LIVRE QUATRIÈME
DES MODIFICATIONS MORBIDES DBS HÉMOKBHA.QIBS FONCTIONNELLES .
1089. Les phénomènes qui constituent essentiellement Jf*^ **" l'hémorrhagie (61), que nous avons décrits à l'état pa- SSofiquM u[.
, ... * queues sont
thologique dans presque tous les principaux organes , se u*w les Mmormanifestent aussi à l'état physiologique pour l'accomplis- f mmetim sement des fonctions de la génération chez les femmes (106). Ils constituent encore des hémorrhagies qui se montrent avec toutes les conditions de leur existence , depuis celles qui préparent l'extravasation du sang jusqu'à celles qui consistent dans cette extravasation elle-même, et même jusqu'à celles qui réparent les effets de cette extravasation (18) , ou qui les limitent dans des bornes compatibles avec la conservation de la santé. Ce sont ces hémorrhagies qui varient dans leurs formes et leurs résultats , mais nullement dans leur nature, selon les différents actes physiologiques par lesquels se prépare et s'accomplit la
2 dis ptauwaivs F^KmonvLun'w flfetftA*. 1
^ génération chez la femme , que nous désignons sous la dé-
nomination S! hémorrhagies fonctionnelles.
caractèretdet 1090. Les hémorrhagies appartiennent donc à des conf^dûoimeÊs! ditions de l'organisme qui se retrouvent également dans l'état de mfdfrdie et dans certaines circonstances de ¥aocomplissement physiologique de quelques fonctions. ' Rapports de* Les caractères spéciaux des hémorrhagies fonctionfonction oehef nelles sont d'appartenir à une condition normale de l'orquTae'produi- ganisme de se lier à des fonctions temporaires qui ne modifiions! 11 * se produisent qu'à certaines périodes et pendant une certaine durée de la vie des femmes ; de s'accomplir par des organes dont la structure est physiologiquement appropriée à leur production.
ce?m3l!diM de 10 9 1# P° ur P res q ue tous les organes, qui ne sont affectés cPhémorrhagie qu$ dans l'oydf e pathologique , l'état morbide se trouve au-delà des plus larges limites que peut atteindre en eux l'activité de la circulation sans que l'équilibre des actions vasculaires afférentes et efférentes soit troublé de manière à déterminer la congestion et l'extravasation sanguines. Pour les organes génitaux des femmes , par rapport aux hémorrhagies qui se rattachent comme condition normale ou comme résultat nécessaire à l'accomplissement de leurs fonctions , l'état morbide , en quelque sorte plus reculé , ne commence qu'au-delà de tous les phénomènes constitutifs de l'hémorrhagie, et seulement par la manifestation anomale de ces phénomènes. On ne peut donc alors considérer l'état de maladie comme développé que si l'hémorrhagie fonctionnelle, par sa manifestation, par sa durée , ou par l'intensité des phénomènes qui se rattachent à sa présence, ne se trouve plus en rapport avec l'accomplissement régulier des fonctions auquel elle est inhérente.
Les maladies dont nous devons nous occuper ne résultent donc pas , comme celles dont nous avons traité dans les livres précédents, de la seule présence des hémorrhagies, mais
bien de leurs anomalies. Ces anomalies se rapportent soit & la manifestation irrégulière de l'hémorrhagie ou d'une partie seulement de ses éléments constitutifs (1 9) $ soit aux phénomènes insolites dont elle peut s'accompagner; soit à l'intensité ou à la forme anomales que peuvent présenter les symptômes qui s'y rattachent habituellement. Elles existent encore quand les phénomènes hémorrhagiques dépassent les limites dans lesquelles Hs doivent rester, ou arrivent à d'autres époques que celles qui sont déterminées pour l'accomplissement régulier de la fonction.
