III. Parmi les liquides animaux
4° Le lait paraît être le moins nuisible. Gaspard en injecta six gros à un Chien, sans remarquer aucun dérangement dans la santé (1). Un Chien auquel Lower avait infusé une demilivre de lait, fut pris, une demi-heure après, de gêne dans la respiration et de batlemens de cœur, auxquels succéda la mort (2).
5° De la salive , de la bile , de l'urine et du sperme ont été injectés par Courten (3), Nysten (4) et Gaspard (5). L'agitation et la difficulté de respirer furent les accidens ordinaires. L'urine injectée dans la carotide ne tue, suivant Nysten, que par la compression qu'éprouve le cerveau.
6° Après avoir injecté de la graisse de Chapon dans les veines d'un Chien, Gaspard observa une respiration stertoreuse et difficile , avec des symptômes de pneumonie. Il vit , en outre , l'asphyxie survenir une demi-heure après l'injection d'une demi-once d'onguent mercuriel , et trouva une masse visqueuse noirâtre tant dans le cœur droit que dans les extrémités de l'artère pulmonaire (6).
, IV. Parmi les substances végétales,
1° Courten (7), Magendie (8), Gaspard (9) etHertwich (40) ont injecté de l'huile grasse à des Chiens , à des Chevaux et à des Renards , dans les veines jugulaires; la respiration devint toujours pénible, souvent stertoreuse, quelquefois accompagnée d'une expectoration visqueuse et sanguinolente. De fortes doses occasionèrent la mort avec promptitude, fréquemment au bout de quelques instans. Les poumons étaient gorgés de sang, et de l'huile se trouvait mêlée avec celui qui remplissait les dernières ramifications de l'artère pulmonaire. Le
(1) Journal de Magendie, 1. 1, p. 178.
(2) Scheel , loc cit., t. I , p. 46.
(3) Ibid., p. 184.
(4) Loc. cit., p. 162.
(5) Dieffenbach, loc cit., p. 175.
(6) Journal de Magendie , t. I , p. 17i5.
(7) Scheel , loc cit., 1. 1 , p. 183.
(8) Journal de physiologie , t. I , p. 37.
(9) Ibid., p. 177.
(10) DielTenhach , loc. cit., p. b6.
EFFETS DU SANG SUR i/oRGANISME. 4°9
cœur gauche et l'aorte étaient vides. L'huile séjourne aussi dans les vaisseaux capillaires d'autres organes , comme l'établissent des expériences de Magendie, qui , en ayant injecté dans les veines des intestins , trouva après la mort, survenue an bout de quelques heures , le foie volumineux et d'un jaune rouge. Gaspard a également observé un œdème douloureux de la cuisse après une injection d'huile dans l'artère crurale.
8° La gomme arabique agit de même , suivant Magendie et Yiborg (4). Hertwich a vu aussi cette substance gêner la respiration , la rendre oppressée et irrégulière , produire des accès de suffocation , et causer la mort, quand la dose en était forte (2) : les poumons regorgeaient de sang , et présentaient des extravasations sur plusieurs points de leur étendue; le cœur droit et l'artère pulmonaire étaient pleins d'un sang noir, dans lequel on apèrcevait des stries blanchâtres de gomme. Quand la mort ne survenait qu'au bout de plusieurs jours , les symptômes et les lésions cadavériques étaient les mêmes qu'à la suite d'une fièvre putride.
V. Allen Moulins (3) et Gaspard (4) ont injecté du mercure coulant dans la veine jugulaire. Il survint bientôt des symptômes de péripneumonie ; les ramifications de l'artère pulmonaire et de petites pustules disséminées dans les poumons contenaient du mercure , dont une certaine quantité se trouvait aussi dans le cœur droit. Du mercure que Gaspard (5) fit couler dans une veine intestinale, était parvenu, au bout d'une heure, dans le foie , mais n'en avait pas traversé les vaisseaux capillaires. Injecté dans les artères d'une partie (6) , le métal y détermina la paralysie , l'inflammation , la suppuration , et on ne le retrouva que dans les vaisseaux capillaires de cette partie,' notamment dans ceux des points qui suppuraient.