Whitt a vu l’hématurie survenir pendantla gestation
Ill’a attribuée à la compression qu’exerce sur les veines de la vessie l’utérus rempli du produit de la conception ^
C’est interpréter un fait par une hypothèse.
474. Les hématuries sontbienplus fréquemment peut' être qu’aucune autre hémorrhagie , l’épistaxis exceptée, l’effet de l’action de causes physiques extérieures. Ainsi les secousses prolongées de l’équitation ^ produisent ou rappellent les hématuries. Rivière a parlé d’un homme qui rendait des urines sanguinolentes toutes les fois qu’il était obligé de monter à cheval Les contusions sur les lombes , à la région du sacrum ou à l’hypogastre , ou même seulement l’ébranlement par une chute sur les extrémités inférieures^ peuvent déterminer des hématuries.
475. Nous avons vu survenir une hémorrhagie des voies urinaires internes, après l’effet diurétique de la digitale ad- du^irf 10^12 émal ministrée pendant près de quatre mois. P. Frank cite un exemple d’hématurie produite par l’ingestion du baume
du Pérou.
L’empoisonnement par les cantharides occasionne souvent cette maladie. Des auteurs disent l’avoir observée par ‘
suite de l’absorption des cantharides appliquées comme épispastiques. F. Hoffmann n’a jamais vu cet accident. Il croit que s’il est arrivé, l’hématurie provenait de toute autre cause ^ Habitués à faire usage des épispasüques souvent et avec plus de hardiesse qu’on ne le fait communément eii
‘ Prakt, Schritetij 4t7. ^
^ Hollerius, In Hipp. aph, 78, sect. iv, scripsit: « Sunt et nonnulli qui si durius equitent, aut sese exerceant immoderatius ex calefactis renibus^ sanguinem mejant. »
^ Obs. med. tent. ii, obs. xiij.
^ Fab. Hildanus, Obs. med. cent, ii, obs. 10.
^ Med. ratio, syst. , p. 11, sect. i, cap, vi, $ xvc.
Causes pathologiques des hé maturies.
médecine, nous n’avons aussi jamais observé cet accident.
L’hématurie est produite chez les brebis par l’usage du cystus laurifoliis. Différentes espèces de renoncules , et surtout la renoncule scélérate , les feuilles et les tiges du colchique, des euphorbes, causent l’hématurie chez les chevaux et les vaches L
476. F. Hoffmann rapporte qu’il a vu survenir des hématuries critiques, tout-à-fait exemptes de danger, chez des sujets pléthoriques encore jeunes, ou chez des hommes .avancés en âge , par suite de la suppression ou de la cessation du flux hémorrhoïdal , ou après l’omission de saignées habituelles. Ce grand médecin avait aussi observé cet accident chez des femmes octogénaires, d’une bonne constitution, et vivant habituellement dans l’abondance
477. Il faut fréquemment attribuer l’hématurie à une maladie des organes urinaires profonds, dont elle n’est que le symptôme. Cette maladie reconnaît même si souvent une cause pathologique, que des médecins, en tête desquels se trouve Cullen, la considèrent comme toujours symptomatique. Les causes morbides qui produisent le plus souvent les hémorrhagies des voies urinaires sont la présence des calculs dans les bassinets des reins, dans les uretères et dans la vessie ; les carcinomes des reins , des uretères et de la vessie. Les congestions sanguines hémorrhagiques ou inflammatoires sur le rectum et dans tout l’appareil vasculaire contigu dans le molimen hémorrhoïdal sont quelquefois la cause d’hémorrhagies cystiques , en quelque sorte par extension de l’hyperaimie. Les hématuries vésicales et néphrétiques sont quelquefois produites par les cystites et les néphrites aiguës*, elles se manifestent aussi comme symptômes dans des fièvres exanthématiques intenses, dans la variole , à la période de maturation-, dans la scarlatine^ on les voit survenir* aussi dans
* Vatel, Patli, vétérinaire, t. i, p. 242.
^ Med, ratio, syst., p. il, sect. i, cap. vi, $ vu.