1092. Les hémprrhagies fonctionnelles trouvant leurs D«ianécet«iu causes immédiates dans des conditions physiologiques liées il rîîît £b™f<£ à l'accomplissement des fonctions de la génération chez les p&l femmes, nous rencontrerons de nécessité, dans l'histoire dVcMmawlt? de tous les phénomènes morbides qui résultent de leurs anomalies, l'interposition de ces conditions physiologiques; nous serons obligés d'apprécier leur influence d'après toutes les modifications qu'elles peuvent elles-mêmes éprouver, pour mesurer le degré et l'importance des causes prédisposantes et occasionnelles. Cela nous conduira à discuter, pour apprécier tous les phénomènes qui peuvent se présenter dans ces maladies, plusieurs questions physiologiques qui tirent de la nature , du siège et des effets de ces maladies , une importance toute particulière.
1095. Le siège de toutes les hémorrhagies fonctionnelles siège *#• héétant toujours l'utérus , c'est nécessairement toujours dans ïoMeûS^de. cet organe , et par suite de modifications dans les fonctions Miuît^iUît soit de son appareil circulatoire, soit d'un appareil circu- t,l0,,lll4e, • latoire annexe , que se produisent les maladies qui doivent nous occuper.
1094. En considérant d'abord l'utérus dans l'état de Ta- indication d«* cuité, nous rencontrons pour première forme d*hémor- îo^tioîiSfi rhagie fonctionnelle qui s'y rapporte, l'hémorrhagie mens- ^dînr i ] e a n,1 v;î truelle qmi se reproduit à des périodes régulières pendant ifdltSftnZ une partie de la durée de la vie. Cette hémorrhagie n'a d e * l , ies morW "
4 MtS HÉMORRHAGIES FOHCTIOft!fELL1£8 EN GÉNÉRAL*
rien de morbide , mais les conditions physiologiques qui se lient à sa manifestation et à Wn accomplissement sont peu connues et se rattachent nécessairement aux accidents dont elle est l'occasion, et dont ses dérangements peuvent devenir la cause. Il nous parait donc indispensable de tracer d'abord l'histoire de la menstruation^ dont liiémorrhagie utérine n'est qu'un phénomène , et d'insister surtout sur les modifications organiques à la présence desquelles elle est liée. Il y a d'assez nombreux rapports entre. toutes les circonstances qui se rapportent à cette fonction et les maladies pour que son histoire ne soit pas déplacée dans cet ouvrage. Nous nous occuperons ensuite des maladies qui consistent dans les dérangements ou les anomalies de la menstruation, ou dans les accidents qui 'se lient à son accomplissement; ces maladies seront désignées collectivement par le nom de dysménorrhées.
Les hémorrhagies intra-utérines qui surviennent hors des limites et despériodes de la menstruation affectent nécessairement l'appareil organique qui accomplit l'hémorrhagie menstruelle, et se trouvent par conséquent soumises jusqu'à un certain point aux conditions spéciales qui se rattachent à la menstruation elle-même. C'est sous ce rapport surtout que ces hémorrhagies sont des modifications de l'hémorrhagie fonctionnelle menstruelle , et doivent être envisagées par nous sous ce point de vue : nous nous en occuperons en troisième lieu sous la dénomination de métro* hémorrhagies.
Lorsque l'utérus passe de l'état de gestation à l'état de vacuité par la parturition, une hémorrhagie marque cette transition , c'est uji état physiologique; mais cette hémorrhagie devient la source d'accidents morbides lorsqu'elle est troublée, surtout si elle s'accomplit avec une intensité et pendant un temps insolites; ces accidents appartiennent encore aux métro-hémorrhagies : ils ne doivent point être séparés de ceux qui se rapportent aux'autres hémorrha-
DBS HÉMOIRHAGlïS VOHCTIOH9XLLK8 BK GXHiEAL. 5
gies utérines, car ils se présentent sous les mêmes formes et avec les mêmes phénomènes.
