‹ Traité physiologie considérée comme science d'observation (volume 3)Chapitre 103 sur 134 · À. DROITE · texte numérisé non relu

À. DROITE

avant et après l'électrisation.

Hood a également observé (3) , dans une hémiplégie , après l'emploi de la strychnine, que, malgré la force et la plénitude du pouls, la chaleur n'était que de dix-neuf degrés au bras malade, tandis que celui du côté opposé avait une température de vingt-deux degrés.

III. Quant aux expériences directes et aux observations immédiates sur la part que le système nerveux prend à la production de la chaleur :

1° Krimer (4) assure que la chaleur d'un animal auquel il irritait les nerfs cruraux et sciatiques avec la pointe d'une aiguille, monta à trente-et-un degrés R. Survant Bichat, la pression que la tête luxée d'un os exerce sur le tronc nerveux d'un membre diminue la chaleur de ce dernier, effet qu'Elliot avait dit aussi résulter de la ligature d'un nerf. Chez un homme auquel on avait excisé un pouce de nerf cubital, pour le débarrasser de violentes douleurs qu'il éprouvait , Earle (5) trouva 10,6 degrés R. au côté interne du petit doigt paralysé , 11,1 entre ce doigt et l'annulaire , 12,4 à la surface des autres

(1) Haller, Elem. physiol,, t. II, p. 304.

(2) Loc. cit.; p. 448.

(3) Analytic physiology, p. 42.

(4) Physiologische Untcrsuchungen, p. 146, 173,

(5) Loc. cit., p. 423.

CHALEUR. 6^9 doigts, et 13,3 entre eux. Lorsque Krimer (1) coupait le nerf sciatique d'un Chien, le thermomètre, plongé entre les muscles de la cuisse , marquait 28,4 degrés , et le lendemain 21,3 seulement. Home( 2) coupa les nerfs du bois d'un Cerf qui refaisait sa tète ; la température tomba, en trois heures, de 23,1 degrés à 17,7-, le troisième jour , elle était de 15,5 ; mais ensuite elle remonta peu à peu. Dans un autre cas, elle tomba de 29,5 degrés à 27,3, le premier jour , et à 27,1 les deux jours suivans, après quoi elle se releva.

2° Provençal a observé une diminution de la chaleur après la section des nerfs pneumo-gastriques, effet que n'entraînait pas lasimpledénudationdecesnerfs.Desobservationsanaloguesont été faites par Legallois (3), Chossat (4) et Arnold (5). Suivant ce dernier, la température , chez les Oiseaux, baisse sur-lechamp d'un degré à un degré et demi, puis au bout de vingtquatre heures de 2 à 2,75 degrés, mais elle finit par revenir à son état primitif. Lorsque Chossat coupait le nerf grand sympathique , ou l'écrasait et le tiraillait , la chaleur de l'animal diminuait en quatre heures d'environ cinq degrés R. (6).

3° Brodie attribuait à l'action cérébrale une influence essentielle sur la production de la chaleur. Il se fondait sur ce que la température baissait d'environ quatre degrés, dans l'espace d'une heure, chez les Chiens et les Lapins qu'il décapitait après la ligature des vaisseaux du cou, bien qu'il eût soin d'entretenir la circulation en ayant recours à la respiration artificielle (7). Comme on pouvait objecter que c'était l'insufflation de l'air qui avait déterminé ce refroidissement, ou que la section des nerfs pneumo-gastriques , lors de la décapitation , avait troublé le travail chimique de la respiration , en occasionant une infiltration des poumons , Chossat pratiqua une section perpendiculaire du cerveau au devant du pont de Va-

(1) Loe. cit., p. 137.

(2) Lectures, t. V, p. 195.

(3) Exp. sur le principe de la vie. Paris, 1812, p. 219.

(4) Loc. cit., p. 42.

(5) Lekrbuch der Physiologie, t. Il, p. 24C.

(6) Loc. cit., p. 46.

(7) *&i\;Archiv, t. XII, p. 140-144.

rôle (1), et entretint ensuite la respiration par des moyens artificiels : la chaleur diminua d'abord d'environ deux degrés R. en une heure, puis baissa peu à peu, et enfin se réduisit, en douze heures, de trente deux degrés à vingt-quatre , tandis qu'après la section des nerfs de la huitième paire, elle ne diminua que de 0,2 degré dans le cours de la première heure. Lorsqu'il arrêtait la respiration par une commotion du cerveau, et qu'ensuite il la rétablissait par des moyens artificiels , la chaleur baissait de 1,7 degré durant la première heure. Krimer (2) a fait plusieurs expériences analogues. Il a vu que la température tombait de 28,8 à 28 degrés par la trépanation, à 27,5 parla dénudation du cervelet, à 24 par l'ablation d'une partie de cet organe, à 21 ,7 par la section de la moelle allongée. Dans un autre cas , où il irritait la moelle allongée par des piqûres , la chaleur s'éleva un instant de 16,8 degrés à 1 9,2; chez un animal qu'il lança contre le carreau, elle monta de 16,4 à 19,5, et chez un autre sur la moelle allongée duquel il versa de l'ammoniaque liquide, la température s'éleva de 20,4 à 21,3 degrés. Autenrieth et Schuliz avaient déjà observé que quand ils jetaient avec force un fœtus de Chat sur le sol , sa chaleur montait d'environ un degré. Busch (3) a remarqué qu'un coup ou une décharge électrique sur la tête d'un animal accroissait sa chaleur pour un instant , mais qu'elle baissait ensuite avec bien plus de rapidité que pendant l'asphyxie, et que quand elle était déjà tombée très-bas chez un animal égorgé , on pouvait encore l'accroître momentanément par une forte commotion. Nasse (4) a reconnu qu'un coup sur la tête la fait monter d'un degré , et qu'elle s'élève de quatre environ quand on électrise l'animal au moyen de deux baguettes métalliques enfoncées dans le cerveau et la partie postérieure de la moelle épinière.

4° Chossat (5) a trouvé que plus on coupe la moelle épinière

(1) Loc. cit., p. 38.

(2) Physiologische Untersuchunyen, p. 155.

(3) Expérimenta quœdam de morte, p. 7.

(4) Untersuchunyen zur Physiologie und Palholoyie, t. II, p. 115. .(5; Loc. cit., p. 44. j

haut , et plus la température baisse rapidement. Une section pratiquée au-dessous de la septième vertèbre cervicale , la fît baisser de 6,5 degrés , celle au-dessous de la première vertèbre dorsale de 5,8, et celle au-dessous de la dernière vertèbre dudos de 0,4. Les expériences de Wilson (4) ont égalelement donné pour résultat que la destruction d une portion considérable de la moelle épinière diminue la chaleur.

IV. Quoi qu'il en soit, il n'en est pas moins certain que la chaleur ne se produit point dans le système nerveux , par une force qui appartienne en propre à ce système.

1° On peut déjà le conclure de la température du cerveau , que J. Davy (2) a toujours trouvée intérieure à celle du rectum, d'au moins 0,4 degré R., chez les animaux qui venaient d'être mis à mort. Cinq heures après la mort d'un jeune phthisique , la chaleur était de 22,2 degrés dans la substance cérébrale, de 25,7 au-dessous du foie et du cœur. Dans un autre cas, Davy a trouvé la température du cerveau de 1 6,8 degrés , et une demi-heure après celle du cœur et du foie de 22,2 (3). Ces observations s'accordent avec le fait bien connu que 1 exercice simple de la pensée n'accroît pas la chaleur. La moelle épinière paraît aussi posséder peu de chaleur propre; c'est au dos bien plus souvent qu'à la poitrine qu'on éprouve du froid, et l'on se chauffe de préférence la partie postérieure du corps. Le frisson de la fièvre part aussi de la moelle épinière, tandis que la chaleur se fait surtout sentir à la partie antérieure.

