AVIS DE L%DITEUR
En publiant le volume dont nous donnons ici la traduction , M. Burdach annonce son intention for* melle de ne pas aller plus loin. «Lorsque je commençai cet ouvrage, dit-il, je songeai à l'instabilité des choses humaines, à l'incertitude de la vie et de la santé , à l'incertitude des positions sociales, à l'inconstance même des déterminations de la volonté, en un mot à l'impossibilité de calculer d'avance tous les obstacles qui pourraient s'opposer à l'achèvement d'une si vaste entreprise. Aussi ne m'en suis-je jamais considéré que comme un simple coopérateur, espérant que si le public prenait intérêt à l'œuvre, d'autres pourraient le continuer dans le même esprit, s'il ne m'était pas donné de le conduire moi-même à sa fin . » L'âge auquel M. Burdach est parvenu, lui faisant craindre de ne pas arriver au terme, il aime mieux déposer la plume, après avoir complété l'histoire des fonctions de la vie organique, que de se hasarder à commencer celle des fonctions de la vie animale, sans espoir légitime d'achever une exposition qui lui imposerait encore de longues et pénibles recherches. La Physiologie du système nerveux, par M. J. Muller, dont nous avons publié la traduction l'année dernière, comble heureu-
vj avis de l'éditeur.
sèment cette lacune, et en faisant passer encore dans notre langue, Y Histoire du genre humain par M. Prichard, la meilleure et la plus complète que l'on possède aujourd'hui, nous aurons entièrement rempli le cadre que M. Burdach s'était tracé dans l'origine. La réunion de ces trois ouvrages présentera, sous une forme systématique, l'ensemble des faits et des théories ayant trait à l'histoire de la vie, spécialement dans l'espèce humaine. De là résultera un vaste traité , qui non seulement deviendra le guide des médecins dans leur carrière pratique, puisque personne ne conteste qu'il n'y a pas de médecine possible sans physiologie qui lui serve de base , mais encore dirigera les physiologistes dans leurs travaux; car si les monographies agrandissent le cercle des sciences, les ouvrages généraux, en présentant le tableau exact des acquisitions qu'elles ont faites à une époque donnée, signalent par cela même les points qui demandent encore d'être éclaircis , ou sur lesquels les hommes spéciaux doivent plus particulièrement porter leurs investigations.
Paris m janvier 1841.