i oq5. Pendant la grossesse la matrice devient , pour l'ac- ifetcoaAtioot cbmplissement de la gestation et pour concourir à fournir ««^ le^eiic» des matériaux nécessaires au développement du produit mi tmcoCS^ de la conception, le siège de modifications physiologiques u groMM^êt qui portent principalement sur l'appareil vasculaire de cet qui • > r »£ organe , aux fonctions duquel sont liées toutes les hé- porle " 1, morrhagies fonctionnelles de l'utérus. L'activité augmentée de la circulation dans les vaisseaux utérins pendant la grossesse , l'état d'hyperaimie dont ils sont le siège et qui s'y décèle par des symptômes évidents, prédisposent très immédiatement à la production d'une hémorrhagie. Cet état , évidemment hémorrhagipare , fait naître , quand il est troublé et surtout exagéré , ou quand les adhérences organiques qui empêchent l'extravasation du sang de s'accomplir viennent à être troublées , une hémorrhagie d'autant plus grave dans ses effets qu'elle n'a plus seulement pour résultat de déterminer une simple extravasation de sang intra-utérine , mais qu'elle trouble encore les rapports physiologiques de l'utérus et du produit de la conception qu'il contient. Les hémorrhagies intra-utérines qui surviennent pendant la gestation se lient donc à des modifications de l'état hyperaimique particulier à la matrice dans cette circonstance.
Les modifications morbides hémorrhagipares qui surviennent pendant la gestation peuvent avoir encore une autre forme : un appareil vasculaire spécial s'organise au contact de l'œuf et de l'utérus pour puiser dans le sang utérin les matériaux de la préparation du sang du fœtus; cet appareil vasculaire ne se continue point avec celui de la matrice , et ne reçoit même pas le sang tel que ce dernier le contient.; il peut , quand la circulation est modifiée en lui , provoque! des hémorrhagies dont l'origine immédiate se trouve tantôt en lui, tantôt dans l'appareil vasculaire utérin, souvent dans
fi BSS ttÉMOAUHACHES IOItGTlOHllBLI.10.
l'un et dan* Vautre à la fois. Ces hémorrhagies sont nécessairement encore des modifications d'un état physiologique ' qui , s'il ne constitue pas une hémorrhagie fonctionnelle , s'en rapproche au moins par la condition importante del'existeoce d'un état d'hyperaimie commun à l'utérus et au pla^ eenta, c|ui a, dans son développement et ses efiets, des fappbrts étroits atec celui des hémorrhagies fonctionnelles. Ceët en les envisageant soda ce double point de vue que nous classons parmi les modifications des hémorrhagies fonctionnelles les hémorrhagies qui surviennent pendant la gestation , et qui ont pour résultat de déterminer des extravaaations de sang entre l'utérus et le placenta ou dans le tissu placentaire : nous les désignons par la dénomination <f hémorrhagies utéro^placentaires.
1^)96. Nous traiterons donc successivement : i° de lu menstruation > a° de* dysménorrhées > 5'dee métro-hémorrhagies , et 4° des hémorrhagie* uUrvpluoentairss.
C&APITRE PREMIER.
De la menstruation.
Définition d« 1097. La menstruation, considérée dans ses ^résultats u menstruation, gp^^çjj^^ n ' es t que la manifestation régulière d'une hémorrhagie utérine se renouvelant tous les mois pendant une partie de la vie des femmes. D'après sa nature et la cause immédiate de l'hémorrhagie qui est son principal phénomène extérieur, nous la définissons un acte physiologique qui appartient à l'accomplissement régulier des fonctions génitales chez les femmes pubères, qui se suspend pendant la grossesse et la lactation , et se manifeste principalement à l'extérieur par une hémorrhagie utérine périodique (1119 etsqq.).
Art h Dés phénomènes menstruels extérieurs»
Description i 098 . Tous les mois , à des intervalles de vingt-six à vingtmenstruels. huit jours , les femmes pubères ont une hémorrhagie intra-
Dl LA. MEIfSTXWA/NO JT é 7
utérine avec issue du sang par les organes génitaux externes.