2° Le degré de chaleur des divers animaux ne correspond point au développement de leur système nerveux. Ainsi, les Oiseaux qui, sous ce dernier rapport, tiennent le milieu entre les Reptiles et les Mammifères, surpassent ceux-ci eu égard à la température. L'homme, malgré l'éminence de ses facultés mentales , n'a point la chaleur des Oiseaux, ni même de certains Mammifères, et les Poissons les plus vifs, les Lézards les plus agiles sont fort au dessous du plus lent des Mammifères , sous le point de vue de la température.

(d) Ueber die Gesetse der Functionen des Lebens, p. 127, 211.

(2) Meckel, Deutsches Archiv, t. II, p. 314.

(3) Mediçinisch-çhirur'jischg Zeitunys 1630, t. III, p. 380.

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3° Ajoutons encore qu'il a été observé des cas exceptionnels il est vrai, dans lesquels la section des nerfs d'un membre , au dire d'Arnemann (1) , ou la ligature des nerfs pneumogastriques, au rapport de Mayer (2) , n'a entraîné aucune diminution de la chaleur. Lawrence a également trouvé celle ci normale chez un hémicéphale (3).

§ 1000. Si la cause proprement dite de la chaleur animale ne réside, exclusivement , ni dans les formations matérielles ( § 998 ), ni dans l'action nerveuse ( § 999 ) , chacune influe néanmoins sur elle d'une manière incontestable , et nous sommes par conséquent en droit de la rapporter à leur concours. Muller (4) en cherche la source dans le conflit des nerfs avec les autres tissus.

I. C'est au sang d'abord que nous devons consacrer notre attention. Winkelmann (5) attribuait la production de la chaleur à la prédominance du système nerveux dans son conflit avec le sang artériel rendu par là veineux. Wilson (6) la considérait comme une sécrétion opérée par l'influence des nerfs sur le sang. Wedemeyer (7) la faisait dépendre de l'influence mutuelle de la respiration et de l'action nerveuse sur le sang. Treviranus (8) la rapportait à l'expansion et à la contraction que les nerfs déterminent , suivant lui , dans ce liquide. Enfin, Hood (9) voyait en elle un effet de l'action réunie des nerfs et du sang.

1° Cette opinion semble être réellement la plus conforme à la nature; car les deux systèmes, nerveux et vasculaire sanguin, sont répandus dans tous les organes en proportion de leur vitalité , et la ligature tant de l'artère que du nerf d'un membre diminue la chaleur de celui-ci.

(1) Persuche ueber die Régénération an lebend* Thieren, p. 267.

(2) Tiedemann, Zeitschrift fuer Physiologie, t. II, p. 78.

(3) Treviranus, Biologie, t. V, p. 73.

(4) Handbuch der Physiologie, t. I, p. 84.

(5) Entwurf einer dynumischen Pathogenie, p. 48.

(6) Loc. cit., p. 136.

(7) Physiologische Untersuchungen ueler das TServensystem, p. 144.

(8) Biologie, t. V, p. 69.

(9) Analytic physiology, p. 14.

2° Le sang doit avoir les qualités nécessaires pour cela , ce qui fait que la digestion est la condition éloignée de la production de la chaleur, et que la respiration én est la condition prochaine. Le sang devenu artériel par la respiration est seul apte à cela , et comme il entre déjà dans les poumons en conflit avec le sang , la production de la chaleur commence en lui , pour se continuer ensuite dans le cœur gauche , le système aortique et les vaisseaux capillaires. J. Davy(l) a trouvé dans le cadavre d'un jeune homme, six heures après la mort, la température de 32,2 degrés sous le foie , de 33,7 sous le ventricule aortique , et de 32,4 seulement dans les poumons pleins de sang exlravasé. Cette température plus basse des poumons semble annoncer qu'en sortant du cercle d'action des nerfs, pour s'épancher dans le parenchyme, le sang perd de son aptitude à développer de la chaleur. Il est permis de conjecturer que les globules, qui sont la partie essentielle et à proprement parler vivante du sang, sont aussi celle surtout qui entre en conflit avec les nerfs, et qu'en conséquence à eux se rattache le dégagement de la chaleur, comme le caractère artériel , leur plus ou moins grand nombre correspondant à la température du corps chez les divers animaux considérés d'une manière générale.

H. Le mouvement volontaire ne peut tenir qu'à ce que les nerfs et les muscles , se comportant les uns à l'égard des autres, comme les pôles d'une pile voltaïque, entrent ensemble dans un conflit qui correspond au type de l'électricité en général, mais auquel l'idée de l'organisme imprime néanmoins des modifications. S'il se développe de la chaleur pendant le mouvement musculaire (§ 999, II), celle-ci doit également dépendre de la même cause. Mais , en vertu de l'hématosine et de la fibrine qu'elle contient, la substance musculaire se rapproche beaucoup des globules du sang ; nous pouvons donc admettre aussi entre ceux-ci et les nerfs une sorte de rapport électrique , et considérer ce rapport comme la cause de la chaleur animale.

1° Wilson (2) a observé que du sang artériel frais dans le-

(4) Medicinisch-chirurgische Zeitung, 1830, U III, p. 380. [2)Loc. eit.t p. 494.

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quel on "avait plongé le conducteur d'une pile voltaïque, devenait plus chaud et se refroidissait plus tard , mais que le galvanisme n'engendrait point de chaleur dans du sang veineux. Le galvanisme peut aussi ranimer la chaleur animale quand elle a baissé par l'effet d'une lésion du système nerveux (1), et si un ébranlement du corps donne lieu au même phénomène, c'est probablement par une excitation d'électricité. L'électricité détermine également un accroissement de la température dans le corps vivant. Enfin, Buntzen (2) a observé un développement produit par le conflit électrique de nerfs et de muscles; ayant coupé les troncs nerveux de la cuisse d'une Vache qui venait d'être tuée, il les arma de zinc, et garnit d'argent les muscles de la jambe ; un thermomètre fut placé dans les muscles de la cuisse ; lorsque l'instrument eut atteint sa plus grande hauteur et commença à baisser, Buntzen réunit les deux armatures, et vit le thermomètre monter de 287 lignes à 296 ; cet effet diminua à mesure que l'excitabilité vitale s'affaiblit.

2° Wedemeyer (3) avait regardé comme la source de la chaleur animale l'électricité qui s'écoule du système nerveux. Delarive (4) , considérant que les conditions du galvanisme sont réunies dans le tissu organique , qui représente de véritables appareils voltaïques, que le galvanisme engendre de la chaleur dans la matière inorganique, et qu'il agit fréquemment de même que l'action nerveuse dans le corps animal , croit très-vraisemblable que la chaleur résulte d'une influence électrique mutuelle des nerfs et des artères. Hood partage la même opinion 5).

3° Lorsque de la chaleur se produit dans le monde extérieur, il y a des rapports électriques plus ou moins prononcés. La compression et le frottement développent de la chaleur et de l'électricité. Quand le mode de cohésion change, la portion réduite en vapeur prend l'électricité positive , et la portion

0) Krimer, Physiologische Untersuclmngen, p. 459, ISO.

