‹ Traité physiologie considérée comme science d'observation (volume 3)Chapitre 80 sur 134 · I. Changemens de l'air · texte numérisé non relu

I. Changemens de l'air

I. Voyons d'abord ce qui arrive quand la respiration s'exerce sur l'air atmosphérique.

4° Nous avons déjà dit ( § 840 , 1° ) qu'en général les sub-

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stances expirées égalent ou même surpassent un peu en poids l'air qui a été inspiré, mais que, eu ég;>rd au volume, il en entre plus dans les poumons que ces organes n'en rendent, {tous avons encore à ajouter quelque chose sous ce dernier rapport. Les anciens physiciens ( Boyle , Mayow , Haies) avaieut trouvé que, dans la respiration , l'air perd 0,033 à 0,071 de son volume, parce qu'ils mettaient l'air expiré en coutact avec de l'eau qui absorbait l'acide carbonique. Au moyeu d'expériences laites avec plus de précision , Davy (1) a reconnu qu'après uue inspiration ordinaire de '13 pouces cubes , il expirait 0,3 pouce cube de moins d'air , ou 7,8 pouces cubes par minute , en évaluant à vingt-six le nombre des respirations pendant ce laps de temps -.dans une forte inspiration de cent puuces cubes , l'air perdait 1,3 , et sa perte était de deux pouces cubes dans une autre de cent quarante-et-un. Celle perte est par minuie de cinq à huit pouces cubes , suivant Heuderson (2) , de 0,19 a 6,20 d'après Allen et Pepys (3) , ce qui donne uue moyenne de 2,87 pouces cubes. Un autre observateur (4) dit avoir perdu un pouce et demi cube d'air à chaque in-piraiion ; la vessie employée contenait deux cent cinquante pouces cubes d'air , qui turent inspirés et expirés soixauie-dix fois; après avoir été conservée à la cave pendant viDgt-quatre heures , elle n'en contenait plus que deux cent cinquante. Mais celte diminution ne provenait point, sans contredit, de la seule condensation de l'air par le froid , et elle dépendait aussi de ce que du gaz acide carbonique s'éiait échappe a travers les parois de la vessie. D'après Despretz (o), 1 air perdit, à chaque minute , 0,27 pouce cube par la respiration d un Chien , 0,20 par celle d'un Chat, 0,087 par celle d'un Lapin, 0,19 par celle d'une Chouette , et 0,004 par celle d'un Pigeon.

2° L'air qui revient des organes de la respiration contient moins d'oxygène qu'avant d'y avoir pénétré (§ 840 , 2° )• La

(1) Untersuchung ueber dus Athmen, t. II, p. 100.

(2) Gilbert, Annalen, t. XIX, p. 418.

(3) Philos. Trans., 1808, p. 253.

(4) Medico- chirurgical review, t. XVII, p. 193,

(5) Annales de chimie, t. XXVI, p. 351.

diminution est de trois à dix pour cent dans une respiration de l'homme ; suivant Abernethy(l), elle s'élève à un pouce cube, et va jusqu'à deux lorsque la respiration se prolonge davantage ; Dalton l'évalue à un pouce et demi cube , Allen et Pepys à 1,4 pouce cube, Davy à 1,2, 3,8 ou 5 pouces cubes, suivant qu'on a inspiré treize , cent ou cent quarante-et-un pouces cubes d'air, mais seulement à 1,02 pouce cube quand le même air ( cent soixante-et-un pouces cubes ) a été inspiré et expiré dix-neuf fois. La consommation du gaz oxygène ( le poids du pouce cube étant estimé — 0,42075 grain ) est, d'après les premières indications de Lavoisier et de Seguin (2), de 41427 pouces cubes — 17430 grains ; d'après les évaluations subséquentes de ces deux auteurs (3), de 38413 pouces cubes — 16162 grains ; suivant Davy , de 45504 pouces cubes — 19145 grains ; selon Allen et Pepys, de 39600 pouces cubes — 36661 grains. Quoique les dispositions individuelles, l'état momentané de la vie , et les différences nées du mode d'expérimentation , rendent ces données plus ou moins incertaines , cependant les résultats de plusieurs observations peuvent conduire au moins à une approximation ; nous allons donc indiquer ces diverses recherches, en ayant soin, pour rendre la comparaison plus facile , de les rapporter à une même échelle, la consommation d'oxygène pendant l'espace d'une minute, calculée en pouces cubes.

Pouces cubes.

/. Homme. Hendersok (4). 1° Le même air (600 pou-

ces cubes ) respiré plusieurs fois 13 2° Dans une autre expérience faite de la même i manière 45,9 Nystem (5). ■ 1" Chez une femme 13,4 2° Chez un homme à poitrine étroite 14,7

(t) Chirurgische und physiologische Fersuehe, p. 141.

(2) Hist. de VAcad. des sciences, 1789, p. 577.

(4) Gilbert, Annalen, t. XIX, p. 418.

(5) Rech. de phyiioloyie, p. 190.

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