Deux ou trois jours ayant l'apparition de cette hémorrha-* gie, la vulve, le* grandes et les petites lèvres * le clitoris , la muqueuse vaginale , prf sentent uiie Légère tuméfaction » une injection vaseulafre prononcée, unefchâleuk plue vive et de la turgescence , qui s'étendent jusqu'au eol de l'utérus. Les lèvres du museau de tantthe sont tuméfiées* légèrement ramollies \ son orifice est entr'ouvéït fct élargi transversalement $ l'utérus participe i cet état d'hyptraimie » qui est même plus prononcé en lui que dans les organes génitaux externes (1118) ; il aifcgnsente de volume et s'abaissa au point que son col est plus rapproché de la vulve»
Pendant que les orgaàeë de 1A génération deviennent le siège de ces phénomènes, appréciables A l'exploration directe, la femme éprouve une doukur greyaftiv* obtuse dàris les lombes, aux aiàee et dans le bassin) elle ressent aux partiel génitales une chaleur insolite 1 elle se plaint de lassitudes dans les cuisses, Lee glandes mamaaaires augnaen* tônt de volume et deviennent légèréaténi dôuiourensee au toucher $ les vaisseaux mammaires a* g#nfl6nt et sont plus apparents $ les tnamétons sont dans un état de turgescence manifeste, etsont k siège d'une chaleur prurigineuse*
Le lendemain ou le, surlendemain, ou au plus tard W troisième jour de la manifestation de ces sympt&rte* pré*» cûrseur* , Fhémorrhagte utérine se manifeste^ Le premier jour, il survient par le Vagin un léger écoulement sérosanguinolent , qui ne parédt même que f>ar intervalles. Le deuxième jour, le fluide qui s'écoule est moins séreux et parait d'une manière presque continue* Le troisième jour, c'est du sang qui s'écoule sans interruption. Le quatrième jour, le sang sort en moindre quantité et seulement par intervalles. Le cinquième et dernier jour il ne reste qu'un flux de liquide séreux sanguinolent peu considérable , et ne se montrant que par intervalles.
La turgescence des organes génitaux ne cesse que lors-
8 DES HÉMOMHÀGIBS FONCTIONNELLES.
que l'écoulement sanguin commence à décroître. Les symptômes d'hyperaimie, que la femme perçoit du côté des organes internes, diminuent dès le premier jour, et sont complètement terminés après le deuxième jour de la manifestation de l'hémorrhagie. Chez beaucoup de femmes abondamment réglées, quelques-uns des symptômes de Thémorrhagie menstruelle, et principalement ceux qui se rattachent à Thyperaimie utérine, comme les douleurs lombaires, les douleurs gravatives sur la vessie et sur le rectum , un sentiment douloureux de courbature dans les cuisses, persistent pendant quelques jours après Thémorrhagie menstruelle»
dM^he^ènM 10 99 * ^ 0us ven(m8 ^ e décrire Thémorrhagie menstruelle, réut dï^ÎT* te ^ e < I u,e ^ e 8e P r & ente cnez I e pl us grand nombre des femmes dans notre climat du centre de la France. La santé est compatible avec de très grandes différences quant à la longueur de l'intervalle dés règles, quant à l'intensité des phénomènes précurseurs et concomitants de l'hémorrhagie, quant à la durée de l'hémorrhagie et quant à la quantité de sang dont elle détermine l'extravasation. La menstruation subit sous ces divers rapports chez chaque individu beaucoup de variations par l'influence de circonstances diverses, sans qu'il y ait pour cela d'état pathologique. Ainsi, la quantité de sang menstruel est plus grande chez les femmes qui mènent une vie oisive et qui usent d'aliments succulents et stimulants , de même qu'il suffit d'une diète frugale et aqueuse pour la diminuer. Toutes les causes excitantes qui agissent sur la circulation augmentent l'abondance des règles et en accélèrent souvent la manifestation. Toutefois , il importe de remarquer que , même chez les femmes les plus abondamment réglées, la quantité de sang perdu par les organes génitaux n'est jamais très considérable; il ne faut pas se laisser induire en erreur par les rensei gnements des femmes qui exagèrent toujours la quantité de sang qu'elles perdent, parce qu'elles ne tiennent pas compte de
DB LA M1N8TAUÀT105. 9
la facilité avec laquelle une petite quantité de sang peut pénétrer beaucoup de linges. La quantité moyenne du sang perdu chaque mois par Fhémorrhagie utérine normale n'excède pas quatre onces 5 de Haen admettait qu'il y avait maladie quand elle allait à huit onces 1 .