(2) Beitrag zu eincr kuenftigen Physiologie, p. 117.

(3) Loc. ci t., p. 450.

(4) Annales de chimie, t. XV, p. 108.

(5) Loc, cit., p. 20.

CHAIEUK. ^55 solide l'électricité négative. Dans les opérations chimiques, les bases sont positives, et les acides négatifs. De même, dans l'organisme, la tension électrique réciproque des divers tissus , notamment des nerfs et du sang ou des muscles , produit de la chaleur.

4°,De même que toute force quelconque de l'univers se modifie d'uue manière spéciale dans chaque cas particulier , en vertu de la diversité qui règne partout dans la nature, de même l'électricité organique n'est pas précisément celle que nous excitonsdans nos appareils de physique. Elle offre partout des modifications (§ 993, 6° ) , et il en est de même de la chaleur. La chaleur du soleil, celle de nos foyers et la chaleur animale font , à égal degré , une impression toute différente sur nos organes. Rumford a trouvé que sa main agissait davantage sur le thermomètre qu'un corps inorganique ou un corps organique mort ayant la même température. Auprès d'un malade atteint de fièvre putride, nous sentons une chaleur toute particulière , désagréable , mordicante , que le thermomètre n'indique pas. Chez les Poissons électriques, on ne remarque une température plus élevée ni dans le corps entier , ni dans l'organe électrique; car, comme une pile voltaique peut donner des commotions sans élever la température, ainsi ces organes sont propres à produire une décharge au dehors , mais non à exciter leur propre organisme : cependant Davy a prouvé que leur action n'est pas tout-à-fait exempte de dégagement de chaleur (1).

5° Les Poissons et les Reptiles engendrent peu de chaleur , parce que leur cerveau est encore trop petit, proportionnellement au reste du corps , et qu'il n'a point encore assez de puissance comme organe central , d'où il suit que , chez ces animaux, il y a moins d'unité dans la vie, que les parties ne dépendent pas autant du tout , et que la tension entre les nerfs et les muscles est moins considérable. Mais il existe une autre cause de cette production moindre de chaleur chez eux : c'est que le système du nerf grand sympathique est encore trop incomplètement développé , et qu'il n'est pas lié

(1) Philos, Trans., 4834, p. 543,

par des connexions assez intimes avec le système artériel. La température des Grenouilles n'augmente pas par l'irritation du cerveau et de la moelle cpinière (4), non plus que par le mouvement volontaire de ces Reptiles. Chez les Oiseaux , la chaleur animale arrive à son point culminant, d'un côté parc* que le cerveau est plus volumineux que partout ailleurs , en proportion de la masse du corps , d'un autre côté, parce que les systèmes sanguin et musculaire sont fort développés , d'où résulte une tension portée au plus haut degré. De même, chez les petits Mammifères , où la proportion du cerveau au reste du corps est considérable , où par conséquent la vie animale est plus active que chez l'homme, la température est aussi plus élevée que chez ce dernier, dont l'énergie cérébrale se tourne davantage vers l'intérieur , de sorte qu il y a une tension proportionnellement moins forte des nerfs par rapport au sang et aux muscles.

III. Mais ce que tous les corps organisés ont de commun ensemble, c'est qu'ils renferment au-dedans d'eux mêmes des antagonismes qui sont en conflit les uns avec les autres. Dans les plus inférieurs même , il y a opposition de liquide et de solide. Ainsi on observe de l'électricité (§ 993, 1°) et de la chaleur (§ 994, 3°) chez les végétaux , et nous devons admettre que ces deux phénomènes sont en relation de causalité l'un avec l'autre. Plus les parties organiques sont nombreuses , plus leur réaction mutuelle et leur dépendance réciproque sont prononcées , plus aussi les phénomènes d'électricité et de chaleur deviennent sensibles.

b. Température extérieure, aa. Phénomènes île la température extérieure.

§ 1001. I. Comme les corps, dans ieur contact mutuel, tendent à se mettre en équilibre sous le rapport de la lempérature, celle du corps organique dépend aussi des objets extérieurs, notamment du milieu au sein duquel la vie s'accomplit.

(4) Nasse, U?itersuchungen zur Physiologie und Pathologie , t. fil, p. 121.

CHALEUR» 6(37 1° La manifestation de la vie a pour condition matérielle l'état liquide des humeurs , et cet état dépend de la température. A trois degrés R. au-dessous de zéro, le sang se coagule, et à soixante au dessus, l'albumine , qui fait partie de toutes les humeurs, se coagule. Mais la congélation n'est qu'un simple changement de l'état de cohésion , que l'accession d'une température plus élevée peut faire disparaître, tandis qu'une substance coagulée ne peut plus revenir à la forme liquide sans subir une décomposition chimique.

2° Avant que la congélation ou la coagulation ait lieu , les manifestations de la vie deviennent moins sensibles , et ici l'on remarque , sous le rapport des effets, la même différence qu'entre ces deux extrêmes ; dans la solidification locale ou générale produite par le froid, l'exercice de la vie n'est que suspendu, tandis qu'une trop forte chaleur épuise la force vitale.

3° Comme la vie affecte partout des formes différentes , la même diversité a lieu également dans ses rapports avec la température extérieure. Chaque espèce de corps organisé a besoin d'un degré spécial de chaleur du dehors, de sorte qu'il en est qui prospèrent à une température haute ou basse sous l'influence de laquelle la vie d'autres n'est point possible. Les sources d'Abano , chaudes à 23 degrés R., nourrissent le Cyclosiomum thermale, qui se meut également avec vivacité dans de l'eau chaude à trente degrés , et qui ne donne plus aucun signe de vie dans celle dont la température n'est que de dix degrés. Des Mollusques ont été vus par Lamarck(l), des Tortues et des Poissons par Marcescheau, dans des sources dont la chaleur était de vingt-sept et de vingt-huit degrés ; des Bivalves, près desquels végétaient des arbrisseaux et des arbres, par Dunbar, dans d'autres dont la température était de cinquante degrés ; des animaux de même espèce, par Sonnerat , dans des eaux chaudes à soixante-trois degrés. Au rapport de Forster , le sol avoisinant un volcan marquait soixantedix-neuf degrés , ce qui ne l'empêchait pas d'être couvert de plantes en fleurs. Humboldt a observé des Poissons vivans dans l'eau rejetée par un volcan qui avait la même tempéra-

(i) Hist.' 'naturelle des animaux sans\vertcbr ex, 2e édition, par Deshayes et Milne Edwards. Paris, 1835, t. VI, in-8.

rx. 4?,

ture. Kirby a vu un Ly dus jug lundi» , qu'il relira d'une couche de fumier chaude, continuer de vivre dans de l'eau bouillante. D'un autre côté, l'Ours blanc, le Renard bleu, le Renne, les Lièvres blancs , les Lagopèdes, supportent un froid qui va quelquefois jusqu'à trente-deux degrés R. au-dessous dezéro.

