‹ Traité physiologie considérée comme science d'observation (volume 2)Chapitre 70 sur 89 · VI. De ces expériences il résulte donc que des substances · texte numérisé non relu

VI. De ces expériences il résulte donc que des substances

(1) Scheel , loc. cit., t. II , p. 207.

(2) Dieffenbach, loc. cit., p. 49-55.

(3) Scheel , loc. cit., 1. 1, p. 193.

(4) Journal de Magendie , 1. 1 , p. 166 , 242,

(5) Loc. cit., p. 173.

(6) Loc, cit., p. 70. \.

4*0 EFFETS DU SANG SDR i/oRGANISME.

aptes à maintenir la vie , ou qui du moins se montrent indifférentes à son égard , peuvent , lorsqu'elles sont portées immédiatement, et en grande quantité , dans le sang du système de la veine cave , arrêter la respiration et la circulation pulmonaire , de sorte qu'il n'arrive plus de sang du tout dans le cœur gauche et le système aorlique, ou du moins que ce liquide y parvienne peu abondant et noir , et que par consé • quent la vie des dilférens organes soit abolie. Mais c'est surtout à travers les vaisseaux capillaires d'un organe quelconque que ces substances , introduites en grande quantité , passent difficilement , ou même ne passent point du tout. Le phénomène peut tenir à des causes mécaniques, puisque toutes traversent aisément les capillaires sur le cadavre , et que plusieurs sont celles que nous employons avec le plus d'avantage pour nos injections. Une constriction vivante des vaisseaux capillaires contribuerait plutôt, une fois qu'elles auraient pénétré dans ce système , à les pousser plus loin qu'à les arrêter, et d'ailleurs cette constriction n'est jamais tellement complète , qu'il soit impossible à de l'air ou à du mercure de passer d'un autre côté. Si les capillaires étaient dilatés par un effet de paralysie , l'impulsion des artères et la succion des veines les viderait. Il ne nous reste donc d'autre ressource que d'admettre entre ces substances étrangères et les organes un rapport qui ne permet pas qu'elles soient attirées et repoussées ( § 758 ), de sorte que, quand elles prédominent dans le sang , elles enraient la circulation.

Nous expliquons aussi par là les effets d'un sang étranger ( § 743 , II ). Quand bien même ce sang proviendrait d'un individu de la même espèce , il n'est cependant pas un produit de l'organisme propre , par conséquent il entre en contact avec des organes qui ne sont point de la même lignée que lui , il n'est pas susceptible de se mettre convenablement en conflit avec eux , et il ne passe point avec facilité à travers les vaisseaux capillaires, ceuxsurloutdes poumons. Le même cas a lieu, et encore bien plus prononcé, lorsqu'il s'agit de la transfusion d'un sang provenant d'un individu qui appartient à un autre genre , et surtout à une classe différente. Les effets d'un sang étranger ne deviennent intelligibles pour nous qu'autant

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que nous admettons, entre le sang et les parties solides , un rapport mutuel , un conflit fondé sur ce qu'ils sont les produits d'une seule et même vie. Les Oiseaux meurent quand du sang de Mammifère pénètre dans leurs veines , et la mort, suivant Prévost et Dumas, est alors aussi prompte qu'après un empoisonnement : la substance de ce sang ne saurait êlre assez hétérogène à la composition de leur corps pour pouvoir agir comme poison , car beaucoup d'Oiseaux de proie vivent de la chair et du sang des Mammifères, et plusieurs autres, tels que les Canards , supportent ce genre de nourriture sans en être incommodés. Le volume et la forme des globules du sang ne peuvent constituer un obstacle mécanique, puisque, d'après Prévost et Dumas, les globules des Oiseaux sont de même largeur ou même plus larges , et toujours plus longs ( § 664 , 7°), que ceux de la plupart des Mammifères. On ne concevrait pas non plus que les globules également larges ou plus étroits d'un Mammifère s'arrêtassent dans les vaisseaux capillaires d'un Oiseau, uniquement parce qu'ils sont circulaires , au lieu d'être elliptiques. Les expériences de Dieflenbach nous apprennent que les Oiseaux supportent moins bien encore le sang d'autres Oiseaux, qui ne les ranime point après une hémorrhagie épuisante ; ce dernier phénomène peut certainement tenir à ce que , chez ces animaux, l'irritabilité en général et celle du cœur en particulier s'éteignent avec une grande promptitude ( § 626 , 2° ) ; cependant il serait possible qu'on dût mettre aussi au nombre des causes coopérantes , chez les Oiseaux et chez les autres animaux ovipares , cette circonstance que , pendant la vie embryonnaire , ils ne forment leur sang qu'aux dépens des produits sécrétoires de la mère , avec le concours de l'eau et de l'air , tandis que l'embryon des Mammifères forme le sien avec le sang maternel lui-même , entre lequel et son propre sang il y a conflit et réaction dans l'intérieur du placenta.

Quoi qu'il en soit, nous trouvons des faits qui annoncent un obstacle à ce que le sang étranger traverse les vaisseaux capillaires des poumons. Blundell (1) a vu, chez un Chien, dont

(1) Loc. cit., p. 75.

il avait entretenu la vie pendant trois semaines parla transfusion du sang de Chien , le cœur droit dilaté à un point extraordinaire. D'autres Chiens que la transfusion n'avait pas ranimés après une hémorrhagie épuisante (1) , lui ont offert , comme aussi à Dieffenbach , le cœur droit distendu par du sang caillé et le cœur gauche vide. La même chose avait lieu chez un Chien que du sang humain avait rappelé à la vie , mais dont la respiration était demeurée stertoreuse , et qui succomba au bout d'une heure (2). Après avoir injecté du sang de Limaçon à un Lièvre, Gaspard observa une accélération de la respiration , et la mort étant survenue douze heures après , on découvrit des traces d'inflammation sur plusieurs points de l'étendue des poumons (3).

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