DES HÉMATURIES.
les typhus graves. L’épidémie de peste de Nimègue , décrite par Diemerbroeck , offrit de nombreux exemples de cette maladie symptomatique , qui s’observe aussi fréquemment dans la fièvre jaune. Ces hématuries symptomatiques sont toujours des symptômes fâcheux et du plus mauvais augure.
478. D’après la nature de ses causes, qui sont toujours propres aux individus, on conçoit que l’hématurie soit toujours une maladie sporadique. Reil a cependant parlé d’une épidémie d’hématuries K Un pareil fait ne pourrait être admis que s’il était appuyé d’observations précises et à l’abri de toute discussion.
Art. IV. Diagnostic des hématuries.
479. Les signes diagnostiques de l’hématurie se rapportent : 1 ® àla présence du sang dans les urines •, 2® à l’origine et au siège de l’hémorrhagie urinaire ; 3® à la cause immédiate de cette hémorrhagie.
480. Quand une quantité de san^ assez considérable se çaractèresdes
• ^ ^ ij . urines sangumo-
trouve mêlée avec l’urine, il est impossible de méconnaî-i®«tes. tre ce fluide, qui se décèle par ses caractères physiques.
Il n’est pas aussi facile de reconnaître les urines sanguinolentes , lorsqu’elles ne contiennent qu’une petite quantité de sang.
481. L’urine qui contient du sang est trouble, d’un rouge brun obscur, dès le moment qu’elle est excrétée; elle colore en rouge pâle le linge qui en est imbibé., A mesure qu’elle se refroidit, elle laisse déposer des grumeaux d’un rouge brùn , qui deviennent grisâtres et comme tomenteux à leur surface. Au bout de quelques heures, ce dépôt est d’autant plus considérable que la proportion du sang contenu dans l’urine est elle-même plus grande ; il occupe quelquefois la moitié de la masse de l’urine excrétée. Les urines rougeâtres et brunâtres qui sont souvent excrétées dans diverses maladies , ou qui se trouvent colo-
' Ueber die Erkenntniss and Kur der Fieber^ vol* ni, c. v, § 55, p. 98.
rées en rouge par suite de l’ingestion de diverses substances dans 1 estomac , telles que les fruits du cactus opuntia , du mûrier rouge, la- teinture aqueuse de garance, etc., different surtout de celles que nous venons de décrire par cette circonstance qu elles ne sont pas troubles à leur issue de la vessie , et qu’elles ne se troublent qu’en se refroidissant. Le depot qu’elles fournissent n’est jamais d’une teinte brunâtre , comme celui qui provient des urines sanguinolentes^ il est ensuite comme pulvérulent, et entraîne avec lui presque complètement la teinte rouge de l’urine, qui, lorsqu elle est sanguinolente, reste toujours rouge brune au-dessus du depot qu’elle a produit. Le dépôt des urines rouges se dissout par la chaleur dans l’urine qui lui surnage, tandis que celui qui provient du sang mêlé à l’urine se coagule de plus en plus.
P. Frank a indiqué les altérations que subit l’urine sanguinolente par son mélange avec différents agents chimiques. Ces altérations sont inutiles à connaître pour le diagnostic, parce que nous igùorons comment se comporteraient avec ces agents toutes les variétés d’urines colorées et non sanguinolentes excrétées dans diverses circonstances.
482. Dans les hématuries, les malades ne rejettent jamais de sang pur. Ce fluide est toujours dissous en plus ou moins grande proportion dans l’urine ^ il est même à cet état dans des hémorrhagies abondantes de la vessie , dans lesquelles on extrait le sang de cette poche par le cathétérisme. Aussi faut-il apporter une grande attention pour ne pas confondre les urines sanguinolentes qui sont rejetées dans les hématuries avec les urines plus ou moins mélangées de sang que les femmes rendent pendant l’écoulement des règles ou des lochies , et surtout avec les urines qui entraînent une plus ou moins grande quantité de sang quelquefois à demi dissous dans les hémorrhagies de l’urètre. Nous reviendrons sur ces urines en parlant des urétro-hémor-
ÔES HÉMATUÏiiÈs/
2bù
rhagîes. Les urines mélangées au sang rendu par les voies génitales des femmes se séparent immédiatement et à peine arrivées hors de la vessie du sang qu’elles entraînent; ce sang n est meme pas dissous dans les urines ^ qui ne lui empruntent qu’à peine une portion de sa matière colorante.