4° Mais la vie n'est nulle part enchaînée à un degré déterminé de chaleur extérieure. Sa dépendance de la température du dehors a une certaine latitude. L'homme vit dans des contrées où la chaleur s'élève jusqu'à quarante-cinq degrés R., tt dans d'autres où le froid va jusqu'à trente-deux degrés au-dessous de zéro ; mais ici il ne résiste qu'en se garantissant des intempéries de l'air par des vêtemens et des habitations. On peut admettre qu'à l'état de nudité , il ne saurait vivre à une température supérieure ou inférieure de dix-sept degrés à sa chaleur propre ; de sorte que , dans cette condition , onze degrés au-dessus de zéro seraient pour lui le minimum, et quarante cinq le maximum delà chaleur extérieure supportable. Un homme , sur lequel Currie faisait des expériences (1), ne put rester nu que quelques minutes à l'air marquant cinq degrés R. au-dessous de zéro, et agité par un vent vif, et il ne lui lut pas possible de demeurer au-delà d'une demi-heure dans un bain a trois degrés et demi. Les habitans du Nord restent depuis un quart-d'lieure jusqu'à une demiheure dans un bain de vapeur dont la chaleur dépasse cinquante degrés.

II. La vie a plusieurs manières de se préserver de l'influence nuisible d'une température trop basse ou trop élevée.

1° Dans le règne animal , elle a recours à des actions volontaires, prescrites par l'instinct, ou suggérées par l'intelligence. Les migrations périodiques de certams auimaux (§618) tiennent en partie au besoin d'un élément plus doux. D'autres animaux ne font qu'abandonner la surface pour se retirer dans l'intérieur de la terre , où règne une température plus uni forme , c'est-à-dire plus fraîche que celle du dehors eu été, et plus chaude en hiver ; les Poissons gagnent le fond de l'eau, et les animaux terrestres se retirent dans des tanières ou des

(d) Philos. Trans.,WM, p. 204-212.

cavernes quand il fait trop chaud ou trop froid. La paresse que détermine une forte chaleur, porte les animaux à s'abstenir de mouvemens violens , qui les échaufferaient. Pendant le froid , ils retiennent leur chaleur en se ramassant sur euxmêmes et diminuant ainsi l'étendue de la surface de leur corps exposée à l'atmosphère , en s'entassant les uns sur les autres , ou , enfin , s'ils sont" très-sensibles au froid , en garnissant leurs nids de substances qui soient peu conductrices de la chaleur. Il est réservé à l'intelligence humaine de travailler ces substances pour en faire des vêtemens susceptibles de se déplacer avec le corps , et d'échauffer l'air lui-même dans un espace clos.

2° La vie plastique se garantit par une production plus abondante de tissus mauvais conducteurs du calorique. Dans les zones froides, la peau a plus d'épaisseur, il s'amasse audessous d'elle un épais coussin de graisse , et elle se couvre d'un pelage plus abondant , plus long , plus soyeux ; les poils devienuent aussi plus serrés et plus chauds dans les zones tempérées, à l'entrée de l'hiver (§ 617). Les nègres et les hommes de couleur supportent mieux la chaleur des zones tropicales , parce que leur peau , de couleur foncée , fournit plus de chaleur rayonnante, comme les surfaces couvertes d'aspérités, ei dérive par conséquent mieux la chaleur : le pigment , produit nécessaire de la chaleur , devient indispensable pour garantir d'une trop forte action de cette dernière.

3° Une autre garantie tient à la constitution de la vie, qui fait qu'elle maintient sa température propre , ou qu'elle supporte celle du milieu extérieur. La température dans le tronc d'un orme ou d'un sapin peut , sans danger , monter à vingttrois degiYs au-dessus de zéro en été, et baisser à quatorze degr és au-dessous de zéro en hiver : au printemps, les sucs gétés se liquéfient, et la végétation recommence (1). Plusieurs larves d'Insectes , qui passent l'hiver au grand air , peuvent

(4; S<:!inl>ler , Untersuchungen ueler die Temperatun verœnderunyen der y egetabilien, p. 13. — Haliier, Beobachtunyen ueber die Temperatur der fetjilabilien, p. 8. — Raspail, Nouveau système de physiologie végétale et de botanique. Paria, 1837, t, II, p. 75,

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geler sans périr , tandis que celles qui se réfugient dans des trous pendant cette saison , sont tuées par la gelée (1). Falk assure que des Sangsues et des Lombrics peuvent revenir à la vie après avoir été gelés (2). La même chose arrive aux Entozoaires des animaux à sang froid (3). Chez les animaux vertébrés , une véritable congélation paraît être incompatible avec le maintien de la vie , à moins que les Poissons ne fassent quelquefois exception sous ce rapport.

4° Mais la température propre est chose si peu essentielle chez les Reptiles, que ces animaux peuvent passer de quinze à trente degrés R. sans que leur vie soit compromise. Chez une Vipère , l'estomac et le rectum étaient à — 0,2 degré , après que l'animal fut demeuré exposé pendant une demiheure à un froid artificiel ; à 16 degrés , sous une température extérieure de 11,5 : à 26,9 , sous celle de 33,7 degrés (4). La température d'une Grenouille varie de — 0,4 , durant le froid , à -{- 14,2 pendant la chaleur (5). Un froid très-intense fait périr les Reptiles , et alors seulement leur corps prend la température du milieu environnant (6) .

5° Les Mammifères qui s'engourdissent pendant l'hiver appartiennent à diverses familles dont les autres membres ne sont pas sujets au sommeil hibernal , et ils diffèrent de ces derniers, non par des particularités d'organisation, mais seulement parce que leur température , sans être aussi dépendante du milieu extérieur que celle des Reptiles , est cependant infiniment plus variable et flottante que celle des autres animaux à sang chaud. C'est ce qu'on observe surtout chez les Chéiroptères. La température des Chauves-souris tomba en une heure à -J- 11,4 degrés , par l'effet d'un froid artificiel de — 0,7 R., tandis qu'auparavant elle était de -4- 27,3 , l'air extérieur étant

(1) Straus, Cotisid, ginèr. sur Vanatomic comp. des] anim , articulés, p. 353.

(2) Rudolphi, Physiologie, t. I, p. 171.

(3) lb., t. I, p. 172.

(4) Hunter, Observations on certain parts of the animal œconomy , p. 104.

(5) lb., p. 90.

à 12 (1). Dans ces circonstances , le sommeil d'hiver préserve de la congélation , car la chaleur baisse jusqu'au point où la vie ne peut plus subsister qu'à l'état latent ( § 612 , 5° ).

III. Les corps organisés prennent moins , ou prennent plus tard , la température du milieu extérieur que les corps inorganiques. Chez les végétaux et les animaux inférieurs , cet effet n'est point le résultat des qualités physiques ( une moindre aptitude à conduire la chaleur et une transpiration moindre ) , mais se rattache à un mode spécial d'action vitale , quoique ces qualités ne soient pas non plus sans influence , comme le démontrent les observations qui ont été faites sur les végétaux ( § 994 , 3° ). Il a déjà été dit précédemment ( § 994 , 4°, 5° ) que les animaux sans vertèbres et les vertébrés à sang froid ont ordinairement une température supérieure à celle de leur entourage ; nous n'avons plus qu'une seule chose à ajouter , c'est qu'ils résistent aussi à la chaleur du milieu ambiant, quand elle est trop forte. D'après Rudolphi ;2), les Entozoaires paraissent ne point acquérir la chaleur desMammifères et des Oiseaux dans le corps desquels ils vivent. J. Davy (3) a trouvé qu'à] 20 degrés de chaleur extérieure, la température des Scorpions et des Cloportes était de 0,8 à 0,9 degré plus basse, et une Blatte en avait une de 19,3 degrés, quand la chaleur du dehors était de 18,6 et de 23 degrés. Dans de l'eau à 14,6 degrés , la température de l'estomac et du rectum d'une Tanche était de 10,2 degrés (4). Celle des Grenouilles était , suivant Hunter , de 0,8 à 4,5 degrés de chaleur extérieure ; selon Czermak , de 6,5 à 10,5 degrés ; d'après Delaroche , de 46,9 à 28 degrés, et de 17,6 à 29,5 degrés ; selon Davy, de 20 à 21,4 degrés. Les Serpens et Lézards des pays chauds , après qu'ils étaient restés quelque temps sur le sol brûlant , et les Poissons des sources chaudes ont toujours été trouvés moins chauds que leurs alentours (5).

