‹ Traité physiologie considérée comme science d'observation (volume 3)Chapitre 31 sur 134 · IV. Magendie (1) a trouvé que les Chiens nourris unique · texte numérisé non relu

IV. Magendie (1) a trouvé que les Chiens nourris unique

(1) Précis élémentaire, t. II, p. 389.

ment avec du sucre , de la gomme , de l'huile d'olive et du beurre, maigrissent, s'affaiblissent, sont attaqués d'ulcérations à la cornée , avec sécrétion abondante des glandes palpébrales , et périssent au bout de cinq semaines à peu près , et que les Anes auxquels on ne donne que du riz cuit, ne vivent pas plus de quinze jours. Il conclut de là que les substances non azotées n'ont pas le pouvoir de soutenir la vie ; et les objections qu'on a élevées contre cette proposition lui paraissent sans valeur, attendu que si les caravanes vivent de gomme dans les déserts africains , elles ne demeurent jamais long-temps soumises à ce régime , que les Nègres ne mangent pas de sucre , mais de la canne à sucre , et que les peuples qui se nourrissent de riz ou de maïs , y joignent aussi du lait et du fromage. Les faits observés par ce physiologiste ont été constatés par d'autres. Suivant Lassaigne et Yvart (1) ,'. des Cochons d'Inde nourris de sucre , d'amidon et d'eau distillée, périssent en huit jours , et des Souris au bout de quinze jours ; des Brebis , nourries de sucre et d'eau , ne vivent que vingt jours , d'après Macaire et Marcet (2) -, selon Gmelin et Tiedemann (3), des Oies ont vécu quinze jours avec la gomme seule, vingt avec du sucre et ving-sept avec de l'amidon. Quant à ce qui concerne le sucre , les agronomes savaient déjà qu'il ne convient que jusqu'à une certaine dose , et que les betteraves ne sauraient servir seules à l'alimentai ion des bestiaux (4). Fodéré rapporte aussi (5) que les habitans du département des Alpes maritimes, lorsqu'ils se nourrissent de figues sèches, à défaut de céréales , deviennent blêmes , faibles et valétudinaires , et que des enfans qui n'avaient mangé , pendant toute une journée , que du sucre , en grande quantité , furent attaqués de la fièvre , avec une éruption cutanée et des furoncles. Magendie a reconnu bientôt que les mauvais efl'ets du régime employé dans ses expériences ne dépendaient pas uniquement

(1) Journal de chimie médic, t. IX, p. 271.

(2) Annales de chimie, t. LI, p. 386.

(3) E.rpér. sur la digestion, trad. par A.. J. L. Jourdan , t. II, p. 213, 218, 224.

(4) Thaer, loc. cit., t. IV, p. 370.

(5) Essai de physiol. positive, t. III, p« 15.

de l'absence d'azote , mais tenaient encore à l'uniformité de la nourriture ; car les animaux périssaient de même lorsqu'on les soumettait à l'usage exclusif d'une seule espèce d'aiimens azotés : des Chiens nourris de fromage ou d'œufs durs , inaigrissent , s'affaiblissent et perdent leur poil ; ceux auquels on ne donne que du pain blanc et de l'eau , meurent atrophiés au bout de sept semaines ; et si , dans le cours de la sixième semaine, on les remet à leur nourriture ordinaire , ils la dévorent avec avidité , mais sans qu'elle puisse ni arrêter les progrès du dépérissement , ni empêcher la mort. Des Oies auxquelles Tiedemann et Gmelin (1) ne donnèrent que de l'albumine cuite , succombèrent au bout de quarante-six jours. Edwards et Balzac (2) ont reconnu que des Chiens, nourris avec une soupe de pain , de gélatine et d'eau , dans les mêmes proportions que celles qui constituent un bon bouillon de viande , maigrissent et meurent en quelques semaines ; que le pain et l'eau seuls amènent plus prompiement encore ce résultat; qu'au contraire l'addition du bouillon le prévient; qu'en conséquence la gélatine est nourrissante , à la vérité , mais ne procure pas à elle seule une nourriture suffisante. De jeunes Chiens , alimentés avec cette substance , prirent bien quelquefois de l'accroissement et augmentèrent de poids , mais ils maigrirent et perdirent leurs forces ; la plupart du temps , le poids de l'animal s'accrut un peu par le passage d'un mode d'alimentation à l'autre ; du reste , les tablettes de bouillon préparées avec des os n'agissent pas autrement que la colle-forte , bien qu'avec quelques différences , suivant les individus. Voici quels furent les résultats des diverses expériences :

(1) Rech. sur la digestion, t. II, p. 231.

(2) Archives 'jètiérales, 2» série, t. I, p. 319.

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