‹ Traité physiologie considérée comme science d'observation (volume 2)Chapitre 19 sur 89 · VI · texte numérisé non relu

VI

abondant et gris verdâlre; la liqueur filtrée est d'un jaune pâle , et ne se coagule point par l'addition de l'alcool .

Le sang pur s'épaissit promptement à la chaleur, puis s'y dessèche , et se convertit, ou en une masse solide, d'un brun foncé , ou, si on l'a remué sans cesse , en une poudre noirâtre , qui paraît grasse au toucher, n'éprouve aucun changement dans les vases clos , s'humecte^un peu à l'air, et se couvre , au bout de quelques mois , d'une elllorescence de carbonate de soude. Si l'on opère cette coagulation à l'aide d'une douce chaleur, dans un appareil distillaloire , il passe un liquide aqueux , qui répand une faible odeur animale , se coagule à une chaleur plus élevée , ne tarde pas à se putréfier lorsqu'on le conserve, dépose des flocons , et verdit le sirop de violette. Ce liquide est sans doute identique avec la vapeur qui se dégage du sang à la température ordinaire ( § 667 , 2°).

6° A une plus forte chaleur, le sang coagulé sec entre en fusion, se boursoufle , répand des vapeurs grises, qui ont l'odeur de la corne brûlée , et brûle avec une flamme brillante. Le charbon qui reste est brillant , noir et difficile à incinérer ; d'abord dense et solide , il devient , par les progrès de la combustion, spongieux, très-léger et facile à écraser. La cendre est d'un jaune rougeâtre : elle contient du phosphate , de l'hydrochlorate et du carbonate de soude , du phosphate et du carbonate de chaux, du phosphate de magnésie , du phosphate de fer, quelquefois aussi des traces de manganèse et de silice. Si la combustion a lieu dans un appareil distillaloire , indépendamment du gaz acide carbonique, qui peut déjà s'être développé avant la combustion , on obtient les produits volatils de la décomposition , du gaz hydrogène carboné et du gaz hydrogène sulfuré; de l'ammoniaque , provevenant de la combinaison de l'hydrogène avec l'azote ; de l'acide hydrocyanique , composé d'azote, d'hydrogène et de carbone ; de l'huile empyreumatique , qui est en partie rouge et légère, en partie noire et épaisse , et qui diffère de l'huile végétale par le phosphore et l'azote qu'elle contient , comme aussi par la grande facilité avec laquelle elle s'altère à l'air et à la lumière. Si l'on brûle du sang desséché avec de la potasse, l'acide hydrocyanique qui se produit est fixé par cette der-

CHANGEMENS PROVOQUÉS DANS IE SANG. 5l

nière , en même temps qu'il se combine arec le fer, de sorte que la dissolution aqueuse (lessive du sang) contient, entre autres sols, du cyanure de potassium et de fer.

Suivant Krimer (1) , le sang frais , soumis à la distillation , donne beaucoup de gaz acide carbonique et peu d'ammoniaque, tandis qu'on obtient du sang putréfié beaucoup d'ammoniaque , avec laquelle l'acide carbonique est combiné.

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