(1) Edward», De Vinfluence des agena phy. sur la vie, p.448-455, 258.

(2) Physiologie, t. I, p. 472.

(3; Annules de chimie, t. XXXIII, p. 496.

(4) Hunter, loc. cit., p. 405.

(5) Rodolphi, loc. cit., t. I, p. 475.

66a DE LA DYNAMIQUE.

IV. La chaleur des Oiseaux et des Mammifères ne peut naturellement pas se soustraire entièrement à l'influence de la température extérieure ; cependant elle n'est jamais déterminée par elle que dans certaines limites. Edwards (1) a trouvé, chez des Moineaux, 32,5 degrés en février, 33,6 en avril , et 34,6 R. en juillet : dans les pays froids , ils résistent à un froid considérable , et quand celui-ci arrive à 33 degrés au-dessous de zéro , ils gèlent bien , mais se raniment à la chaleur (2) , tandis qu'une chaleur de quarante degrés les fait périr promptement. La chaleur des Lapins mis en expérience par Delaroche , monta , en une heure et demie , de 25,3 à 28 degrés , la température du dehors étant de 29 degrés ; mais elle ne dépassa pas 31 degrés lorsque celle-ci était plus considérable. Suivant Parry , la chaleur du Renard bleu était de 32,4 à — 5,7 degrés, de 32,8à — 11,1, et de 32 à 26,6; à — 32 degrés même , où le mercure se congèle , la chaleur des animaux arctiques ne subit qu'une faible diminution

1° La température de l'homme varie , suivant Davy ;3), aux diverses époques de la journée ; mais elle diffère d'autant plus de la chaleur du dehors , que celle-ci est plus faible. Voici ce que Davy a constaté ( en degrés centigrades ).

Chaleur

Chaleur propre

sous

Différence.

du dehors.

la langue.

A six heures du matin

A neuf heures

A midi

A quatre heures

A six heures

A onze heures

2° Elle varie de même suivant les saisons, comme la tera-

(1) Loc. cit., p. 489.

(2) Rudolphi, loc. cit., t. I, p. 479.

(3) Loc. cit., p. 481.

CHALEUR. 663 pérature extérieure , mais à un bien moindre degré que cette dernière. Franklin a remarqué que, pendant une chaleur d'été de 30,2 degrés R., la sienne n'était que de 28,4. Suivant les observations de Martin , la chaleur de la peau de sa poitrine était en novembre, jusqu'en mars , de 26 à 27,3 degrés R., en avril et mai de 27 .3 à 28,6, en juin et juillet de 29,5 , en août de 2S,6 , en septembre de 28,0, et en octobre de 27,3. La température de son urine était ordinairement de 28,6 ; mais en juillet elle était de 29,2.

3° Une température du corps moins élevée que celle de l'air a été remarquée par Lining à Charles-Town, par Adanson au Sénégal (1), par Ellis dans la Géorgie. Davy a observé, durant la traversée aux Indes orientales, que la température humaine , qui était de 29,3 degrés R. en Europe , montait à 30,2 sous la zone torride , et que même les indigènes de ces contrées en avaient une de 29,5 à 30,6. Suivant les observations d'Eydoux et Souleyet (2), la chaleur diminue lentement lorsqu'on passe dans un climat froid , et augmente avec plus de rapidité quand on passe dans une contrée chaude; mais, au cap Horn, à 0 de température extérieure , elle n'était pas beaucoup plus basse qu'à Calcutta , où l'air marquait 32 degrés. Il résulte aussi des recherches faites par Reynaud, sur douze individus , que la température humaine est , terme moyen , de 29,5 degrés R., depuis 40 jusqu'à 14 degrés de chaleur extérieure , sous la zone tempérée , et de 30 sous la zone torride , la chaleur du dehors étant de 20 à 24. Ross et Parry ne l'ont pas vue non plus diminuer d'une manière sensible au 74e degré de latitude septentrionale, par un froid de 40 degrés au-dessous de zéro.

4° Fordyce est le premier qui ait fait des expériences sur la chaleur artiflcielle (3). Vêtu seulement de sa chemise , il entra dans une pièce dont l'air était échauffé, par des tuyaux rouges sur lesquels on versait de l'eau, jusqu'à la température de vingt-trois à vingt-cinq degrés R. ; au bout de cinq minu-

(1) Eist. Ttat. du Sénégal. Paris, 4757, in-4, p. 26.— Thevenot , Traité des maladies des Européens dans les pays chauds. Paris, 4840, p. 60.

(2) Jlnn. des se. naturtlles, 2' série, t. IX, p. 490.

(3) Philosoph. Trans., 4775, p. 443.

les , il passa clans une seconde où la chaleur était de trentequatre degrés, puis au bout de dix minutes ,dans une troisième où elle s'élevait à trente-neuf degrés, et où il demeura vingt minutes; le thermomètre monta à trente degrés sous sa langue et dans son urine.L'instrument indiquait cette même température un autre jour qu'il était resté pendantun quart d'heure dans un bain de vapeur analogue, à quarante-trois degrés.Il pénétra , de concert avec Blagden ,| Phipps , Banks et Solander, dans une pièce échauffée à soixante-treize degrés par un poêle en fonte ; tous y demeurèrent dix minutes ; ce laps de temps écoulé , Solander se tint encore pendant trois minutes à une température de soixante-et-dix-neuf degrés , et Banks à une de soixante-et-dix-neuf et demi, ce dernier pendant sept minutes. Lorsqu'ils passaient leur haleine sur le thermomètre , cet instrument baissait de quelques degrés ; la température du lieu diminuait aussi par le fait de leur séjour, et d'autant plus qu'ils y étaient en plus grand nombre. Dans les expériences de Dobson (1), 'un séjour ;de dix minutes dans une * étuve chauffée à soixante-et-quinze degrés R. , porta la température humaine à trente degrés; sous l'influence d'une chaleur de soixante-et-dix-neuf degrés , celle-ci monta en dix minutes à 30 , 9 degrés; sous celle de quatre-vingt-cinq degrés, qui fesait fondre la cire en cinq minutes, et coaguler en dix minutes du blanc d'œuf dans un vase d'étain, elle s'éleva, durant le mêmelapsde temps, à 31,1 degrés. Blagden s'est tenu dans un four chauffé de cent vingt-six à cent trente cinq degrés, où bouillait de l'eau couverte d'une couche d'huile (2). La température de Berger et Delaroche ne monta que de trois à quatre degrés à une chaleur de trente-neuf degrés et audelà. Lorsque Volkmann (3) avait passé une heure, tout nu, dans un bain de vapeur de trente à quarante degrés, la chaleur ne s'élevait qu'à vingt-neuf degrés dans sa bouche. 5° Quand Hunter (4) prenait dans sa bouche un morceau

(1) Ib., p. 463.