485. Les signes diagnostiques indiqués par les auteurs, pour déterminer le siégé de la maladie , se rapportent aux
hématuries symptomatiques, puisqu’ils sont propres à faire
distinguer les néphrites des cystites. Aussi manquent-ils dans les hématuries idiopathiques , dont on ne peut souvent déterminer le siège qu’avec peine; toutefois les signes suivants permettent souvent d’y parvenir.
Si la douleur et la chaleur profondes se manifestent dès le début de l’hémorrhagie , si elles affectent seulement un côté en se prolongeant vers l’hypogastre , si elles ont précédé et si elles accompagnent l’expulsion des urines sanguinolentes , on est fondé à présumer que c’est dans le rein que siège la maladie. C’est dans ces cas qu’on a vu des malades rendre en urinant des caillots de sang cylindiiques qui se sont coagulés dans les uretères et les bassinets.
La douleur gravative concentrée à l’hypogastre et vers la région du sacrum avec des épreintes vésicales qui forcent le malade de se présenter pour uriner très-souvent sans avoir à rejeter que de petites quantités d’urines sanguinolentes indiquent que le siège de la maladie se trouve dans la vessie. Dans quelques cas graves, soit par suite de l’irritation que produit à la surface interne de la vessie le contact du sang mêlé à l’urine, auquel elle n’est point accoutumée , soit a cause de la congestion sanguine considérable qui agit sur la vessie et accompagne l’hémorrhagie vesicale, les urines sanguinolentes s’accumulent- dans la vessie , et ne peuvent être extraites que par le cathéter. Cet
accident n’arrive pas quand l’hémorrhagie provient du rein.
Signes qui se rapportent à l’oï'ig'ne et au siège des hématuries.
484» Les auteurs ont indique les signes des hémorrha^
gies qui provienneiit des uretères. Ces hémorrhagies ne se montrent guère que par suite de maladies organiques de ces tuyaux urinifères , ou par l’effet des érosions et des phlegmasies qui sont produites dans leur trajet par des calculs rénaux. Ces lésions ont leurs symptômes propres, qui suffisent pour établir le diagnostic de la maladie. Quant aux hémorrhagies idiopathiques des uretères, si elles ont été observées, elles n’ont point été décrites de manière à fournir des signes qui motivent un diagnostic exempt d’incertitude pour les séparer des hémorrhagies des reins.
485. On a assigné comme signe distinctif de l’origine des hématuries dans les reins , que le sang est dans ces cas mêlé aux urines de manière à ne s’en séparer que lentement et difficilement par le repos, et que l’urine reste teinte en rouge et fluide. L’observation nous a montré que ce signe ne mérite pas de confiance; il est d’ailleurs très difficile de bien déterminer la nature du dépôt rougeâtre et grisâtre qui s’opère avec plus ou moins de lenteur dans les urines conservées.
Signes qui se 486. On est fondé à considérer comme idiopathiques
rQpportent a 1h iir * •• i
cause immédiate l^s hemorrhagies des voies urinaires internes, lorsque ces des hématuries. §0 manifestent avec les seuls symptômes
que nous leur avons assignés, surtout si elles surviennent après l’action de causes évidemment propres à les déterminer (474,475).
L’on doit considérer comme des hémorrhagies symptomatiques les hématuries qui surviennent avec les symptômes de la néphrite et du catarrhe vésical , de même que celles qui se manifestent avec les accidents que produit la présence des calculs dans les reins , dans les uretères ou dans la vessie. Les hématuries symptomatiques des carcinomes des reins et de la vessie se distinguent par les symptômes propres de ces hétérosarcoses des voies urinaires profondes. Ce sont aussi les phénomènes séméiologiques propres
DES HÉMATURIES. Îi55
(lu scorbut^ du purpura ^ de la fièvre jaune, des fièvres exanthématiques graves, qui font reconnaître la cause des hématuries qui surviennent secondairement, et presque toujours comme symptôme du plus fâcheux augure dans ces maladies graves.
Art. V. Prognostic des hématuries.