Les hématuries symptomatiques sont toujours des
accidents fort graves dans le scorbut, dans les fièvres exanthématiques, dans les typhus*, de l’avis de tous les praticiens , elles présagent d’ordinaire une terminaison funeste. i
Lorsqu’elles sont produites par des hétérosarcoses des organes urinaires profonds , les hématuries sont très-graves par leur cause , qui les met au-dessus des ressources de l’art *, elles le sont aussi par elles-mêmes , car elles hâtent l’épuisement des malades, qui ne peuvent plus réparer
leurs forces ; elles accélèrent ainsi la mort , dont elles deviennent quelquefois la cause immédiate.
4g 1 . Comme presque toutes les hémorrhagies , les hématuries sont sujettes à récidives. 11 faut s’attendre au retour de lamaladie , si le malade en a déjà été atteint, dès que l’on voit se manifester des prodromes même équivoques
Art. VI. Thérapeutique des hématuries*
Indications Les indications thérapeutiques et les moyens qui
matuiies. S'appliquent à la curation des hémorrhagies en général (i5o etsqq.) sont aussi applicables au traitement des hématuries, en tenant compte du siège de la maladie et des fonctions des organes qu’elle occupe.
4g^. Les hématuries peuvent se lier à un certain degré de pléthore. Dans ce cas , combattre cet élément primordial de l’hémorrhagie des voies urinaires d’après les indications et par les moyens qui lui conviennent ( i56 ) , est la première indication à remplir. L’hémorrhagie des voies urinaires internes se rattache ensuite nécessairement à une hyperaimie ayant son siège sur les reins ou sur la vessie. Le traitement de cette congestion par les émissions sanguines et par les autres moyens appropriés (162) est indiqué , mais il faut modifier le traitement sur ce point de manière à diriger plus immédiatement son action sur le siège du mal. Ainsi les applications de sangsues ou de ventouses scarifiées aux lombes, à l’hypogastre, sur le périnée , évacuent aussi directement que le permet la structure des organes, l’appareil vasculaire des reins et de la vessie. F. Hoffmann a signalé l’utilité des saignées du pied contre les hématuries qui proviennent de la suppression des hémorrhoïdes. Il s’appuie surtout dans ce conseil sur les bons effets de ces saignées dans les coliques qui précèdent les flux de sang intestinaux (397 ). Les excellents effets que nous avons plusieurs fois obtenus de ces saignées contre les-
DES HÉMATURIES. 25^
néphrites et les cystites , nous déterminent à les conseiller aussi avec confiance contre les hématuries.
On obtient également, moins peut-être contre la congestion sanguine que contre l’extravasation du sang, beaucoup d’avantages des applications d’eau froide ou même glacée , sur l’hypogastre, sur le périnée, sur les lombes. On agit dans le même sens avec des bains de siège froids, des lavements froids, des affusions d’eau froide sur les lombes et sur le ventre , etc.
494* Smuker a préconisé contre l’hématurie vésicale l’usage des douches astringentes fraîches, ou même froides, dans la vessie. Quand on connaît les douleurs vives dont s’accompagnent souvent les injections dans la vessie , même lorsqu’elles sont faites avec de l’eau pure, on ne peut s’empêcher de considérer l’usage de cesmoyens comme dangereux-, il l’est encore plus si l’on introduit un topique stimulant et tonique d’une certaine énergie.
4g5. Il importe beaucoup dans les hématuries vésicales d’administrer aux malades une grande quantité de boissons aqueuses, pour rendre les urines plus abondantes etenmême temps moins âcres ; mais il ne faut pas tenter d’obtenir ce résultat par l’administration des diurétiques, et surtout des diurétiques stimulants , tels que la scille , l’aunée , etc.
Les mauvais résultats de l’administration des cantharides et de certaines substances balsamiques qui ont déterminé ou au moins favorisé le développement d’hématuries imposent la loi de s’abstenir dans tous les cas de prescrire ces médicaments -, leur usage externe aurait même de fâcheux effets, par l’action du principe stimulant mis en contact avec la peau et absorbé.
496. La considération des causes des hématuries fournit des indications curatives rationnelles. Ainsi, dans celles de ces hémorrhagies qui surviennent par déviation des menstrues ou par l’extension de la congestion hémorrhoïdale, les émissions sanguines locales à l’anus, à la vulve, 1 , r;
Indications eu ratires des hématuries déduites de leurs causes.
Traitement de la létenlion d’ui n<î dans l’héa( urie.