(2) ifi., p. 485.

(3) Observationes biologicœ de maynetismo animali. Leipsick , 1826, p. 56.

(4) Observations on certain parts of the animal œc'onom y, p. 94.

de «lace de la grosseur d'une noix , la température y descendait de 28,8 à 20 degrés. Après avoir bu une eau minérale froide, la chaleur diminuait sur-le-champ de 1,6 degré aux pieds et aux mains de Martin, de 0,8 au bas-ventre , de 0,4£ la poitrine et dans l'urine, et tandis que les membres recouvraient leur chaleur naturelle au bout de quelques heures, le bas-ventre restait froid jusqu'au dîner ; après avoir mangé chaud, et pris du thé ou du café, l'urine était plus chaude qu'à l'ordinaire de 1,6 degré. Le pénis d'un cadavre échauffé à 26,6 degrés, acquit, suivant Hunter(l),la température de l'eau à huit degrés dans laquelle on le plongea, tandis que la chaleur de celui d'un homme vivant baissa seulement de 26,6 et 11,5; dans de l'eau à 38,3 degrés , la chaleur du premier s'éleva à 36,4, et celle du second à 31,2 seulement. Dans de l'eau à trente-quatre degrés , la température de la main augmenta, d'après Gentil (2), d'un degré en dix minutes, et s'accrut encore par la prolongation du séjour. Suivant Martin, les pieds d'un enfant de trois ans , qui marchait sans chaussure , par un froid de — 1,6 degré, marquaient -J- 10,3 ; sa chaleur était encore de-f-6 degrés, à un froid de treize degrés et demi au-des6ous de zéro, dont l'intensité faisait exprimer des plaintes à l'enfant. Becquerel et Breschet ont trouvé que la température intérieure du bras ne diminuait que de 0,16 degré dans l'eau à la glace, et ne montait non plus que de 0,16 degré dans l'eau chaude à trente-trois degrés.

bb. Causes de la température extérieure.

§, 1002. Plusieurs circonstances influent sur la conservation de la chaleur propre à l'homme.

l.Au premier rang se placent celles qui sont extérieures.

1° Les substances peu conductrices de la chaleur dont on se couvre le corps, préservent non seulement du froid, mais encore du chaud, et ne deviennent gênantes que quand la chaleur interne s'accroît. Tillet (3) a éprouvé que les animaux

(1) ïlnnler, toc. cit., p. 96.

; (2) Meckel, Deutsches Archiv, t. III, p. 459. (3) Hist. de l'Acad. des se, 1764, p. 493.

666 DE lk DYNAMIQUE.

supportent une chaleur plus forte quand on les enveloppe de toile, que quand on les laisse nus. Blagden (1) ne supportait la chaleur de cent vingt-six degrés R., et au-delà, qu'au moyen d'un habillement complet et épais , et cette chaleur lui étail infiniment plus désagréable lorsqu'il quittait ses vôtemens.

2° La densité d'une substance est en raison de sa faculté conductrice. De là vient qu'à égalité de température , l'eau chaude échauffe plus que la vapeur aqueuse , et celle-ci plus que l'air; tandis que Banks (2) supportait une chaleur de 39,5 degrés dans l'air, il pouvait à peine tolérer celle de l'alcool échauffé ù 43 degrés ; le mercure chaud à trente neuf lui était insupportable , et tous les métaux contenus dans la chambre étaient si chauds qu'il n'y pouvait loucher. La même chose a lieu pour le froid. Il n'y a que la quantité de la transpiration qui modifie les effets du plus ou moins de densité du milieu ambiant.

3° Le mouvement de l'air accroît les effets de sa température. Dans un four chauffé à cent vingt-six degrés et plus, Blagden (3) ressentait plus vivement la chaleur lorsque l'air était mis en mouvement, soit par lui-même en marchant, soit par l'action d'un soufflet. Gurrie (4) a reconnu que , sur un vaisseau échoué pendant l'hiver , deux hommes bien portans et robustes, qui restèrent exposés à l'action de l'air, sur la partie saillante hors de l'eau, à une température de— 0,8, le vent étant vif et chargé de pluie et de neige, périrent au bout de quatre à sept heures, tandis que le reste de l'équipage, qui était plus ou moins plongé dans l'eau, se tenant à la carcasse et cherchant à combattre le froid par des mouvemens , passa dans cette situation vingt-trois heures, au bout seulement desquelles on put venir à leur secours. Cette observation lui a suggéré une série d'expériences assez grossières , consistant à exposer des hommes nus , tantôt à un vent froid , tantôt à l'action de l'eau froide, bientôt suivie d'un bain chaud :

(< ) Philos. Trans., 1775, p. 485.

(2) Loc. cit., p. d!9.

(3) Loc. cit., p. 486.

(4) Loc. cit.. 1792, p. 199.

le résultat fut qu'un homme qui, au sortir du bain froid, s'exposait au grand air ayant la même température , mais tranquille, ne perdait point de chaleur, tandis que, sous l'influence du vent, alors même que l'air était plus chaud que l'eau, il se refroidissait rapidement de quelques degrés.

4° Currie a remarqué en même temps que la salure de l'eau marine et l'addition du sel àl'eau commune du bain déterminent à la peau une irritation qui agit en sens inverse de l'impression du froid, de sorte qu'alors la température s'abaisse un peu moins.

H. Quant à ce qui concerne les conditions de l'organisme lui-même :

lu Delaroche a répété l'observation déjà faite avant lui par Tillet, que le volume du corps est favorable au maintien de la chaleur propre.

2° Mais c'est surtout l'état des forces vitales qui exerce une grande influence. Currie, par exemple, a trouvé (1) que des jeunes gens qu'il faisait asseoir dans une baignoire, après leur avoir mis un thermomètre sous la langue, et dont il arrosait la tête et les épaules avec de l'eau salée froide, éprouvaient un abaissement de température pendant la première minute, lorsqu'ils étaient peu robustes, tandis que, chez ceux qui jouissaient d'une force vitale plus énergique , la température demeurait la même, et ne tardait pas à s'élever de 0,8 degré R. Une perte de sang , une surexcitation et en général tout ce qui affaiblit la vie , diminue le pouvoir de résister au froid.

3* L'âge influe aussi d'une manière puissante (§§ 517, II; 534, h ■ 539, 2° ; 556, 3o ; 560, 5° ; 588, 4<> ) . De même beaucoup de plantes gèlent, au printems, à un degré de froid qui ne leur nuit point en automne, quand leurs sucs sont plus chargés de principes dissous et leurs vaisseaux plus lignifiés (2).

4° Une variation subite de température est moins bien supportée qu'un changement graduel. Currie a vu (3) la chaleur

(1) Loc. oit., p. 217.

(2) H a hier , Beolachtungen ueber die Temperatur der Vesetabilien. p. 12.

(3) Loc. cit., p. 205, 216.

668 DE LA. DYNAMtQOE.

des hommes qu'il exposait subitement nus à l'action du froid, tomber de vingt-neuf à vingt-quatre degrés R., et quand ces individus se plongeaient ensuite dans] un bain à trente-deux degrés, la douleur leur arrachait des exclamations ; quand luimême passait alternativement, mais lentement, d'un bain salé à 1,7 degré dans un autre à 28,4, sa température ne subissait aucun changement. Les arbres gèlent surtout lorsque le froid survient immédiatement après un haut degré de chaleur. Hunter (1) a remarqué que les Lézards et les Serpens périssent quand on les fait passer sans transition de l'engourdissement hibernal à la chaleur. Les hommes asphyxiés par le froid meurent sous l'influence d'une grande chaleur, et il nuit aux plantes elles-mêmes d'être échauffées trop rapidement à la suite du froid.

