DIFFÉRENCE ENTRE LA. LYMPI1E
ne s'élevait qu'à 0,037 dans celui de la lymphe) (1). H se coagule avec plus de rapidité , et renferme souvent , à l'état de liberté et de suspension , de la graisse , qu'on ne trouve dans la lymphe qu'à l'état de combinaison.
II. Le chyme et la lymphe sont les germes du sang, capables de devenir sang , mais encore à l'état imparfait.
4° Ils diffèrent du sang par leur pesanteur spécifique moindre (suivant Brande , Macaire et Marcet) , le nombre moins considérable de leurs globules, enfin la proportion moins élevée de leurs parties solides (0,08 à 0,10 , landis qu'il y en a 0,21 à 0,26 dans le sang), notamment de l'albumine; suivant Reuss et Emmert (2), le sérum du chyle laisse à l'évaporation 0,05 de résidu sec, et celui de la sérosité du sang 0,22. La quantité dé leurs sels se rapproche de celle qui existe dans le sang. Les analyses citées précédemment (§§ 684, 912, 949) n'établissent pas qu'ils contiennent moins de fibrine , comme on l'a prétendu. Le chyle contient , souvent du moins, plus de graisse, et toujours plus d'osmazome, que le sang, et la lymphe se rapproche de lui sous ce rapport.
( Cent quarante-deux grammes de chyle provenant d'un Chien , et qui n'était pas encore complètement coagulé , furent mis dans de l'eau , et agités avec elle pendant plusieurs heures, de manière qu'il se forma un liquide faiblement lactescent , dans lequel on apercevait des flocons blancs. Le tout fut filtré à travers du papier joseph , et le résidu pesé ; celuici s'élevait à un peu plus de deux grains. Deux cent quarante grains de sang du même Chien , qui avait été tué par la section de l'artère crurale , furent battus frais avec une petite baguette de bois , jusqu'à ce qu'il ne se déposât plus de fibrine. On recueillit la fibrine , on la sécha dans du papier gris , et on la pesa ; son poids était de dix sept grains et demi. En conséquence, le sang contenait 0,0739 et le chyle 0,0540 de fibrine. Cent cinquante-neuf grains de chyle de Chien, reçus dans un verre de montre , furent exposés à la chaleur , et donnèrent dix-huit grains de résidu sec. Cent soixante-quinze grains
(1) Reil, Archiv, t. VIII, p. 470.
(2) Scherer, Journal, t. V, p. 166.
LE CHYLE ET LE SANG. 4^9 de sang, en grande partie artériel , provenant du même animal , laissèrent cinquante-cinq grains de résidu sec , après avoir été traités exactement de la même manière. Les deux résidus furent cassés en petits morceaux et mis dans des flacons bouchés, avec du fort alcool. Au bout de quelque temps on filtra le contenu des deux flacons, et l'on fit évaporer lentement l'alcool, dans des verres de montre. Pendant l'évaporution il ne parut pas de gouttes de graisse sur l'alcool par lequel on avait traité le sang , tandis que l'autre en présenta. Le résidu sec obtenu fut de trois grains et demi pour le chyle, et de deux grains et demi seulement pour le sang. Ces résidus furent redissous dans l'eau, et la teinture de noix de galle , instillée dans la liqueur, en précipita des flocons blancs qui étaient par conséquent de l'osmazome. La quantité de cette dernière était de 0,0220 dans le chyle , et de 0,0111 dans le sang ) (1).
2° La cause des différences qui existent entre le sang d'une part, le chyle et la lymphe de l'autre, sous le rapport des qualités , tient principalement à la proportion diverse des matériaux introduits. D'après les analyses élémentaires qui ont été rapportées ( §§ 685 , 2' ; 950 , 10° ), le chyle contient plus de carbone et d oxygène , mais moins d'azote et d'hydrogène, que le sang.
3° Muller a trouvé les globules du chyle et de la lymphe égaux en volume à ceux du sang (2). Wagner les dit plus gros chez les Mammifères en général (3) , et H. Nasse chez l'homme en particulier (4) , Cruikshank , Krimer (5) , Prévost et Dumas , Mayer (6) assurent qu'ils sont plus petits que ceux du sang chez les Mammifères en général ; Krause (7) chez l'homme surtout , Arnold (8) chez i homme et les Chiens, Mul-
(4) Addition d'Ernest Burdach.
(2) Handbuch der Physiologie, t. I, p. 247.
(3) beilrœge zur vergleichenden Physiologie, p. 47.
(4) Zeitschrift fuer Physiologie, t. V, p. 23.
(5) fersuch einer physiologie des Blutes, p. 127. (6; Outlines of humanphysiology , p. 460.
(7) Handbuch der menschlichen Anatomie, t. I, p. 49».
(8) Lehrbuch der Physiologie. Zurich, 1837, t. II, p. 193.