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direction spéciale de la plasticité (§230, 2° ), de même la vie matérielle en général nous apparaît comme l'effet de la force procréatrice infinie , qui crée des organismes individuels avec la matière élémentaire (§ 322) et qui conserve ce qu'elle a cr éé ( 323), en récréant, par l'assimilation quelle fait subir aux choses étrangères , une matière semblable à celle qu'elle perd.
§ 1013. L'idée de l'organisme, qui réside dans l'univers, se réalise dans des cercles de plus en plus resserrés, de manière que ce qui paraît un tout, ne joue que le rôle de partie à l'égard d'un tout supérieur (§ 1008, I ).
1° L'individu est un membre organique de son espèce , comme l'organe est le membre d'un système organique, et celui-ci le membre d'un corps organisé. De même que, dans chaque race , le caractère de son espèce se réalise d'une manière qui lui est propre (§ 220), de même il en arrive autant, et d'une manière bien plus prononcée encore, pour les individus, de sorte qu'en vertu de l'inépuisable variété de la nature, nul d'entre eux n'est parfaitement semblable à l'autre ( § 893 , 2° ), qu'il représente le caractère de son espèce (§ 893) sous une modification spéciale. Comme membres d'un tout, les individus entrent en conflit les uns avec les autres, et le rapport de ce conflit à l'espèce se manifeste immédiatement d'une manière matérielle dans la procréation. Plus le conflit des individus au service de l'espèce est actif, plus il prend les dehors d'un appareil organique, plus aussi l'essence de l'espèce se réalise dans ce dernier, et plus également la vie des individus s'élève.
2° A mesure qu'on monte dans la série , les cercles deviennent de plus en plus grands. Plusieurs genres différens les uns des autres offrent l'idée commune d'un ordre , et ne représentent que des modifications spéciales de cette idée. Les ordres ne sont non plus que des modifications du type essentiel d'une classe déterminée, et ce type n'est à son tour qu'une forme particulière du type commun à tous les êtres organisés. Chaque existence organique possède donc les qualités d'un organisme en général, mais d'une manière finie , à un certain degré , avec un certain mode,; sous le premier point de vue nous reconnaissons une échelie de perfection le
long de laquelle l'idée de l'organisme se réalise. Au bas de l'échelle , la diversité est plus restreinte ; les actions inséparables de l'existence organique sont encore confondues avec la vie de l'ensemble, et celle-ci n'a qu'un caractère commun, ou, si l'on aime mieux, général ; elle s'élève à un plus haut degré par l'acquisition de formes spéciales pour chaque genre d'actions , par l'apparition de fonctions déterminées, qui ont des limites fixes les unes à l'égard des autres , et pour lesquelles se produisent des organes qui en sont les supports ; la vie progresse ainsi d'autant plus que les oppositions, se multiplient davantage dans son sein, et que le nombre des membres dissimilaires va en croissant. Elle s'élève également dans la même proportion que la domination de l'unité devient plus prononcée , par conséquent l'union des parties plus intime , leur conflit plus vif, leur coopération dans l'intérêt général plus marquée , et leur dépendance du tout plus sensible , tandis que le tout lui -même devient de plus en plus circonscrit , individualisé , indépendant , et qu'il se pénètre davantage de l'idéal qui fait le fond de toute formation. Cette échelle des êtres organiques exprime la même pensée que le développement progressif de l'individu; les mêmes images primordiales qui servent de base aux divers âges de la vie sont aussi réalisées par les différentes formes de l'existence organique (§ 477, 4°). Chaque espèce d'être organisé marque un point déterminé dans l'histoire de la vie du globe terrestre , et [nous en représente une certaine période : de même que les espèces figurent les degrés auxquels la création organique s'est fixée dans le cours des temps , de même leur ensemble nous donne une image du développement successif de la vie sur la terre. Mais, il ne s'agit point ici d'une échelle ou d'une série simple et uniforme ; la diversité des êtres organiques se rapporte toujours simultanément à la qualité ; la formation tend partout à créer des spécialités , en réunissant les élémens communs dans certaines proportions, de manière que le degré occupé par chaque être n'est point exprimé par la réunion de ses 'qualités , uniformément développées , mais uniquement par sou caractère d'ensemble. Il n'y a donc qu'un seul règne organique, dont le* membres s'eutrelacentjes uns
FORCE VITALE. JOl
avec les autres , et qui , émanés d'une même' source , se prêtent mutuellement secours et appui (§§ 263, 1°; 3G6; 655, 2°j 936).
3° Le règne organique est un produit de la vie planétaire, qui , à son tour , subsiste comme membre d'un tout supérieur. Les êtres organisés sont donc plus intimement liés au monde extérieur que les corps inorganiques, ils ont plus de réceptivité pour ce qui .vient du dehors, ils sont plus fortement affectés par tout, et se montrent! sensibles à des impressions plus légères , notamment à celles des phénomènes dynamiques. Mais leur vie4a pour condition aussi cette liaison intime avec l'univers , et elle dépend d'un conflit continuel avec le dehors, qui s'exprime sous la forme d'ingestion et d'éjection. Enfin , comme le monde extérieur fournit ce dont l'être organique a besoin , et que celui-ci possède la faculté de satisfaire ses besoins (§§ 357 , 594 , 3°; 892, 4°; 894 , 5°; 955, 976 , I ), nous reconnaissons* qu'entre l'univers et l'existence organique, comprenant en elle notre vie , il y a une harmonie préétablie , dont la cause est l'être primordial et infini , qui se révèle comme vie et amour (§ 476, 2°).