5° L'habitude exerce une grande influence. Peu de mois passés dans un climat chaud suffisent pour rendre le corps très-sensible au froid, de manière qu'une température extérieure de 14 degrés R. suffise pour empêcher de dormir la nuit à cause de l'impression désagréable qu'elle occasione (2). On peut en venir , par l'effet de l'habitude , à supporter un quart-d'heure de séjour dans un bain à soixante degrés R. Tillet a vu plusieurs boulangers tellement accoutumés à la chaleur du four, qu'ils y restaient cinq à dix minutes par une chaleur de trente-cinq à quarante degrés R. (3), phénomène reproduit sous une autre forme par les jongleurs qui se donnent en spectacle comme des hommes incombustibles. L'émoussement du sentiment joue sans doute aussi quelque rôle dans ces effets : Martin a trouvé, chez un enfant qui marchait nu-pieds , que la chaleur du pied était de 12,6 degrés quand cet enfant se plaignait encore du froid, et qu'ensuite , quand l'habitude faisait qu'il ne sentait plus rien, cette même chaleur n'était que de huit degrés.

6° Mais Edwards a prouvé (4) que l'habitude ne repose pas

(4) Observations on certain parts of tlie animal œconomy, p. 121.

(2) Spix et Martius, Reise in Brasilien, t. I, p. 468.

(3) Hist. deVAcad. des sciences, 1764, p. 1S8.

(4) De l'influence des uycns physiques sur la vie, p. 252.

CITA. LEUR. 669 uniquement sur une modification de l'aptitude à sentir la chaleur, qu'elle tient encore à un changement dans la production de cette dernière. Un froid subit entraîne bien une diminution de la production de chaleur ; car , par exemple, après une chute dans l'eau froide , on est pendant quelques jours hors d'état de s'échauffer et plus sensible qu'auparavant à un nouveau froid (1); de même, la chaleur extérieure détermine, après l'action du froid, une production plus considérable de chaleur , puisque quand, en de telles circonstances, on expose de nouveau des animaux au froid, leur température s'abaisse d'autant plus lentement qu'ils étaient demeurés plus loDg-temps exposés à la chaleur (2) ; cependant il en est tout autrement des variations qui ont lieu durant le cours de l'année; car, somme totale, il s'établit alors un certain rapport de température, qui peu à peu devient dominant : la production de chaleur augmente quand la chaleur extérieure diminue, et vice versa. Ainsi, des Moineaux ayant été exposés au même froid artificiel, leur température baissa, en une heure, de 3,62 degrés en juillet, 1,62, en août, et 0,4 en février (3).

§ 1003. La résistance que l'organisme oppose à la température extérieure tient donc à la mesure de son action , mais elle est singulièrement favorisée par le peu de faculté conductrice de sa substance. Il ne reste donc plus à examiner qu'une seule question, celle de savoir quelle est l'action organique qui résiste à la température.

1° On a désigné ici la digestion et la nutrition. Pendant le froid , dit-on , l'appétit est plus vif , la faculté digestive plus énergique , le besoin plus grand d'une nourriture forte, animalisée, épicée et de boissons spiritueuses : de là vient aussi que la chaleur produite est plus considérable, tandis que l'inverse a lieu sous l'influence d'un temps chaud ; de même aussi, la nutrition se fait mieux pendant le froid, et le corps maigrit durant la saison chaude. Mais la plupart de» animaux prennent moins de nourriture en hiver, et sans faire valoir ici

(4) Ib.t p. 247.

(2) lb., p. 250,

(3) lb., t. H, p. 103.

d'autres argumens encore qui pourraient être allégués (§§ 99G, 998) , il y a impossibilité que la faculté de maintenir sa tem pérature propre pendant un changement momentané de la chaleur extérieure dépende de ces fonctions.

2° La transpiration , passade d'un fluide de l'état liquide à l'étal vaporeux , est un moyen de rafraîchissement qui fait antagonisme à la production de chaleur, et qui maintient la température de l'organisme au même point, attendu qu'elle augmente par un temps chaud et diminue par un temps froid. On allègue que comme les allusions froides diminuent la chaleur en accroissant l'évaporalion, de même, à l'apparition de la sueur, la chaleur fébrile devient plus supportable, tandis qu'à défaut de transpiration elle peut acquérir un très-haut degré d'intensité sans que la production de chaleur ait précisément besoin d'être augmentée : que les Européens ne conservent leur santé , dans les pays chauds, qu'en adoptant/des Orientaux l'usage des onctions et des bains chauds, moyens propres à prévenir une transpiration excessive , avec le refroidissement et la débilité qui s'ensuivent (1); qu'une boisson froide, prise pendant qu'on a chaud, ne nuit qu'autant qu'une transpiration abondante s'est déjà établie par le fait du relâchement , et que le corps est en train de se refroidir ; que, d'après l'observation de Franklin, les moissonneurs de la Pensylvanie peuvent continuer leur travail par une chaleur de trente degrés, tant qu'ils suent, mais sont menacés de mort subite quand leur transpiration s'arrête ; enfin que , lors du passage subit dans un climat chaud , la peau se dessèche par l'abondance de l'exhalation , et qu'on ne parvient à prévenir une maladie qu'en buvant beaucoup d'eau (2). Delaroche a obser vé qu'après une heure d'exposition à une chaleur de vingt-trois degrés et demi, la température d'une Grenouille était tombée, comme celle d'une éponge humide, à dix-sept degrés et demi, et de là il prétendait conclure au moins la possibilité que la chaleur animale fût maintenue dans certaines limites par la transpiration ; cependant il n'a pas trouvé que

(1) Thevenot, Traité des maladies des Européens dans les pays chauds, J>avis, 48 ,0, p. 284.

(2) Hood, Analytic physiology, p. 26.

là chose se vérifiât chez des animaux à sang chaud ; lorsqu'il exposait un alcarrazas plein d'eau à 22,4 degrés, et un Lapin à 25, dans un endroit dont la chaleur fût de vingt-huit degrés et demi, il voyait la température de l'animal monter à vingthuit , et celle du vase descèndre à 20,4. En effet, plusieurs argumens s'élèvent contre cette explication. L'organisme maintient sa température au chaud, alors même que la transpiration est limitée ou suspendue. La température deFordyce (1) restait la même dans un bain de vapeur à quarante-trois degrés et demi, et comme il était le corps le plus froid qui se trouvât dans la chambre, l'eau ruisselante sur sa peau paraissait n'être qu'un précipité de vapeurs, dont la condensation aurait dû accroître sa propre chaleur. Delaroche objecte , à la vérité , que Fordyce n'a pas pu éprouver les conséquences d'uae diminution de la transpiration parce que son séjour dans le bain de vapeur n'a pas duré plus d'un quart-d'heure, et il cite des observations d'après lesquelles la température d'animaux qu'il avait tenus pendant une heure dans des vapeurs aqueuses dont la chaleur était de vingt-quatre à vingtsix degrés, monta de deux à quatre degrés. Cependant, comme cet accroissement de température n'était point assez considérable , il a été obligé d'admettre encore que la transpiration n'avait point été entièrement supprimée. Mais Volkmann (2) ayant arrêté aussi complètement que possible la transpiration par des onctions de tout son corps, pendant un séjour de trois quarls-d'heure à une chaleur de trente-et-un à trente-sept degrés , n'a vu néanmoins sa température monter qu'à trente degrés, c'est-à-dire devenir seulement à la main d'un degré, et dans la bouche d'un demi-degré supérieure à ce qu'elle était auparavant. Enfin , dans l'eau chaude , où l'évaporation est encore plussuspendue, l'organisme ne prend pasla température du liquide, et les animaux qui vivent dans des sources chaudes prouvent que cet effet ne saurait avoir lieu par un séjour de quelques instans. D'après les observations deVolkmann(3), la température demeure la même à l'irruption de la sueur, et

(1) hoc. cit., 1775, p. 144.

