‹ Traité ou observations pratiques et pathologiques sur le traitement des maladies de la glande prostateChapitre 46 sur 58 · YIN G T- UNIÈME OBSERVATION · texte numérisé non relu

YIN G T- UNIÈME OBSERVATION

M. B. , âgé de soixante-d ix-neu f ans, depuis environ deux années commençait à sentir quelque inconvénient à uriner, et peu à peu cette incommodité augmenta au point de devenir douloureuse. Cette douleur était située vers le col de la vessie , et s’étendait à l’urètre en totalité. Quelque temps après, le moindre mouvement devenait très-incommode, et insensiblement le plus petit changement déposition, soit qu’il se tînt debout, assis , ou dans le lit, le tourmentait à l’excès. Son urine, en général , était naturelle en apparence , mais elle finit par se charger de mucosité ; et dans les deux dernières années , elle entraînait des petits calculs. Celte circonstance fit soupçonner une grosse pierre dans la vessie ; mais M. B. s’opposa à tout examen ; cependant son long âge , la douleur qu’il souffrait, et qui souvent devenait cruelle, endurée avec patience, sa santé qui résistait, tout fut pris en considération , et l’on n’insista

plus sur la nécessite du cathétérisme; mais sans un tel moyen , il était impossible de s’assurer de la nature de la maladie. Enfin la nécessité urgente d’uriner devint si fréquente, l’écoulement des urines si douloureux, et le moindre mouvement produisait des tourmens si excessifs, d’où résu liai eut des insomnies, et le trouble de toute son économie , qu’il fut obligé de se soumettre absolument à tout moyen capable de donner quelque soulagement, enfin il consentit à se laisser examiner.

La sonde fut introduite, et l’on ne trouva rien dans la vessie; mais on éprouva unegrande difficulté à faire pénétrer l’instrument. En approchant de la glande prostate, les parties présentèrent beaucoup de sensibilité, et en passant le doigt par l’anus, la prostate offrit un engorgement considérable. D'abord , l’introduction de la sonde ou de la bougie ne put se faire qu’avec difficulté, et provoquait un écoulement de sang goutte à goutte ; mais l’usage continué de la bougie, dont augmentait peu à peu la grosseur, écarta la difficulté d'introduction , et l’écoulement sanguin disparut tout-àfait : mais il était aisé de voir à la bougie qui avait servi , que les parties se trouvaient dans un état d’abrasion.

Une fois la nature de la maladie reconnue ,

on employa tous les jours les bougies , qu’on maintenait dans l’urètre depuis dix minutes jusqu’à demi-lieure chaque fois ; ce traitement mit le malade en état de retenir ses urines un temps considérable , de les rendre avec plus de facilité , et de changer de position sans presque point de douleur.

Il y a huit jours, M. B. fut pris d’un catarrhe, qui s’accompagnait d’une forte fièvre et d’une toux fréquente et incommode; il en résulta une exaspération de l’irritation du col de la vessie; de la douleur à rendre ses urines, et une douleur qui augmentait beaucoup au moindre mouvement du corps. Avant hier et aujourd'hui , la force et la fréquence du pouls ont beaucoup baissé, et la toux est presque tout-à*fait tombée , et conséquemment la maladie urinaire est beaucoup moindre.

Quant à l’indication générale , on eut égard particulièrement à l’état des intestins, et l’on donnait quelquefois l’huile de palma-cliristi , ou de petites doses d’aloes de la Barbade. Lorsque la douleur du col de la vessie était trèsaiguë, on avait recours aux lavemens émoiliens , ou au bain chaud ; quelquefois on donnait l’opium , mais en général les anodins s’accompagnaient d’effets presque nuisibles. Son urine retenue quelque temps avait une ten-

dance à devenir alcaline, et occasionnait plus de douleur; mais l’usage interne de l’acide nitrique présentait pour cet accident un remède aisé et facile.

M. B. a toujours conservé un bon appétit ; il prenait pour boisson du vin de Madère ou de Sherry très-étendu d’eau.

Le résultat de ce cas n’a pas été connu.

Le 17 mars 1807.

APPENDIX

APPENDIX

Lks Tables suivantes, faites sur des individus affectés de maladie de la glande prostate, et dont on dut vider la vessie au moyen de la sonde, ont été ajoutées ici, pour montrer l’irrégularité de la sécrétion des reins, comparée à leur sécrétion régulière dans l’état sain de ces organes.

On a d’ailleurs si rarement occasion de dresser des tables correctes de celte nature, qu’on a jugé tà propos de les mettre à portée de ceux qui veulent faire des recherches sur les divers sujets avec lesquels elles peuvent avoir des rapports.

table.

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