‹ Traité physiologie considérée comme science d'observation (volume 2)Chapitre 2 sur 89 · DE LA VIE · texte numérisé non relu

DE LA VIE

pendance de notre volonté , qui ne peuvent point cire déterminées par elle , dont nous n'avons même pas la conscience , et dont il n'y a que les effets qui soient susceptibles de tomber sous les sens , de sorte que nous les distinguons mieux chez d'autres que chez nous-mêmes. Ici la vie consiste en un conflit des différentes parties et substances du corps les unes avec les autres et avec les objets du dehors, qui fait que l'organisme apparaît immédiatement comme chose subsistante dans le monde extérieur ; là c'est un conflit de forces intérieures les unes avec les autres et avec les forces de l'univers , qui fait que nous subsistons comme unité dans notre propre intérieur. Cet antagonisme est déjà exprimé , dès les premiers momens de la vie embryonnaire, par la scission de la membrane proligère en deux feuillets ( § 417 , 8°) , dont le développement produit les deux systèmes organiques assignés aux deux directions de la vie. Mais le règne organique nous offre , d'un côté , des êtres dont la vie tend uniquement à la permanence extérieure , les végétaux ; d'un autre côté , des êtres dont les manifestations annoncent la concentration à l'intérieur et l'unité de la vie , les animaux et l'homme. De là nous donnons aux deux directions de la vie qui sont réunies en nOUS les épithètes de végétative et d'animale (ad animant per~ tinens), ou d'inanimée et d'animée. On pourrait aussi les appeler vie extérieure et vie intérieure, si les idées d'intérieur et d'extérieur n'étaient relatives et par cela même susceptibles de donner lieu à de fausses interprétations. 11 ne serait pas convenable d'employer l'épithète de plastique pour désigner la vie inanimée ; car, bien qu'elle ait pour tendance principale de faire naître des productions matérielles , elle embrasse cependant aussi des phénomènes dynamiques, tels que la production de chaleur et d'électricité. En l'appelant automatique , on ne fait que se conformer à l'usage vulgaire , puisque le nom d'automate ne s'applique précisément qu'à ce qui n'a que l'apparence de la vie automatique, c'est-à-dire de l'être agissant d'après une impulsion propre. Mais, de toutes les dénominations, la plus inconvenante pour désigner la vie animée, est celle de vie des relations extérieures , puisque le conflit

avec les choses du dehors appartient aux deux directions

Page 1