Curation de l’hématurie chroni-
258 HÉMORRHAGIES DES MÉMBRAIN'ES MUQUEUSES.
sur le périnée, sont indiquées par la cause de la maladie.
L’hématurie symptomatique des phlegmasies des rèins ou de la vessie, comme celle qui se manifeste secondairement à des maladies chroniques du tissu des organes sécréteurs et excréteurs de Furinè , ne peut être guérie ou au moins modérée que par les moyens de traitement appropriés à ces maladies primitives ; toutefois les moyens de traitement de l’hématurie idiopathique trouvent encore dans ces cas un emploi rationnel, puisque ces hématuries symptomatiques ne sont point indépendantes d’un certain degré de congestion sanguine sur les organes où elles se développent par la maladie d’une autre nature qui y siège primitivement.
497* Lorsque l’excrétion des urines se trouve suspendue dans l’hématurie , il faut avoir soin de prévenir les mauvais effets de la présence de ce liquide dans la vessie, en l’extrayant par le cathétérisme , qu’il faudra pratiquer dans ces cas aussi souvent que le nécessitera la réplétion de la vessie qu’il ne faut pas laisser devenir complète; cette opération sera faite avec les plus grandes précautions, pour irriter le moins possible la muqueuse vésicale par le contact des instruments. Il serait très imprudent dans ces cas d’établir une sonde à demeure.
498. Il importe beaucoup chez les sujets affectés d’hématurie d’entretenir la liberté du ventre par l’sidministration des plus doux laxatifs; les purgatifs âcres, et principalement ceux qui agissent sur les gros intestins , comme la gomme gutte, l’aloès, la coloquinte, ne feraient qu’exaspérer la maladie.
499. Quand l’hématurie est chronique , si elle a eu assez d’intensité pour produire un certain degré d’oligaimie, il faut concilier, autant que possible, les indications qui résultent de cet état avec celles qui se rapportent à la présence sur les organes sécréteurs et excréteurs de l’urine d’un certain degré de congestion sanguine ou même de sub-in-
BKS HÉMATURIES. 25g
flammation. C’est dans cette vue que l’on conseille utilement l’administration des eaux ferrugineuses unies aux eaux alcalines. Ces dernières ont d’ailleurs l’avantage , en saturant l’acide urique des urines, de les rendre beaucoup moins stimulantes par leur action topique sur les organes urinifères. Les eaux minérales à la fois ferrugineuses et alcalines de Spa , de Contrexeville , d’Évian , etc. , sont très-utilement conseillées dans ces circonstances. Pendant l’usage de ces moyens, surtout lorsque les récidives de l’hémorrhagie sont^faciles et fréquentes, il faut tenir les malades à un régime très-doux et à l’usage de boissons analeptiques et antiphlogistiques, telles que le lait d’ânesse , le petit lait, la décoction blanche de Sydenham, etc.
5oô. Le traitement préservatif des hématuries s’établit principalement sur la facilité extrême des récidives de ces maladies et sur la connaissance des causes qui peuvent les déterminer et les reproduire ; il n’est point de maladie qui exige plus impérieusement comme thérapeutique prophylactique que le malade se soumette rigoureusement aux règles bien entendues de l’hygiène-, ses aliments doivent être exclusivement choisis parmi les substances nutritives qui n’irritent pas les organes digestifs et qui n’exercent aucune action stimulante immédiate sur l’organisme , ni aucune action excitante sur les organes urinaires-, ainsi le lait, les ïégumes farineux, les viandes blanches , les boissons aqueuses doivent former le régime alimentaire. îl faut en même temps entretenir l’activité de la transpiration cutanée, en se mettant en garde contre le froid et l’humidité et par l’usage fréquent des bains-, il faut interdire l’usage du cheval et même la marche à pied prolongée : tels sont les principaux moyens prophylactiques contre les hémorrhagies des voies urinaires.
Le traitement prophylactique doit être continué pendant un temps assez long-, il convient aussi , comme moyen adjuvant , à ceux qui sont affectés de maladies dont les hématu»
Traitement pro phylartique de hématuries.
Observations sur des urétrohémorrhagies.
260 HÉMORRHAGIES DES 3IEMBRANES MUQUEUSES.
ries peuvent devenir le symptôme^ mais c’est surtout alors d’après les indications que fournissent la nature et Itî siège de l’affection primitive que doit être conçue la méthode thérapeutique , à laquelle le malade doit être soumis.