(2) Obtervationet bioloyicce, p. 59.

6^a nE EA DYNAMIQUE.

chez un Lapin qu'il arrosa d'éther , la température de la bouche , malgré la forte évaporation qui eut lieu, ne différa point, à une chaleur de quarante degrés, de celle qu'elle avait ruparavant , ce qui eut lieu de même chez un autre Lapin dont le corps n'avait pas été mouillé d'éther. Edwards (1) a constaté aussi que la proportion de la transpiration est une circonstance favorable au maintien de la température organique , mais ne peut en être la véritable cause, et que son accroissement garantit bien des degrés extraordinaires de chaleur, mais ne saurait protéger contre celle du climat ou de la saison. Quoique la transpiration augmente sous l'influence de la température extérieure , elle ne dépend cependant point d'elle ; loin de là , elle est déterminée par le degré de l'activité vitale , en sorte qu'elle peut être très-forte même dans un air sec et froid , sans que le corps perde pour cela de sa chaleur.

3° Il n'est pas non plus suffisamment démontré que la constance de la température organique tienne à la respiration. Le froid , dit-on , rend l'air plus riche en oxygène, plus pur de mélanges hétérogènes ; et comme alors toute combustion marche avec plus d'activité , la respiration devient plus vive aussi , et par conséquent la production de chaleur plus considérable ; l'inverse a lieu sous l'empire de la chaleur. Mais , d'après les observations qui ont été rapportées plus haut (§. 977) , la consommation d'oxygène est plus grande à une chaleur modérée qu'au froid. Edwards accorde , à la vérité (2), que les Oiseaux renfermés dans une quantité d'air donnée , y éprouvent plutôt une gêne de la respiration et l'asphyxie en hiver qu'en été ; mais il s'est convaincu que ces phénomènes ne dépendent pas de l'impression actuelle de la température extérieure , qu'ils sont le résultat de la modification imprimée à l'activité vitale par la saison , de manière que , pendant l'hiver , même au milieu d'une chaleur artificielle , la consommation d'oxygène est plus considérable, bien que la température organique ne s'élève pas proportionnellement. Au reste ,

(1) Loc. cit., p. 254, 385.

(2) Loc. cit., p. 200, 206.

CHALEtft, t>7 3

les observations elles-mêmes n'ont point été décisives : ainsi la diflicnlté de respirer est survenue , chez les Oiseaux , terme moyen, au bout de cinquante-deux minutes et demie en hiver , et de soixante-huit trois quarts en été ; mais , sur dix de ces animaux , il s'en est trouvé trois chez lesquels le phénomène n'eut lieu qu'au bout de soixante et dix à quatrevingt-trois minutes en été , et deux chez lesquels il se manifesta au bout de quarante-huit à cinquante-neuf minutes déjà en hiver. Legallois s'est efforcé de démontrer que la constance de la température organique dépend de la respiration; mais il a acquis la conviction que la quantité de l'acide carbonique expiré n'est point en proportion de cette constance (1) , et il a fait souvent aussi la même remarque à l'égard de la quantité d'oxygène absorbé, d'où il s'est trouvé conduit , pour sauver son hypothèse , à admettre que quand la respiration devient difficile jusqu'à un certain point par l'accroissement du mouvement respiratoire et par la plus grande quantité d'air introduite dans les poumons , une diminution de la chaleur a lieu , et qu'en conséquence un refroidissement peut s'effectuer, bien que l'oxygène soit consommé en plus grande abondance (2). Fordyce et les autres physiologistes qui ont répété ses expériences ont remarqué que , tandis qu'une cha^ leur de cinquante-deux à quatre-vingt degrés R. n'élevait leur température que d'une manière insignifiante, leur respiration ne souffrait aucune atteinte , et ne devenait ni difficile, ni accélérée (3).

4° Une explication plus satisfaisante, et en même temps applicable à tous les êtres organisés , est celle qui consiste 5 admettre que la chaleur résulte du conflit électrique des parties organiques (§ 1000, II, III). Sous l'influence de la chaleur, l'action vitale se porte plus au dehors, la sensibilité est accrue, et il survient de l'accablement, de sorte que quand les rapports avec le monde extérieur deviennent plus intimes, le conflit intérieur diminue, et avec lui la production de la

(1) OEwres, t. II, p. 60.

(2) lb., p. 41.

(3) Xoc. cit., p. 117.

674 DE LA DYNAMIQtJE.'

chaleur. Les observateurs qui se sont exposés à une température fort élevée , par exemple (1) , se trouvaient accablés à la suite de leurs expériences , et ceux qui font usage des bains de vapeurs ne préviennent cet inconvénient qu'à l'aide d' allusions , qui provoquent une tension plus énergique. Les animaux que J. Guyot avait exposés à une grande chaleur étaient également accablés, et d'après Humboldt (2), le galvanisme épuise plus rapidement Faction vitale des animaux dans les climats chauds : ceux chez lesquels cet agent excitait des mouvemens pendant deux et trois heures en Allemagne , s'y montraient quelquefois insensibles , en Italie , au bout de vingt à vingt-cinq minutes. La chaleur accroît la faculté conductrice de l'électricité , qui s'accumule moins dans nos machines dès que le frottoir est échauffé par le mouvement. Le froid, au contraire, provoque une réaction vive, et, en limitant le rapport avec la nature extérieure , il active davantage le travail intérieur de la vie; la tension des parties organiques les unes à l'égard des autres augmente , ainsi que leur conflit électrique mutuel , et en effet ce n'est guère qu'en hiver qu'on a observé des phénomènes d'électricité libre chez l'homme (§. 993 , 2°). D'après cela, le milieu extérieur agit différemment, à température égale , suivant que la vitalité et le conflit réciproque des parties organiques sont plus ou moins excités l'organisme résiste mieux au froid de l'eau quand celle-ci stimule la peau par le sel qu'elle tient en dissolution; la vapeur aqueuse diminue le pouvoir excitant de l'air , et par suite aussi la production de la chaleur , en sorte qu'elle combat l'influence de la chaleur extérieure. Quand le conflit électrique des parties organiques est diminué., il y a aussi moins d'aptitude à résister à la température du dehors. Ceci s'applique non seulement à l'ensemble de la vie , car pendant le sommeil on souffre davantage de la chaleur et l'on est plus exposé à se refroidir par un temps froid , mais encore à l'état local : d'après les observations d'Earle (3) , un malade con-

(1) Loc. cit., p. 487.

(2) Ueber die gereizte Muskel-und Nervenfaser, 1. 1, p. 302,

(3) Meckel, Deutsches Arckiv, t. III, p. 421.

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