DE LA VIE
de la vie , et que c'est précisément dans la sphère morale qu'il est, proportion gardée , le moins essentiel.
2° àous montrerons plus tard qu'il n'y a pas de différence absolue entre l'inanimé et ranimé, et que tous deux sont simplement des formes d'une seule et même vie. L'antagonisme qui existe entre eux ne peut donc point être un abîme , une séparation absolue. Chacune de ces deux directions de la vie ne se manifeste dans toute sa pureté que là où elle est concentrée en un seul foyer; car, sur les limites de l'organisme et dans le conflit avec les objets du dehors , ce que chacune d'elles a de particulier est restreint par l'influence de l'autre direction. Il y a donc, outre le centre de chaque sphère, une périphérie , qui sert d'intermédiaire pour éteindre en quelque sorte l'antagonisme intérieur, sans que pour cela elle abjure le caractère de sa sphère spéciale ; et comme il ne peut point y avoir de centre sans périphérie, comme la vie propre ne peut s'exercer et se maintenir que par le conflit avec les choses extérieures , ces intermédiaires , quoique subordonnés, n'en sont cependant pas moins essentiels. Ainsi le dehors ou l'échafaudage del'àme est contenu dans son support, mais principalement dans les nerfs des sens et des muscles, de sorte qu'il se mêle toujours à l'activité animale quelque chose à quoi ne prennent part ni la conscience ni la volonté. De même , la vie morale pénètre dans la vie végétative , là où celle-ci entre en conflit avec le monde extérieur, puisque le commencement et la fin des opérations matérielles de la vie , l'ingestion et l'éjection , sont accompagnés de sentiment et de volonté. Cette séparation de chaque sphère s'annonce , dans la formation organique, dès les premiers rudimens de l'embryon , puisque le feuillet séreux se développe en une partie centrale et une autre périphérique (§§ 419 , 425), puisque le feuillet interne de la membrane proligère se partage en feuillet vasculaire (§ 440) et feuillet muqueux (§ 436).
3° Le côté animal est le noyau proprement dit de la vie ; mais il ne peut entrer en action et arriver à son plein développement qu'à la condition de pousser des racines dans le monde extérieur et d'y prendre un point d'appui par le moyen de la vie végétative. Ainsi les organes de la vie animale sont