1100. Le sang menstruel est toujours liquide, brun, sé- ^n^îwwuudî reux, incoagulable ; il ne devient coagulable que lorsque les menstrues se changent en hémorrhagie morbide. Il n'est guère de femme intelligente qui n'ait remarqué l'incoagulabilité et l'aspect séreux ou carbonisé du sang menstruel, et la sortie du sang rouge grumeleux, formant des caillots, quand il survient des pertes. Lavagna a constaté que le sang menstruel contient très peu de fibrine, et par conséquent beaucoup moins d'azote et plus de carbone que le sang tiré des veines 2 .
1 101 .Le siège de l'exhalation sanguine menstruelle est Siège de l'bépresque toujours limité àla surface interne del'uténi8. Hal- "™éii*?" men " 1er 3 et Osiander 4 l'ont reconnu par l'observation directe dans des cas de renversement de la matrice > nous avons nous-même eu une pareille occasion de nous en assurer. La facilité d'examiner le col de l'utérus par le spéculum met à même de constater que le. sang provient toujours de la cavité utérine, mais que cependant il n'a pas toujours que cette seule origine; nous l'avons ainsi vu
> De Haen, Rat, mecU t III, cap. nr.
Tous les médecins sont d'accord aujourd'hui pour considérer comme exagérée l'évaluation de la quantité du sang menstruel fixée par Hippocrate à deux hémines attiques, c'est-à-dire à vingt onces. Les femmes de la Grèce sont à la vérité plus abondamment réglées que celles de nos climats» mais leurs règles ne sont pas plus abondantes que celles des femmes du midi de l'Europe continentale, qui sont loin de perdre chaque mois une aussi grande quantité de sang. Nous pensons, avec Haller, qu'il 7 a eu vraisemblablement erreur dans la reproduction du livre du médecin de Cos. (Haller, EUm. phys., T. VII, p. II, iib. xxviii, . 144.)
* Meckel, Deuttches archiv., t. IV, p. 151.
z EUm. phy$. % T. VII, p. II, lib. xxviii, p. 14».
4 Handbuch der Entkindung*kun$t, L I, p, 170.
IO DES HÉMORïlHAQnîS tONfttlOttt ELLES.
suinter par gouttelettes du bord interne du museau de tan* ohe entr'ouvert. Dans deux cas que nous avons observés te sang sortait de l'utérus , et suintait en même temps sur toute rétendue du museau de tanche et sur la muqueuse vaginale à son extrémité supérieure $ on pense que ce fhiidé provient de cette seule partie chez les femmes qui sont réglées pendant la grossesse.
Phénomènes 1 1 02 . Les phénomènes dont la menstruation provoque lé duuT^r K développement ne sont pas toujours exclusivement limités menstruation, aux organe s génitaux t la condition physiologique à laquelle se rattache l'hémorrhagie provoque aase* souvent ttne surexcitation de tout l'appareil vaseulaire qui ^elprimé par dé la chaleur k la pèau , revenant eomme pat bouffées; £ar dé la vitesse et de la fréquence dans le pouls ; par des palpitations et une respiration comme anxieuse ; par de la pesÀn* teur de tète , des vertiges , des éblouissements , et& Ces phénomènes, qui sont véritablement des symptômes d'un lé* ger état de maladie, commencent ordinairement un jour ou deux avant les règles, et cessent le plus souvent dès que l'hémorrhagie est établie, ou au moins le deuxième jour de sa manifestation. Chez quelques femmeé, qu'il faut considérer comme étant dans un état exceptionnel , ees accidents persistent pendant quelques jours après l'a-* ehèvement de l'écoulement du sang par l'utérus.
Le système nerveux éprouve presque toujours aussi l'influence de la fonction menstruelle ; on le reconnaît à la susceptibilité nerveuse extrême qui rend les femmes plus sensibles à toutes le* imptewions motrale» pendant l'hémorrhagie înén&ftietie; les orgaûfc* de* *eùs sottt ftiistf plus irritables et les passions plus impétueuses y îl se manifeste quelquefois des accidents spasmodiques pour la moindre cause 5 l'imagination prend une activité insolite , quelquefois même elle devient désordonnée. Cher les femmes prédisposées aux vésanies , il est rare que les facultés intellectuelles ne soient pàs modifiées aux époques mens-
DE LA. ME5 STlUÂTIOlf • II
truelles ; chez celles qui sont sujettes à des accidents hystériques ou épilepliques , c'est surtout à l'époque de l'apparition des règles qu'on les voit se renouveler.
