‹ Traité philosophique de médecine pratiqueChapitre 7 sur 61 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Description générale des symptômes des hémorrhagies.

iQ. Les phénomènes qui se manifestent dans l’économie Symptômes des

, ^ ^ hémorrhagies.

animale, par l’effet d’une hémorrhagie, different essentiellement suivant la période à laquelle la maladie est parvenue, et même suivant les circonstances dans lesquelles elle s’est déclarée. Tous ces phénomènes peuvent être rapportés à quatre conditions ou états morbides qui se distinguent par des symptômes particuliers relativement aux différentes périodes dans lesquelles les hémorrhagies s’offrent à l’observateur. Ces conditions morbides élémentaires , que nous devons décrire successivement avant d’indiquer comment elles se combinent , pour constituer un seul état morbide , sont la polyaimie ^, ou l’état pléthorique général, ou l’état fluxionnaire *, 2® l’hyperaimie , ou la congestion sanguine locale ; 3^ l’extravasation sanguine , ou l’hémorrhagie proprement dite -, 4® L’oligaimie,, ou l’anaimie. De ces états morbides, les deux premiers sont souvent les prodromes de la maladie -, le dernier n’en est jamais que la suite.

' Hémorrhagie, hœmorrhagîa , aifjLoppoiylo^, de sangais, sang, et

p:oyvuiu ou pioyu , rumpo ou frango romps, je brise. Cette étymologie entraîne ridée d’une expulsion violente du sang. Les anciens , pour exprimer l’issue du sang en petite quantité et d’une manière lente, se servaient du mot hœmorrhois ou hœmorrkoiüy (/.ipoppotix, (Hipp, coacœ prœnot,, n° 632.)

^ Fernel est le premier qui ait attribué cette désignation à la pléthore vraie ,

( Tr, path. , ch. xiv. )

DESCRIPTION GÉNÉRALE

la pléthore.

Définition de 20. La pléthoTo générale, que nous désignons aussi sous lapiethore. [e noiu d’état fluxionnaire ou de polyaimie, se caractérise

par l’apparence d’une surabondance de sang dans les vaisseaux , ou d’une action exagérée de tout l’appareil circulatoire à sang rouge.

La pléthore est à peine un état morbide chez les individus d’un tempérament sanguin prononcé», elle se manifeste tantôt lentement, tantôt presque subitement, chez les sujets de tout âge , mais plus souvent et plus facilement chez les jeunes gens d’une constitution forte , principalement chez les femmes.

Symptômes de 21. Les symp|ômes de la polyaimie^sont un certain degré d’injection des capillaires de la face, et même de la peau de tout le corps -, l’injection des conjonctives , une pesanteur de tête presque continue , qui augmente dans les mouvements du corps , surtout lorsque l’on incline la tête en avant-, il y a des bourdonnements dans les oreilles, qui augmentent par la marche précipitée-, il survient de temps en temps , ordinairement après les mouvements brusques , des vertiges fugaces ; les veines sous-cutanées sont tuméfiées et très-apparentes -, on ressent de temps en temps sur tout le corps, ou quelquefois seulement aux extrémités, de la formication , qui augmente surtout quand on se trouve dans un lieu chaud et pendant la nuit, et qui s’accompagne souvent de cet état d’agitation qui ne permet pas de rester en place, qu’on a appelé dans les membres. La peau est sèche, chaude-, elle devient instantanément moite, souvent plusieurs fois par jour, sans qu’il s’établisse pour cela delà sueur. L’on a de la disposition au sommeil, de l’inaptitude au mouvement et aux travaux intellectuels ^ cependant le sommeil est agité, troublé par des songes pénibles. Pendant la digestion , l’accablement et la disposition au sommeil sont plus grands. Le pouls est souvent plein et large , et lors même qu’il ne semble pas plus développé que dans l’état sain , la diastole artérielle , con-

DES hémorrhagies, 2 5

statée à rexploration du pouls radial, se fait avec force et ne s'affaisse pas complètement sous la pression. Chez quelques sujets, le cœur bat avec une plus grande vigueur que dans l'état ordinaire*, dans le plus grand nombre de ces cas, il y a des palpitations passagères qui se reproduisent

dans les mouvements rapides.

22. La pléthore dure souvent pendant plusieurs semaines avec la même intensité *, mais le plus ordinairement les accidents ont des alternatives de disparition et de retour , sur lesquelles les variations thermométriques et météorologiques ont une grande influence.

Page 1