SECTION UNIQUE
Les faits expliquent les symptômes produits par T engorgement du lobe latéral droit .
DIX-SEPTIÈME OBSERVATION
Un gentleman, âgé environ de soixante- dix ans en 1811, éprouva quelques difficultés à rendre ses urines, et avait de fréquentes envies de le faire. Ce symptôme devint insensiblement très-inquiétant, et le 14 novembre 1814 il eut une suppression complète. On essaya de vider la vessie , mais l’instrument arrivé à son col, trouva une grande difficulté, et lorsqu’il l’eut franchi, il coula environ deux pintes de liquide. Dès ce moment, on crut à propos de sonder souvent le malade , et de laisser quelquefois l’instrument dans la vessie; vers la mi-janvier i8i5, les efforts naturels étant à peu près assez puissans pour expulser l urine presque en totalité, on suspendit l’usage du cathéter. Au commencement du mois suivant, l’irritation de la vessie ayant reparu, on eut recours de nouveau cà l’usage de la sonde : immédiatement après que le malade |!
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eut uriné, on introduisit le cathéter dans la vessie, d’où il coula cinq onces de fluide. Il y fut maintenu toute la nuit,etretirédans le jour. Le malade s’étant exposé au froid , le surplus •de l'urine, restée au fond de la vessie après avoir rendu ce qu’il avait pris par les efforts naturels , se trouva de quatorze onces; l’organe •devint plus irritable , moins extensible , et •donnait souvent une vive douleur. Au coin mencement d’avril , il y eut une hémorrhagie [par l’urètre ; elle survint deux heures avant le (temps ordinaire du cathétérisme; elle dura [presque sept heures, et le produit sanguinoflent qui s’écoula pouvait monter à trois pintes ; De sang et l’urine y étaient probablement en parties égales. Le jour suivant, la vessie parut ttrès-dis tendue à travers les parois de l’abdomen; il en coula une grande quantité d’urine sanglante. Le cathéter ne pouvait être inainitenu que peu de temps, parce qu’il faisait souffrir beaucoup. L’hémorrhagie se présenta à deux fois, mais moins considérable; cependant le malade devint plus mal , sa langue se couvrit d’un enduit noirâtre, et trois semaines •après la déclaration de l’hémorrhagie, il mouirut d’épuisement.
En examinant la vessie après la mort , on (trouva ses membranes très-épaissies; c’est ce
qui a toujours lieu lorsque la tunique interne devient irritable, car l’inflammation de celleci se porte aux autres tuniques. La membi ane interne était lacérée par trois rangs de piquies qui, sans doute, avaient été laites par 1 instrument 5 la vessie étant vide, ses membranes venaient se poser sur l'extrémité de la sonde. Le sang avait probablement coulé de ces piqûres; l'hémorrhagie arrivait lorsque la vessie était distendue , et non lorsque l’on introduisait le cathéter; la distension de la vessie devait ouvrir ces piqûres, le sang s’épancher naturellement, et se déposer au fond de l’organe, d où il sortait mêlé avec l’urine : c’est une circonstance importante, puisqu’elle doit I signaler la distinction du sang venant de la prostate, et celui qui vient de la vessie, lequel ne sort pas généralement mêlé avec l’urine mais la précède ou la suit; l’autre s’écoule avec elle.
Le lobe droit de la glande prostate avait une ! saillie d’une forme cylindrique, déjetée dans | la vessie. Celte disposition du lobe était telle , qu il passait presque au-devant du moyen lobe, , ; lequel ne proéminait que faiblement. La sur- i lace de la membrane qui revêt le moyen lobe, 1 1 aussi-bien que celle du lobe droit , étaient la- I cérées, et recouvertes d’une surface poilue. j
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Du vérumontanum à la cavité de la vessie , ce n’était., dans l’espace parcourue par le cathéter, qu’un déchirement qui se portait jusqu’à la face interne de la vessie, laquelle se trouvait molle, pulpeuse, et très-différente d’une membrane saine.
DIX-HUITIÈME OBSERVATION
Un gentelman , âgé de quatre-vingt-trois ans , ayant des habitudes sédentaires , se plaignait depuis trente ans d’une difficulté d’uriner; le besoin se faisait sentir souvent, et ne pouvaitle satisfaire qu’en petite quantité chaque fois. Dans le principe, ces symptômes furent traités sans succès , comme un rétrécissement; il se mit entre les mains de différens médecins qui lui firent prendre quantité deremèdes, dont il obtint peu de soulagement. Dans la persuasion d’un rétrécissement, il se présenta chez moi, mais il fut reconnu qu’il n’en existait pas. Une sonde de gomme élastique fut introduite ; la vessie était vide, et je ne sentis rien qui annonçât un calcul. En conséquence, je dus croire que c’était une irritation de la vessie, accompagnée d’une affection semblable du rectum , qui s’aggravaient mutuellement. On retira si peu de succès de l’emploi des lave-
mens opiacés, et des suppositoires, qu’on ne les continua point.
Dans les cinq dernières années, la maladie empira ; elle s’accompagna d’une douleur qui suivait tout le canal de l’urètre, et se rendait dans la vessie; un sentiment de plénitude trèscuisant répondait au rectum. Vers celle époque, il s’était confié aux soins de M. Ewbank , qui les lui donna jusqu’à sa mort. Son sommeil était dérangé huit à dix fois toutes les nuits par le besoin de verser de l’eau , et la quantité excédait rarement une grande cuiller ; c’était à peu près la même chose dans la journée; il ne pouvait tenir son ventre libre qu’au moyen des purgatifs ; ses matières étaient très-dures et d’une forme sphérique. Le doigt , passé dans l’anus y sentait la glande prostate clans un état d’engorgement. Comme il parut que sa vessie ne se vidait pas, on introduisit, le 12 février 1812, une sonde de gomme élastique; elle ne trouva aucun obstacle , et laissa couler une pinte et demie d’urine. Il vécut dans cet état et dans ce régime quelque temps; mais l’accumulation de l’urine dans la vessie devint si considérable^ qu’il succomba le 18 avril de la même année.
A l’ouverture du corps , on trouva les deux reins trois fois plus grQS que dans l’état naturel;
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celui du côté droit était d’une texture molle et son bassinet contenait du pus mêlé à l’urine.
Les membranes de la vessie étaient extraordinairement minces. Le lobe droit de la prostate se déjetait beaucoup dans la cavité vésicale , et semblait avoir pris la place du moyen lobe , qui se trouvait pousse légèrement vers le côté gauche.
Celait cette saillie arrondie qui empêchait le troisième lobe de fermer l’orifice de la vessie, et qui dansce cas , au lieu de produireune suppression , laissait une disposition pour l’écoulement de l’urine 5 et entretenant les parties dans l’irritation , les envies d’uriner devaient être fréquentes. Ce lobe déprimant aussi le rectum , empêchait les matières de sortir librement. Ces circonstances expliquent également pourquoi la sonde ne rencontra jamais d’obstacle même lorsque le malade était incapable d’expulser ses urines.
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