Pendant que ces phénomènes s'accomplissent , les femmes présentent extérieurement un aspect de souffrance , un air de langueur qui se montre dans leurs traits , et qui.se caractérise surtout par une teinte bronzée autour des yeux, qui sont, comme on dit vulgairement, cernés. Les rides du visage sont plus prononcées -, les jeux sont plus ternes ; le regard est comme languissant} les mouvements sont plus lents et moins énergiques»
no3. L'bémorrhagie menstruelle se reproduit pendant u ^^£^£ trente à trente-cinq années, depuis l'âge de la puberté jusqu'à l'âge critique. On conçoit que sous ce rapport il y a des difi'érçnces nombreuses , suivant les sujets et selon l'influence plus ou moins active des circonstances dans lesquelles ils passent leur vie. Ces circonstances, et particulièrement celles qui résultent du climat, exercent une grande influence sur l'âge auquel cette hémorrhagie commence à se montrer. H est vrai que les femmes qui ont été réglées dans un âge moins avancé arrivent aussi plus tôt à râge critique ; cependant il n'est pas très rare de rencontrer des femmes qui, ayant été réglées à l'âge de douze ans, Je sont encore à cinquante et cinquante-cinq, et par conséquent depuis trente-huit à quarante-trois années.
no4- Considérée dans cette* longue période de temps. ModiBcttioM la menstruation éprouve des modifications qui semblent tion aux divers liées aux divers âgés de la vie , et qu'il faut connaître pour bien apprécier où commence et àe termine l'état pathologique.
Depuis la puberté jusqu'à l'accroissement achevé du corps, c'est à dire de quinze à vingt ou vingt-deux ans , les hémorrhagies menstruelles se reproduisent fréquemment avec des intermissions et d'une manière irrégulière, quant a la quantité du sang perdu et quant à la durée de chaque
12 DBS HKMO&AHAGIB8 FONCTION BELLES.
hémorrhagie. La durée et l'abondance des règles sont en général moindres à cette époque de la vie qu'elles le deviendront plus tard.
Quand l'accroissement du corps est terminé , Fhémorrhagie menstruelle présente ses phénomènes au- plus haut degré y elle exerce sur la constitution une très grande influence. Quand elle est très abondante, les femmes restent dans un état de maigreur prononcé, etchaqueretour de l'hémorrhagie ramène à un haut degré les phénomènes locaux et généraux qui lui sont inhérents (1098, 110a, no5); les femmes conservent dans les intervalles des époques un état d'excitation des systèmes circulatoire et nerveux qui va jusqu'à constituer un état valétudinaire. Si l'hémorrhagie menstruelle est peu considérable , les femmes prennent de l'embonpoint , et les symptômes de l'hyperaimie utérine et de l'influence qu'elle exerce sur toute l'économie sont peu intenses.
Vers l'âge de trente-six ans , l'hémorrhagie menstruelle devient ordinairement moins considérable, sans cesser d'être régulière. La moindre activité de cette fonction se montre principalement alors par la diminution d'intensité des phénomènes dus à l'influence exercée sur tout l'organisme par le retour de l'hémorrhagie.
La terminaison définitive de la menstruation arrive vers l'âge de cinquante ans ; elle est rarement subite , le plus souvent l'absence de l'hémorrhagie pendant plusieurs mois se renouvelle plusieurs fois avant qu'elle cesse définitivement. Assez souvent aussi, lorsque l'hémorrhagie parait après avoir ainsi manqué, elle détermine une perte de sang plus considérable qu'à l'ordinaire. Chez un petit nombre de femmes , la cessation définitive de la menstruation se prépare pendant deux ou trois ans , par la diminution progressive de l'abondance et de la durée de l'hémorrhagie de* chaque mois, qui, néanmoins, continue à se reproduire * régulièrement jusqu'à ce qu'elle manque enfin tout à fait.
