prostate était engorgé, et que sa surface était enflammée par le passage réitéré du cathéter, mais quelques morceaux de matière fécale , qui étaient dans le rectum depuis long-temps, avaient acquis la dureté dune noisette, et par leur action compressive, avaient produit 1 ulcération , et s étaient ouvert un passage dans la vessie, d’où l’urine refluait dans le rectum. C était Je passage de l’urine sur l’ulcère, et l’excoriation de l’intestin qu’elles occasionnaient, qui donnait lieu à tous les symptômes cruels dont il souffrait, et qui, en effet, furent la cause de sa mort.
TREIZIÈME OBSERVATION
Le fait suivant', dont l’histoire m’a été communiquée par une lettre, montre, aussi clairement que possible, l’augmentation graduelle des symptômes jusqu’au point où il n’v a plus de salut pour le malade, lorsque le traitement approprié n’est pas suivi. La lettre est si
bien conçue, que je n’y ferai pas le moindre changement.
Monsieur,
Un gentleman étant depuis quelques se-, maines tourmenté par les symptômes que je vous ferai connaître tout à l’heure , et paraissant encore éloigné de 1 état de convalescence, je vous soumets le cas, sur le désir de sa famille , dans l’espoir que vous voudrez bien me faire part de votre opinion et de vos avis.
Le malade âgé de soixante-dix ans, est d une constitution saine et très-forte; il n’est porté à aucun excès, il se lève toujours de bonne heure , et mène une vie active ; mais il se plaint quelquefois que les tondions de son système urinaire menacent cl e se déranger par des causes légères en apparence. U y a environ quatre ans , il eut une inflammation de 1 u— rètrc , pour laquelle je recommandai le baume de copahu et de légers laxatifs ; mais comme elle devenait plus opiniâtre , il fit des injections astringentes, et peu de temps après l’écoulement disparut; mais un des testicules s’enflamma un peu pendant le traitement. Depuis lors il a observé que le jet d’urine est moins fort, et que parfois il se bifurque, ou s en-
3 54 TRAITEMENT DES MALADIES tortille; il éprouve aussi , pour quelques instans , une douleur plus intense dans l’émission de la semence.
Il y a trois semaines , il eut chez lui quelques personnes à dîner, et il but du vin d’Oporto plus copieusement qu’à l’ordinaire; mais il n’en but pas une bouteille. Il resta environ douze heures sans uriner , mais enfin voulant verser de l’eau , il ne put en venir à bout. Il eut aussitôt recours aux fomentations, au bain tiède, aux remèdes opiacés, etc. , et l’urine coula en petite quantité; mais le lendemain matin , il demanda le cathetérisme, et depuis ce moment il ne rend pas une goutte d’urine sans l’usage de la sonde.
Il commença par employer les stimulans , les frictions avec la teinture de cantharides; et la teinture de muriate de fer fut administrée aux doses ordinaires ; on prescrivit les laxatifs, le bain chaud, etc., avec les opials. Il y avait certainement beaucoup de spasme et d’irritation dans l’urètre, mais la vessie ne manquait pas de ton , car il pouvait à volonté modérera travers le cathéter le llux d’urine. En conséquence, je discontinuai les slimulans. Je conseillai un régime doux , des fomentations chaudes et les préparations d’opium , l’usage des sangsues, et la continuation des
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laxatifs qu'il avait coutume de prendre. Les sangsues ne produisirent aucun fffet; mais l’irritation et le spasme furent si bien dissipés, qu’un cathéter d’un très-grand diamètre pénétra avec facilité , jusqu’à la glande prostate, où il trouva une légère résistance dont je fus aussi averti par la douleur que ressentit le malade. — A la seconde fois, je parvins dans la vessie. Je passai mon doigt dans l’anus, et je n’y trouvai rien de malade, et passant sur l’urètre, tout le long de l’instrument, il n’éprouva pas une grande douleur. Quoiqu’il en soit, la rétention d’urine persista, et dans ces huit derniers jours , en augmentant graduellement , l’écoulement blanchâtre a pris le caractère de la matière purulente; il en vient quelquefois une goutte à l’orifice de l’urètre, et il s’en écoule toujours abondamment après l’évacuation de l’urine qui, maintenant, est continuellement trouble. Il sortait de temps en temps un peu de sang coagulé, mais depuis deux jours , il n’en a point paru. Il n’a jamais eu beaucoup de fièvre, mais vers la nuit, et quelquefois pendant le jour, il ressent, immédiatement au-dessous du pubis, une sensation incommode et douloureuse. J’aurais bien fait mention des graviers qu’il a rendus à différentes lois, mais je n’ai jamais senti
2 50 traitement des maladies
de pierres clans la vessie, dont la capacilé m’a paru toujours également grande. La sujétion , et peut-être la douleur qui accompagne cette maladie, a diminué un peu son appétit, et il est évidemment amaigri j mais d’ailleurs il se trouve assez bien, et son sommeil a été bon pendant la durée de cette affection locale.
Post Scriptum. Aujourd’hui l’écoulement purulent, lors de l’émission de Lutine, est plus abondant que jamais; mais le malade est sorti en voilure pour prendre l’air, et du reste , il est bien.
Toutefois , avant qu’il fût possible de mettre en usage un nouveau mode de traitement, le malade mourut.