I. La petite circulation est un appendice de la grande
1° La petite circulation est une partie du système vasculaire veineux.
Chez les Acéphales testacés., une portion du sang des veines du corps retourne immédiatement aux oreillettes ;la plus grande partie parcourt les branchies, et revient aux oreillettes.
2° La petite circulation est une partie du système vasculaire artériel.
Dans les Protéides , parmi les Reptiles nus , et chez les autres Reptiles nus à l'état de larve , les artères branchiales sont des branches des arcs de l'aorte, et ceux-ci reçoivent les veines branchiales , comme autant d'autres branches.
3° La petite circulation est une partie du système vasculaire artériel et veineux.
a. Chez les Reptiles nus, les artères pulmonaires sont des branches de l'aorte , et les veines pulmonaires des branches des veines du corps. Il y a un ventricule , une oreillette.
b. Chez les Reptiles écailleux, les artères pulmonaires partent du tronc arlérieux ou du ventricule lui-même, avec les autres artères ; les veines des branchies et du corps se réunissent en deux oreillettes distinctes du ventricule , qui est simple .
II. La petite circulation fait antagonisme à la grande. 4° La petite circulation naît des veines du corps et retourne au cœur.
C'est le cas des Mollusques , notamment des Acéphales nus et des Gastéropodes , et, parmi les Crustacés, des Décapodes.
a. Chez les Acéphales nus (Ascidies, Biphores), les veines du corps deviennent l'artère branchiale , et la veine branchiale aboutit au cœur aortique simple. Il en est de même chez les Décapodes.
b. Chez les Gastéropodes , il y a une ou deux oreillettes à l'embouchure des veines branchiales dans le cœur aortique,
1 8ô CIRCULATION DES ANIMAUX VERTÉBRÉS.
5° La petite circulation naît du tronc artériel et y retourne.
Chez les Poissons, le tronc artérieux du ventricule simple devient les artères branchiales, et les veines branchiales forment le tronc des artères du corps.
6° La petite circulation naît du ventricule pulmonaire , et retourne au ventricule de la grande ; celle-ci revient au ventricule pulmonaire.
a. Dans les Céphalopodes , les veines du corps aboutissent aux deux cœurs branchiaux , qui fournissent les artères branchiales. Les veines branchiales se rendent au cœur aortique. Ces trois cœurs sont encore séparés l'un de l'autre , et privés d'oreillettes.
h. Chez les Oiseaux , les Mammifères et l'homme, il y a un ventricule pulmonaire et un ventricule aortique, tous deux munis d'une oreillette. Ces cœurs forment un tout réuni. L'artère pulmonaire naît seule du ventricule pulmonaire; les veines pulmonaires s'abouchent dans l'oreillette du ventricule aortique , et les veines du corps aboutissent à celle du ventricule pulmonaire.
B. Animaux vertébrés.
§ 696. Le cœur des Poissons a une oreillette pour recevoir les veines du corps , et un ventricule d'où le tronc artérieux naît par un bulbe contractile. Le tronc artérieux ne donne naissance qu'aux seules artères branchiales. Cette conformation paraît différer extraordinairement de celle des animaux pulmonés ; mais nous avons occasion , dans la classe des Reptiles , d'observer le passage de Tune des formes de la circulation à l'autre : nous y trouvons de quoi nous justifier d'appeler tronc artérieux la principale artère qui naît du ventricule des Poissons , au lieu de la nommer, avec les uns, artère branchiale , avec les autres aorte. La classe des Reptiles se divise en deux sections , qui diffèrent tant sous le point de vue de la vestiture , que sous celui de toutes les dispositions anatomiques , mais surtout eu égard au mode de la circulation ; ces deux sections sont celles des Reptiles nus et des Reptiles éeailleux.
CIRCULATION DES ANIMAUX VERTÉMlÉS. l8l
Les premiers ont, comme les Poissons, un ventricule et une oreillette ; ils ont un double condyle occipital , sont dépourvus de véritables côtes, manquent de limaçon, n'ont que la fenêtre ovale , et sont privés de pénis. Tous ont des poumons et des branchies pendant leur vie entière, ou subissent des métamorphoses, et possèdent d'abord des branchies, qui , plus tard , l'ont place à des poumons. On range parmi eux les Batraciens, les Salamandrides, les Protéides (Protée, Sirène , Axolotl et Ménobranche ) , les Dérotrémates ( Amphiuma et Menopoma) , qui, pendant toute leur vie, présentent des trous branchiaux au cou , sans branchies , enfin les Cécilies. En effet, j'ai découvert tout récemment , sur une jeune Cœcilia hypocyanea } longue de quatre pouces et demi, et qui existe dans le musée de Leyde , qu'outre les caractères anatomiques énoncés plus haut , les Cécilies ont aussi pendant leur jeunesse des branchies internes et un trou branchial de chaque côté , tandis que j'avais en même temps sous les yeux un individu plus âgé , de la même espèce , chez lequel les trous branchiaux manquaient.
Les Reptiles écailleux, comprenant les Chéloniens , les Crocodiles , les Sauriens et les vrais Ophidiens , comme autant d'ordres distincts , ont des caractères anatomiques tout différens, et offrent précisément le contraire des Reptiles nus. Tous ont deux oreillettes, avec un seul ventricule, un condyle occipital simple, de véritables côtes, un limaçon et deux fenêtres dans l'organe auditif (1) , enfin un ou deux pénis.
Les Oiseaux , les Mammifères et l'homme possèdent enfin non seulement deux oreillettes pour les veines du corps et celles des poumons , comme les Reptiles écailleux , mais en^ core deux ventricules, l'un pulmonaire et l'autre aortique.
Passons maintenant aux détails de la circulation.