BB LA MtKSTEUÀTIOîï. 10
no5. La manifestation périodique de l'hémorrhagie ÉpipWo<»èmenstruelle détermine , chez un grand nonibre de femmes, *** mcn,lrueU des épiphénomènes qui ne sont pas portés toujours à un degré d'intensité suffisant pour constituer des accidents de dysménorrhée ; ils sont tantôt inhérents à la seule menstruation, tantôt ils sont occasionnés par des dispositions pathologiques particulières au sujet.
(À) Les épiphénomènes inhérents à la seule menstruation sont, particulièrement chez les femmes abondamment réglées , un état comme pléthorique , qui précède les règles pendant plusieurs jours , et qui s'annonce par des étourdis8ements, des bouffées de chaleur à la tête, des alternatives de rougeur et de pâleur à la face , un sentiment d'agitation extrême , porté quelquefois au point de rendre le sommeil nul ou troublé par des songes pénibles; d'autres fois c'est un état de somnolence presque continue qui retient les femmes dans une sorte de torpeur. Dans quelques cas , cet état , qui présente évidemment des symptômes de pléthore , s'accompagne de gonflement hyperaimique de la muqueuse gingivale et bucco-pharyngienne, porté au point de produire une vive chaleur dans ces parties, et même une douleur qui peut arriver à un haut degré d'intensité quand la congestion de la muqueuse gingivale s'étendà lamembranealvéolaire; quelques femmes ont alors aussi des hémorrhagies nasales, de la toux avec chaleur dans la poitrine, et même de légères hémoptysies. Plusieurs ont en même temps un gonflement d'hémorrhoïdes , et quelques-unes même ont un flux hémorrhoïdal qui ne se manifeste que dans ces circonstances. On rencontre aussi des femmes chez lesquelles cet état, comme polyaimique, précurseur des règles, s'annonce par une vive injection des capillaires cutanés , évidente surtout dans les parties qui sont physiologiquement pourvues d'une grande quantité de capillaires, telles que les pominettes, la poitrine, les mains , les points de la peau où se trouvent des nœvi.
l4 DES HÉMO&ftHA«IES F0NCTI0HHKLLB8.
Ces parties sont comme tuméfiées, et donnent à la femme un sentiment d'ardeur et de formication, ou même d'un prurit pénible. C'est surtout pendant les huit ou dix premières années de la menstruation , ou dans les quatre à cinq années qui précèdent l'Age critique, que ces épiphénpmènes se remarquent Presque toujours, quand ces symptômes ont existé, les femmes deviennent sujettes, après l'âge critique accompli, à des hémorrhagies comme supplémentaires , dont la membrane muqueuse intestinale est le plus fréquemment le siège (426).
La turgescence et l'hyperaimie utérines, qui précèdent immédiatement l'apparition de l'hémorrhagie menstruelle , sont quelquefois portées à un très haut degré , au point qu'il en résulte des douleurs hypogastriques et lombaires, et des symptômes de coliques hystér iques , qui augmentent d'intensité quand les femmes marchent ou se tiennent long-temps debout, lorsqu'elles montent à cheval ou qu'elles exercent des mouvements étendus.
Le gonflement et la turgescence des mamelles sont aussi dans quelques cas portés au point de donner lieu à de vives douleurs dans ces organes , et même il survient chez quelques femmes , dans ces circonstances , des douleurs mammaires intenses gravatives ou lancinantes et comme névralgiques.
Les fonctions digestives sont quelquefois troublées par l'influence de l'accomplissement de la fonction menstruelle ; ce trouble s'annonce quelquefois par de l'anorexie, une extrême lenteur dans les digestions, et d'autres fois par des vomissements. Plusieurs femmes éprouvent alors des appétits dépravés. Les sécrétions et les excrétions intestinales peuvent aussi devenir irrégulières*, chez des femmes, c'est une constipation opiniâtre portée au point de provoquer des coliques stercorales ; chez d'au très ? c'est au contraire de la diarrhée, souvent jointe à des douleurs de ténesme au moment des évacuations alvines.
