VI. l
par exemplp dans l'arachnoïde ( comme le prouve une préparation existante à lieidelberg) , ou dans la cornée transparente. Cependant il serait possible que les vaisseaux fussent redevables de leur formation à la phlcgmasic, comme il l'est aussi qu'ils existent dans l'étal normal, mais pleins seulement de sérosité sanguine et trop grêles pour admettre l'injection. L'exemple de la CQnjpnciive est plus décisif; car des vaisseaux charriant du sang ne lardent pas à s'y manifester toutes les fois qu'elle éprouve une irritation quelconque. On a prétendu que le sang qui devient alors visible était de nouvelle formation, ou que les courans voisins l'avaient envoyé dans le parenchyme ramolli de la membrane, dépourvue par ellemême de vaisseaux (1). Cependant la formation du sang et le ramollissement du parenchyme peuvent fort bien être la conséquence et non le commencement de l'inflammation. Si les irritations mécaniques et chimiques les plus variées déterminaient la formation de nouveau sang , et que celle formation eût lieu instantanément , un champ tout neuf s'ouvrirait pour la médecine ; mais c'est une hypothèse inadmissible aujourd'hui. Quant à ce qui concerne les vaisseaux capillaires de la conjonctive , on peut les injecter sur un œil qui était parfaitement sain; car Eble (2) en a très-bien décrit et figuVé l'origine et la marche , et comme ils ne contiennent point de sang pendant la vie , ce seul fait démontre ici l'existence de vaisseaux séreux. On remarque quelquefois à la conjonctive des taches brunâtres ou rouges, semblables à des îles, et qui sont sans connexions avec aucun vaisseau; mais ce phénomène s'explique aussi par du sang amené ; car les globules du sang , qui passent un à un dans les capillaires à l'état normal, peuvent s'accumuler dansceux dont l'irritation a augmenté le calibre , et donjier lieu de celte manière à une rougeur.
3° Les vaisseaux les plus superficiels de la peau ne charrient que de la sérosité sanguine; car, lorsqu'on enlève 1'épiderme avec circonspection, il s'écoule du sérum, qui n'était pas accumulé auparavant sur ce point , et , si l'incision est plus
(1) D'après Moyen, dans Isis , 1828, p. 405.
(2) Ucber den Bau und die Kranliheiten der Bindohaut des Anges, p. 40 , fig- 7-8.
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profonde, te sang paraît. Les ulcères atoniqucs exhalent souvent du sérum pur ; un peu d'irritation fait qu'ils suintent du sérum sanguinolent , et si l'irritation est portée plus loin , du sang pur s'en écoule. D'un autre côté, dans les plaies récentes, les vaisseaux capillaires divisés fournissent d'abord du sang, puis, au bout de quelques heures, une sérosité sanguinolente , et plus tard encore de la sérosité limpide. Ainsi le sang rouge pénètre dans des capillaires destinés à ne charrier que de la sérosité sanguine , toutes les fois que l'afflux du sang augmente, et d'autres qui contiennent habituellement du sang rouge n'admettent plus que la sérosité , quand la pression atmosphérique combat l'affluencc du sang. C'est donc l'état de la vie qui règle le contenu des capillaires , eu égard à la sérosité et aux globules, et Ton ne tomberait dans l'erreur que si l'on voulait établir des limites trop tranchées , en considérant les vaisseaux séreux comme un ordre de conduits à part.
III. En observant la circulation au microscope , 4° On remarque constamment des courans sanguins qui consistent en des séries simples de globules , qui par conséquent sont incolores , et ne peuvent être vus à l'œil nu. Si maintenant on admet, [comme Senac l'avait déjà fait (1), que les vaisseaux séreux , envisagés dans l'acception la plus générale du mot, sont des capillaires ordinairement incolores et par cela même invisibles, mais susceptibles , quand l'afflux du sang augmente, d'admettre ce liquide et de paraître rouges, leur existence est prouvée.
5° Suivant la remarque de Wedemeyer (2) , à mesure que le diamètre des vaisseaux capillaires s'affaiblit , la quantité de sérosité sanguine augmente dans leur intérieur1, et celle des globules diminue, de sorte que, comme l'a fait voir Muller (3), ceux-ci marchent isolés et à la suite les uns des autres dans les courans les plus exigus. D'après cela, il est non seulement possible , mais même vraisemblable , qu'il y ait des courans
(4) Loc. cit., t. n , p. 474.
