‹ Traité physiologie considérée comme science d'observation (volume 2)Chapitre 52 sur 89 · ACTION DU COEUR SUR LES VAISSEAUX CAPILLAIRES · texte numérisé non relu

ACTION DU COEUR SUR LES VAISSEAUX CAPILLAIRES

§ 721. Le mouvement du sang dans les vaisseaux capillaires dépend du choc du cœur.

I. En effet , la même quantité de sang que les artères ont reçue du cœur, doit être chassée par elles, jusqu'au prochain choc de cet organe , dans les vaisseaux capillaires , où elle est obligée de suivre la même direction.

1° Voilà pourquoi la circulation est rémittente dans un vaisseau où l'impulsion du cœur se fait sentir avec trop peu de force pour que le choc qui résulte de sa systole puisse continuer d'agir encore pendant sa diastole. Dœllinger (1) a vu , sur des embryons de Poissons , que le choc du cœur se transmettait à l'aorte à travers même les vaisseaux capillaires des branchies , de sorte que le courant avait un type rémittent dans cette artère , tandis que , par les progrès du développement, et lorsque la force musculaire du cœur s'accroît, il devient continu. Spallanzani (2) et Wedemeyer (3) ont vu , dans les capillaires d'animaux adultes, la circulation continue devenir rémittente ou même intermittente , c'est-à-dire se ralentir ou s'arrêter, pendant la diastole du cœur, lorsque celuici perdait de sa vigueur (§ 714).

2° En général, il y a harmonie entre la circulation dans les vaisseaux capillaires et la force des battemens du cœur. Lorsque ceux-ci deviennent tout à coup plus forts ou plus faibles, on voit aussi , d'après Wedemeyer (4) , l'autre subir une modification correspondante.

3° Aussi la circulation est-elle plus rapide dans les vaisseaux capillaires les plus rapprochés du cœur. Dœllinger (5'

(1) Dcnkschriften der Akademie zu Muennchen ', t. VII, p. 215.

(2) Loc. cit., p. 160 , 242.

(3) Untersuchungen ueder den Krcislauf, p. 212.

(4) Loc. cit., p. 208.

(5) Loc, cit., p. 210.

CAUSES DU MOUVEMENT DU SANG. SoO,

a reconnu que les séries simples de globules du sang se mouvaient avec plus de vélocité lorsqu'elles sortaient d'un courant artériel animé d'une impulsion un peu plus forte.

4° D'après les observations de J. Muller (1), le courant s'arrête presque instantanément dans les capillaires après la ligature de l'artère , et l'on n'observe plus alors qu'une oscillation lente , due à la pression des parois , qui cesse elle-même bientôt. Mais , quand on coupe une partie, le sang continue de marcher par la force impulsive qu'il a reçue du cœur et par la pression des parois, et il s'épanche par l'orifice des veines ouvertes.

II. C'est aussi le cœur qui détermine le sang à passer des artères dans les veines. Le courant sanguin forme une colonne non interrompue dans les artères : le choc que lui imprime chaque ondée venant du cœur est trop puissant pour ne pas s'étendre jusqu'au-delà des capillaires , et cet eftèt doit d'autant mieux avoir lieu, non seulement que, au-delà des capillaires, le courant est interrompu par des valvules, et qu'en conséquence des vides se forment quand il continue de cheminer dans les veines , mais encore que le courant veineux surpasse le courant artériel en capacité , et que les veines sont plus minces , plus flasques , plus flexibles que les artères. Comme le sang poussé par le cœur dans les capillaires y arrive à travers les artères , 'qui sont étroites et pourvues d'épaisses parois, et qu'il ne rencontre pas la même résistance dans les veines, il doit nécessairement passer dans ces vaisseaux , et l'uniformité , la régularité de la circulation ne peuvent avoir lieu qu'autant qu'une quantité de sang égale à celle dont chaque systole du cœur détermine la propulsion , s'écoule dans les veines pendant l'intervalle de temps compris entre cette systole et celle qui y succède immédiatement. Les faits rapportés précédemment (§ 704, I) viennent en partie à l'appui de cette théorie , mais plus encore ceux qui seront cités tout à l'heure (§ 722). Du reste , Haies en a donné la démonstration par l'expérience suivante. Il avait trouvé que la pression à laquelle le sang est soumis dans les artères (§ 726),

(1) Iris, 1824, p. 282.

5lO CAUSES DU MOUVEMENT DU SANG.

égale , chez le Chien, celle d'une colonne d'eau haute de quatre pieds et demi ; or, toutes les fois qu'il introduisait dans le bout supérieur de la carotide d'un Chien un tube de verre haui de quatre pieds et demi et tenu continuellement plein d'eau chaude , de manière que ce liquide fût chassé du côté de la téte , l'eau revenait , mêlée avec du sang , par la veine jugulaire. Ainsi une pression égale à celle que le sang subit dans les artères suffisait pour le faire passer dans les veines à travers les vaisseaux capillaires , et y entretenir sa progression.

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