Les sécrétions glanduleuses sont assez souvent modifiées au moment de l'imminence etencore pendantla manifestation de la métro-hémorrhagie menstruelle-, un grand nombre de femmes rendent des urines aqueuses abondantes pendant les deux ou trois jours qui précèdent leurs règles. Il est rare que cet épiphénomène s'observe pendant les huit à dût premières années de la durée de la menstruation , mais il devient fort commun après cette première période* Quelques femmes éprouvent, comme prodrome de leurs règles, une salivation incommode ; nous n'avons rencontré cet épiphénomène que chez des femmes qui se trouvaient dans les huit ou dix dernières années de leur menstruation.
Les sécrétions tégumentaires semodifient aussi très souvent à chaque retour de l'hémorrhagie menstruelle; quelques femmes ont des sueurs abondantes qui précèdent de quelques Jours et accompagnent ces hémorrhagies , et ces sueurs ont quelquefois une odeur ammoniacale prononcée; le plus grand nombre ont au contraire la peau sèche, au point même que des sueurs locales habituelles se suspendent dans ces circonstances.
(B) Les épiphénomènes qui se manifestent, par suite d'une prédisposition morbide antécédente, ont déjà été indiqués pour les symptômes hystériques ou épileptiques qui reviennent principalement aux époques menstruelles (i xoi). C'est aussi à ces époques qu'on voit se reproduire des symptômes de chorée chez les filles qui ont été affectées de cette maladie. Les femmes sujettes aux hémorrhagies bronchiques, intestinales ou hémorrhoïdaires, sont très fréquemment prises d'accidents de ces maladies aux époques menstruelles, surtout dans les jours qui précèdent Fhémorrhagie utérine périodique. Quand cette dernière hémorrhagie est abondante, elle est au contraire assez souvent suivie d'une amélioration dans ces accidents.
1106. Les règles se suspendent pendant la grossesse et i O 0u<mc« de pendant l'allaitement , il n'est cependant pas rare de les voir ïiwl £ alïïH
l6 DES HÉMORRHAGIES PONCf IOK SELLES.
îaitement nr la encore se manifester aux deux ou trois premiers mois de la menstraauon. g estat } on . e u es 80nt presse toujours alors moins abondantes que dans l'état ordinaire. Leur manifestation, pendant la lactation , est aussi suspendue dans le plus grand nombre de cas , au'moins pendant les huit ou dix premiers mois de l'allaitement. Quand les règles surviennent chez les nourrices , elles sont ordinairement moins abondantes que dans l'état ordinaire 3 elles s'accompagnent d'une diminution dans l'activité de la sécrétion mammaire qui persiste pendant leur durée. Le lait alors sécrété est toujours séreux et moins riche en principes nutritifs ; on en peut juger par la diminution des granulations que le microscope fait reconnaître dans ce liquide; le lait se rapproche de l'état du colostrum , il acquiert même ordinairement des propriétés laxatives qui se montrent par les coliques et les selles diarrhéiques dont le nourrisson est atteint tant que dure l'hémorrhagie utérine menstruelle. Si les nourrices continuent à être réglées , et surtout si elles le sont abondamment , la quantité habituelle du lait diminue , et ce liquide s'affaiblit dans ses qualités alimentaires ; l'enfant maigrit et est insuffisamment nourri. Très souvent, si les femmes continuent à allaiter, le flux menstruel ne se reproduit pas régulièrement, et ne revient qu'à des intervalles éloignés et en petite quantité.
Du rétablisse- 1 1 o 7 . Le rétabli ssement normal de la menstruation arrive SeSltrueTapîèl d'ordinaire vers la fin de la sixième semaine après l'àcit a a C prèa he iT •«! couchement ou après le sevrage j il est rare qu'il arrive à une vrage * époque plus rapprochée , surtout après l'accouchement ;
chez un grand nombre de femmes, il ne survient qu'au bout de neuf à dix semaines, chez beaucoup , même encore plus tard. Le retour des menstrues s'accompagne presque toujours dans ces cas , principalement après l'accouchement, de symptômes d'hyperaimie utérine plus prononcés, et se caractérise par une perte de sang plus * abondante que dans l'état ordinaire.