(2) Meckel, Archiv fuer Anutomic , 1828, p. 346.
(3) VM„ 4829, p. 180.
plus déliés encore , qui habituellement ne contiennent pas de globules du tout, et qu'on ne voie point, parce que la sérosité sanguine qu'ils renferment est transparente et incolore.
6° Mais on a réellement aperçu de pareils courans , libres, au moins momentanément, de globules du sang. Haller (1) a observé que les capillaires artériels cessent quelquefois de charrier des globules , sans pour cela disparaître, et Wedemeyer (2) a vu qu'ils n'en conservaient pas moins leur capacité antérieure, de sorte qu'ils doivent être pleins de sérosité sanguine. Ce dernier a fréquemment remarqué (3) des capillaires , indiqués par deux lignes , qui étaient si étroits que , quand un globule se présentait à leur orifice, il y demeurait arrêté , puis se trouvait au bout de quelque temps entraîné par le courant ; mais parfois aussi ce globule y entrait pour ainsi dire de force, après quoi d'autres le suivaient, de manière que le vaisseau séreux devenait dès-lors un capillaire sanguin. Ce qui convainquit Wedemeyer de l'existence de la sérosité sanguine dans les vaisseaux qui ne charriaient point de globules , c'est que, quand il les vidait, en faisant périr l'animal d'hémorrhagie , ou en les frottant avec un pinceau , ils s'affaissaient , et ne paraissaient plus que comme des stries de tissu cellulaire condensé (4).
(Dans les capillaires les plus déliés, les globules ne passent qu'un à un , et avec des interruptions , de sorte qu'on peut compter les momens qui s'écoulent entre les passages de ces corps isolés. Tantôt ils se succèdent avec rapidité , tantôt ils n'arrivent qu'à d'assez grands intervalles; telle gouttière ne présente pendant quelque temps que de la sérosité sanguine, puis tout à coup on y aperçoit des globules à la suite les uns des autres. Sans globules, les courans sont incolores, transparens ; avec des globules isolés , ils paraissent d'un jaunâtre pâle , sans perdre leur transparence ; beaucoup de globules les rendent rougeâtres , et si les vaisseaux ont plus de calibre, ils prennent alors une teinte rouge.
(1) Opéra minora , t. I , p. 88.
(2) Untersuchunyen uober den Krcislauf, p. 203.
(3) Ibid., p. 205.
(4) Ibid., p. 284.
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11 sera question plus loin des vaisseaux capillaires de la cornée transparente, de la capsule cristalline et du corps vitré ; mais on se demande si ces parties transparentes charrient du sang complet ou seulement de la sérosité sanguine. Il est prouvé d'abord que ce sont, non des vaisseaux particuliers, mais seulement des branches de vaisseaux sanguins , et que, même dans l'état de santé, la paroi postérieure delà capsule cristalline a des vaisseaux qui charrient du sang rouge. On peut s'en convaincre dans les Veaux et les Bœufs, en ouvrant avec circonspection , sur le côté et en arrière , un grand nombre d'yeux de ces animaux ; il arrivera souvent qu'on trouvera non seulement l'artère centrale du corps vitré, mais encore les ramifications qu'elle envoie à la paroi postérieure de la capsule cristalline , pleines de sang , et il ne sera même pas nécessaire de recourir à la loupe pour s'en assurer. Il ne suit pas de là que tous les vaisseaux capillaires des parties transparentes de l'œil admettent le sang rouge ; il pourrait fort bien se faire que les plus déliés d'entre eux ne fussent accessibles qu'à la sérosité sanguine transparente. Dans certaines parties transparentes d'animaux vivans, on n'aperçoit pas d'autres vaisseaux capillaires que ceux qui charrient des globules , quoique , dans les plus petits d'entre eux, ces derniers ne se succèdent fréquemment qu'à de longs intervalles et avec des interruptions. Mais, ce qu'il y a de certain , c'est que , dans aucune partie , il n'y ; a d'autres vaisseaux que des capillaires et des lymphatiques, et que les vaisseaux admis par les anciens , remis en vogue ipar quelques pathologistes modernes, sous les noms de vasa serosa, seroso-lymphatica, arterioso-lymphatica, etc., doivent 1 être relégués parmi les fables , avec les ,vis, les suçoirs , les ] pompes et les extrémités béantes de vaisseaux, dont on s'a- 1 musait dans l'antiquité) (1).